Frances Ellen Watkins Harper, née le à Baltimore dans l'État du Maryland et morte le à Philadelphie dans l'État de la Pennsylvanie, est une abolitionniste, suffragiste, poétesse, nouvelliste, romancière, essayiste, journaliste et conférencière américaine.

Frances Ellen Watkins Harper est une journaliste de renom international et l'une des romancières afro-américaines les plus prolifiques du et la plus populaire des poètes afro-américains devant Paul Laurence Dunbar, ce qui lui vaut le surnom de la « Bronze Muse ». Sa nouvelle Two Offers publiée dans en 1859 fait d'elle la première Afro-Américaine à avoir publié une nouvelle.

En 1851, aux côtés de William Encore, le président de la Pennsylvania Abolition Society, Frances Ellen Watkins Harper aide les esclaves en fuite le long du Chemin de fer clandestin vers le Canada. Elle est l'une des premières femmes embauchée par l'American Anti-Slavery Society pour donner des conférences contre l'esclavage, dès 1853.

Active sur le plan des réformes sociales, Frances Harper est connue pour être l'une des fondatrices de l'American Woman Suffrage Association, une des membres du conseil d'administration de la Woman's Christian Temperance Union, une administratrice de l'Universal Peace Union, une des fondatrices de la National Association of Colored Women's Club dont elle sera une des vice-présidentes, et la directrice de l'American Association of Educators of Colored Youth (Association américaine des enseignants auprès de la jeunesse de couleur).

Elle est également une porte-parole infatigable de l'Église épiscopale méthodiste africaine (AME) et de la National Association of Colored Women.

Biographie

Jeunesse et formation Frances Ellen Watkins Harper, née à Baltimore, dans l'État esclavagiste du Maryland, dans cet État, même les Afro-Américains libres ou affranchis ont peu de droits et ne sont aucunement considérés comme des citoyens à part entière. Frances Ellen Watkin est l'enfant unique de deux parents afro-américains libres dont ne connaît pas les noms. En 1828, alors qu'elle a , ses parents décèdent dans des circonstances inconnues ; devenue orpheline, elle est recueillie par son oncle le révérend et son épouse Harriet Watkins. William J. Watkins est un cordonnier de métier, qui a appris la littérature et la médecine de façon autodidacte. Il est par ailleurs impliqué dans le mouvement anti-esclavagiste ; c'est dans ce contexte qu'il a pour amis les abolitionnistes William Lloyd Garrison et Benjamin Lundy. Enfin, il est le directeur d'une école pour Afro-Américains qu'il a fondée en 1820, la , où sa nièce, la jeune Frances Ellen Watkins, fera ses études. Son oncle lui transmet les valeurs de liberté et d'émancipation, qui marqueront sa vie. Frances Ellen Watkins termine sa scolarité en 1839, à ses quatorze ans. Élève particulièrement douée et travailleuse, elle possède une instruction bien supérieure à la plupart des femmes de son époque, blanches comme noires. Pour gagner sa vie, elle devient la domestique d'un libraire de Baltimore dénommé Armstrong appartenant au mouvement Quaker, où elle apprend la couture et comment prendre soin des enfants, emploi qu'elle garde jusqu'en 1851. Après qu'elle a achevé ses tâches ménagères, elle utilise son temps libre pour étancher sa soif de lectures en dévorant toutes sortes de livres de la librairie. C'est durant cette période qu'elle publie divers poèmes et petites nouvelles dans un journal local et c'est en 1845, qu'elle publie un premier recueil de poèmes, Forest Leaves, dont aucun exemplaire ne nous est parvenu.

Carrière Les débuts dans l'enseignement gauche|vignette|John M. Brown.|279x279px En 1850, la vie dans le Maryland et plus particulièrement à Baltimore, ville de marchés d'esclaves, devient périlleuse pour les Afro-Américains. Son oncle William J. Watkins est contraint de fermer son école et de se réfugier au Canada. Frances Ellen Watkins, de même, quitte Baltimore pour devenir professeure d'arts ménagers à l'Union Seminary situé à proximité de Columbus dans l'État de l'Ohio, dirigé par , alors élu diacre par la conférence de l'Ohio de l'Église épiscopale méthodiste africaine (AME), premier établissement fondé et dirigé par l'AME dont les programmes joignent formation scolaire et professionnelle. Elle est la première afro-américaine à enseigner une matière professionnelle. John Mifflin Browne, son supérieur, dans son rapport annuel, écrit au sujet de Frances Ellen Watkins : .

En 1852, Frances Ellen Watkins quitte l'Union Seminary pour occuper un poste d'enseignante à Little York (devenue la ville de York) dans l'État de la Pennsylvanie.

