L'offensive de Deir ez-Zor a lieu du au pendant la guerre civile syrienne. Elle est lancée par les Forces démocratiques syriennes (FDS) et la Coalition internationale, avec pour objectif la prise des territoires contrôlés par l'État islamique dans le gouvernorat de Deir ez-Zor et dans le sud-est du gouvernorat de Hassaké. L'offensive est baptisée l'opération Tempête d'al-Jazira (arabe : عاصفة الجزيرة،), de à , puis l'opération Roundup à partir de .
De fait, les opérations sont menées sur la rive est de l'Euphrate alors que parallèlement une autre offensive se déroule sur la rive ouest, menée cette fois par l'armée syrienne et les milices chiites pro-iraniennes. La progression des Forces démocratiques syriennes est initialement rapide et en quelques jours ces dernières atteignent les abords de la ville de Deir ez-Zor. Celle-ci étant cependant sur le point d'être reprise par l'armée syrienne, les FDS poursuivent vers le sud mais en , elles se heurtent à une poche comprenant principalement les petites villes d'Hajine, d', d' et d'al-Baghouz Fouqani. Les djihadistes parviennent à résister dans cette zone pendant une année. Leurs défenses commencent à céder en et des dizaines de milliers de personnes, combattants de l'EI et membres de leurs familles, se rendent aux FDS pendant plusieurs semaines. Entre janvier et , les djihadistes sont assiégés dans un dernier réduit aux abords du village de Baghouz Fouqani. Cette ultime poche tombe en totalité aux mains des FDS le . Sa prise marque la fin du « califat » de l'État islamique qui ne contrôle alors plus aucun territoire en Syrie et en Irak.
Prélude L'opération s'effectue simultanément avec l'offensive de la Badiya et la bataille de Deir ez-Zor, menées par les forces loyalistes syriennes soutenues par la Russie et l'Iran, dont l'objectif demeure la reprise de la ville de Deir ez-Zor et de l'essentiel du gouvernorat. L'offensive est lancée alors que les Forces démocratiques syriennes sont toujours engagées dans la bataille de Raqqa et quelques jours après la rupture par les loyalistes du siège de la ville de Deir ez-Zor, imposé par l'État islamique.
Forces en présence upright=1.4|gauche|vignette|Conférence de presse des Forces démocratiques syriennes, tenue par , chef du Conseil militaire de Deir ez-Zor, annonçant le début de l'offensive, le 9 septembre 2017.
Le , Ahmad Abou Khawla, chef du Conseil militaire de Deir ez-Zor, rattaché aux Forces démocratiques syriennes annonce lors d'une conférence de presse le début d'une offensive contre l'État islamique au nord du gouvernorat de Deir ez-Zor . L'opération est lancée avec le soutien de la coalition mais sans selon Ahmad Abou Khawla. Les forces aériennes américaines, britanniques et françaises participent à l'offensive. Le porte-parole de la coalition internationale, le colonel américain Ryan Dillon, rappelle dans un communiqué l'existence d'une pour éviter tout incident aérien.
Cependant, les forces du régime syrien et les Forces démocratiques syriennes se livrent à une course de vitesse pour s'emparer du gouvernorat de Deir ez-Zor, qui est la région de Syrie comprenant le plus grand nombre de gisements gaziers et pétroliers .
Le , des responsables tribaux liés aux FDS, annoncent dans un communiqué leur intention de créer à Deir ez-Zor un . La coalition affirme cependant le que l'offensive ne prévoit pas une entrée des FDS dans la ville, le colonel Ryan Dillon déclare alors : .
Les effectifs de l'État islamique ne sont pas connus avec exactitude. En , les services de renseignement russes estiment que de l'EI sont toujours actifs en Syrie . Début , la Coalition juge que l'État islamique ne compte plus que en Irak et en Syrie . Fin , elle estime qu'il n'en compte plus que . L'armée française déclare pour sa part en que l'EI compterait encore près de la frontière irakienne . Hachim Mohammad, le commandant en chef de l'opération « tempête al-Jazira » affirme quant à lui en que les FDS estiment les forces de l'État islamique à environ sur les bords de l'Euphrate . En , les FDS déclarent estimer les forces de l'EI à .
