La bataille de Narvik a lieu durant la campagne de Norvège, autour de la ville de Narvik dans le nord de la Norvège. Elle se déroule en deux temps : d'abord en mer (le 10 et le ) puis sur le sol norvégien (du au ), ce qui fait que des historiens parlent parfois des « batailles de Narvik » afin de distinguer ces deux temps. Les combats dans la région s'étendent au total du au .

Il s'agit de la première victoire militaire des forces alliées au cours de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, cette victoire est de courte durée car les Alliés doivent rapidement se retirer et laisser le champ libre aux forces du Troisième Reich à cause des événements de la bataille de France.

Contexte

Le , Adolf Hitler ordonne l'invasion de la Norvège, baptisée « » comme une manœuvre préventive contre une occupation franco-britannique planifiée et ouvertement discutée de la Norvège.. Début , l'Allemagne envahit la Norvège afin de sécuriser le transport du fer suédois en provenance des mines de Kiruna. 90 % du minerai de fer suédois va en Allemagne et cela représente 50 % des importations en fer de l'Allemagne (le Royaume-Uni est également client, mais seulement à hauteur de 10 % de sa consommation globale). Cette matière première, indispensable aux Allemands dans leur poursuite de la guerre, transite par la ligne de chemin de fer Malmbanan/Ofotbanen jusqu'au port de Narvik offrant un accès direct à la mer de Norvège. L'opération concerne la majeure partie de la Kriegsmarine. Les unités participantes sont divisées en cinq groupes, qui doivent occuper six des principaux ports norvégiens..

Les Alliés envisagent auparavant d’occuper le pays afin de contrer les visées allemandes, mais la décision tarde à venir. C'est donc seulement quand les Allemands assaillent la Norvège, que les Alliés décident d’y envoyer des troupes pour venir en aide à l’armée norvégienne en déroute face à la Wehrmacht.

Forces alliées

Les forces alliées en Norvège sont composées comme suit : l’amiral Cork dirige les opérations combinées, le corps expéditionnaire britannique est dirigé par le général Mackesy, le général Carl Gustav Fleischer, quant à lui, dirige la norvégienne.

La norvégienne a ses quartiers à Harstad. Mobilisée depuis la guerre d'hiver, la division est mieux préparée à la guerre que les autres unités norvégiennes. Elle est composée de deux brigades légères d’infanterie, la et la . Les Britanniques engagent la d'infanterie composée de quatre bataillons.

Le corps expéditionnaire franco-polonais dirigé par le général Béthouart est composé de :

La légère de chasseurs, créée le à partir de la Brigade de Haute-Montagne, elle est commandée par le général de brigade Béthouart (promu à ce grade ce jour) comprenant : La de chasseurs alpins, engagée du au dans le secteur de Narvik ; La de chasseurs alpins qui n'a pas été engagée à Narvik mais dans le secteur de Namsos du au ; Le autonome d’artillerie coloniale ; la compagnie autonome de chars de combat ; la antichars ; la 1026/ batterie anti-aérienne et la de camionnettes. La de Légion étrangère composée de deux bataillons en majorité composés d'anciens républicains espagnols, elle est sous les ordres du lieutenant-colonel Magrin-Vernerey (futur général Monclar). La Brigade autonome de chasseurs de Podhale, forte de et commandée par le général Bohusz-Szyszko. Elle est formée le à Coëtquidan (Morbihan) comme une unité de l’Armée polonaise de l'Ouest.

Les forces navales françaises sont constituées par la « force Z », du contre-amiral Edmond Derrien, composée de deux groupes : le « groupe Émile Bertin », chargé de la protection des convois. le « groupe des transports », constitué de la de croiseurs auxiliaires du contre-amiral Cadart. et des paquebots et cargos, Ville d'Alger, Ville d'Oran, El Djezaïr, El Mansour, El Kantara, Chenonceau, Colombie et Mexique réquisitionnés affectés au transport de troupes, matériels et ravitaillement.

Les forces navales polonaises engagent les destroyers ORP Burza, ORP Grom et ORP Błyskawica, et le sous-marin ORP OrzełORP, pour Okręt Rzeczypospolitej Polskiej, est une abréviation traditionnelle précédant le nom propre d'un navire appartenant à la république de Pologne..

