Henry Neilson Wrigley, né le à Melbourne et mort le dans la même ville, est un haut commandant de la Force aérienne royale australienne (RAAF).
Il compte parmi les membres fondateurs de la RAAF en 1921 et y occupe divers postes d'administrateur au cours des premières années de l'organisation. En 1936, il est promu et prend le commandement des bases aériennes Williams de Laverton. Promu peu de temps après le début de la Seconde Guerre mondiale, il devient en 1940 et prend en charge l'organisation de la , récemment créée. En 1941, il nomme Clare Stevenson dirigeante de cette nouvelle organisation. Wrigley est également promu au à Londres à partir de jusqu'à sa retraite de l'armée en . Il est décoré de l'Ordre de l'Empire britannique, du et de l'.
Il meurt en 1987 à l'âge de quatre-vingt-quinze ans. Les écrits racontant ses exploits aériens sont alors recueillis et publiés à titre posthume sous le titre , en .
Jeunesse et études Henry, fils de Beatrice et Henry Wrigley, naît le à Collingwood, une banlieue de Melbourne. Il effectue ses formations au Richmond Central School puis au Melbourne High School et rejoint plus tard la . Après la fin de ses études à l'université de Melbourne, il est engagé comme professeur dans une école publique, alors qu'il veut à tout prix poursuivre une formation militaire afin de pouvoir servir plus tard son pays. En effet, la jeunesse australienne souffre à cette époque d'une comparaison incessante avec les Britanniques, ce qui par la suite engendre un certain complexe d'infériorité. Ce sentiment ravive d'autant plus une certaine fierté lors de l'engagement de l'Australie dans la Première Guerre mondiale. L'historien Charles Bean explique par ailleurs l'importance de l'implication des Australiens dans cette guerre, qui a cependant coûté cher à cette jeune nation.. C'est dans ce contexte de fierté et de frustration que Wrigley s'engage dans l'Armée de réserve australienne peu de temps avant le début de la Première Guerre mondiale Department of Defence, Personnel File, .. Il rejoint alors l'Australian Flying Corps (AFC) le .. Le jeune Wrigley décide ensuite de suivre une formation pour devenir pilote, sous la tutelle du lieutenant Eric Harrison au Central Flying School RAAF à Point Cook, avant de quitter Melbourne le à bord d'un navire militaire, en direction de l'Europe.
Première Guerre mondiale
vignette|upright|gauche|alt=Portrait en noir et blanc d'un homme militaire. Vue de profil.|Henry Wrigley en 1917. En , les unités d'infanterie de l'AIF sont transférées d'Égypte en Europe pour servir sur le front de l'Ouest.. La est la première à arriver en France, suivie de la , tandis que les et quittent l'Égypte en .. Wrigley est mobilisé avec la , qui est la dernière à arriver. Cette unité, qui est également connue jusqu'en 1918 sous le nom d'escadron ou Royal Flying Corps, est formée en Australie en puis transférée en Angleterre afin de suivre un entraînement complémentaire. Opérant avec une Royal Aircraft Factory R.E.8, la division est engagée uniquement dans les missions de reconnaissance, de ravitaillement et d'appui aérien rapproché. Après s'être promu au rang de capitaine, Wrigley reçoit la pour son , le . Cet honneur est promulgué dans la London Gazette du .. C'est également pendant cette période qu'il partage avec ses collègues ses points de vue sur le principe du combat aérien, en affirmant entre autres que la plupart des avions de guerre sont et que les officiers supérieurs sont .