Une loi décisive gauche|vignette|William Still.|250x250px vignette|Frederick Douglass (en 1855).|229x229px En 1853, l'Assemblée générale du Maryland promulgue une loi qui interdit à tout Afro-Américain libre venant d'un État du Nord à entrer dans son État ; toute infraction condamne le contrevenant à être vendu comme esclave. Quand Frances Ellen Watkins apprend la nouvelle, elle fait le serment de se vouer à la cause de l'antiesclavagisme. Après avoir contacté William Still, l'un des organisateurs majeurs du Chemin de fer clandestin, elle quitte Little York pour Philadelphie, où elle est logée par la famille de William Still. Sur place, elle rend visite à différents acteurs abolitionnistes pour découvrir la pratique et la théorie du Chemin de fer clandestin. Frances Ellen Watkins commence à publier des poèmes au sein du Liberator, le journal dont Frederick Douglass est le rédacteur en chef et le , journal officiel de l'Église épiscopale méthodiste africaine.

La conférencière de la cause abolitionniste En 1854, Frances Ellen Watkins, sous l'impulsion et le soutien des abolitionnistes de Boston, se rend à New Bedford dans l'État du Massachusetts pour prononcer sa première conférence sur l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits civiques, conférence ayant pour titre « Education and the Elevation of the Colored Race » ( L’éducation et l’élévation de la race colorée). C'est un succès et lance sa carrière en tant que militante antiesclavagiste, tant et si bien qu'elle est engagée par l'Anti-Slavery Society de l'État du Maine comme conférencière permanente. Son talent d'oratrice est reconnu, ce qui lui ouvre les portes ; elle sillonne l'État pendant deux ans jusqu'en 1856. gauche|vignette|Sara Jane Lippincott.|264x264px vignette|Phebe Ann Coffin Hanaford.|224x224px De 1856 à 1860, Frances Ellen Watkins est invitée à donner des conférences dans différents États de la côte est des États-Unis, comme la Pennsylvanie, le New Jersey, l'État de New York, l'Ohio et d'autres, avec toujours le même succès. Ayant assisté à plusieurs de ses conférences, l'écrivaine et journaliste Sara Jane Lippincott écrit au sujet de Frances Ellen Watkins : , compliments repris et complétés par la pasteure et écrivaine , qui dans son essai historique Daughters of America, or, Women of the Century, écrit : .vignette| F. E. W. Harper, 1902.|200x200px

La cause féministe Avec son poème Double Standard, Frances Ellen Watkins interroge l'écart entre les droits des femmes et ceux des hommes en écrivant . La thématique du droit des femmes traverse l'ensemble de l'œuvre littéraire de Frances Ellen Watkins. Sa nouvelle se penche sur le rôle des femmes dans la société, les représentations sociales du mariage, de l'amour, de l'utilisation dévalorisante de l'expression « vieille fille », enfermant les femmes célibataires dans un statut social de quasi relégation ; elle fait remarquer au passage que les hommes célibataires ne sont pas socialement dévalorisés.

Vie privée Le , à Cincinnati Frances Ellen Watkins épouse Fenton Harper, devenant Frances Ellen Watkins Harper. Fenton Harper décède en 1864. Le couple donne naissance à un seul enfant, qui meurt en 1909.

Frances Harper meurt le , neuf ans avant l'obtention du droit de vote des femmes aux États-Unis. Ses funérailles sont célébrées à l'American Unitarian Association sur la à Philadelphie. Elle est inhumée dans l', à côté de sa fille, morte deux ans auparavant.

Œuvres Recueils de poésies

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Romans et nouvelles , , , , , En outre, trois de ses romans ont été publiés à l'origine sous forme de feuilletons dans entre 1868 et 1888 :

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Compilations Plusieurs de ses oeuvres sont rééditées sous forme de compilations

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Regards sur son œuvre

Postérité De nombreux clubs de femmes afro-américaines à travers les États-Unis, comme les F. E. W. Harper Ligues et des Frances E. Harper women's Christian Temperance Syndicats, ont prospéré au fil du vingtième siècle dans des villes comme Saint-Louis, Saint-Paul, et à Pittsburgh. Une résidence pour étudiants porte son nom et celui Harriet Tubman dans la Morgan State University à Baltimore, dans le Maryland, il est communément appelé Harper-Tubman, ou tout simplement Harper.

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie

Notices dans des encyclopédies et manuels de références

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Essais et biographies ,

Articles anglophones

Années 1940-1999

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Années 2000-2019 , , , , , ,

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