Le BamboukOu Bambouc, Bambougou, Bambuk, Bambuhu est une région historique d'Afrique de l'Ouest, comprise entre deux affluents du fleuve Sénégal, la Falémé à l'ouest et le Bafing à l'est. Son territoire se trouve aujourd'hui à cheval sur le Sénégal et la partie occidentale du Mali, principalement dans le cercle de Kéniéba (région de Kayes) Pascal James Imperato et Gavin H. Imperato, « Bambouk », in Historical dictionary of Mali, Scarecrow Press, Lanham, Md., 2008 ( éd.), p. 34 .
Ses ressources en or – réelles ou surestimées – établissent sa notoriété dès le Moyen Âge, d'abord dans le monde arabe, puis en Europe Philip D. Curtin, « The Lure of Bambuk Gold », in The Journal of African History, vol. 14, , 1973, : on y voit le « Pérou de l'Afrique »Gaspard Théodore Mollien, Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, aux sources de Sénégal et de la Gambie fait en 1818, Vve Courcier, 1820, p. 331.
Histoire
Au , le géographe arabe Al Idrissi se représente cette région comme une île de 300 miles de long et 150 miles de largeSoit environ 480 km de long et 240 km de large. – une description assez pertinente avec le recul, si l'on prend en compte les deux rivières et la superficie effective du territoire.
Les Portugais atteignent le Bambouk en 1550, mais ils sont décimés par la maladie, les rivalités autour des mines d'or et l'hostilité de la population locale.
Le Bambouk est une région montagneuse, aux petits villages dispersés, principalement peuplés de Mandingues. Des esclaves fugitifs y trouvent souvent refuge. Ces communautés sont relativement autonomes, même si elles s'unissent parfois pour lutter contre les incursions d'États voisins plus centralisés, tels que le Boundou ou le Khasso Andrew F. Clark et Lucie Colvin Phillips, « Bambuk », in Historical Dictionary of Senegal, The Scarecrow Press, Metuchen (N. J.) et Londres, 1994 ( éd.), .
Les négociants français arrivent à partir du , mais ne parviennent pas à s'établir durablement. En 1714, sous l'impulsion d'André Brue, la Compagnie du Sénégal construit le fort Saint-Pierre sur la rive gauche de la Falémé. En 1724 les Français installent deux comptoirs, dont l'un près des mines d'or de Tambaoura. Mais les tentatives pour exploiter ces gisements se soldent par des échecs successifs. Les comptoirs sont abandonnés en 1732, les forts en 1759. Les Français font de nouvelles tentatives au début du . La Société de Galam établit un comptoir sur la Falémé en 1824, mais y renonce en 1841. À son tour Faidherbe, gouverneur du Sénégal, organise une expédition au Bambouk en 1858-1860, qui connaît un nouveau revers. Par un traité de paix de 1887 signé par Gallieni, « les chefs du Bambouk reconnaissent que leur pays fait partie du Soudan français et est placé sous le protectorat de la République française »Recueil des traités de la France, vol. 17, A. Durand, 1891, p. 314.
Depuis les indépendances, le Bambouk est partagé entre le Sénégal et le Mali.
L'or du Bambouk Les monts Bambouk et la vallée de la rivière Falémé, région aurifère, constituent historiquement l’un des principaux centres de production d’or entre le et le . Cette richesse contribue à l'essor de royaumes et empires au cours de l'histoire, dont l' empire du Ghana (-)Jean Girard, L'or du Bambouk, 347 pp, Georg Editeur, 1992 .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Henri Brunschwig, « Le docteur Colin, l'or du Bambouk et la "colonisation moderne" », in Cahiers d'études africaines (Paris), 1975, XV-2, , Philip D. Curtin, « The Lure of Bambuk Gold », in The Journal of African History, vol. 14, , 1973, J. Fieux, Sénégambie et Soudan. Gisements aurifères de Bondou, du Bambouk et du Khasso, Chemin de fer de Médine au Littoral par le Djoloff et le Terlo, Bordeaux, 1880 Jean Girard, L'Or du Bambouk : du royaume de Gabou à la Casamance une dynamique de civilisation ouest-africaine, Genève, Georg, 1992, 347 p. Xavier Guillard, Commerce et production de l’or du Bambouk, d’après les sources françaises, Paris, Université de Paris I, 1982, 193 p. (Mémoire de Maîtrise) Ernest Noirot, À travers le Fouta-Diallon et le Bambouc (Soudan occidental) : souvenirs de voyage, M. Dreyfous, Paris, 1885, 360 p. + pl., Paul-Jean de L'Orza de Mont-Orso de Reichenberg, Souvenirs de mission : de Kayes au Bambouk, J. Girieud, Bibliothèque du Marsouin, Rouen, 1902, 60 p. Anne Raffenel, Voyage dans l'Afrique occidentale : comprenant l'exploration du Sénégal depuis Saint-Louis jusqu'à la Falémé, au-delà de Bakel ; de la Falémé depuis son embouchure jusqu'à Sansandig ; des mines d'or de Kéniéba dans le Bambouk ; des pays de Galam, Bondou et Woolli ; et de la Gambie depuis Baracounda jusqu'à l'Océan ; exécuté, en 1843 et 1844, par une commission composée de MM. Huard-Bessinières, Jamin, Raffenel, Peyre-Ferry et Pottin-Patterson, rédigé et mis en ordre par Anne Raffenel, A. Bertrand, Paris, 1846, VII-512 p.
Articles connexes Histoire du Mali Histoire du Sénégal Falaise de Tambaoura Exploitation aurifère en Guinée Bouré (région)
Liens externes
Catégorie:Géographie du Mali Catégorie:Géographie du Sénégal Catégorie:Région de Kayes Bambouk Catégorie:Empire du Ghana