Madeleine Griselin, née en 1951 à Villerupt, est une géographe française, directrice de recherche émérite au CNRS, spécialisée en hydrologie continentale polaire. Elle a organisé et dirigé de nombreuses missions en Arctique, dont la première expédition polaire féminine en 1986.
Travaux Née en "Sibérie Lorraine", selon ses mots, Madeleine Griselin découvre Apoutsiak, le petit flocon de neige de Paul-Émile Victor. Dès lors, elle ne cessera d'être passionnée par le grand Nord. À 17 ans, elle aborde Paul-Émile Victor à la sortie d'une de ses conférences. Ce dernier la décourage en affirmant qu'il n'y aura jamais de femmes dans les expéditions polaires et lui suggère de s'orienter vers l'ethnologie avec les Inuits pour sujets d'étude. Madeleine suit son conseil et s'inscrit tout d'abord en sociologie. Au bout de deux mois, elle repart en géologie et finit finalement par s'inscrire en géographie. à l’université Nancy-II, puis à l'EHESS Paris..
En 1979, elle décroche une bourse de la vocation. Elle se rend en Laponie en 1980, puis au Groenland. Dans le cadre de la préparation de sa thèse sur la fonte des glaciers, elle mène au Spitzberg de 1980 à 1981 une campagne d'observation de l'Austre Lovenbreen couvrant pour la première fois les périodes charnières de printemps et d'automne.
En 1982, elle soutient sa thèse de doctorat de cycle en géographie à l'université Nancy 2 sous la direction de René Frecaut. Sa thèse s'intitule Les Écoulements liquides et solides sur les marges polaires : exemple du glacier Loven Est, Spitsberg, 79°N.
De 1983 à 1985, elle réalise un post-doctorat au Laboratoire de dynamique marine du Conseil national de recherche du Canada à Ottawa et participe à une expédition sur un brise-glace, lors de laquelle elle étudie la déformation des coques de bateau sous l’effet de la glace.
En 1986, Madeleine Griselin met sur pied de la première expédition polaire féminine afin d'étudier la dérive transpolaire. La recherche de financements s'avère laborieuse, mais elle peut compter sur le soutien d'Yvette Roudy, ministre des droits de la femme, de l'armée qui souhaite étudier un groupe de femmes en isolement et dans le froid et de la ville de Villerupt. Pour ce faire, l'équipe franco-canadienne composée de 8 femmes (six sur la glace, deux en soutien logistique) réalise 1 111 km de traversée à ski sur la banquise de l’océan Arctique, du Spitzberg au pôle Nord.. Le groupe largue plusieurs balises Argos à différents endroits sur la banquise afin de mesurer la dérive transpolaire. Plus tard, les données récoltées permettent la rédaction d'une thèse sur le sujet. Malgré des gelures et l'abandon de deux d'entre elles, toutes reviennent saines et sauves. Cette expédition a également permis d'étudier les réactions physiques et psychologiques d'un groupe de femmes en milieu extrême..
À son retour, Madeleine Griselin part vivre deux ans dans le Grand Nord canadien, avant de rejoindre le CNRS au laboratoire environnement et paysage de Besançon (futur ThéMA), où elle dirige de nombreuses missions en Arctique.
Prix et distinctions 1985 : Prix Jacques Bourcart de l’Académie des sciences ; 1986 : Médaille d’or de la ville de Villerupt et de la ville de Nancy ; 1987 : Médaille de vermeil de l’Académie des arts, des sciences et des lettres.
En 1988, Madeleine Griselin est lauréate du Grand prix de littérature sportive pour son livre intitulé Huit femmes pour un pôle et en 2002 elle reçoit le prix « Enseignement de la recherche » au Festival du film de chercheur de Nancy pour le cédérom Paysages vus du sol : principes d’analyse systématique, réalisé avec Serge Ormaux..
Ouvrages publiés (réédition en 2016). (rééditions en 1999 et en 2001). . . .
Notes et références
Liens externes
Madeleine Griselin - géographe
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