Jerry Mengo, de son vrai nom Joseph Gaetan Mengozzi, né le à Nice et mort le à l'hôpital Ambroise-Paré de Boulogne-BillancourtRelevé des fichiers de l'InseeArchives de Paris (arrondissement de son domicile), transcription de l'acte de décès , année 1979 (page 7/13), est un musicien de jazz français (batterie, guitare, chant), chef d'orchestre, compositeur de film et arrangeur. Il est connu également sous différents pseudonymes dont Teddy Martin (pour les disques Trianon seulement) et Giuseppe Mengozzi, auteur et interprète du titre emblématique de la vague twist en 1961 en France "Twistin' The Twist" (plus de 34 reprises en Europe) et dont l’adaptation française sera signée par [Danyel Gérard].
Jerry Mengo et son orchestre ont connu un très large succès sur parquet de danse de l’époque, soutenu par une importante publication discographique de musique à danser. Ils ont encore animé avec succès les bals 1956, 1957, 1959, 1960 et 1961 de clôture de la Nuit de la Chancellerie sous la présidence de la République de René Coty, puis Charles de GaulleVoir les références journalistiques données aux dates dans la biographie qui suit..
Biographie
Fils d’une famille de musiciensLP "Those wonderful thirties" paru sur le label ZERO (référence 206 V) : «Dos de la pochette LP«" et «Couverture partielle de la pochette LP«"- Consultation du 18 juin 2020 aux racines italiennes, Joseph Gaetan Mengozzi est né le à Nice et a grandi en Angleterre. Il reviendra en France pour y terminer ses études de musique.
Jerry Mengo fut l’un des pionniers de la musique de jazz en France. Tout au long des années 1930, il a eu le privilège de jouer avec les plus grands musiciens américains de l’époque et les disques qu’il fit comme batteur avec les géants du jazz comme Louis Armstrong, Benny Carter, Coleman Hawkins et tant d’autres sont maintenant devenus des pièces de collection.
En étudiant à Paris, le jeune et futur Jerry mengo débute en chantant et il devient membre de l'orchestre Grégor et ses Grégoriens en 1930, ensemble musical fondé par Krikor ("Grégor") Kelekian ou il rencontre d’autres jeunes talents débutants Stéphane Grappelli et Alix Combelle qu’il va retrouver plus tard au cours de carrière.
Il enregistre trois fois avec Django Reinhardt, la première fois comme vocaliste le avec le Quintette du Hot Club de France chez "Ultraphone"(Lily Belle May June, The Continental et Sweet Sue, Just YouMichael Dregni: Django: The Life and Music of a Gypsy Legend, p 106 ff), la deuxième fois quelques semaines plus tard comme batteur sous la direction d'Alix Combelle (The Sheik, What a difference a day made), la troisième fois en comme batteur sous la direction de Frank Goudie (Saint Louis blues, I've found a new baby). Il intègre l'orchestre de Ray Ventura en 1938. Beaucoup de musiciens de jazz passeront dans ce célèbre orchestre, citons les trompettistes Philippe Brun, Pierre Allier et Noël Chiboust, les saxophonistes Alix Combelle et Jacques Hélian, le contrebassiste Louis Vola, qui fut longtemps le bassiste du Quintette du Hot-Club de France avant guerreArticle de présentation de Frémeaux & associés : "SWING SURPRISE-PARTIE 1945-1957 : Les Orchestres français d’après-guerre.". Consultation du 18 juin 2020.
En 1940, on le retrouve à jouer en tant que batteur et guitariste dans les groupes d'Alix Combelle, Bill Coleman (1937)Max Harrison, Charles Fox, Eric Thacker: Essential Jazz Records: Volume 1: Ragtime to Swing, Danny Polo et Noël Chiboust, avant de constituer ses propres formations. L’amateur de jazz a surtout entendu parler de lui lorsqu’il est revenu de captivité en 1941, et qu’il prit en charge le nouveau “Jazz de Paris”, que venait de quitter Alix Combelle. Mais il avait commencé sa carrière musicale bien avant, dans des orchestres pas très jazz et pas très connus tel les orchestres de Rapha Brogiotti et de Serge Glykson.