Les Alliés disposent donc de et les Norvégiens de .

Forces allemandes

Le Kriegsschiffgruppe Narvik (Groupe 1) commandé par le Kommodore Friedrich Bonte comprend (Georg Thiele, Wolfgang Zenker, Bernd von Arnim, Erich Giese, Erich Koellner, Diether von Roeder, Hans Lüdemann, Hermann Künne, Wilhelm Heidkamp (navire amiral) et Anton Schmitt) et des navires de transport. Ils débarquent le de chasseurs alpins (Gebirgs-Jäger-Regiment 139), commandé par le général Dietl de la avec trois « bataillons » (), soit environ , à Narvik le . Les Allemands disposent donc de de montagne (dirigés par le général Dietl) et à Narvik. La de montagne, soit , vient les renforcer en juin.

Déroulement thumb|300px|left|Les batailles navales de Narvik.

Les Allemands, après avoir rapidement conquis le sud du pays, arrivent à Narvik avec et balayent les navires norvégiens faisant face à l'entrée du fjord.

Amarrés au port de Narvik, ils doivent rapidement faire face, le , à britanniques qui font leur apparition à l'entrée du fjord et transforment le port en véritable cimetière pour bateaux. Cependant la flotte allemande, bien qu'elle accuse de sérieux dégâts, parvient à les repousser.

Trois jours plus tard, les Alliés envoient huit destroyers et un cuirassé pour déloger l'expédition allemande. En infériorité, les Allemands reculent et sabordent leurs derniers navires dans le fjord pour permettre aux marins rescapés de se réfugier dans les montagnes enneigées qui bordent Narvik, laissant la ville aux mains des Alliés.

Quelques jours plus tard, les Alliés reçoivent des renforts et comptent désormais . Les Allemands sont donc cinq fois moins nombreux. Mais entraînés aux conditions de l'Arctique, ils résistent jusqu'au départ des troupes alliées rembarquées pour la bataille de France. Ils peuvent ainsi reprendre la ville de Narvik qu'ils occupent jusqu'à la reddition du détachement d'armée Narvik le .

Invasion allemande

Le Gruppe I allemand a quitté Bremerhaven le . Il se composait de dix destroyers de la classe Type 1934 Georg Thiele, de la classe 1934A Wolfgang Zenker, Erich Giese, Erich Koellner, Bernd von Arnim et de la classe 1936 Georg Thiele, Diether von Roeder, Hans Lüdemann, Hermann Künne, Anton Schmitt et le navire amiral Wilhelm Heidkamp commandés par le Kommodore Friedrich Bonte. Chacun des navires de guerre transportait environ (un total de de montagne (Gebirgsjäger) du régiment de montagne (Gebirgsjägerregiment) de la Division de montagne commandée par le général Eduard Dietl). Les destroyers transportant des troupes ont été escortés la plupart du temps par les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau.

L'invasion de la Norvège commence donc au matin du . Les destroyers du Gruppe I passèrent le Vestfjord dans le brouillard et la neige abondante puis arrivèrent dans l'Ofotfjord menant à Narvik. Aucun vaisseau britannique ne leur barre la voie, et les allemands peuvent pénétrer dans la zone sans rencontrer de résistance. Dans l'Ofotfjord, ils capturent trois patrouilleurs norvégiens (, et ). Avant sa capture, le Kelt a réussi à envoyer un message au navire de défense côtière KNM Norge, alertant le commandant naval norvégien local que des navires ennemis arrivent. Les navires allemands Wolfgang Zenker, Erich Koellner et Hermann Künne ont débarqué leurs soldats dans le Herjangsfjord (une branche nord de l'Ofotfjorden) afin de capturer un ravitaillement régimentaire norvégien basé à Elvegårdsmoen. Les Hans Ludemann et Hermann Künne ont également débarqué leurs troupes afin d'engager les forts norvégiens à proximité (qui se sont avérés inexistants). Le Diether von Roeder est resté dans l'Ofotfjord afin d'assurer le contrôle de la mer. LErich Giese a été retardé par des problèmes de moteur et n'a pas rejoint la force principale pendant un certain temps. Au moment où ils atteignirent le fond du fjord près de Narvik, la plupart des destroyers avait déjà quitté le regroupement principal afin de capturer les batteries avancées de l'Ofotfjord. Seuls trois navires s'approchent avec la mission de réduire au silence les deux vieux navires de défense côtière norvégiens qui montaient la garde, à savoir le KNM Eidsvold et le KNM Norge. Bien que très anciens, les deux navires aux canons de étaient en mesure de prendre le dessus sur ces trois destroyers bien plus légers et au blindage moins épais.