Déroulement Première offensive des Forces démocratiques syriennes, de septembre 2017 à février 2018 upright=1.3|gauche|vignette|Carte de la progression des Forces démocratiques syriennes et de l'armée syrienne le long de l'Euphrate, de septembre à décembre 2017 :
Les premiers jours de l'offensive, les Forces démocratiques syriennes progressent rapidement en attaquant par le désert, au nord de Deir ez-Zor : le , elles arrivent à des rives de l'Euphrate, face à la ville qui s'étend de l'autre côté du fleuve .
Le , trois véhicules suicides de l'EI explosent au village d'Abou Khashab, faisant au moins cinq morts parmi les FDS et 20 blessés selon l'OSDH .
Le , les Forces démocratiques syriennes avertissent le régime syrien et le somment de ne pas faire traverser l'Euphrate à ses troupes ; le commandant déclare alors : . Le lendemain, pour la première fois à Deir ez-Zor, les FDS sont bombardées par les forces aériennes de la Russie ou du régime syrien, au nord-est de la ville, dans la zone industrielle ; les FDS affirment déplorer six blessés . Les États-Unis et les FDS accusent la Russie, qui dément .
Le , malgré les avertissements des FDS, les troupes du régime syrien franchissent l'Euphrate près de Deir ez-Zor ; les djihadistes se retrouvent alors à leur tour presque encerclés et acculés contre le fleuve .
Le , la Russie accuse à son tour les FDS d'avoir tiré à l'artillerie et au mortier contre les troupes gouvernementales et d'avoir ouvert des barrages en amont de l'Euphrate pour gêner la traversée du fleuve : Moscou avertit alors Washington qu'une riposte sera menée en cas de nouvel incident .
Le , les FDS s'emparent de l'usine de gaz de Conoco — le plus important gisement gazier de Syrie — à l'est de Deir ez-Zor, après deux jours de combats . Mais le , les FDS accusent la Russie de les avoir bombardé dans cette même usine, causant la mort d'un combattant et faisant six blessés .
Les FDS attaquent ensuite les positions djihadistes à l'est de Deir ez-Zor et se rapprochent de la rivière Khabour : le , elles atteignent la localité d'Al-Suwar et s'en emparent le 29 . Elles tentent ensuite de reprendre les villages occupés par l'État islamique de long de cette rivière, d'al-Busayrah à al-Chaddadeh.
Le , les FDS s'emparent des puits pétroliers d'al-Jufra, situés à l'est de Deir ez-Zor et au sud-est de l'usine Conoco .
Situés à une dizaine de kilomètres au nord de Mayadine, les champs d'al-Amr, le plus important gisement pétrolier de Syrie, sont abandonnés entre le 20 et le par les djihadistes afin de renforcer leurs positions contre les forces gouvernementales près de Mayadine . Le , alors que les loyalistes n'étaient qu'à trois kilomètres d'al-Amr, les Forces démocratiques syriennes s'emparent de la totalité du gisement, presque sans rencontrer de résistance.
Le , près de l'usine de gaz de Conoco, à l'est de Deir ez-Zor, un véhicule piégé explose au milieu de civils fuyant les combats ; au moins sont tuées et 140 blessées .
Le , les FDS entrent dans de la petite ville de Markada, au sud du gouvernorat de Hassaké, et s'en emparent entièrement au terme d'un court combat . Le , après deux mois de combats, tous les villages le long de la rivière Khabour sont aux mains des FDS .
Les FDS concentrent ensuite leurs efforts sur la ville d'al-Busayrah ; le , elles s'emparent de la localité d'Abriha, située à proximité et le , al-Busayrah est conquise .
Le , les FDS avancent d'une quinzaine de kilomètres près de la frontière irakienne et arrivent à moins de au nord de Boukamal . Le , elles progressent à travers le désert depuis le champ pétrolier de Kashmeh et atteignent la frontière irakienne au nord-est de Boukamal .
