La compression thoracique est un geste de premiers secours qui se pratique dans deux circonstances : vignette|Position des mains sur le thorax du patient au cours d'une compression thoracique.la victime est consciente et s'étouffe (obstruction totale des voies aériennes supérieures) mais on ne peut pas pratiquer la méthode d'Heimlich (exemple d'une femme enceinte ou d'une personne obèse, ou d'un nourrisson sur lequel la méthode de Mofenson a échoué, ou d'une victime inconsciente pour laquelle les insufflations ne passent pas) ; le but ici est de provoquer une surpression dans les poumons pour déloger le corps étranger ; la victime est inconsciente, ne respire pas et son cœur ne bat plus, les compressions thoraciques servent ici à faire circuler le sang ; on alterne trente compressions thoraciques (depuis Samu De France : Actualités - Nouvelles normes de réanimation cardio-pulmonaire et de mise en œuvre de la DSARecommandations ERC 2005 : réanimation cardio-pulmonaire de base (RCP) - Urgences-Online [Urg-Serv]) et deux insufflations (bouche-à-bouche) ; l'ensemble ventilation artificielle/massage cardiaque est appelé réanimation cardiopulmonaire (RCP). Dans le deuxième cas, on parlait auparavant de massage cardiaque externe (MCE) ; ce terme a été abandonné car à aucun moment le cœur n'est comprimé.
Cette technique n'est pas une fin en soi mais s'inscrit dans une logique de premiers secours : protection-bilan-alerte des secours-geste de premiers secours.
Le risque de cette technique est de fracturer des côtes de la victime, mais ce risque est négligeable par rapport à la situation (mort certaine de la victime si rien n'est fait).
L'entraînement à cette technique peut être effectué sur un mannequin prévu à cet effet et il est possible de contacter les associations de secourisme pour l'apprendre. Historique En 1874, Moritz Schiff publie la première description de la réanimation de chiens par la compression rythmique du cœur à thorax ouvertF. Vallejo-Manzur, J. Varon, R. Fromm Jr, P. Baskett, Moritz Schiff and the history of open-chest cardiac massage, Resuscitation. 2002, Apr. 53(1):3-5Cardiac Arrest and Resuscitation, B. B. Milstein, Ann. R Coll Surg Engl. 1956 August; 19(2): 69–87.. Dès 1878, Boehm démontre qu'une pression rythmique sur le thorax de petits animaux pouvait maintenir une pression artérielle sur un cœur arrêté. La technique a été publiée chez l'homme pour la première fois en 1960 par KouwenhovenKouwenhoven WB, Jude JR, Knickerbocker GG, Closed-chest cardiac massage, JAMA, 1960;173:1064-1067.
On la doit cependant aux Japonais qui l'ont mise en œuvre longtemps avant. Elle a été longtemps gardée secrète (parmi d'autres techniques) et était transmise aux seuls "initiés". Plusieurs vidéos de la situation dans la ville d'Hiroshima juste après l'explosion atomique, prises sur le vif, filmaient des Japonais en train de pratiquer le massage cardiaque. À noter que cette technique était généralement utilisée sur une personne mise en position "assise". Ces techniques ont été "testées" "scientifiquement" sur des prisonniers de guerre dans l'Unité 731. Un manuel à l'usage des militaires a été édité à la suite de ces "expériences" en 1944, mais il est resté secret encore quelques années. Ces expériences ont à juste titre été qualifiées de crime contre l'humanité. Ce manuel a été transmis à Henri Plée (sans explications sur l'origine des découvertes dudit manuel), qui a été le grand artisan de la diffusion du karaté en Europe. Sa diffusion s'est faite plus ou moins à son insu lorsque ce dernier l'a fait traduire aux États-Unis. Henri Plée a fait paraitre deux ouvrages à ce sujet : l'art sublime et ultime des points vitaux & l'art ultime et sublime des points de vie.
