Patrice Jean Andrivet, dit Patrick Andrivet, né à Antony dans les Hauts-de-Seine le et mort le à Valleraugue dans le Gard, est un auteur et un universitaire françaisCette biographie s'appuie largement sur les ouvrages « Mémoires d'un petit français sous l'occupation », monographie personnelle, rédigée en octobre 1996 par Patrick Andrivet, 71 pages, collection privée et de « Le Temps des Mascarilles », monographie personnelle, rédigée en février-mars 1997 par Patrick Andrivet, 96 pages, collection privée. Les informations biographiques à propos de P. Andrivet provenant pour une large part de ces deux ouvrages, les sauts de notes ne sont là que pour apporter certaines précisions.. Il fut professeur de littérature française à l'université Paris-VI (campus de Jussieu), actuellement université Pierre-et-Marie-Curie et « dix-huitiémiste » (spécialiste du , notamment de sa littérature).

Biographie Son père Jean Andrivet était l'un des pionniers du judo français, sa mère Madeleine MouchetPatrick Andrivet est, par sa mère Madeleine Mouchet, un descendant direct ( génération) de Jeanne De Razout (environ 1630-1683), fille illégitime de Charles De Bourbon Busset (1590-1632), lui-même descendant direct de Louis IX et d'Hugues Capet https://www.capedia.fr., institutrice puis employée de banque. Il est le dernier d’une fratrie de quatre enfants dont Jacques Daniel (1923-1989), Monique Janine (1925-2018) et Gilberte Michèle (1929-2022).

Jusqu'à l'âge de six ans, c'est sa mère qui se charge de son éducation. Il entre l'année suivante à l'école communale Payret-Dortail de Suresnes (département des Hauts-de-Seine). En septembre 1939 lors de la déclaration de guerre, ses parents décident d'aller s'installer avec ses deux sœurs (Monique et Michèle), dans un petit village du département de la Sarthe, à Verneil-le-Chétif. De à janvier 1940, la famille, excepté son père et son frère aîné Jacques, qui restent à Paris, s'installe chez son grand-père Gaston Mouchet à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime) puis à Royan jusqu'à la défaite de l'armée française en . À partir de l'occupation par les autorités allemandes, il est décidé de revenir s'installer dans la résidence principale de la famille à Suresnes (département des Hauts-de-Seine) où Patrick Andrivet rentre en classe de CM2, à l'issue de laquelle il obtient son certificat d'études primaires.

Vers cette époque, il participe à un concours de chant pour enfants radiodiffusé sur Radio-Paris.

En octobre 1941, il entre en classe de sixième à l'annexe du lycée Hoche de Versailles, située à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Accusé d'avoir rédigé un petit journal favorable à la résistance, il est renvoyé du lycée. Il est admis l'année suivante en classe de cinquième au « petit Condorcet », rue d'Amsterdam, à Paris, jusqu'en classe de troisième.

À l'été 1943, il adhère aux auberges de la jeunesse. Il devient « ajiste » et fait la connaissance de Marc Sangnier avec qui, un peu plus tard, il se liera d'amitié.

En , faisant suite à l'arrestation de membres de la Ligue française pour les auberges de jeunesse, dont René et Suzanne Maudet sa cousine, il est chargé par le frère de Suzanne d'aller prévenir, mais trop tard, Paul Joanny, le trésorier de la Ligue, qui, malade ou empêché, était resté chez lui à la cité-jardin de Suresnes. Celui-ci ne revint jamais des camps de concentration. C'est beaucoup plus tard que Patrick apprit qu'ils avaient été dénoncés par un des membres de la ligue arrêté qui avaient parlé sous la torture.

