Moderna, Inc. (anciennement jusqu’en 2018) est une société de biotechnologies américaine, fondée en 2010 et basée à Cambridge dans l'État du Massachusetts, qui vise à concevoir des « thérapies protéiniques » fondées sur la technologie dite de l'acide ribonucléique messager (ARN messager).

En 2020, elle met au point le MRNA-1273, vaccin contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) dont l'efficacité convainc différents pouvoirs publics, dont ceux des États-Unis et de l'Union européenne, d'y avoir recours avec les vaccins d'autres firmes dans le cadre de leurs campagnes de vaccination publiques. Elle est dirigée par l'homme d'affaires français Stéphane Bancel (qui en détient également 5,45 %) depuis 2021.

Histoire Le nom s'écrivait à l'origine « ModeRNA », acronyme construit sur et RNA (le sigle anglais correspondant au français ARN).. La société aurait été fondée en 2010... à Cambridge, dans le Massachusetts, en s'appuyant sur le programme VentureLabs d'incubateur d'entreprises de Flagship pour commercialiser une invention de Derrick Rossi du Boston Children's Hospital [dix]Massachusetts through Flagship's VentureLabs business incubator program to commercialize an invention made by Derrick Rossi of Boston Children’s Hospital.

Les fondateurs de la société Moderna Therapeutics comprennent Noubar Afeyan de Flagship Pioneering ; Kenneth R. Chien de l'université Harvard et de l'Institut Karolinska ; Robert S. Langer du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et Rossi.

La start-up fonctionne en « mode furtif » jusqu'en , avec un site web au contenu vague et des employés tous soumis à des accords très stricts de confidentialité.

Stéphane Bancel, diplômé de l'école CentraleSupélec de l'université Paris-Saclay et de l'université du Minnesota, a été recruté en tant que directeur général en 2011 (il était alors directeur général de BioMérieux). Moderna a bénéficié d'un capital-risque et a été financé à hauteur de 40 millions de dollars par l'unité VentureLabs de Flagship Ventures et d'autres investisseurs privés entre sa création et Shaffer Catherine (2013), « Moderna Makes Entrance with $40M Round for mRNA Work », BioWorld, 6 décembre 2013 (consulté le 11 décembre 2013)...

En 2013, Moderna Therapeutics et AstraZeneca signent en mars un accord de coopération exclusive sur pour découvrir, développer et commercialiser des produits thérapeutiques à base d'ARNm (ARN messager) pour traiter des maladies cardiovasculaires, métaboliques et rénales graves ainsi que des cibles sélectionnées en oncologie.. Cet accord comprend un paiement initial de 240 millions de dollars à Moderna, qui est ..

En , la DARPA (Agence des projets de recherche avancée de la Défense américaine) accorde à Moderna une subvention d'une valeur de 24,6 millions de dollars pour la recherche et le développement de sa technologie ARNm afin de lutter contre les maladies infectieuses et les armes biologiques...

En janvier 2014, Moderna et Alexion Pharmaceuticals concluent un accord de de dollars, toujours pour aider à la découverte et au développement de thérapeutiques ciblant des maladies rares, et via des méthodes basées sur l'ARN messager. Alexion verse à cette occasion à Moderna de dollars en échange de de production de médicaments contre les maladies rares via la plateforme thérapeutique d'ARNm de Moderna. L'entreprise bénéficie aussi d'un apport au capital de Moderna de 25 millions de dollars.. En , CNBC estime que Moderna est devenue l'une des 50 premières entreprises à la pointe de l'innovation, ayant un impact fort dans leurs domaines et ayant un fort potentiel de croissance.. En , Moderna annonce lancer une recherche stratégique et un partenariat clinique avec l'Institut Karolinska et l'Hôpital universitaire Karolinska. Le groupe crée Moderna Therapeutics Sweden (première zone d'expansion hors des États-Unis).

En 2015, Moderna accroît ses fonds propres via des partenariats commerciaux. L'entreprise lance une filiale, Valera, exclusivement axée sur l'avancement des vaccins et de la thérapeutique pour la prévention et le traitement des maladies infectieuses virales, bactériennes et parasitaires, et annonce un accord de licence et de collaboration avec Merck visant la découverte et le développement de vaccins et de traitements immunitaires passifs contre les maladies virales en utilisant l'ARN messager modifié (ARNm).

En mai de cette même année 2015, Moderna lance Elpidera, une autre filiale, exclusivement consacrée au développement de médicaments basés sur l'ARN messager (ARNm) pour le traitement de maladies rares et est estimée, par CNBC, faire partie des leaders en matière du Top 50 des technologies de rupture.. En , Moderna lance encore une autre filiale, Caperna, consacrée aux études et éventuels tests et mise sur le marché de vaccins personnalisés contre le cancer..

En 2016, l'entreprise annonce le début d'une étude clinique de phase 1 en Europe pour le candidat-vaccin ARNm 1440 et dépose une demande d'autorisation d'IND (« Investigational New Drug ») avec l'agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, la Food and Drug Administration (FDA), pour l'ARNm 1851 (l'ARNm 1440 et l'ARNm 1851 sont des vaccins contre des maladies infectieuses).. En janvier de cette même année 2016, Moderna et AstraZeneca annoncent une nouvelle collaboration ayant pour objet le développement de deux programmes d'immuno-oncologie basé sur l'ARNm. Moderna financera et dirigera la recherche et le développement préclinique. AstraZeneca prend en charge les études cliniques précoces. Les deux entreprises partagent les coûts de développement en phase tardive et co-commercialisent des produits aux États-Unis avec un partage à parts égales des bénéfices.. Le même mois, Moderna annonce aussi un nouvel accord avec Merck pour autoriser un programme de vaccination (mRNA 1566 ; pour un virus non divulgué) ; l'accord porte également sur un groupe de nouveaux vaccins liés..