Description de la technique
Position des mains
La technique consiste à appuyer avec le talon de la main (partie de la main rattachée au poignet) sur le milieu de la poitrine. Il y a un os, le sternum, auquel s'attachent les côtes. Si l'on touche cet os, on s'aperçoit que : dans sa partie supérieure, il est bombé vers l'extérieur ; ; et dans sa partie inférieure, il est bombé vers l'intérieur ; . La partie à comprimer est la lame du sabre. En effet, le manche du sabre est fortement attaché à des os (les clavicules) et offre une résistance importante ; de plus, on peut constater lorsqu'on le frappe que le son résonne (on le nomme parfois également « os de King Kong »), la partie sous-jacente offre donc une résistance trop importante.
La lame du sabre, au contraire, est située au-dessus d'une partie molle et comprenant de nombreux vaisseaux sanguins, comme une sorte d'éponge ; la compression de cette partie est donc aisée, elle provoque une surpression suffisante dans les poumons et par conséquent un mouvement d'une quantité suffisante de sang. Par ailleurs, son bombement vers l'intérieur permet de placer le talon de la main.
Position de la victime
La victime doit être placée à plat-dos sur une surface dure, en général le sol : sur une surface molle comme un lit, l'appui serait inefficace (on comprime le matelas, pas la poitrine).
En milieu hospitalier, certains lits ont un matelas pneumatique pour éviter les escarres et possèdent une valve permettant le dégonflage d'urgence, ce qui permet de transformer le lit en plan dur, sinon, il est possible de positionner une planche dorsale courte sous le tronc du patient ; dans les deux cas, l'efficacité est maximale si la personne effectuant les compressions thoraciques est à genou sur le litPY. Gueugniaud (Lyon), P. Plaisance (Montréal), M. Vranckx, B. Huart, B. Atanasova, F. Duwe, A. Farhat, J. Thomas (Nivelles), Massage cardiaque externe dans un lit d'hôpital : une planche est-elle utile ?, communication du congrès Urgence de la SFMU 2004 .
Position du sauveteur
Le sauveteur doit être placé bien à l'aplomb au-dessus du point d'appui, bras tendu, afin d'être sûr d'appuyer vers le bas.
Entre 1991 et 2001, on a recommandé en France de mettre le bras de la victime à angle droit, et que le sauveteur chevauche le bras : ainsi, le sauveteur était plus proche du corps (ce qui permet une meilleure verticalité), et le bras constitue un repère permettant de passer facilement des compressions thoraciques au bouche-à-bouche.
Depuis 2001, on recommande au contraire de mettre le bras le long du corps : ainsi, en cas de mise en œuvre d'un défibrillateur semi-automatique ou automatique externe, le sauveteur risque moins de toucher la victime. En cas de contact, le sauveteur peut recevoir un choc électrique violent, bien que de danger faible. Mais surtout, l'analyse de la victime serait erronée, ou la victime ne bénéficierait pas du choc électrique.
Dans le cas d'un nourrisson, la surface dure est en général une table dans le cas de la réanimation cardiopulmonaire, ou bien l'avant-bras du sauveteur dans le cas d'une désobstruction des voies aériennes.
Rythme de compression vignette|Compressions thoraciques au cours d'une réanimation cardiopulmonaire. Dans le cas de la réanimation cardiopulmonaire, le rythme constitue un point important des compressions. Il faut s'attacher à faire des compressions régulières, à laisser la poitrine reprendre sa forme initiale entre deux compressions, et à ce que le temps de relâchement soit égal au temps de compression. En effet, le relâchement de la poitrine permet le retour veineux, et donc le remplissage du cœur, capital pour la bonne circulation. Le rythme de massage doit être suffisant pour faire circuler le sang, mais pas trop rapide sinon la circulation n'est pas efficace (on crée des turbulences qui s'opposent à l'écoulement du sang). Le fait d'adopter un rythme régulier permet aussi d'avoir des mouvements fluides, ce qui réduit le risque de fracture des côtes. On conseille pour cela de compter à voix haute : « un-et-deux-et-trois-… », les « et » correspondant au temps de relâchement.
