La bataille d'Iconium (parfois appelée bataille de Konya) s'est déroulée le au cours de la troisième croisade, au cours de l'expédition de Frédéric Barberousse pour atteindre la Terre sainte par voie terrestre via la Turquie. Elle aboutit à une victoire des croisés allemands et hongrois, qui mettent à sac la capitale du sultanat de Roum.

Contexte Après la bataille de Hattin et le siège de Jérusalem, une grande partie des territoires des États latins d'Orient est capturée par les forces de Saladin. Le pape Grégoire VIII appelle alors à une nouvelle croisade pour secourir le reste des forteresses encore aux mains des croisés et reconquérir Jérusalem. Frédéric Barberousse répond immédiatement à l'appel. Il prend la Croix à la cathédrale Saint-Martin de Mayence le et est le premier à partir pour la Terre Sainte en avec une armée d'environ , dont (certains historiens pensent néanmoins que ces chiffres sont exagérés et suggèrent plutôt le chiffre de , dont ). Il est également rejoint par un contingent de du prince hongrois Géza, le frère cadet du roi Béla III de Hongrie.

Après avoir traversé la Hongrie, la Serbie, la Bulgarie et l'Empire byzantin, les forces croisées arrivent en Anatolie, aux mains du sultanat Seldjoukide de Roum. Les Turcs proposent à Barberousse de le laisser passer avec son armée à travers leur territoire contre un tribut de d'or et le « royaume arménien de Cilicie ». Barberousse refuse et aurait déclaré : .

Par conséquent, les Turcs commencent à harceler continuellement les forces allemandes. Les Allemands, à leur tour, lancent des attaques contre toutes les forces turques qu'ils peuvent trouver sur leur passage. Le , une armée turque est détruite par un détachement croisé conduit par le duc de Souabe et le duc de Dalmatie, près de Philomelium, causant semble-t-il dans les rangs turcs. Malgré leur victoire, les croisés souffrent de problèmes logistiques. Les problèmes d'approvisionnement augmentent au fur et à mesure de leur avancée et le moral est très bas. De nombreux soldats désertent, quand d'autres meurent de déshydratation. Malgré cela, les croisés continuent leur marche jusqu'à Iconium, où ils arrivent le .

Bataille vignette|La bataille d'Iconium d'après une miniature du . Le , les Croisés rencontrent et battent la principale armée turque, qu'ils mettent en déroute. Les sources turques attribuent la victoire des croisés à une charge fulgurante de la cavalerie lourde croisée, composée de lances. Frédéric Barberousse insiste pour prendre la ville. Ainsi, le , l'armée croisée campe dans les « jardins et terrains d'agrément du sultan », à l'extérieur de la ville. Pendant ce temps, Qutb al-Din regroupe ses forces après cette première défaite et contre-attaque le . En face de lui, Barberousse divise ses forces en deux : une partie, commandée par son fils Frédéric VI de Souabe, mènera l'assaut contre la ville, tandis que l'autre, qu'il commande personnellement, fera face à l'armée turque. Le duc Frédéric lance ses troupes à l'assaut de la ville, qui tombe rapidement. Les soldats chargés de défendre offrent peu de résistance. Incapable de soutenir le combat, la garnison se rend.

La bataille rangée avec l'armée turque s'avère beaucoup plus difficile, et il faut toute l'énergie de l'empereur lui-même pour que l'armée principale des Turcs soit défaite. Il aurait dit à ses soldats : . Malgré l'intensité des combats, les Allemands arrivent finalement à écraser les Turcs sans trop de difficulté : . Les Seldjoukides sont défaits une nouvelle fois, laissant la ville à la merci des croisés.

Conséquences Après leur victoire, les croisés font une halte de cinq jours dans la ville pour se reposer, puis poursuivent leur marche le en emportant avec eux des otages turcs. Le succès de l'armée impériale inquiète fortement Saladin, qui commence à démanteler les murs des ports syriens, de sorte qu'ils ne puissent être utilisés par les croisés contre lui. Cette précaution s'avère néanmoins inutile. le , Frédéric Barberousse se noie en traversant la rivière Saleph. La majeure partie de son armée se disperse. Le fils de Barberousse, Frédéric VI de Souabe, continue sa marche avec les restes de l'armée allemande, accompagné de l'armée hongroise conduite par le prince Géza, afin d'enterrer l'Empereur à Jérusalem, mais leurs efforts pour conserver le corps de l'Empereur dans le vinaigre échouent. Son corps est inhumé dans l'église Saint-Pierre à Antioche, ses os dans la cathédrale de Tyr et son cœur et les organes internes à Tarse.

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes Troisième croisade Frédéric Barberousse Sultanat de Roum

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