Le xénoféminisme désigne un mouvement engagé pour la recherche radicale et critique dans l'art et la technologie, pensé dans le prolongement du cyberféminisme. Ce féminisme techno-matérialiste a pour objectif de dissoudre les normes de genre. vignette|"Si la nature est injuste, changez la nature !" Affiche avec un slogan du Manifeste xénoféministe. Il intègre également les idées de l'accélérationnisme de genre. L'aliénation est un des éléments centraux de l'argumentaire du xénoféminisme qui considère que .
Étymologie
Le mot est composé de l’affixe xéno-, issu du grec ancien xénos ou ξένος (« étranger, hôte »), préfixé à féminisme.
Histoire Ce terme fut initié, entre autres, par Diann Bauer, Katrina Burch, Helen Hester, Lucca Fraser, Amy Ireland, Patricia Reed, membres du collectif transféministe Laboria Cuboniks dans leur manifeste multilingue publié en ligne Xenofeminism, A Politics for Alienation en 2015. Laboria Cuboniks est une anagramme de Nicolas Bourbaki, le pseudonyme collectif de mathématiciens français. Le Xénofeminisme est une plate-forme, une approche techno-critique visant à construire une nouvelle langue et de nouveaux usages pour la politique sexuelle trans et queer - . En d'autres mots, la technologie est perçue comme un levier d'émancipation et un moyen d'abolir le genre.
Il s’agit de retrouver l’instinct primal de l’humanité et d’adapter la technologie à ces instincts plutôt que l’inverse.
La méthode du xénoféminisme peut s'apparenter à un hacking identitaire se débarrassant des bornes imposées par le féminin/masculin mais aussi par la multiplication d'identités sans cesse produites et récupérées par le néolibéralisme. Le xénoféminisme se pose ainsi comme antinaturaliste et entend dépasser les théories essentialistes. Dans cette pratique le potentiel émancipateur du code informatique et des mutations endocrino-chimiques est vu comme un moyen de hacker un système oppressif mais ouvert en y dénichant des failles à exploiter pour le faire imploser de l'intérieur. Le xénoféminisme ne cherche ni la reconnaissance ni la représentation au sein des organes de pouvoirs, mais leur infiltration en vue de leur éradication.
Le xénofeminisme se déclare « farouchement anti-naturaliste. Le naturalisme essentialiste empeste la théologie – le mieux est de l’exorciser au plus vite ». Et également, le xénofeminisme déclare : « Au nom du féminisme, la “Nature” ne doit plus être un refuge d’injustice, ou le fondement de quelque justification politique que ce soit ! Si la nature est injuste, changez la nature ! »
Liste d'artistes et collectifs Kathy Bail Laboria Cuboniks Open Source Gendercodes Paul B. Preciado Amy Ireland Helen Hester
Évènements incluant des programmes xénoféministes Olivia Lucca Fraser, Artificial Intelligence in the Age of Sexual Reproduction: Sketches for Xenofeminism, Les Laboratoires d'Aubervilliers, Paris, 2014. XenoFeminism, CyberFeminism & EcoFeminism, Festival of Feminist Futures, Verge Gallery, Sydney, . (Re)producing Futures without Reproductive Futurity : Xenofeminist Ecologies : festival des Rencontres Bandits-Mages à Bourges en 2015. Towards Xenofeminism : Gender, Technology and Reason in the 21st Century, séminaire, Grand Rapids, Michigan, novembre-. Xenofeminism - A Politics for Alienation, Colloque Thinking under Turbulence, HEAD-Genève, . Féminismes du futur, conférence avec Elsa Dorlin et Helen Hester, Théâtre de l'Odéon, . Festival – conférence de Laurent De Sutter à propos du recueil de textes sur l’Accélérationnisme, Marseille, .
Annexes Bibliographie
Helen Hester, Xenofeminism, Polity Press, 2018, 169 p. .
Articles connexes Paul B. Preciado Cyberféminisme Transféminisme Anarcho-transhumanisme
Liens externes Xenofeminism ecologies, (re)producing futures without reproductive futurity by Helen Hester (philosopher) Xenofeminism manifesto, a politics for alienation. Manifeste multilingue de Laboria Cuboniks.
Notes et références
Catégorie:Féminisme par courant Catégorie:Transhumanisme