Michel Guyot de Merville (ou de Merveille), né le à Versailles et mort en à Genève, est un homme de lettres, journaliste et dramaturge français.

Biographie Fils de René Guiot, président du grenier-à-sel de Versailles, et de Marie Andry. Dès son éducation achevée, il commence à voyager, et visite l’Italie, l’Allemagne, la Hollande, l’Angleterre..

Établi pendant quelque temps à La Haye, il entreprend de faire le commerce de la librairie de 1724 à 1729. Non content d’éditer le Nouvelliste sans fard, ou la Gazette sans privilège, Cologne, Couraprez, 1723-1725 ou le Nouvelliste universel, La Haye, -, il rédige l’Histoire littéraire de l’Europe contenant l’extrait des meilleurs livres anciens et un catalogue choisi des ouvrages nouveaux. Plusieurs de ses ouvrages, introduits en France sans permission, sont également mentionnés dans les archives de la Bastille.

Ayant échoué dans ces deux entreprises, il se décide à revenir à Paris, où il commence à écrire pour le théâtre. Trois tragédies, Achille à Troie, Manlius Torquatus et Salluste, seront refusées successivement à la Comédie-Française. Blessé de la sévérité de ses premiers juges, il se tourne vers la Comédie-Italienne, où il obtiendra d’honorables succès, avec les Mascarades amoureuses (1736), les Impromptus de l’amour (1737), etc..

Plus tard, il donna à la Comédie-Française des ouvrages qui ont établi sa réputation littéraire, comme Achille à Scyros (1737), comédie héroïque imitée de Métastase, soutenue quelque temps par une mise en scène splendide ; le Consentement forcé (1738), comédie en un acte, en prose, son meilleur ouvrage, à l’intrigue bien conduite, aux situations intéressantes et au style agréable, et surtout inspirée de sa propre histoire, ayant fait, vers cette époque un mariage d’inclination, contre le gré de ses parents. Sa femme y est peinte, sous le nom de Clarisse.

À son retour à Paris, en 1726, il avait également collaboré aux écrits de l’abbé Desfontaines et attaqué Voltaire, avec lequel il tentera vainement, par la suite, de se réconcilier, dont il avait blessé la sensibilité par ses critiques, lorsque ses affaires iront mal. Il a eu beau faire des vers à sa louange, le patriarche ne s’est souvenu que des satires.. Selon d’autres sources, Guyot aurait remplacé le jeune Voltaire dans le cœur de Catherine Olympe Dunoyer, dite , une réfugiée huguenote désargentée, lors de son séjour à La Haye..

Au bout de quelques années, le chagrin de n’avoir pu rendre heureuse, par une aisance honnête, son épouse et une fille qu’il avait eue d’elle, et le dérangement de ses affaires, le déterminent à quitter la capitale, pour entreprendre, vers 1750, de nouveaux voyages. Après avoir parcouru divers pays, il se retire, vers 1751 en Suisse auprès d’un gentilhomme son ami, chez lequel il passera les dernières quatre années de fa vie.

Le , informé que Voltaire venait habiter les environs du lac de Genève, il lui écrit pour lui demander pardon de l’avoir offensé par des vers satiriques, et lui offre la dédicace de ses ouvrages. Voltaire a répondu sèchement et poliment mais, ayant refusé de le voir, il sort de chez celui-ci pour ne plus rentrer. On a longtemps ignoré ce qu’il était devenu, quoique plusieurs circonstances accompagnant sa disparition aient fait présumer le genre de sa mort , qui n’a fini par être constatée, qu’après que les perquisitions du résident de France à Genève ont permis de retrouver le corps, le , à proximité du village d’Évian.. Il était allé se noyer dans le lac de Genève.

Œuvre Le Nouvelliste sans fard ou la Gazette sans privilege, 1723-1725, . Le Nouvelliste universel, 1724. Histoire littéraire de l’Europe, 1726-1727. Voyage historique d’Italie, 1729. Les Mascarades amoureuses, comédie, 1736, . Les Impromptus de l’amour, comédie, 1736. Achille à Scyros, comédie, 1738, Le Consentement forcé, comédie, 1738, . Les Époux réunis, comédie, 1739. Le Dédit inutile, ou les Vieillards intéressés, comédie , 1742. Les Dieux travestis, ou l’Exil d’Apollon, comédie, 1742. L’Apparence trompeuse, comédie, 1744. Au Roy. Ode sur le retour de Sa Majesté, 1744. Les Talens déplacez, comédie, 1744. Le Roman, comédie, 1746, .

Œuvres complètes Œuvres de théâtre de M. Guyot de Merville contenant toutes ses comédies, Paris, 1758, in-8°. Œuvres de théâtre de M. Guyot de Merville, Paris, veuve Duchesne, 1766, 3 vol. in-12.

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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