Otto/ de Bourgogne, dit aussi de Mâcon, parfois d'Ivrée, né 960/962 et mort le à Dijon, est le premier comte de Bourgogne (-1026) et comte de Mâcon par mariage.

Orphelin dans son jeune âge de son père le roi , Otte-Guillaume est adopté par le duc de Bourgogne Eudes-Henri dit Henri le Grand, second époux de sa mère, et mort sans enfant. Il conteste le duché au neveu d'Henri, le roi Robert le Pieux à la mort d'Henri de Bourgogne. La guerre de succession de Bourgogne entre Otte-Guillaume et le roi Robert dure de 1003 à 1005.

Otte-Guillaume souhaite également jouer un rôle majeur au sein du royaume de Bourgogne, tenu par le roi qui n'a pas d’héritier légitime. Il se révolte en 1016 contre l'empereur qui se pose comme protecteur et héritier de ce royaume.

Famille Otte-Guillaume appartient à la maison d'Ivrée, par son père, roi associé d'Italie .. Il est l'arrière-petit-fils de , roi d'Italie (898-900 et 902–922) et empereur d'Occident (916–924). Son grand-père paternel est le petit-fils par sa mère de ).

Aubert ou Adalbert est le premier époux de sa mère qui est (947 /991Guy de Munois, abbé de Saint-Germain d'Auxerre au , indiquait que Gersende, la deuxième femme du duc (père adoptif d'Otto-Guillaume), obtient de son époux que Heldric l’abbé de Saint-Germain, réforme le monastère de Champeaux. Or la charte correspondante est celle de 994 par les rois Hugues Capet et , qui donnent cette petite abbaye à Heldric. En 994, Gerberge était donc morte et Henri de Bourgogne subséquemment remarié à Gersende. Voir ., fille de et Adélaïde [de Vienne].Sur les différentes études et scénarios concernant les grands-parents maternels d'Otte-Guillaume, on se reportera aux articles sur Lambert de Chalon et sur , avec leurs notes et références..

Par ses origines maternelles, Otte-Guillaume se rattache aux Bosonides Garnériens présents à Sens, à Troyes, à Beaune mais surtout au sein du royaume de Bourgogne grâce à l'influent Hugues de Vienne. Ce comte Hugues, frère d'Adélaïde Vienne aurait aussi favorisé. une alliance entre sa famille et les Guilhelmides.

Lambert de Chalon et Adélaïde de Vienne ayant d'autres enfants, Otte-Guillaume est le neveu (ou demi-neveu)Ce lien (nepos) entre Hugues et Otte-Guillaume est confirmé par deux chartes: acte du Cartulaire de Paray, et acte du Cartulaire de Flavigny. de : Hugues de Chalon, comte de Chalon (987-1039) et évêque d'Auxerre (999-1039), qui sera souvent l'adversaire d'Otte-Guillaume ; Mathilde, mariée à Geoffroy de Semur-en-Brionnais..

Biographie Naissance et enfance Otte-Guillaume naît vers 960/962. Son père a combattu le roi de Germanie pour conserver son trône d'Italie. Battu, il quittera la Péninsule par la Provence. et finira sa vie à Autun.. Ainsi quand l’enfant vient au monde, l’Italie est aux mains d’.

Son premier nom est : Othon.., Otto, Otton. Guillaume (Willelmus) seraVoir et annexes (avec plusieurs exemples et leurs références : Ottonem, qui et Vuillelmus dictus ; Otto Comes, cognomento Willelmus ; Ottonis cognomento Wilelmi ; Otto cognomento Vuillelmus ; Ottonis cognomento Willelmi ; Otto comes, qui nominatur Willelmus ; Othonio congomento Vuillalmi…). un cognomen, un second nom. Le roi de Germanie qui est en train de rétablir l’Empire, serait à l’origine de ce premier nom. Le jeune enfant ne peut porter un anthroponyme. qui évoque les derniers rois italiens (Bérenger ou Adalbert).

En 972, Adalbert décède à l'âge de 41 ans. Le jeune Otte-Guillaume qui a été placé dans un monastère Lombard s'en échappe en compagnie d'un moine pour rejoindre ses proches en Bourgogne.. L'orphelin de père a alors environ Raoul Glaber (, c.2) qualifie alors le jeune homme de puer. 11 ans.

