Antoine Jean Dufau est un homme politique et un médecin français né le à Créon-d'Armagnac et décédé le à Saint-Julien-d'Armagnac.
Présentation Antoine Dufau vit à une époque charnière, marquée par les bouleversements liés à la Révolution française et les avancées de la médecine. Esprit cultivé, il marque son temps dans ces deux domaines : sur le plan politique, il est le principal artisan du choix de Mont-de-Marsan comme préfecture des Landes et en tant que médecin, il favorise les progrès de la vaccination dans le département.
Famille La famille Dufau (dont le patronyme s'orthographie primitivement Deu Feu en Gascon), appartient à l'ancienne bourgeoisie de Labastide-d'Armagnac. Antoine Dufau est l'héritier en ligne directe de quatre générations de médecins depuis 1640. Il étudie à la faculté de Montpellier où il est reçu docteur en médecine. Il commence sa carrière à Labastide-d'Armagnac et devient en parallèle inspecteur des eaux de Barbotan de 1773 à 1785. En 1778, il épouse Josèphe Laurans, fille d'un important négociant de Mont-de-MarsanVoir le port de Mont-de-Marsan, ville où le couple s'installe définitivement.
Le couple a huit enfants :
Jean-François, né à Mont-de-Marsan le ; Jean-Baptiste, Julien, dit Julien Dufau, né à Mont-de-Marsan le , décédé le (comme son père, il devient médecin et maire de Mont-de-Marsan à deux reprises, de 1832 à 1839 puis de 1841 à 1848) ; Jeanne, Caroline, née à Mont-de-Marsan, le . Elle y épouse, le 29 floréal an XII (), Henry, André (de) Lobit, Fortis, né à Mont-de-Marsan, le ; Jeanne, - ; Marie-Julie, née à Mont-de-Marsan, le ; Phocion, né à Mont-de-Marsan, le 6 ventôse an II (), qui est juge au tribunal de Mont-de-Marsan ; Thérèse, Loyde, née à Mont-de-Marsan, le 15 pluviôse an VII (), qui y épouse le Jean-Pierre Dufaur de GavardieJean-Pierre Dufaur de Gavardie (Riscle, 1771 - Bretagne-de-Marsan, 1842), lieutenant-colonel et chevalier de la Légion d'Honneur, chevalier de Saint-Louis, chevalier d'Empire en 1808, baron d'Empire en 1824, il est le père de Pierre Henri Dufaur de Gavardie, sénateur des Landes
Carrière politique
A la Révolution française, il devient successivement procureur-syndic de la ville, conseiller au Parlement de Guyenne, député suppléant du Tiers état de la sénéchaussée de Mont-de-Marsan aux États généraux de 1789La sénéchaussée de Mont-de-Marsan compte : 1- Simon de La Porterie, curé de Lencouacq, pour le Clergé, 2- Joseph de Lasalle de Roquefort pour la noblesse, 3- François Perez d'Artassen et 4- Jean Mauriet de Flory pour le Tiers état. Ce dernier ordre compte également un suppléant : Antoine Dufau puis, en décembre de la même année, à l'Assemblée nationale constituante (François Perez d'Artassen, député titulaire du Tiers état de la sénéchaussée du Marsan, ayant démissionné le ). Antoine Dufau est admis à siéger le et vote avec la majorité. C'est grâce à son habileté qu'est créé le département des Landes tel qu'on le connaît et que la ville de Mont-de-Marsan est élevée au rang de chef-lieu, d'abord provisoirement. Modéré, il se retire de la vie politique à la fin de son mandat le , restant à l'écart des turbulences liées à la Terreur à venir. Il accepte néanmoins par la suite d'être le maire de de Mont-de-Marsan pendant le Premier Empire, de 1804 à 1808.
Carrière médicale Revenu à Mont-de-Marsan, Antoine Dufau se consacre à la médecine (il est mentionné comme administrateur de l'hôpital de Posterle en 1800 et membre du jury de médecine du département des Landes en 1804) et aux progrès de l'agriculture, tout en suivant le progrès des idées scientifiques. Conscient de l'importance que représentent les diverses « sociétés académiques » qui voient alors le jour, il est un des membres fondateurs de la Société d'Agriculture, des Sciences et Arts du département des Landes dont il devient vice-président, position dont il se sert comme d'une tribune pour exposer le résultat de ses observations et de ses recherches. C'est notamment le cas lors de son plaidoyer du sur la vaccination dont il est convaincu de l'efficacité. D'après lui, cette nouvelle technique médicale doit être appliquée préventivement au plus grand nombre et ce, malgré la réticence des populations. C'est ainsi que, par un arrêté préfectoral qu'il parvient à obtenir en tant que maire de Mont-de-Marsan, est créé le un « comité de vaccine » favorisant les progrès de la vaccination de la population landaise.
Postérité Il décède en son château de Pouthet, à Saint-Julien-d'Armagnac. Le nom Antoine Dufau est donné à une avenue de Mont-de-Marsan en 1972.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Liste des députés aux États généraux de 1789 Histoire des Landes
Liens externes
Bibliographie Dictionnaire des parlementaires français, A. Robert, G. Cougny, 1889-1891 Dictionnaire historique et biographique de la révolution et de l'empire : 1789-1815, Jean Robinet, Adolphe Robert, Julien Le Chaplain, 1898 Mémoires des Landes : dictionnaire biographique, 1991
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