Le , les YPG annoncent la fin de leur opération et assurent avoir . Cependant l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) affirme que l'État islamique contrôle toujours plusieurs villages sur la rive est de l'Euphrate. Quelques localités sont également encore aux mains des djihadistes dans le sud-est du gouvernorat de Hassaké. Le communiqué est lu dans la ville de Deir ez-Zor en présence d'un général russe ; les YPG remercient la coalition internationale menée par les États-Unis, mais aussi la Russie en affirmant que cette dernière avait fourni et en signalant une , alors qu'auparavant les Forces démocratiques syriennes avaient pourtant démenti toute coordination avec le régime de Damas et Moscou. Le lendemain, le ministère russe de la Défense affirme à son tour que 672 sorties ont été effectuées et bombardées par l'aviation russe . L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) indique effectivement le que les forces aériennes russes ont commencé à soutenir les Forces démocratiques syriennes à l'est de l'Euphrate, après la prise totale de la rive ouest par les forces loyalistes ; mais il indique également que les combats entre les forces arabo-kurdes et les djihadistes se poursuivent : des affrontements ont alors lieu dans les villages d'Abou Hamam et al-Kashkiya .
Fin décembre, les Forces démocratiques syriennes continuent leurs offensives et tentent d'emporter les petites villes d', d', de et d'Hajine . Les trois premières villes sont prises le . Cependant, pendant le mois de , les Forces démocratiques piétinent et ne parviennent plus à progresser contre les djihadistes qui tiennent encore dans la région les petites ville d'Abou al-Hassan, et al-Baghouz Fouqani, tandis que le contrôle des villes d'al-Bahra, Gharanij et Hajine demeure contesté .
Le , après plusieurs semaines de combats, les FDS parviennent finalement à s'emparer entièrement de la ville de .
Le , l'État islamique diffuse une vidéo sur les affrontements contre les FDS dans la région de Deir ez-Zor : pour la première fois des femmes djihadistes, toujours vêtues de leurs niqab, apparaissent en prenant part au combat . Le , les FDS s'emparent du village d'Al-Bahra .
Le , le Liwa al-Tafuf, une milice chiite irakienne des Hachd al-Chaabi affirme avoir secouru onze combattants des Forces démocratiques syriennes alors qu'ils étaient encerclés par des djihadistes de l'État islamique à de la frontière irakienne .
Le , au moins 25 civils, dont sept enfants, sont tués par une frappe aérienne de la coalition sur le village d'al-Chaafah.
Diminution des combats, de février à mai 2018 Le , le Pentagone reconnait qu'une a été instaurée à cause de l'offensive turque contre Afrine . Le , Abou Omar al-Idlebi, un responsable des FDS, annonce que ont été retirés de l'Est de la Syrie pour aller défendre Afrine .
Des contingents arabes des Forces démocratiques syriennes restent sur place mais ils ne parviennent pas à venir à bout de la dernière poche tenue par l'État islamique . Les localités d'Hajine, et les villages environnants restent aux mains des djihadistes.
Le , selon l'OSDH, un raid aérien de la coalition à Hajine tue au moins de l'État islamique, dont sept commandants .
Le , un échange de prisonniers est opéré selon l'OSDH entre les FDS et l'État islamique qui libèrent 20 prisonniers chacun .
Selon l'universitaire Fabrice Balanche : .
Raids de l'aviation irakienne, à partir d'avril 2018 Le , l'aviation irakienne mène des frappes contre cette même localité, avec l'accord du gouvernement syrien et de la coalition . L'armée irakienne revendique la mort de 36 djihadistes . Le , un deuxième raid aérien est mené par l'armée irakienne, cette fois sur la localité d'al-Douchaicha, dans le gouvernorat de Hassaké . Un général des services de renseignement irakiens déclare alors à l'AFP que les deux frappes aériennes ont fait parmi les djihadistes. Il affirme également qu'Abou Bakr al-Baghdadi est en Syrie, près de la frontière irakienne, et qu'il .
Une autre frappe irakienne a lieu le contre un poste de commandement de l'EI .