Durant l'entre-deux-guerres
Exploits dans l'aviation civile vignette|upright|alt=Photo en noir et blanc représentant deux hommes debouts, souriants en tenues militaires.|Le capitaine Wrigley (à droite) avec le sergent Murphy, en 1919. Wrigley est chargé du commandement de l'escadron en et retourne en Australie le . Plus tard dans la même année, il participe au premier vol transcontinental de l'histoire de l'aviation australienne, reliant Melbourne et Darwin, qui coïncide cependant avec le premier vol reliant l'Angleterre et l'Australie. Accompagné de son mécanicien et ancien camarade d'école, le sergent Arthur « Spud » Murphy, il quitte Point Cook le et arrive à Port Darwin le , parcourant pour un total de quarante-sept heures de vol. Les deux hommes volent à bord d'une Royal Aircraft Factory B.E.2, sans radio et traversant pas moins de 17 champs d'atterrissage avant d'atteindre Darwin. Wrigley est ravi d'avoir son ami Murphy comme copilote, mais pense que l'avion est , tout en admettant que En reconnaissance de leur exploit, les deux hommes reçoivent chacun l', honneur rapporté dans The London Gazette le . Le danger de ce périple est tel que, pendant la préparation du vol retour, ils reçoivent un télégramme du département de la Défense leur ordonnant de démanteler la BE2 et de finir le trajet par bateau.
En , il participe au premier vol de nuit qui relie Sydney et Melbourne. Quittant alors la station RAAF de Richmond à bord d'une Airco DH.9, Wrigley et son copilote volent pendant plus de six heures et parcourent lorsqu'une ligne de carburant brisée les oblige à atterrir. Ils poursuivent néanmoins le voyage le lendemain matin.
Entrée dans la Force aérienne royale australienne
Le , alors âgé de , Wrigley est transféré à l'Australian Air Corps (AAC), une organisation temporaire formée par l'armée à la suite de la dissolution de l'Australian Flying Corps après la Première Guerre mondiale. Il est nommé adjudant au Central Flying School le mois suivant. En 1921, il rejoint la Force aérienne royale australienne (RAAF) avec le grade de . Surnommé « Wrig », il fait partie des 21 officiers qui fondent la RAAF en mars de la même année. Au cours des sept années suivantes, il occupe divers postes d'administrateur au siège de l'organisation à Melbourne, se faisant au début attribuer le poste de au sein du Director of Personnel and Training. Le , Wrigley épouse Marjorie Rees, avec qui il aura un fils et une fille ; le même mois, il remplace le Frank McNamara au poste de (opérations et renseignements). Il occupe aussi la fonction d'instructeur principal de vol de la RAAF de à , période pendant laquelle il est promu chef d'escadron, avant d'être nommé . gauche|alt=Photo en noir et blanc d'un biplan sur un air d'atterrissage avec deux hommes à côté.|vignette|La Royal Aircraft Factory B.E.2 piloté par Wrigley lors du premier vol trans-australien en 1919. Wrigley se rend ensuite en Angleterre en 1928 afin d'assister au à Andover, devenant ainsi l'un des premiers officiers australiens à effectuer ce parcours. Resté en Angleterre, il est nommé agent de liaison aérien australien auprès du ministère de l'Air en 1929. En octobre, il entame une négociation avec le British Air Council afin de discuter d'une proposition visant à attribuer à la RAAF la devise de la Royal Air Force, Per Ardua Ad Astra ; l'approbation informelle de la RAF est accordée par lettre adressée à Wrigley en . De retour en Australie, il devient directeur des opérations et du renseignement au siège de la RAAF en et directeur des fonctions de l'organisation du personnel en . Il est également promu au grade de en . En 1935, il publie un récit racontant les exploits de son ancienne unité, le , intitulé The Battle Below, qui est considéré comme un point de vue marginal sur l'appui aérien rapproché durant la Première Guerre mondiale. Il est par ailleurs promu en et est nommé au poste de commandant de la station RAAF de Laverton par le McNamara. Wrigley passe ensuite le commandement de la station au Adrian Cole en et en mai, il fait partie d'un groupe d'experts chargés d'une enquête sur trois accidents impliquant des Avro Ansons. Le rapport complet de cette enquête, publié en octobre, révèle que le pilote a suivi la formation réglementaire imposée par la RAAF, mais a cependant manqué d'expérience pratique pour pouvoir traiter les incidents en vol, car l'erreur humaine est l'explication logique sur au moins un des accidents.
