Marjorie Perloff, née Gabriele Mintz le à Vienne (Autriche) et morte le dans le quartier de Pacific Palisades à Los Angeles (Californie), est une philosophe, linguiste, critique d'art, essayiste et universitaire américaine, professeur titulaire de la chaire Florence Scott de littérature anglaise à l'université de Californie du Sud puis professeur titulaire et professeur émérite auprès de l'université Stanford.

Elle est membre de l’Académie américaine des arts et des sciences, de la Société américaine de philosophie et présidente de American Comparative Literature Association et de la Modern Language Association.

Marjorie Perloff est considérée comme une des figures marquantes de l'avant-garde littéraire américaine et du postmodernisme, elle a notamment fait découvrir la poésie de Frank O'Hara.

En plus de sa vingtaine d'essais, Marjorie Perloff a publié environ et des centaines de recensions de livres au sein de diverses revues et magazines où elle a fait notamment la promotion de la littérature expérimentale.

Biographie

Jeunesse et formation gauche|vignette|Friedrich Hayek. Marjorie Perloff, née Gabriele Mintz est issue d'une famille juive laïcisée, elle est la fille de Maximilian Mintz, un juriste et un ami proche de l'économiste Friedrich Hayek, et de Ilse (Schüller) Mintz. La famille Perloff fuit l'Autriche le deux jours après l'Anschluss en 1938. La famille Mintz est passée par la Suisse et les Pays-Bas avant de s'installer définitivement à New York.

Là, Ilse Mintz soutient avec succès son doctorat de sciences économiques auprès de l'université Columbia avant de joindre la direction du National Bureau of Economic Research.

Gabriele Mintz prend le prénom de Marjorie qui fait plus « américain ».

En 1949, après avoir achevé ses études secondaires à l' de New York, elle est acceptée au College Oberlin (Ohio). Elle finalise son premier cycle universitaire au Barnard College de New York, où elle obtient son Bachelor of Arts (licence) en 1953 avec la mention magna cum laude. Cette même année elle épouse Joseph Perloff, un médecin cardiologue. gauche|vignette|William Butler Yeats. Peu après leur mariage Marjorie Perloff et Joseph Perloff partent pour Washington (district de Columbia). Joseph Perloff est embauché par l'université de Georgetown pendant que Marjorie Perloff est acceptée par l'université catholique d'Amérique à Washington (district de Columbia). Elle y soutient avec succès son Master of Arts (mastère) en 1956, puis en 1965 son doctorat (Ph.D.) qui est un essai sur l'œuvre littéraire de William Butler Yeats.

Carrière universitaire De 1966 à 1971 est recrutée comme professeur titulaire par l'université catholique d'Amérique, puis de 1971 à 1976, elle enseigne à l'université du Maryland, puis de 1976 à 1986 elle enseigne la littérature anglaise et la littérature comparée à l'université du Sud de la Californie et enfin, en 1990, elle rejoint l'université Stanford comme professeure titulaire de littérature anglaise et de littérature comparée, poste qu'elle occupe jusqu'en l'année 2000 où elle nommée professeur émérite à l'université Stanford jusqu'à sa mort en 2024. gauche|vignette|Portrait de Charles Baudelaire par le photographe Étienne Carjat. vignette|Arthur Rimbaud, photographié par Étienne Carjat, vers 1872. Dans les années 1990, avec ses collègues de l'université de Stanford, Robert Pogue Harrison et Rosina Pierotti elle anime un séminaire sur les poètes Français du : Charles Baudelaire et Arthur Rimbaud.

Carrière d'écrivain Marjorie Perloff est l'une des plus éminentes critiques de la poésie contemporaine, moderne et d'avant-garde et de l'écriture poétique de langue anglaise. Elle a publié de nombreux livres, articles et essais sur des questions allant de la poétique numérique à la philosophie, et son travail a été traduit dans de nombreuses langues, notamment le portugais, l'espagnol, le slovène, l'allemand et le français. gauche|vignette|Robert Lowell à la librairie Grolier à Harvard Square vignette|Portrait du poète américain Frank O'Hara Ses premiers essais ont pour thématique les œuvres littéraires de William Butler Yeats, Robert Lowell et Frank O’Hara comme , et puis dans les années 1980, Marjorie Perloff explore la poésie de l'avant-garde littéraire avec la publication en 1981 de , et en 1986 de .

Vie privée Le couple Perloff donne naissance à deux filles et Nancy Perloff.

