Equifax Inc. ou Equifax est originellement une société d'évaluation de la cote de crédit, c'est-à-dire de la solvabilité et de la capacité de remboursement d'une personne ou d'une entreprise souhaitant accéder au crédit à la consommation.

En Amérique du Nord et dans certains pays anglophones, ce type de "bureau de crédit" - aussi dénommé Rating Agencies - est très couramment chargé pour le compte de "prêteurs" d'évaluer les risques de défaillance de remboursement face au crédit (les francophones parlent plutôt d'Évaluation des risques-clients). Cette société dirigée par Richard Smith réalise presque 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel (avec 6.664 milliards US$ d'actifs déclarés en 2016).

Fondée en 1899 à Atlanta (en Géorgie (États-Unis)) sous le nom de Retail Credit Company, cette agence privée est devenue l'un des leaders mondiaux de son domaine. Après plus de 110 ans d'activité, son siège est toujours situé à Atlanta. C'est la plus ancienne des trois plus grandes agences d'évaluation du crédit en Amérique (avec Experian et TransUnionD Pridgen, R. Alderman (2008), Consumer Credit and the Law : Credit reports, Westlaw.) ; ces agences sont aussi connues sous le nom de , par allusion au personnage du Big brother)..

Pour évaluer le risque de non-solvabilité (et d'autres paramètres d'intérêt pour le commerce), Equifax utilise maintenant des techniques de mégadonnées, dont la fouille de flots de données. Equifax recueille en les analysant et agrégeant des informations sur plus de 800 millions de consommateurs individuels, et sur plus de 88 millions d'entreprises réparties dans le monde (chiffres en augmentation rapide : selon le site d'Equifax consulté le .), qui ajoute que la base de données de l'entreprise comprend des données sur des employés fournies par plus de employeurs.

Equifax est membre de l’indice Standard & Poor's (S&P) 500.

Actionnaires Liste des principaux actionnaires au : The Vanguard Group10,0%9,19%Capital Research & Management (International Investors)6,36%T. Rowe Price Associates (Investment Management)5,93%SSgA Funds Management3,97%3,85%Fidelity Management & Research3,31% Management3,17%2,60%2,20%

Couverture géographique Equifax opère depuis plus d'un siècle essentiellement en Amérique du Nord, mais elle est aussi présente en 2017 en Amérique latine, en Europe et en (via certaines ) dans plus d'une vingtaine de pays, dont au moins (en 2017) : Argentine, Australie, Brésil, Cambodge, Canada, Chili, Costa-Rica, Équateur, Salvador, Honduras, Inde, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Paraguay, Pérou, Portugal, Russie, Arabie saoudite, Singapour, Espagne, Royaume-Uni et Uruguay.

Nombre d'employés Ce nombre varie selon les sources ; en 2017 selon le profil de l'entreprise tel que présenté sur le site d'Equifax-Canada. ; . près de en 2017 selon d'autres sources qui ajoutent le nombre des correspondants (ainsi en 2011 il y avait environ directs, et intervenants externesEquifax sur le site de workday, consulté le 16 septembre 2017).

Histoire Alors que le crédit est devenu un outilArena J (1996) Framing an ideology of information : retail credit and the mass media, 1910-30. Media, Culture & Society, 18(3), 423-445 | extrait majeur de l'industrie et du commerce local et global, les banques et autres créanciers cherchent à savoir si leurs clients sont de confiance. Parmi d'autres, une société américaine est créée en 1899 sous le nom Retail Credit Company (RCC) pour répondre à ce type de demande. Les gens sont-ils honnêtes et à quel point<ref>Crowther S (1928) `How Honest Are People?, The Saturday Evening Post 1 September. </ref> ou mauvais payeurs<ref>Zimmerman W.S (1913) `Holding “Bad-Pays” off the Books''', System February: 201-3.</ref>, solvables et en bonne santé, ou s'ils cachent des choses à leurs banquiers ou assureurs (peut-on avoir confiance dans les gens ? s'interroge H Bennet en 1919 <ref>Bennett H.C (1919) `Can People be Trusted?, American Magazine. November: 31</ref>). Rapidement de nombreuses entreprises voudront mieux connaitre leurs clients ou leurs employés et les risques liés à certains comportementsJoyce, W.B. (1920) `Human Beings Who Are Good Risks — and Poor Ones', American Magazine April: 37. .

Dans toutes les grandes villes américaines, les unions bancaires, d'assureurs et de commerçants systématisent alors l'usage du « credit scoring » ; c'est ce système qui a été informatisé qui fait aujourd'hui classer chaque américain d'après un nombre à trois chiffres, qui déterminera notamment ses chances d’obtenir un appartement, une voiture, une maison, une assurance ou un prêt (et qui déterminera le montant des mensualités du prêt). Plus le nombre (score) est bas, plus les mensualités seront lourdes et plus le dossier risquera d'être rejetéA propos du Fair Credit Reporting Act et de la protection des consommateurs dans le cadre du credit-scoring en France et aux États-Unis mis en ligne le 14/07/2009, consulté le 17 septembre 2017 ; MBDE / Régulation bancaire et financière. Le score est calculé par un algorithme ; il varie de 300 à 850 ou de 501 à 990 selon la formule choisie.

Après la Première Guerre mondiale, en 1920, RCC ouvre des bureaux au Canada et s'y développe.

Dans les années 1930-1940, les données de la Retail Credit Company sont également utilisées pour des études médicales (pour retracer avec plus de précisions le passé de patients)Bradshaw H.H, Putney FJ & Clerf L.H (1941) The fate of patients with untreated bronchiectasis. Journal of the American Medical Association, 116(23), 2561-2563|résumé.