Jusqu'à une époque récente, le rythme utilisé était essentiellement empirique, pouvant être aussi bas que 30-40 par minute lors des premières tentatives à la fin du Figl M, Pelinka LE, Mauritz W, Resuscitation great Franz Koenig and Friedrich Maass, Resuscitation, 2006;70:6–9. Les premières recommandations américaines conseillaient une fréquence de 60 par minuteNolan JP, Perkins GD, Soar J, Chest compression rate : Where is the sweet spot?, Circulation, 2012;125:2968-2970.
Les recommandations européennesEuropean Resuscitation Council Guidelines 2000 for Adult Basic Life Support, indiquent qu'un cycle compression-relâchement doit durer 0,6 seconde (on fait donc 15 cycles en 9 secondes) ; cela représente une fréquence de 100 à 120 compressions par minute, mais les cycles de compression étant interrompus par des insufflations, il n'y a en fait que 75 à 80 compressions thoraciques en une minute. Les recommandations américaines de 2010 parlent d'une fréquence d'au moins 100 par minute sans fixer de limites hautesSayre MR, Koster RW, Botha M et al. Adult Basic Life Support Chapter Collaborators, Part 5: Adult basic life support: 2010 International Consensus on Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care Science With Treatment Recommendations, Circulation, 2010;122:S298-324.
Cette fréquence est un des points critiques de l'efficacité circulatoire. Il existe une corrélation entre le taux de survie et la fréquence de massageB.S. Abella et coll. : Chest compression rates during cardiopulmonary resuscitation are suboptimal. À prospective study during in-hospital cardiac arrest., Circulation (2005), : chez les patients survivants, la fréquence moyenne de compression était de 90 par minute, alors que chez les patients décédés, elle était de 70 par minute seulement. La probabilité de retour à un rythme cardiaque spontané semble maximale lorsque la fréquence de compression est de 125 par minute sans toutefois que cela change le pronostic final en termes de survieIdris AH, Guffey D, Aufderheide TP et al. The relationship between chest compression rates and outcomes from cardiac arrest, Circulation, 2012;125:3004–3012.
Compression thoracique sur un adulte ou un enfant de plus de huit ans
Le sauveteur se place à genou à côté de la victime, au niveau de la poitrine, le plus proche du corps de celle-ci.
Il place le talon d'une main (partie restante de la paume quand nous replions les doigts sur sa main) au milieu de la poitrine nue de la victime.
Une fois la première main positionnée, la deuxième vient se placer par-dessus.
Il est important que seul le talon de la main touche la poitrine ; les doigts doivent être relevés pour éviter de comprimer les côtes.
Puis, le sauveteur se place bien verticalement au-dessus de la poitrine, les bras tendus et coudes verrouillés. Il appuie progressivement et sans à-coup avec le poids de son corps afin d'enfoncer la poitrine de 5 à ; puis, il se redresse afin que la poitrine reprenne son volume normal. Un cycle compression-relâchement dure environ 0,6 seconde, la compression dure autant de temps que le relâchement.
Pour plus de renseignement voir le RN PSC1 (référentiel national de PREVENTION ET SECOURS CIVIQUE DE NIVEAU
Compression thoracique sur un enfant entre un et huit ans
Sur un enfant de un à huit ans, la compression se fait avec un seul bras tendu, afin de limiter la force exercée. La poitrine doit s'enfoncer d'un tiers de l'épaisseur du thorax.
Compression thoracique sur un nourrisson de moins d'un an
Sur un nourrisson, l'appui se fait avec deux doigts, la poitrine devant s'enfoncer d'un tiers de l'épaisseur du thorax. Les deux doigts se placent à une distance d'un doigt au-dessus de la partie inférieure du thorax (appendice xiphoïde).