Marjorie Perloff est morte dans son domicile de Pacific Palisades à l'âge de .

Œuvres

Philosophie et essais sur la littérature

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Articles

Les articles listés, sont sélectionnés pour fournir une introduction aux essais de Marjorie Perloff. Sont privilégiés les articles portant sur les grands auteurs qu'elle a commentés tels que Sylvia Plath, William Butler Yeats, Robert Lowell et Frank O’Hara, Charles Olson, Ezra Pound, William Carlos Williams, Susan Howe, Ludwig Wittgenstein Années 1960-1979 , , , , , , , , , , , , , , ,

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Années 1980-1989 , , , , ,

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Années 1990-1999 , , , , , , , ,

Années 2000-2009 , , , , ,

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Années 2010-2019 , , , , , , ,

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Prix et distinctions 1981 : récipiendaire d'une bourse d'études décernée par la fondation J.S. Guggenheim, 1987 : prix des anciens élèves remarquables de l'université catholique d'Amérique (Distinguished Alumnae Award), 1997 : élection comme membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, 2004 : prix Robert Penn Warren, dans la catégorie critique littéraire. 2012 : élection comme membre de la Société américaine de philosophie,

Regards sur son œuvre Marjorie Perloff est considérée comme étant l'une des critiques majeures américaines de la poésie contemporaine. Son travail a pour objet l'écriture des poètes expérimentaux et d'avant-garde dans le contexte des grands courants modernistes et postmodernistes dans les arts, y compris les arts visuels.

Marjorie Perloff est une pédagogue, elle n'a jamais usé d'un style « savant » imperméable aux profanes.

Elle est passionnée par les débats intenses sur la langue, la poésie, la culture et les nouvelles technologies appliquées aux médias.

Elle s'est penchée sur la littérature dite « post-Holocauste » qui a rejeté les normes littéraires et esthétiques occidentales traditionnelles, entraînant des textes violents comme ceux de Henry Miller et Norman Mailer, ou bien ceux indéterminés, dépersonnalisés comme ceux de Samuel Beckett ou de John Cage. Cette approche critique pose la possibilité d'une sorte d'écriture « post-esthétique », fondée sur l'échec de la « grande » culture du siècle, même celle des grands modernistes comme Ezra Pound, T.S Eliot, Rainer Maria Rilke, Thomas Mann Cette écriture « post-esthétique » anti-élitiste, anti-autoritariste, si elle fut politique et polémiste, n'a pas encore été capable de définir un style, un jeu spécifique.

À la suite du succès de Jacques Derrida, il se produit une montée du poststructuralisme aux États-Unis, et très vite la notion « d'instabilité sémantique » est devenue dominante dans les sciences humaines et également dans la critique littéraire. Ainsi, dans sa phase ultérieure, le postmodernisme devient peu à peu un style plutôt que « l'anarchie » polémique précédente, célébrant la transgression, le déclin de tout pathos, la dissolution du sujet. Marjorie Perloff souligne le fait que pourtant, c'est le modernisme, dit défunt, qui fut une des expressions anti-staliniennes majeures, utilisée également pour les déplorations de l'Holocauste et d'Hiroshima... D'où une invitation à revisiter le modernisme trop vite enterré par le postmodernisme. Elle pose la question : « Avant de se dire post moderniste, ne faut-il pas auparavant avoir été moderniste ? Le postmodernisme n'est-il pas un dépassement du modernisme plutôt que sa négation ? Ne faut-il pas cesser l'exécration post-structuraliste ? ».

Son livre sur le philosophe Ludwig Wittgenstein est pour elle un moyen de réinterroger de façon rigoureuse et méthodique le langage et son rapport au sens. Ce projet l'a conduite à construire un nouveau paradigme de la poétique basé sur la thèse selon laquelle les émotions les plus secrètes et profondes du poète sont exprimées dans une langue qui appartient déjà à sa culture, sa société et son environnement. Cette posture critique se dresse contre l'uniformisation de la critique littéraire qu'elle attribue aux post-structuralistes et post-colonialistes de l'époque. En ce sens, elle se revendique d'avantage théorie littéraire initiée par Aristote.

Selon Andrew Epstein,, professeur de littérature anglaise auprès de l'université d'État de Floride, Marjorie Perloff .

Archives Les archives de Marjorie Perloff sont conservées et consultables sur demande à la bibliothèque des manuscrits de l'université Stanford.

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie

Articles anglophones

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Liens externes

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