Atteint par la scarlatine, il est admis en juillet 1944 à l'hôpital Claude-Bernard à Paris, où il demeure quarante jours. Il ne peut, pour cette raison, assister à la Libération de Paris. À la fin de cette même année, sa famille s'installe à Asnières dans les Hauts-de-Seine.

thumb|La troupe de théâtre des Mascarilles du lycée Condorcet à Paris dans Le chevalier de l'ardent pilon de Beaumont et Fletcher. Assis, au centre, Patrick Andrivet. Photo Kodak du 26 mai 1945

En , il rejoint la troupe de théâtre amateur du lycée Condorcet « Les MascarillesLe répertoire de cette troupe créée au début des années 1940 et qui comptait principalement des élèves et des anciens élèves du lycée Condorcet, comportait notamment Le livre de Christophe Colomb de Paul Claudel, Le Chevalier du pilon ardent de Francis Beaumont et John Fletcher, Everyman (répertoire élisabéthain), L'Amour médecin, La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant de Molière, Amal et la lettre du Roi de Rabindranath Tagore (trad. André Gide), Cyprien ou l'amour à dix-huit ans de Georges Pillement, Les Sept contre Thèbes d'Eschyle, Le Brouillard d'Eugène O'Neill, Le retour de l'enfant prodigue d'André Gide et des chansons mimées allant du Moyen Âge au (notamment Le fiacre de Léon Xanrof). », dirigée par le professeur Jean CatelJean Catel, né à Collioure en Pyrénées-Orientales en 1891, décédé à Llo en Pyrénées-Orientales le 15/10/1950, docteur es-Lettres (Paris, 1930), professeur d'anglais au lycée de Montpellier puis au lycée Condorcet à Paris, spécialiste de Walt Whitman (1819-1892), site BnF https://data.bnf.fr/10817411/jean_catel/ (1891-1950), et ce, jusqu'en 1950, année de sa dissolution. Durant cette période, Jean Catel, appréciera son investissement ainsi que celui d’André PrestAndré Prest, né à Paris le 22/01/1925, décédé à Argenteuil (Val-d'Oise) le 22/04/1994, sculpteur, potier et céramiste, décorateur et organisateur d'évènement artistiques. Ses cendres ont été dispersées à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) dans la crique du Troc (1925-1994). Sa première apparition en tant que comédien a lieu en dans des scènes du Livre de Christophe Colomb de Paul Claudel, en présence de l'auteur. Sa dernière apparition a lieu à l'été 1949 pour une reprise de quelques scènes du même Livre de Christophe Colomb donnée à Saint-Michel-de-Cuxa, avec la participation de l'acteur André Var.

Il accède au « Grand Condorcet », rue du Havre, à la rentrée scolaire 1945.

En 1946, il fait la connaissance de Rachel (née en 1932), la sœur de son camarade de classe de seconde puis de première, Gabriel Rosselin (né en 1929), lui-même violoniste dans l'orchestre des « Mascarilles » et qui sera plus tard directeur d'unité de recherche à l'INSERM. À l'invitation de la mère de ceux-ci, Jeanne Rosselin, Patrick Andrivet s'installera à la fin de l'été 1947 chez sa future belle-famille pour pouvoir poursuivre ses études.

L'un de ses camarades de classe de terminale est le futur écrivain Jacques Réda. Patrick Andrivet bénéficie, cette année-là, d'une bourse de demi-pension. Puis après avoir obtenu son baccalauréat, il est admis en classe de Lettres supérieures (hypokhâgne) dans ce même lycée Condorcet. La même année, il se lie d'amitié avec Béatrice Lebovici, professeure agrégée et sœur de Serge Lebovici. L'année suivante, lors de son admission en khâgne, au lycée Louis-le-Grand, il bénéficie d'une bourse d'internat complet. Dans cet établissement, il a notamment pour professeur de philosophie Étienne Borne et pour condisciple Michel Serres. Puis, faisant suite à son admissibilité à l'École normale supérieure (rue d'Ulm), il bénéficie d'une bourse de licence pendant trois ans et entreprend ensuite de suivre des études supérieures de lettres. Il passera avec succès le concours d'agrégation de lettres en 1955.