Dans les années 1960, Retail Credit Company (RCC) est devenu l'un des plus importants « Credit Bureaus » (bureaux sur le crédit) du pays, détenant des dossiers sur des millions de citoyens américains et canadiens.

La société continue à faire des enquêtes et rapports sur le crédit, en évaluant notamment la propension des personnes à dépenser et/ou s'endetterBucklin L.P (1966). Testing propensities to shop. The Journal of Marketing, 22-27|lien/article payant., mais oriente de plus en plus ses activités vers la rédaction de rapports aux compagnies d'assurance (pour leur permettre d'évaluer les capacités de remboursement de clients recherchant de nouvelles polices d'assurance, y compris en matière d'assurance vie, d'assurance automobile, d'assurance incendie et d'assurance médicale).

Toutes les grandes compagnies d'assurance anglophones ont utilisé les services de RCC pour obtenir des renseignements sur la santé de leurs clients, ainsi que sur leurs habitudes, leur morale, leur utilisation de véhicules et leurs finances. RCC enquêtait aussi sur les demandeurs d'assurance et produisait des rapports pour aider des employeur à évaluer des personnes cherchant un nouvel emploi.

Une grande partie du travail sur le crédit était alors effectuée par une filiale : Retail Commercial Commercial Agency.

Les activités inquisitrices de la Retail Credit Company et sa capacité à vendre des informations privées et discriminatoires sur les personnes à de nombreuses entités, sans demander d'autorisation aux personnes concernées, ont suscité des critiques, qui se sont durcies dans les années 1960 et 1970 jusque chez les juristes et le législateur qui s'inquiètent d'utilisation abusive des informations recueillies par les agences de notation et produisent une loi pour les limiter (Fair Credit Reporting Act)McNamara Jr, R.M (1973) The Fair Credit Reporting Act: A Legislative Overview. J. Pub. L., 22, 67.. Les reproches portaient notamment sur le fait que cette la recueillait méticuleusement dans des dossiers personnalisés et « secrets »Neier A (1975) Dossier: The secret files they keep on you. Scarborough House. Flinn W.A (1959) History of Retail Credit Company: a study in the marketing of information about individuals (Doctoral dissertation, The Ohio State University) et ce depuis plus d'un siècleVoir exemple de fiche de renseignement de 1902 p 197, ou un exemple daté de 1911 page 199, in William Adams Flinn : Flinn W.A (1959). History of Retail Credit Company: a study in the marketing of information about individuals (Doctoral dissertation, The Ohio State University).. La société aurait également récompensé certains de ses employés pour avoir recueilli des informations « négatives » sur des personnesSeparating Equifax from fiction, Wired, septembre 1995, consulté le 13 septembre 2007.

En 1970, la compagnie décide de déménager et de se moderniser en créant des bases de données informatiques avec ses enregistrements. Ceci se fait au risque d'une disponibilité beaucoup plus large de millions d'informations personnelles qu'elle détenait déjà, ce qui inquiète certains observateurs et décideurs. En conséquence, le Congrès tient des audiences qui ont abouti à la promulgation de la Fair Credit Reporting Act, la première loi donnant droit aux consommateurs d'avoir accès aux informations les concernant stockées dans les banques de données d'entreprises. Désormais, chaque citoyen américain (puis canadien) peut connaître le contenu du dossier que tient l'agence d'évaluation du crédit à son sujet.

Il a été allégué que ce sont ces audiences qui ont incité la Société Retail Credit Company à se rebaptiser en Equifax (en 1975) pour effacer cette image de qu'elle n'a pas pu perdre tout à fait Renaud C (2013) Le big brother du crédit , Publié par TVA Nouvelles le octobre 201.

Dans les années 1990 émerge la société de l'information. Des sociétés comme RCC et ses concurrentes Dun & Bradstreet et Experian en deviennent des acteurs-clé pour le monde de la financeHayes S & Miller L (1994) `Informed Control: Dun & Bradstreet and the “Information Society” ' Media, Culture & Society 16: 117-40. . La société se développe en thésaurisant et vendant cette information, y compris sous forme notamment de rapports sur les crédits commerciaux concernant des dizaines de milliers d'entreprises (des États-Unis, du Canada et du Royaume-Uni).

Elle a peu à peu réduit ses activités de reporting sur l'assurance et a fermé sa division vendant des informations spécialisées sur le crédit auprès des assurances (y compris sa base de données d'échange de souscription de perte complète (CLUE) en tant que ChoicePoint en 1997). Le scoring se développe encore aux États-Unis pour notamment garantir certains crédits hypothécaires, en endettant plus encore les plus pauvres, dont certains se tournent vers des "redresseurs de crédits" qui leur prêtent de l'argent à des taux encore plus élevés, pour qu'ils puissent faire remonter leur score, un système qui contribuera à la crise de 2008. Les bailleurs utilisent aussi ces scores pour choisir leurs locataires.

Alors que l'informatique se développe dans le monde, Equifax a durant un certain temps offert des services de certification numérique.

En septembre 2001, les services de certification sont vendus à GeoTrust. Cette même année, Equifax se sépare de sa division de contrôle ou évaluation des paiements, constituant une société cotée en bourse : Certegy, qui a ensuite (en 2006) acquis Fidelity National Information Services, Certegy devenant alors une filiale de Fidelity National Financial via une opération de fusion-acquisition inverseVoir les Services nationaux d'information Certegy et Fidelity pour plus d'informations.

En octobre 2010, Equifax acquiert Anakam, une société spécialisée dans les logiciels de vérification d'identité"Equifax Blog - Equifax Acquires Anakam". 17 juillet 2012. Archivé d'après l'original le 17 juillet 2012 ; consulté le 10 septembre 2017.