vignette|Manifestation des étudiants de l'Union nationale devant la statue de la place des Pyramides, le . L’Union nationale est un mouvement politique catholique, nationaliste, antimaçonnique et antisémite français de la fin du .
Histoire
vignette|L'abbé Théodore Garnier, fondateur et dirigeant de l'Union nationale.
L'Union nationale est fondée en par l'abbé Garnier au de la rue Bayard, dans les dépendances de l'imprimerie du journal La CroixL'Univers, 18 septembre 1892, .. Elle succède à une organisation précédente, l'Action sociale catholique, créée par Garnier en 1888.
Dans le sillage du Ralliement prôné par l'encyclique Au milieu des sollicitudes, l'organisation adhère à la République pour y promouvoir une « république libérale »Semaine religieuse du diocèse de Lyon, année, t. 2, juin-novembre 1894, . en réaction à l'anticléricalisme du pouvoir en place. Elle se manifeste pour la première fois à l'automne 1892 en pétitionnant contre les lois scolairesL'Univers, 15 septembre 1892, .. Inspirée par le catholicisme social, elle propose des mesures en faveur des ouvriers et des paysans tout en rejetant violemment le socialisme collectiviste et internationalisteLa Croix, 28 juin 1893, .. Elle œuvre également sur le terrain électoral dès les législatives de 1893.
Le , l'Union nationale est l'un des premiers mouvements à organiser une manifestation patriotique en l'honneur de Jeanne d'Arc devant la statue équestre de l'héroïne, place des PyramidesL'Univers, 6 février 1894, .Jennifer Kilgore, « Joan of Arc as Propaganda Motif from the Dreyfus Affair to the Second World War », Revue LISA / LISA e-journal, vol. VI, , 2008, .. En 1897, elle dépose une gerbe à la statue de Strasbourg, place de la Concorde, reprenant ainsi une tradition propre à la Ligue des patriotesLe Petit Journal, 2 août 1897, . À partir de cette même année, les membres de l'Union nationale revendiquent la dénomination de « nationalistes »Joly (1992), ..
Dotée depuis d'un organe de presse, Le Peuple français, et forte d'un grand nombre d'adhérents (peut-être )Joly (2008), ., l'Union nationale a des comités locaux dans 18 arrondissements de Paris et 35 départements en province. Les 29 et , son congrès national de Lyon, point d'orgue de trois autres congrès (antimaçonnique, antisémite et social) de la « démocratie chrétienne », réunit une très nombreuse assistance.
Malgré son républicanisme sincère, l'Union nationale accepte bientôt des financements royalistes et s'affirme à l'extrême droite dans le contexte de l'Affaire Dreyfus. Antimaçonnique, le mouvement est aussi profondément antisémite : il soutient notamment la Ligue antisémitique, refondée en 1897 par Jules Guérin, ainsi que la Jeunesse antisémitique d'Édouard Dubuc, avant de prendre ses distances avec ces ligues. L'Union nationale publie en 1896 des étiquettes destinées à être collées sur les devantures des magasins appartenant à des Juifs et portant l'inscription suivante : « Chez un juif n'achetez jamais / la France doit être aux Français / Français n'ayons plus qu'une envie / Chassez les juifs de la patrie »Joly (1992), .. L'abbé Garnier tient également un discours xénophobe, en proposant la création d'une taxe sur les étrangers ainsi que la reconduite à la frontière de ceux qui « en général » seraient « plutôt la lie que la crème de leur pays »La Croix, 5 octobre 1893, ..
Très active jusqu'en 1898, l'Union nationale décline à partir de l'année suivante, principalement en raison de difficultés financières. En 1902, Garnier fait adhérer son mouvement à l'Action libérale de Jacques Piou. L'Union nationale est ainsi progressivement absorbée par ce parti politique avant de disparaître, vers 1908.
Références
Voir aussi Bibliographie Bertrand Joly, « Les antidreyfusards avant Dreyfus », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. 39, avril-, (consultable en ligne sur Gallica). Bertrand Joly, Nationalistes et conservateurs en France (1885-1902), Paris, Les Indes savantes, 2008, . Jean-Marie Mayeur, « Les Congrès nationaux de la "Démocratie chrétienne" à Lyon (1896-1897-1898) », Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. 9, juillet-, (consultable en ligne sur Gallica). Stephen Wilson, « Catholic Populism in France at the Time of the Dreyfus Affair : The Union Nationale », Journal of Contemporary History, vol. 10, , , (consultable sous conditions sur le site des éditions Sage).
Liens externes
Présentation de l'Union Nationale (UN) sur le site france-politique.fr de Laurent de Boissieu (consultée le ).
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