Seconde Guerre mondiale
vignette|alt=Photo en noir et blanc montrant des hommes et des femmes en costume militaire sombre.| Wrigley (devant à gauche) au poste d'air member for personnel, en . Dans le cadre d'un remaniement de la RAAF à la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le groupe est formé sous le commandement de Wrigley à Melbourne le afin de superviser les opérations des bases aériennes et des unités dans l'État de Victoria, dans le sud de l'Australie ainsi qu'en Tasmanie. Promu en 1940, il occupe d'abord le poste d' (AOC) au Southern area, l'organisation succédant au groupe , avant de prendre le poste d' (AMP) en novembre de la même année. Il est ensuite élevé au titre de Commandant de l'ordre de l'Empire britannique durant les de 1941. En tant qu'AMP, les responsabilités de Wrigley incluent l'organisation de la (WAAAF), créée le , qui est la première branche militaire féminine d'un service armé dans le pays. Il estime par ailleurs que le recrutement des femmes au service militaire est essentiel pour augmenter le personnel sur le terrain, nécessaire dans le soutien de l'effort de guerre. Il présume également que, si une telle organisation doit être séparée de la RAAF, ses membres doivent être parfaitement intégrés dans cette nouvelle structure.
Le chef du personnel aérien (CAS) est à cette époque un officier de la Royal Air Force, le Sir Charles Burnett, qui espère voir sa fille Sybil-Jean, vétéran de la Women's Auxiliary Air Force de Grande-Bretagne, prendre la tête de la WAAAF. Wrigley plaide avec succès contre ce choix, expliquant à Burnett qu'il y a déjà eu suffisamment de non-australiens nommés CAS. Le , il nomme Clare Stevenson à la tête de la WAAAF, remplaçant Mary Bell, épouse d'un de la RAAF. Wrigley choisit Stevenson à cause de ses riches expériences dans le domaine de la gestion (au moment de la nomination, elle est directrice exécutive de la société Berlei) et surtout parce qu'elle n'est pas issue de la « société ». Bell, proposée au poste de directrice adjointe, démissionne de la WAAAF en apprenant la nomination de Stevenson, mais Wrigley réussit malgré tout à la convaincre de prendre le poste. Entre-temps, il joue un rôle de premier plan dans le développement du Air Training Corps, fondé en afin de faciliter l'entraînement de base des jeunes de seize à dix-huit ans qui désirent s'enrôler dans la RAAF. vignette|alt=Portrait en noir et blanc d'un homme vêtu d'un costume militaire se tenant près d'un arbre.|Wrigley en Sicile, en . La promotion au grade de de Wrigley est annoncée en , ce qui fait de lui le troisième membre de la RAAF à atteindre ce rang.. En , il est muté à Londres pour remplacer Frank McNamara au poste de AOC aux RAAF Overseas Headquarters. Il est cependant en concurrence directe avec le Williams pour l'attribution de ce poste. Williams, qui a commandé le Overseas Headquarters à sa création en , est quant à lui nommé représentant de la RAAF à Washington, laissant à McNamara la charge du bureau de Londres jusqu'à l'arrivée de Wrigley. Le ministre de l'armée de l'air, Arthur Drakeford, est en faveur de la nomination de Williams aux commandes des bureaux de la RAAF aux États-Unis et au Royaume-Uni alors que Wrigley est récemment muté à Londres. Le journal intime de Wrigley mentionne que lorsque Williams retourne à Londres en afin d'assister à la réunion pour l'attribution du poste, il commence à pour Bien que Williams quitte l'Angleterre en , la question n'est réglée qu'au milieu de l'année après que l' George Jones suggère à Williams qu'il n'est pas pratique pour lui de commander à la fois les bureaux de Londres et de Washington.