Charles-François-Adrien Macret est un dessinateur et graveur d'interprétation au burin, français, né le à Abbeville. Il vécut à Paris successivement rue Galande (1771), rue Saint-Jacques (1775) puis rue du Petit-Bourbon (1780) et mourut le à Paris. Ses gravures sont signées Macret, Carolus Macret, C. Macret ou C.F. Macret.

Biographie thumb|left|Portrait d'Antoine Petit, 1775 thumb|440x440px|Pierre-Adrien Choquet, Aux hommes dignes de mémoire nés à Abbeville et aux environs : assis à droite avec ses estampes, Charles-François-Adrien Macret. Selon Philippe Tillier, la branche abbevilloise de la famille Macret a pour aïeul le mégissier (blanchisseur de peaux de bêtes) Nicolas Macret, originaire du village d'Ancennes, près de Blangy-sur-Bresle, dont le petit-fils François († 1613) s'est installé à Abbeville Philippe Tillier, Les graveurs d'Abbeville. Société d'émulation d'Abbeville / F. Paillart éditeur, 2022, .. Charles-François-Adrien Macret est, après sa sœur aînée Marie-Anne-Françoise-Charlotte (née en 1749, elle sera l'épouse du peintre Pierre-Adrien Choquet) le deuxième des sept enfants nés du mariage de Jean-Baptiste Macret, arrière-petit-fils de François, et de Marie-Charlotte Miannay, fille d'un brasseur et marchand tourbier de Long Henri Macqueron, Les Macret, graveurs abbevillois, catalogue raisonné de leur œuvre publié d'après les notes d'Émile Delignières, Imprimerie A. Lafosse, 1914.. Le dernier des sept enfants, qui naît en 1768, est Jean-César, qui sera également graveur. Marchand savonnier de profession, Jean-Baptiste Macret mourra ébouillanté le des suites d'une chute accidentelle dans une cuve de sa savonnerie.

Les dispositions de Charles-François-Adrien Macret pour les arts le font entrer dès 1764 et pour une durée d'un an en apprentissage à Abbeville chez un graveur sur métaux du nom de Joseph Selik, originaire de Hanovre et spécialisé dans l'art héraldique. C'est après cette première expérience, encore artisanale plutôt qu'artistique, qu'il trouve ses premiers vrais maîtres à Paris en Nicolas-Gabriel Dupuis et Claude-Antoine Littrey de Montigny, puis qu'il poursuit sa formation, après le décès de ceux-ci, auprès de Jacques-Philippe Le Bas, Jacques Aliamet et Augustin de Saint-Aubin. Les estampes titrées La Madone aux enfants (conservée par l'Académie des Lyncéens de Rome) et La fontaine enchantée de la vérité de l'amour (conservée par le British Museum de Londres), en portant les mentions Gravée à l'eau-forte par A. de Saint-Aubin et Terminée au burin par C. Macret, insinuent qu'avec ce dernier maître une relation de collaboration et d'estime s'est nouée, ce que cautionnent les frères Goncourt en citant un document écrit de la main d'Augustin de Saint-Aubin évoquant en Charles-François-Adrien Macret l'un de ses meilleurs élèves, Les frères Goncourt, L'art du XVIIIe siècle, Charpentier, Paris, 1881-1882.. Le Portrait d'Antoine Petit, « très célèbre médecin » que Charles-François-Adrien Macret grave en 1775 sera perçu comme l'aboutissement de sa pleine maturité.

Du mariage, en à Paris, de Charles-François-Adrien Macret avec Madeleine-Julie Petit († ) naîtront trois enfants, Jacques-Charles en , Pierre-Adrien en (Pierre-Adrien, Jacques-Alexandre en 1782.

Si Pierre-François Basan choisit, parallèlement à des graveurs de sa propre génération (comme Jacques Firmin Beauvarlet, abbevillois à l'instar de notre artiste, ou Jean-Georges Wille), d'éditer de plus jeunes graveurs, Charles-François-Adrien Macret est de ces derniers, aux côtés de Pierre Maleuvre, Heinrich Guttenberg, Pietro Antonio Martini ou Charles Emmanuel Patas.

