L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Neuilly-en-Thelle, dans le département de l'Oise, en France. Sa construction a commencé après la donation de la collation de la cure à l'abbaye Saint-Vincent de Senlis en 1187. Mais les seuls éléments significatifs qui subsistent de la première campagne de construction sont la façade et une partie de la base du clocher, avec sa voûte d'ogives. Des réparations ont été nécessaires après la Grande Jacquerie en 1358, et ont laissé les chapiteaux au sud de la base du clocher et deux baies à remplage. La modeste nef a si souvent été retouchée qu'elle a perdu tout caractère, et son unique bas-côté a été rebâti en 1842. Le clocher a quant à lui été reconstruit après un incendie en 1711. L'église Saint-Denis vaut donc surtout pour son vaste chœur Renaissance de trois travées, terminée par une abside à trois pans, et accompagné d'un collatéral au nord. Ce chœur est de dimensions généreuses, et s'il ne constitue pas un chef-d'œuvre, offre néanmoins une modénature atypique, et des supports des voûtes d'une conception originale. Au nord, les deux arcs-doubleaux retombent sur des cariatides, et dans le collatéral, les consoles qui reçoivent les voûtes prennent la forme de têtes humaines se dégageant devant des draperies. Le mobilier de l'église a été presque entièrement remplacé au . Pour ses différentes singularités, l'église Saint-Denis a été classée monument historique par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées environ tous les deux mois à 18 h 30.

Localisation thumb|left|L'église et la halle avec l'ancienne mairie, vers le début du .

L'église Saint-Denis est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, en pays de Thelle, dans la commune de Neuilly-en-Thelle, au centre du bourg, rue du Mouthier (RD 609) / place du maréchal Leclerc. En venant depuis l'ouest, la rue arrive devant la façade occidentale de l'église, et s'élargit légèrement, afin de permettre à ses deux voies de contourner l'édifice, l'une par le sud, l'autre par le nord. Elles rencontrent, à l'est de l'église, la grande place. Cependant, la voie du sud (sens ouest-est) délimite en même temps la place au sud, et l'église ne donne ainsi sur la place qu'au niveau du chevet et des dernières travées du collatéral sud. Si le chevet et la façade sont ainsi bien visibles et bien mises en valeur, les élévations latérales se trouvent enserrées dans le tissu urbain et ne peuvent être contemplées en prenant suffisamment du recul. Cependant, l'église est entièrement entourée de la voie publique, et n'est pas mitoyenne d'autres constructions. Elle occupe une place de choix dans le paysage urbain, dans lequel elle est parfaitement intégrée, puisque la plupart des commerces sont concentrés autour de la place. Elle accueillait, au début du encore, également la mairie au-dessus de la halle, et une grande fontaine publique. Déjà disparu avait une croix monolithe remarquable par sa hauteur et son élégance, que Louis Graves a encore vu vers le début des années 1840, et dont le fût seul mesurait encore cinq mètres de hauteur. Il avait été enterré pendant les principaux conflits, de même que sous la Terreur, quand elle perdit toutefois deux mètres de hauteur..

Histoire

L'on ignore la date de fondation de la paroisse. La première mention connue de Neuilly-en-Thelle figure dans le testament de Vendimir et d'Ercamberthe sa femme, qui en 686 font don de la localité à l'abbaye Saint-Étienne de Paris (probablement le chapitre de la cathédrale Saint-Étienne de Paris). Mais il n'est pas avéré que Neuilly corresponde alors à une paroisse. En effet, le village fait longtemps partie de la seigneurie de Fresnoy-en-Thelle, et n'est pas un centre du pouvoir malgré sa population nombreuse. D'autre part, le patron de la paroisse, saint Denis, important évangélisateur dans la région, peut renvoyer à une fondation fort ancienne, ou sinon à un rapport quelconque avec l'abbaye de Saint-Denis, comme dans les villages voisins de Foulangues (église Saint-Denis de Foulangues) et Le Mesnil-en-Thelle (anciennement Le Mesnil-Saint-Denis). En 1187, Philippe de Dreux, évêque de Beauvais, confère la collation de la cure à l'abbaye Saint-Vincent de Senlis. Cet acte enclenche sans doute le début des travaux pour l'église actuelle, dont les grandes arcades en tiers-point assez frustes au nord de la nef peuvent remonter à la fin du ou au début du . La donation du patronage de la cure peut en même temps coïncider avec l'érection de la paroisse, comme c'est souvent le cas. L'abbaye Saint-Vincent envoie un chanoine à Neuilly-en-Thelle, qui y assure le ministère du curé. Formellement, Neuilly-en-Thelle devient donc le siège d'un prieuré, dont l'effectif se limite en général à un seul religieux qui porte le titre de prieur : c'est l'un des nombreux prieuré-cures dans le milieu rural. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Beaumont-sur-Oise, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais.. thumb|Cartouche avec la date de 1546 au-dessus de la baie d'axe du chevet. thumb|Pile nord-est du clocher, chapiteau gothique (à g.) et trois chapiteaux potentiellement néo-gothiques.