thumb|Patrick Andrivet dans les années 1970

Le , il épouse à Paris, Rachel Szwarc, fille de Jeanne RosselinUn jour [vers 1942] où la grand-mère [de Rachel], qui vivait rue Dulong [à Paris] avec sa fille [Jeanne] et ses petits-enfants, avait eu à se rendre à la poste pour en retirer un colis, elle s'était munie du livret de famille de Jeanne Rosselin, et, tout en faisant la queue, feuilletait le livret, sur une page duquel figuraient le nom de Szwarc et le prénom de Rachel, et, sur une autre, l'adresse de la famille. Elle eut brusquement la sensation que quelqu'un derrière elle, par-dessus son épaule, avait lu ces pages et, de retour à la maison, dit son inquiétude à sa fille. Le soir même, à l'heure du dîner, deux hommes vinrent frapper à la porte, qui ne s'étaient pas annoncés. Jeanne fit promptement descendre ses deux enfants par l'escalier de service, qu'on pouvait emprunter à partir de la cuisine, en leur disant d'aller se réfugier chez la concierge. Puis elle ouvrit. L'un des deux hommes lui déclara en substance : « nous croyons savoir que vit ici une certaine Rachel Szwarc, qui fait du marché noir : est-elle là ? » (Rachel n'avait alors guère plus de dix ans). – « Il y a erreur, répondit madame Rosselin. Personne de ce nom n'habite ici. » Croyant sans doute avoir été mal renseignés, ils n'insistèrent pas. On sut après qu'ils avaient préalablement interrogé la concierge, mais qu'elle avait assuré qu'aucune personne du nom de Szwarc n'habitait l'immeuble (in Le Temps des Mascarilles de Patrick Andrivet, page 82). et de Herc SzwarcHerc (Henri) Szwarc est né dans la partie russe de la Pologne dans les toutes dernières années du [à Grabowiec - District de Krubiaszow - le 22 avril 1897]. Il avait eu de la sympathie pour la révolution bolchevik, mais, vers le milieu des années 1920, il se trouvait en France, étudiant à la fois le droit et les lettres ; il passa un doctorat d'université, à Dijon, et commença à exercer la profession d'avocat. C'est vers 1927-28 qu'il fit, dans une station alpine, la connaissance de Jeanne Rosselin. (...) Herc, plaidant pour des compatriotes réfugiés en France, mais démunis, ne gagnait pas beaucoup d'argent. Il avait de nombreux frères et sœurs demeurés en Pologne, mais l'antisémitisme qui y sévissait alors les poussait à émigrer ; certains venaient en France, passaient voir leur frère, et restaient quelques jours avant de poursuivre leur route, qui, souvent, les mena aux États-Unis. (...) En 1935, sans en avoir informer sa femme, il partit pour le Havre ; de là, montant à bord d'un bateau qui faisait une croisière, par la mer du Nord et la Baltique, il se rendit à Leningrad. Pendant trois mois il ne donna aucune nouvelle (...) De Leningrad il avait gagné Moscou. (...). Dans les années qui suivirent, Herc Szwarc vécut à Paris ; Cela dura jusqu'à la déclaration de guerre. (...) Celui-ci, se réfugia dans le département de l'Ariège, qui fit d'abord partie de la zone non-occupée. (...) Mais, au cours de l'été 1944, le village où il vivait abritant de nombreux résistants, les Allemands y montèrent un beau jour et tuèrent tous les habitants qu'ils rencontrèrent, dont Herc, tandis qu'il cherchait à fuir à travers champs (in Le Temps des Mascarilles de Patrick Andrivet, pages 79 à 81). (1897-1944) qui fut, avant guerre, le premier avocatin Je m'appelle Herschel Grynszpan de Morgan Poggioli, édition le murmure, page 49 d'Herschel Grynszpan. De cette union naîtront trois enfants : Laurence, Dominique et Silvia.

Il réside ensuite à Conflans-Sainte-Honorine jusqu'à son divorce.

Le professeur Il obtient son premier poste de professeur au Lycée de Nevers dans la Nièvre. Plus tard, il sera nommé successivement au lycée militaire d'Autun (Saône-et-Loire), au lycée de Fontainebleau (Seine-et-Marne) puis au lycée Honoré-de-Balzac à Paris.

En 1960, il signe le Manifeste des 121, déclaration sur le « droit à l'insoumission » dans le contexte de la guerre d'Algérie.

Au cours des années 1960, il adhère au PSU (Parti socialiste unifié). Dans les années 1970, il est candidat dans sa ville de résidence contre Michel Rocard qui a alors rejoint le Parti socialiste.

L'universitaire En 1968, il est nommé chargé de cours à Censier (université Paris III).

Il est nommé professeur de littérature française à l'université Paris-VI (faculté de Jussieu) jusqu'en 1995, année où il prend sa retraite.

L'auteur À partir des années 1990, il rédige différents ouvrages historiques spécialisés ayant trait au siècle des lumières.