Charles François Louandre, Biographie d'Abbeville et de ses environs, Imprimerie de Devérité, Abbeville, 1829.. Plusieurs planches majeures restent de la sorte inachevées, parmi lesquelles le Couronnement de Jean de la Fontaine par Ésope aux Champs Élysées, reprise par Heinrich Guttenberg et terminée en 1785 ou Le Mouchoir, terminée par Charles-Eugène Duponchel et éditée en 1787 avec une dédicace touchante, Dédié à Monsieur de Monchanin, Écuyer, par ses trois petits serviteurs et amis les mineurs Macret, appelant à la compassion envers les orphelins<ref name="MOU">[http://data.bnf.fr/cross-documents/13606734/16860743/410/page1 Bibliothèque nationale de France, Le mouchoir, par Charles-François-Adrien Macret et Charles-Eugène Duponchel]</ref>. , confirment Michael Huber et Carl Christian Heinrich Rost Michael Huber et Carl Christian Heinrich Rost, Manuel des curieux et des amateurs d'art, Orell, Fusliet , 1804, tome septième, ..

: c'est ainsi qu'avec semble-t-il plus de fidélité que de complaisance le peintre Pierre-Adrien Choquet (1743-1813) brossa les traits de son beau-frère Charles-François-Adrien Macret dans un important tableau intitulé Aux hommes dignes de mémoire nés à Abbeville et aux environs que conservait l'hôtel de ville d'Abbeville et qui fut détruit dans le bombardement du 20 mai 1940. Micheline Agache, conservatrice du musée Boucher-de-Perthes, sut établir cependant qu'un plus petit tableau de Choquet heureusement conservé par le musée n'était autre qu'une première version de l'œuvre disparue. thumb|200px|Vue de l'explosion du magasin à poudre d'Abbeville, 2 novembre 1773, d'après Pierre-Adrien Choquet. thumb|200px|La fuite à dessein, d'après Jean-Honoré Fragonard. thumb|200px|Le Père Silène, d'après Jacob Jordaens. thumb|200px|Joseph Legros, d'après Sébastien Leclerc.

Œuvre Artistes interprétés (ordre alphabétique) thumb|200px|Émile ou De l'éducation, d'après Clément-Pierre Marillier. Johann Michael Baader, Contentement passe Richesse. Pierre-Adrien Choquet, Vue de l'explosion du magasin à poudre d'Abbeville, . Charles-Nicolas Cochin, La Fontaine enchantée de la vérité d'amour (L'Astrée), co-gravée avec Augustin de Saint-Aubin, 1783British Museum, La Fontaine enchantée de la vérité d'amour. Gonzales Coques, Les Prémices de l'amour-propreBritish Museum, Les Prémices de l'amour-propre. Gérard Dou, La Laitière. Louis Jean-Jacques Durameau, planche pour Bronzes et statues d'Herculanum conservées au Museum de Portici. Louis-François-Sébastien Fauvel, Réception de Voltaire aux Champs Élysées par Henri IV. Jean-Honoré Fragonard, La Fuite à dessein, co-gravée avec Jacques Couché, 1783. Jean-Baptiste Greuze, L'Offrande faite à l'amour, 1778. Jacob Jordaens, Le Père Silène, 1780.. Angelica Kauffmann, Les trois GrâcesBritish Museum, Les trois Grâces. Jean-Jacques Le Barbier, Couronnement de Jean de La Fontaine par Esope aux Champs Élysées, gravure commencée par Charles-François-Adrien Macret en 1782, reprise et terminée par Heinrich Guttenberg en 1785British Museum, Couronnement de Jean de La Fontaine par Ésope aux Champs Élysées. Charles Le Brun, Portrait de Pierre CorneilleBibliothèque d'État de Berlin, Charles-François-Adrien Macret dans les collections. Sébastien Leclerc, Portrait de Joseph Legros, de l'Académie royale de musique. Nicolas Maes, Jeune Enfant enlevant un cerfBritish Museum, Jeune enfant enlevant un cerf. Paolo de Matteis, Allégorie de la charité. François-Guillaume Ménageot, Léonard de Vinci mourant dans les bras de <ref name="VIN">[http://twowaystreet.herokuapp.com/things/PPA104267 British Museum, Léonard de Vinci mourant dans les bras de François Ier]</ref>. Jean-Michel Moreau, Arrivée de Jean-Jacques Rousseau aux Champs-ÉlyséesBritish Museum, Arrivée de Jean-Jacques Rousseau aux Champs-Élysées. Antonio Moro, Portrait d'Hugo Grotius. François-Nicolas Mouchet, La Méprise Gérôme Doucet, Peintres et graveurs libertins du , Albert Méricant éditeur, Paris, 1913.. Pierre-Adrien Pâris, Peintures antiques d'HerculanumMusée d'art et d'histoire de Genève, Charles-François-Adrien Macret dans les collections. Nicolas Poussin, La Sainte Famille. Bartolomeo Schedoni, Sainte Irène couvrant le corps de Saint Sébastien. Nicolas Antoine Taunay, Le mouchoir, gravure inachevée à la mort de Charles-François Macret, reprise et terminée par Charles-Eugène Duponchel. Adriaen van der Werff, Samson et DalilaBritish Museum, Samson et Dalila ; Le Sauveur et la Samaritaine auprès du puits, 1776British Museum, Le Sauveur et la Samaritaine auprès du puits.