Les Allemands avaient l'ordre d'occuper la Norvège pacifiquement si possible, alors le navire amiral allemand Wilhelm Heidkamp s'est arrêté et a signalé qu'il enverrait un officier pour négocier. Gerlach a tenté de convaincre Willoch que les Allemands étaient arrivés en amis, mais que les Norvégiens devaient remettre leurs navires de guerre aux forces armées allemandes. Le capitaine Willoch a demandé du temps pour consulter son commandant, le capitaine Per Askim, le commandant du Norge. Cette demande fut refusée par les Allemands, mais pendant que Willoch parlait à l'officier allemand, l'officier radio à bord du Eidsvold avait communiqué les événements à Askim. La réponse d'Askim aux demandes allemandes et à l'ordre de Willoch est venue immédiatement : Willoch et lEidsvold devaient ouvrir le feu. Willoch répondit à Askim : . Pendant ce temps, le destroyer allemand Wilhelm Heidkamp s'était positionné 700 m à bâbord de Eidsvold et a dirigé ses tubes lance-torpilles sur le navire norvégien.

Gerlach a de nouveau tenté de convaincre Willoch de se rendre, mais Willoch a refusé. Alors que Gerlach quittait lEidsvold, il a tiré une fusée éclairante rouge, indiquant que les Norvégiens avaient l'intention de se battre. À ce stade, le capitaine Willoch a crié : ().. LEidsvold s'est tourné vers le destroyer le plus proche et a accéléré, réduisant la distance du Wilhelm Heidkamp à tandis que le commandant de la batterie ordonnait à la batterie bâbord (trois canons de ) d'ouvrir le feu.

Les Allemands, craignant que le Eidsvold ne percute le destroyer, ont tiré quatre torpilles du Wilhelm Heidkamp sur le vieux navire. Deux des torpilles ont touché avant que les canons bâbord ne puissent tirer. Le magasin de munitions norvégien s'est enflammé et lEidsvold a été coupé en deux. La partie avant du navire a coulé en quelques secondes. La poupe a suivi en quelques minutes, les hélices tournant toujours. Vers , il était coulé. Quelque norvégiens sont morts dans l'eau glaciale, dont le capitaine Willoch, avec seulement huit survivants.

À bord du Norge, plus profondément à l'intérieur du fjord, les explosions ont été entendues, mais rien n'a pu être vu jusqu'à ce que deux destroyers allemands sortent soudainement de l'obscurité. Le capitaine Per Askim a donné l'ordre d'ouvrir le feu. Quatre coups ont été tirés par des canons de ainsi que sept ou huit obus des canons tribord de , dirigés contre le destroyer allemand Bernd von Arnim. La distance a été estimée à (1/2 mille marin). En raison des conditions météorologiques difficiles, il était difficile d'utiliser les viseurs optiques pour les canons, ce qui a conduit la première salve à tomber en deçà de la cible et les autres à passer au-dessus de la cible.

Les destroyers allemands ont attendu d'être le long de la jetée avant de riposter. Le Bernd von Arnim a ouvert le feu avec ses canons de , ainsi que des mitrailleuses, mais le temps a également posé des problèmes aux Allemands. Le destroyer a également tiré des torpilles : trois salves de deux torpilles chacune. Les deux premières salves ont raté, mais la dernière a heurté leu Norge par le milieu et il a coulé en moins d'une minute, ses hélices tournant toujours. Quatre-vingt-dix membres de l'équipage ont été sauvés de l'eau glacée, mais 101 ont péri dans la bataille qui avait duré moins de .