En , Moderna annonce une collaboration avec Vertex pour découvrir et développer une thérapie à ARNm contre la fibrose kystique.. Presque au même moment, Moderna et AstraZeneca annoncent déposer une demande d'essai clinique pour un médicament à ARNm cardiométabolique (expérimental ; l'AZD8601) qui code le facteur de croissance endothélial vasculaire (VEGF-A).. En , Moderna gagne une aide financière de BARDA pour développer un vaccin ARNm contre le virus Zika. La même année, l'entreprise lance une usine de fabrication d'ARNm GMP de 200 000 pieds carrés à Norwood, dans le Massachusetts..

En 2019, elle obtient une désignation Fast track de la Food and Drug Administration (FDA) pour un examen accéléré d'un vaccin expérimental..

En 2021, alors que de nombreuses ONG reprochent aux principaux laboratoires mondiaux de privilégier les pays développés pour la distribution des vaccins anti-Covid, Moderna annonce vouloir construire une usine de vaccins ARN en Afrique. Calquée sur le modèle de l'usine de Norwood près de Boston, l'usine devrait permettre la production de 500 millions de vaccins par an afin d'approvisionner l'ensemble du continent africain en vaccins contre le Covid, mais aussi pour d'autres maladies tropicales comme le Zika ou le SIDA. Au moment de l'annonce, le pays devant accueillir le site n'est pas encore choisi..

En automne 2022, Moderna annonce la construction à Laval, Québec d’une usine de vaccins, et déclare qu'elle a pas moins de 34 vaccins expérimentaux dans son portefeuille de produits en développement.

Financement et capital Moderna a fait plusieurs levées de fonds très importantes échelonnées de à , pour un total d'environ de dollars. Fin 2018, elle a levé en bourse , ce qui constituait à l'époque la plus grosse introduction en bourse d'une société de biotechnologies.. Elle a réédité cet exploit par une introduction en bourse de plus d'un milliard de dollars en , motivée par le besoin de créer d'autres usines pour produire le nombre de doses de vaccins demandé par l'Administration américaine.

Moderna a aussi obtenu une subvention de 483 M$ de la part de la Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA), pour le développement du vaccin contre le coronavirus.

La capitalisation boursière de Moderna atteint 22,9 milliards de dollars le . À la même date, Stéphane Bancel possède 6,6 % du capital.. Après l'annonce du succès de la , l'action du laboratoire Moderna voit sa valeur grimper le , la capitalisation boursière du laboratoire atteint de dollars.

Actionnariat Liste des principaux actionnaires de l'entreprise au . : Actionnaire % The Vanguard Group10,54 % BlackRock Fund Advisors6,05 % Baillie Gifford & Co.5,59 % Stéphane Bancel5,45 % State Street Corporation4,38 % Fidelity Investments3,15 % Robert S. Langer2,95 % Eaton Vance Management2,51 % Geode Capital Management2,36 % Invesco Advisers2,10 %

Technologie ARN vignette|Des flacons contenant le vaccin Moderna COVID-19 La technologie phare de l'entreprise consiste à utiliser un ARN messager (ARNm) composé d'analogues nucléotidiques pour déclencher les processus naturels du corps et induire la production de protéines à l'intérieur même des cellules humaines.

Cette approche pourrait potentiellement, si on la maîtrise, produire des protéines thérapeutiques in vivo pour traiter un large éventail de maladies, dont certaines sont orphelines ou sans traitements efficaces Meghan Sullivan (2013). "Moderna: Funding the messenger". BioCentury. publié le 28 janvier 2013, consulté le 11 décembre 2013.

Une large typologie de médicaments est envisageable : des vaccins (contre des maladies infectieuses ou personnalisés contre certains cancers) aux protéines intracellulaires/transmembranaires, en passant par l'expression intratumorale et les anticorps et protéines sécrétées. Chaque modalité implique une approche distincte de l'utilisation de la plateforme ARNm pour coder des protéines qui présentent vraiment un avantage thérapeutique. L'entreprise conduit également des recherches sur de nombreux candidats-médicaments dans un large éventail de domaines thérapeutiques.

En , Moderna a signé un accord avec le géant de l'informatique IBM pour développer une expertise en informatique quantique, un modèle de calcul conçu pour surmonter les limites des ordinateurs conventionnels, et faire avancer la recherche et le développement de nouveaux médicaments à base d'ARNm.. Ainsi, les experts du groupe Moderna annonce qu'une série de nouveaux vaccins contre le cancer, les maladies cardiovasculaires et auto-immunes seront prêts d'ici 2030..

Spikevax®, le vaccin contre la Covid-19

En , Moderna s'associe au National Institute of Allergy and Infectious Diseases pour développer un vaccin contre le coronavirus SARS-CoV-2. Moderna profite en 2020 de la dynamique des nouvelles aides gouvernementales liées à la vaccination contre COVID-19 pour créer des antennes en Europe (Suisse et Espagne)..

Elle tire parti de l'implantation de son partenaire Lonza à Bâle en Suisse, ainsi que de celle de Laboratorios Farmaceuticos ROVI en Espagne. L'objectif est de livrer 500 millions de doses de vaccins à partir de 2021.

Développement du vaccin Le , les autorités chinoises diffusent la séquence génétique des protéines du coronavirus et, le , l'équipe de recherche de Moderna, associée aux instituts américains de recherche sur la santé (NIH), finalise la séquence de son vaccin contre la Covid-19, l'ARNm-1273. « Le vaccin a été fait en deux jours, sur ordinateur, sans jamais avoir le virus » explique en mars le PDG français de Moderna Stéphane Bancel..