L'escalier monumental d'Auch est une voie piétonne construite au située dans la commune d'Auch (Gers).
Site classé et monument historique, il fait le lien entre la haute-ville et la basse-ville d'Auch. L'escalier compte 374 marches avec les doubles volées, mais seules 233 marches sont nécessaires pour relier la basse-ville à la haute-ville.
Localisation L'escalier monumental se trouve à Auch, préfecture du département du Gers en région Occitanie et capitale de la région historique et culturelle de Gascogne. Il est situé en surplomb de la rive gauche du Gers, dans une entaille de la colline de la haute-ville et descend de la place Salinis, au sud de la cathédrale Sainte-Marie et de la tour d'Armagnac, jusqu'au boulevard Sadi-Carnot, entre le pont du Prieuré et le passage Saint-Pierre..
Historique À la suite du coup d'État du 2 décembre 1851, de la ville d'Auch se soulèvent contre l'Empereur. Le préfet du Gers Eugène Lagarde ayant été malmené par les insurgés, Louis-Napoléon Bonaparte charge le préfet Paul Féart (-)Paul Féart, frère du sculpteur Adrien Féart, est ensuite préfet d'Ille-et-Vilaine (1858-1864) puis de Lot-et-Garonne (1864-1867). . d'organiser la répression. sont déportés en Algérie. Le préfet Féart va cependant se rallier les insurgés en apportant son secours aux plus démunis et en embellissant la ville. Sur le rapport du de l'imprimeur auscitain Foix, conseiller municipal, qui déclare , un projet préfectoral adopté le par le Conseil général et le par le Conseil municipal organise les grands travaux qui vont transformer la ville d'Auch ......
Par ces travaux le préfet Féart ne veut pas seulement assurer aux auscitains le confort procuré par l'eau courante et le gaz ; son projet est aussi d'agrémenter la ville et de mettre en valeur la cathédrale. Il annonce : Ainsi sont posées les bases du dégagement de la future place Salinis et de la construction du futur escalier monumental.
Dans le même temps, Léopold Gentil (1816-1891), architecte en chef du département et inspecteur des édifices diocésains .. traduit en plan les souhaits du préfet Féart et de l'archevêque Antoine de Salinis associés dans le même projet. Cependant, l'escalier tel qu'il apparaît ne correspond pas à ces plans et l'auteur du projet réalisé n'est pas connu. Quoi qu'il en soit, les travaux débutent en 1858. Les bâtiments de l'officialité qui jouxtent la cathédrale sont débarrassés du Tribunal et des prisons transférés dans le quartier de l'Oratoire, à l'extrémité des allées d'Étigny où viennent d'être construits le nouveau palais de Justice et la nouvelle maison d'arrêt. Le quartier des chanoines et le cloître sont rasés. La nouvelle place est plantée de micocouliers. Ne subsistent de part et d'autre que le collège des Jésuites, futur Lycée d'Auch puis collège Salinis et la tour d’Armagnac. La construction de l'escalier monumental est réalisée avec les matériaux locaux, la pierre calcaire des carrières du Serrot à Leboulin, principalement utilisée pour la construction du nouveau tribunalChristine Rossi, « Leboulin », dans p. 38, mais également avec les pierres de la chanoinie en réemploi. Les sept fontaines bénéficient des travaux d'adduction d'eau de la ville réalisés dans le même temps. L'escalier est inauguré en 1863.
L'ouvrage est cependant de constitution fragile du fait de matériaux de qualité friable, d'un emplacement instable, et encore fragilisé par les inondations de 1897 et celles de 1977 qui provoquèrent l'effondrement d'une partie de l'édifice au-dessus de la rue Charras. Des travaux de confortement puis de réhabilitation au long cours ont depuis été engagés qui voient l'escalier et les terrasses retrouver la pierre blonde du Gers et les jardins de nouveaux agréments comme des arbres de Judée ou des 420. plants de vigne de Saint-Mont en 2017. Un partenariat est conclu en 2009 entre la ville d'Auch et la Fondation du patrimoine pour leur financement...
Architecture thumb|upright 0.6|Plaque située en haut de l'escalier Monumental Construit sur 35 mètres de dénivellation, l'escalier est constitué de C'est aussi, pour une pente de 30 % sur , le nombre de marches en volées droites de l'escalier de la montagne de Bueren à Liège. À titre de comparaison, l'escalier de la rue Foyatier sur la butte Montmartre comporte , également en volées droites, pour un dénivelé de (35 % de pente)., protégées par de larges et hautes rambardes de pierre et descendant, de part et d'autre de la place Salinis, en deux volées convergentes se rejoignant sur une première esplanade. La descente se poursuit par une volée centrale puis les marches s'écartent à nouveau en deux volées divergentes entourées de jardins. Elles s'orientent encore vers une deuxième terrasse et descendent ensuite en une volée centrale, ponctuée de trois paliers. Les marches s'évasent pour déboucher enfin sur le boulevard Sadi-Carnot. Le nombre de marches à monter ou descendre par l'une ou l'autre des volées convergentes ou divergentes et les volées droites est de 233.
Le côté est de la place Salinis, fermé par des balustrades de pierre, forme un premier balcon offrant une vue panoramique sur la basse ville. Les mêmes balustrades protègent le premier palier de l'escalier au droit de la tour d'Armagnac au nord et du collège Salinis au sud. Au centre du mur de soutènement des deux terrasses et du jardin central est creusée, sur toute la hauteur, une niche en cul-de-four, encadrée de pilastres et surmontée d'un arc en plein-cintre, abritant une fontaine et un bassin.
Au sol de la première esplanade, L'Observatoire du temps, sculpture en fonte de Jaume Plensa commémorant les inondations de 1977 en Gascogne, égrène les mots de l'Ancien Testament évoquant le déluge. Au sud, l'esplanade se poursuit par la rue Vieille Pousterle aux maisons moyenâgeuses. Au nord se déroulent les jardins en terrasses de l'hôtel de la Préfecture, ancien palais archiépiscopal. Sur la dernière terrasse, précédant la descente vers le Gers enjambant la rue Charras et la rue Rabelais, domine la statue monumentale du célèbre gascon Charles de Batz de Castelmore, dit d'Artagnan, réalisée par Firmin Michelet en 1931.
L'escalier monumental de la villa Garzoni (Italie, ) est cité comme une référence stylistique dont les caractéristiques se retrouvent à Auch mais également dans les escaliers du Bom Jesus (Portugal, ), de la gare Saint-Charles (Marseille, ) ou de la rue Foyatier à Montmartre (Paris, )..
Architecture dans le monde
Protection du patrimoine L'escalier monumental d'Auch est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par un arrêté du .. L'ensemble urbain constitué par l'escalier monumental, ses terrasses, leurs élévations, les bassins, les plantations des abords et la place Salinis, est également classé par un arrêté du au titre des sites remarquables. pour son caractère rattaché aux « paysages bâtis par l'Homme »..
Notes et références vignette|upright=0.75|L'escalier aux fleuries de la montagne de Bueren à Liège. Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Auch Escalier Liste des monuments historiques d'Auch Liste de sites naturels de France Villa Garzoni
Liens externes
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