Les campagnes de construction de l'église antérieures au ne sont pas documentées par des sources d'archives ou des inscriptions. Eugène Müller date les parties les plus anciennes de la fin du ou des débuts du siècle suivant.. Il s'agit du gros-œuvre de la nef et des grandes arcades du nord, ainsi que des deux arcs-doubleaux qui séparent la base du clocher de la nef et du chœur, avec les supports de la pile nord-ouest et le chapiteau de l'ogive dans l'angle nord-est. Ces éléments appartiennent à la première période gothique. Sous la Grande Jacquerie en 1358, l'église, couverte de chaume, est incendiée, rapporte Louis Graves. Ainsi, s'expliquent aisément le style du du portail occidental, des supports au sud des deux doubleaux de la base du clocher, et du chapiteau dans l'angle sud-est de la demi-travée au nord du clocher. Les fenêtres au sud de la nef et du base du clocher sont repercées à la période gothique flamboyante, comme l'indiquent les moulures concaves qui les entourent. Le chœur et son collatéral sont entièrement bâtis à neuf pendant la première moitié du , à la charnière entre la période flamboyante et la Renaissance, peut-être grâce à la générosité des marquis de Fresnoy, qui avaient leur sépulture justement dans le chœur. Sa datation est facilitée par un cartouche visible à l'extérieur, au-dessus de la baie d'axe. Il affiche l'inscription énigmatique : . (un trait au-dessus de certains consonnes indique des omissions, notamment dans le cas de consonnes doubles). Le , la flèche du clocher est emportée par un ouragan. La nouvelle toiture est provisoirement couverte de chaume. Le , un immense incendie dévaste toute la partie méridionale du bourg, et anéantit les nouveaux ouvrages sur le clocher. En 1755, la nef est plafonnée.

Sous la Révolution française, les hiérarchies ecclésiastiques traditionnelles sont bouleversées, et le prieuré est dissout. La chapelle de l'Ecce homo, bâtie en 1711 à la limite sud du bourg, là où l'incendie s'était arrêté, est démolie en 1793.. L'ancien doyenné de Beaumont, traversé par la limite administrative entre l'Oise et la Seine-et-Oise, est départagé entre le diocèse de Beauvais et le nouveau diocèse de Versailles. Pour Neuilly-en-Thelle, le diocèse reste inchangé. Puis, sous le concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est annexé au diocèse d'Amiens, avant d'être rétabli en 1822. Le régime concordataire n'accorde, sous le Premier Empire, qu'une unique paroisse par canton. En l'occurrence, elle est sise à Chambly, alors que Neuilly-en-Thelle, chef-lieu de canton, doit se contenter du statut d'une succursale. La Révolution n'a pas emporté le mausolée de Charles-Henri de Fresnoy, dit Tempête, qui servit à Henri III, Henri IV et Louis XIII, et fut assassiné le en descendant de carrosse. (Louis Graves). Un bas-côté (de toute évidence celle de la nef) est reconstruite en 1842. Les chapiteaux dans le style du milieu du ., qui ont l'allure néo-gothiques, pourraient dater de la même campagne de travaux. Aucun autre élément de l'église ne date en effet du milieu ou de la seconde moitié du . L'église est classée monument historique par arrêté du . — Aujourd'hui, Neuilly-en-Thelle est affilié à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, qui rassemble les communes de l'ancien canton de Neuilly-en-Thelle jadis comprises dans le doyenné de Beaumont. Cette paroisse réunit quatorze églises, et les célébrations du dimanche sont réservées à deux parmi eux, ce qui ne laisse que la messe anticipée du samedi à 18 h 30 pour les douze restantes. La fréquence des messes ne dépasse donc pas une tous les deux mois..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de son axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique à deux vaisseaux et clocher central. Elle se compose d'une nef de trois travées ; d'une base de clocher, accompagnée d'une demi-travée entre les deux contreforts septentrionaux ; d'un bas-côté sans style au nord de la nef et de la demi-travée près de la base du clocher ; d'un chœur de trois travées, plus une abside à trois pans ; et d'un collatéral au nord des trois travées droites du chœur. Une tourelle d'escalier flanque la façade à sa gauche, et une sacristie occupe l'angle entre l'abside et le chevet plat du collatéral. Tout le vaisseau central conserve la même largeur sur toute sa longueur, sauf la base du clocher du côté nord, ce qui explique la présence du demi-travée. Le vaisseau central prend le jour du côté sud, et présente deux niveaux d'élévation, avec un étage de grandes arcades surmonté d'un étage de murs aveugles, du côté nord. La nef est simplement plafonnée de bois. Le bas-côté est muni d'un plafond plat, dont la nature reste à préciser. La base du clocher et les sept travées du chœur et de son collatéral sont voûté d'ogives, avec des voûtes à liernes et tiercerons dans les trois dernières travées du vaisseau central. La première travée de la nef et du collatéral sont encombrées par des tribunes, dont celle de la nef accueille un orgue. L'on accède à l'église par le portail occidental de la nef, ou par un portail latéral dans la première travée du collatéral. La toiture du vaisseau central débute par un pignon en façade, et se termine par trois croupes au-dessus de l'abside. Les toits en appentis du bas-côté et du collatéral prennent appui contre la toiture du vaisseau central. Une flèche de pierre conique est réservée à la tourelle d'escalier, tandis que le clocher, à un unique étage de beffroi, est coiffé d'un toit à la hache.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Nef, vue vers le nord-ouest. thumb|Bas-côté, vue vers le sud-ouest.