Au début des années 1940, les enregistrements ont été réalisés sous son propre nom pour le label de disques Swing fondé en 1937 par Hugues Panassié et Charles Delaunay : (Blues du matin, SW 187, avec Pierre Delhoumeau (cl), Hubert Rostaing et Jacques Diéval) et pour le label de Disques Telefunken (Jerry's Boogie).
Parmi des musiciens qui accompagnent le batteur Jerry Mengo au sein de formations on retrouve le clarinettiste, compositeur et chef d'orchestre de jazz Camille SauvageArchives du journal quotidien Le Monde : MORT DU CHEF D'ORCHESTRE CAMILLE SAUVAGE - Article paru dans Le Monde du 2 novembre 1981.. .
En 1942, Aimé Barelli forme avec le clarinettiste Hubert Rostaing et Jerry Mengo une formation swing, Le Jazz de Paris et enregistre toujours sur disques Swing avant de créer son Grand Orchestre en 1944Archives du journal quotidien Le Monde : Aimé Barelli, chef d'orchestre - Article paru dans Le Monde du 15 juillet 1995.. Christian Bellest remplace Aimé Barelli comme premier trompette, dans le deuxième “Jazz de Paris” sous la direction de Jerry Mengo. Après le “Jazz de Paris”, Jerry Mengo se concentre un moment sur les petites formations. Il en avait déjà dirigés chez Swing pendant l’occupation.. Il passe chez ABC Jazz Club, une petite marque fondée pendant la guerre avec Yvonne Blanc. À la fin de la guerre, on le trouve entre autres à “La Villa d’Este” puis “Chez Carroll’s” et au “Beaulieu”.. Ce n’est qu’au tournant des années 1940 à 50 que Mengo renoue avec le big band, et quel big band. !
En 1943 et malgré la guerre, Jerry Mengo devient membre du Hot club de Paris et il a travaillé avec la chanteuse Martha LoveMarianne Klaric, Emile Henceval: Dictionnaire Du Jazz a Bruxelles et en Wallonie, ..
En 1945, cinq ou six orchestres tenaient le haut du pavé, ils avaient enregistré abondamment sur la marque swing pendant la guerre, et ils étaient prêts à continuer, mais sans l’étiquette “jazz”. On retrouve dans cette liste Aimé Barelli, Alix Combelle, André Ekyan, Hubert Rostaing et Jerry Mengo.
En 1945, il a joué à la première session d'enregistrement du label Blue Star de Eddie BarclayReuben & Naomi Musiker: Conductors and Composers of Popular Orchestral Music, 1998 .
Son parcours est parfois difficile à suivre car comme d’autres artistes à l’époque, il a recours à des multiples pseudonymes comme Teddy Martin, Jao Pandeiro, Johann Orth, Joseph Mengozzi, Giuseppe Mengozzi pour contourner les contrats d’engagements.
Et à partir de 1945 jusqu’à la constitution, vers 1955, de son propre orchestre, le jeune trompettiste Georges Jouvin participe, dans la section des cuivres, à plusieurs formations de variété-jazz et de music-hall dirigées par Jerry MengoArchives du journal quotidien Le Monde : "Georges Jouvin, « l’homme à la trompette d’or », est mort" - Article paru dans Le Monde du 27 octobre 2016.
En 1948, il convie pour une session d’enregistrement le Jerry Mengo Sextet : Charlie Lewis (piano), Emmanuel Soudieux (contrebassiste), Hubert Rostaing (clarinette), Jean Maille (guitare), Jerry Mengo (batterie) et Dick Griffith (trombone). Le disque Ain't Misbehavin' / Softly As In A Morning Sunrise sort chez Blue Star.
En 1950, Jerry Mengo et son orchestre qui fit les beaux soirs du Casanova cet été au Casino Bellevue de Biarritz demeure toujours convié pour animer le plancher de danse de Chez Carroll's de la rue de Ponthieu à ParisArchives du journal quotidien Le Monde : "Une nouvelle " JOSÉPHINE " AU CARROLL'S" - Article paru dans Le Monde du 14 Novembre 1950. Deux attractions de qualité servent d'intermèdes aux danses : les tours de chant de Colette Mars et de Joséphine Premice.