Graveurs interprétants (ordre alphabétique) François-Rolland Elluin, Louise de France, religieuse carmélite sous le nom de Sœur Thérèse de Saint-Augustin, dessiné par Charles-François-Adrien Macret. Jean-César Macret, Portrait de Jean Chardin, dessiné par Charles-François-Adrien Macret d'après .

Contributions bibliophiliques (ordre chronologique) Louis Drummond, comte de Melfort, Marches et évolution de cavalerie, représentées en XXXII estampes dessinées et gravées par les plus habiles maîtres, exécutées dans plusieurs campagnes, sous les maréchaux de Coigny, de Saxe, de Belle-Isle, de Soubise, de Contades, etc., développées dans le Traité sur la cavalerie de feu M. le Comte de MelfortLouis Drummond, Traité sur la cavalerie, ouvrage en ligne, auxquelles on a ajouté XXII figures relatives à l'équitation, gravures notamment par Charles-François-Adrien Macret (Louis XVI passant en revue des troupes à cheval en page de titre), Charles-Eugène Duponchel et François Robert Ingouf d'après Louis-Nicolas van Blarenberghe, Guillaume-Nicolas Desprez, libraire éditeur à Paris, 1776Nathalie Lemoine-Bouchard, « Louis-Nicolas van Blarenberghe et le Traité sur la cavalerie de Drummond de Melfort », Histoire de l'art, n°45, décembre 1999, . Constance de Lowendal et Claude-Henri de Fusée de Voisenon, Journées de l'amour, ou heures de Cythère, gravures de Charles-François-Adrien-Macret d'après Nicolas Antoine Taunay, A. Gnide, Paris, 1776. Jean-Baptiste-Pierre Lebrun, Galerie des peintres flamands, hollandais et allemands, ouvrage enrichi de 201 planches gravées d'après les meilleurs tableaux de ces maîtres par les plus habiles artistes de France, de Hollande et d'Allemagne, gravures de Charles-François-Adrien Macret d'après Nicolas Maes et Adriaen van der Werff (citées ci-dessus), 1776. Jean de La Fontaine, Contes et nouvelles en vers, Charles Eisen illustrateur, Paris, 1777. Alexander Pope, Œuvres complètes, 8 volumes, Éditions de l'abbé Joseph de La Porte, 1779. François Basan, Collection de cent-vingt estampes gravée d'après les tableaux et dessins qui composent le cabinet de M. Poullain, receveur général des Domaines du Roi, décédé en 1780, précédée d'un abrégé historique des auteurs qui la composent - Cette suite a été exécutée sous la direction du Sieur François Basan par de jeunes artistes des deux sexes dont les talents se font connaître et accroissent de jour en jour, chez Basan et Poignant, marchands d'estampes à Paris, 1781 (consulter en ligne). Jean-Claude Richard de Saint-Non, Voyage pittoresque, ou description du voyage de Naples et de Sicile, 5 volumes, chez Jean-Baptiste Delafosse, Paris, 1781-1786 ; on y trouve une double figure par Charles-François-Adrien Macret, La Sainte Famille d'après Nicolas Poussin et Sainte Irène couvrant le corps de Saint Sébastien, d'après Bartolomeo SchedoniBritish Museum, Voyage pittoresque, ou description du voyage de Naples et de Sicile. Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation, Clément-Pierre Marillier illustrateur, Cazin, Paris, vers 1783. Prosper Jolyot de Crébillon, Œuvres complètes, trois volumes, figures de Charles-François-Adrien Macret, François Robert Ingouf, Jean Dambrun, Charles-Eugène Duponchel et Philippe Trière d'après Clément-Pierre Marillier, Les libraires associés, 1785. Salomon Gessner Œuvres, Clément-Pierre Marillier et Charles Monnet illustrateurs, Dufart, Paris, 1790.

Élèves Nicolas Schenker (1760-1848) Dictionnaire Bénézit, Nicolas Schenker, Gründ, 1999, tome 12, page 403..

Réception critique - Mercure de France Mercure de France dédié au Roi par une société de gens de lettres, chez Panckoucke, Paris, 11 mai 1784, . - Henri Macqueron - Dictionnaire Bénézit Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 8, .

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