Présence remarquée au Gala de l'Union des artistes Pour le compositeur Paul Misraki, il dirige et enregistre avec son orchestre la musique du film Le Garçon sauvage (1951, réalisé par Jean Delannoy). Durant 1952, Mengo collabore avec Pierre Spiers pour composer et enregistrer ensemble la musique du court-métrage La Danseuse nue de Pierre-Louis.
Le samedi soir 25 février 1952, se tient le Gala de l'Union des artistesArchives du journal quotidien Le Monde : "Tout Paris sur un cheval et un trapèze" - Article paru dans Le Monde du 26 février 1952. On y retrouve Jerry Mengo parmi une formation éphémère de 30 des plus fameux musiciens de Paris réunis pour jouer sous la direction de Robert Pizanni. Parmi eux, Gaston Poulet et Maurice Hewitt, Aimé Barelli et Jerry Mengo, Tony Aubin et Georges Dervaux, ont joué sous la direction d'un Robert Pizanni très à l'aise : Viens Poupoule, La Mort d'aise, Paris sera toujours Paris : Folies-Colonne et Le Concert Bergère. Selon le journal Le Monde, on riait autant sur la piste que sur les gradins.
Parmi les autres animations de la soirée, on peut encore y voir Dany Robin chevauchant un percheron digne d'une bataille d'Ucello ; Micheline Presle, en tutu violet, qui grimpe à une échelle trop mobile posée sur des boules d'or ; Pierre Fresnay tient le fouet de M. Loyal. Trois cents comédiens les plus célèbres de Paris jouent au spectateur. Si bien que l'on demeure étonné de voir danser Serge Lifar, de retrouver en Anne Vernon la ravissante écuyère de " la Fête du gouverneur ", de rire aux pitreries de Bourvil et de ne pas rire enfin aux histoires de M. Nicolas. Une mention spéciale au dompteur de poissons rouges, Raymond Souplex a été très drôle.
De cette belle rencontre de passionnés de jazz avec le pianiste compositeur Spiers aboutira à la formation en 1956 du trio Pierre Spiers, Hubert Rostaing, Jerry Mengo. Jerry Mengo retrouve avec joie sa batterie qu’il avait quelque peu délaissé dernièrement par ses accaparantes activités de chef d’orchestre, de compositeur, d’arrangeur et de sessions d’enregistrements et son ami Rostaing avec qui il avait déjà travaillé au sein de la formation swing Le Jazz de Paris. Ce trio, c’est une véritable récréation musicale et le plaisir de jouer ensemble s’entend à l’oreille. Entre 1955 et 1958, nos 3 compères enregistrent ainsi 3 albums publiés par la maison de disque VEGA nouvellement fondée en 1955 par Jean Bonfanti. L’album Un Trio Célèbre, Un Septuor Charmant est publié en 1956, il est suivi des LP Le Trio… en 1957 et de Encore! Encore! en 1958.
Le bal de la Nuit de Compiègne jusqu’au petit matin On commence à se bousculer pour engager Jerry Mengo et son orchestre pour animer les plus grands bals mondains de l’époque et ce Grand prix du disque ne fait qu’accroitre sa notoriété et qui préfigure des engagements encore plus prestigieux.
Au printemps 1954, son ensemble musical est engagé par le comité de la Nuit de Compiègne, que préside Mme de Vendeuvre, qui a mis au point le programme d'une nouvelle fête qui se déroula le samedi , à partir de 21 h. 30Archives du journal quotidien Le Monde : "LA NUIT DE COMPIÈGNE" - Article paru dans Le Monde du 15 mai 1954.. On veut y restaurer une vieille tradition perdue en faisant une fête de charité. C'est au château de Compiègne que Napoléon III recevait après-dîner, en compagnie ses intimes, les personnalités artistiques et littéraires qu'il distinguait. Ces soirées, dénommées " séries ", connaissaient un grand succès à l’époque. La dernière eut lieu le jour de la fête de l'impératrice Eugénie, en 1869. Elle eut le même brillant éclat que les précédentes, et les organisateurs de la Nuit de Compiègne 1954 veulent en évoquer le charme élégant au profit de la caisse de retraites de la presse .