Sa mère se remarie vers 973 avec le duc dont elle n'aura pas d'enfant. Otte-Guillaume devient le beau-fils de son suzerain le duc de Bourgogne , qui l'adopteLa Chronique La Chronique de Saint-Bénigne de Dijon, page 163, précise : pro anima Hinrici Ducis, qui eum loco filii adoptavit, et genitricis sue Gerberge uxoris predicti Ducis.. C’est en arrivant en Bourgogne. et en devenant ce fils adoptif qu’Otto prend le second nom de Guillaume. De serviteur de l’empereur, il devient celui du duc de Bourgogne. et ce nom qui rappelle ses ascendances Guilhelmides le voue à agir à l’ouest du duché.

Comte de Mâcon Vers 981 il devient comte de Mâcon en épousant Ermentrude de Roucy († vers 1005), fille de Renaud de Roucy, comte de Reims et seigneur de Roucy., et d'Albérade de Hainaut - elle-même fille du duc Gislebert de Lotharingie et de Gerberge de Saxe. Ermentrude de Roucy est veuve d' († 982) et héritière du comté de Mâcon par ce premier mariage ; le titre passerait par mariage à Otto qui devient comte de Mâcon ainsi que de tous les honneurs que détenait la lignée d' sur la rive gauche de la Saône : dans le nord du pagus de Lyon, dans les pagi bourguignons d'Escuens, d'Amous et de Varais.

Ce mariage le rapproche de son beau-frère, Brunon de Roucy, évêque de Langres.

Dès 997, il associe son fils aîné au pouvoir de comte pour Mâcon.

Nevers, Beaune et Sainte-Bénigne de Dijon

Comté de Nevers Son union avec Gerberge a permis au duc Henri d'associer la gestion du comté de Nevers. à celle du duché. Cette charge doit revenir à Guillaume, fils de Gerberge.. Il est ainsi qualifié de comte de Nevers, dans un acte de 887. René de Lespinasse souligne toutefois que , concluant .

Toutefois après la mort de sa mère, placée entre 986/991, Otte-Guillaume préfère récupérer la fonction comtale à Beaune où se situe le douaireChronique de Dijon, . de cette dernière (Veuvey-sur-Ouche). Le comté de Nevers, probablement donné en dot à sa fille Mathilde/Mahaut qui sera promise à Landry. Ce dernier obtient le comté entre 987 et 990.

Comte de Beaune et avoué de l'abbaye Sainte-Bénigne En articulant sa principauté sur la vallée de la Saône et à l'Est de celle-ci plutôt que sur la Loire, Otte-Guillaume utilise plus fréquemment son premier nom d'Otto que celui de Guillaume. Ainsi au sein de sa cour comtaleChartes Saint-Bénigne, , . à Beaune : Belno, in curia Ottonis comitis. Le retour de l’appellation d'Otto signifie. une légitimité à gérer une principauté à cheval sur plusieurs royaumes.

Otte-Guillaume est devenu avoué (protecteur laïc) de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon. AinsiChronique de Dijon, . quand Foucher, prieur du prieuré Saint-Léger près de Pontarlier, porte plainte contre l'abbé Guillaume de Volpiano de Saint-Bénigne au sujet d'un bois à Cessey-sur-Tille, l'affaire vient devant Henri le Grand, duc de Bourgogne, avoué de Saint-Léger, Otto-Guillaume, avoué de Saint-Bénigne et Brunon de Roucy, évêque de Langres. Les parties sont invitées à procéder, en présence du comte Richard de Dijon et de plusieurs nobles, chargés de trancher le débat. Ceux-ci prescrivent un combat singulier. Au jour fixé, le prieur de Saint-Bénigne, comparaît, mais son adversaire se dérobe.

Consolidation du pouvoir comtal dans le diocèse de Besançon Otte-Guillaume reprend la politique d' († 943) pour accroître son influence dans le diocèse de Besançon. Il intervient dans les quatre pagi bourguignons qui le compose. En Amous, où une des villes principales Dole, porte des monnaies. à son effigie. En Escuens, où il souscrit des actes dans la région deCartulaire Cluny, . Poligny ou deChronique de Dijon, . Salins. En Varais, où il intervient dans l'électionThietmar de Mersebourg, episcopi Chronicon, Darmstadt, MGH, coll. « Scriptores rerum Germanicarum, Nova series 9, Mélanges Baron vom Stein », 1935. au siège de Besançon en 1015. C'est avec Otte-Guillaume que les comtes de Mâcon et de Bourgogne interviennent aussi en Portois en particulierCartulaire Cluny, . à Port-sur-Saône.

La principauté d'Otte-Guillaume s'étend des monts du Mâconnais au seuil de Montbéliard. Elle contrôle des passages fluviaux sur la Saône et ses affluents et de nombreux cols du Jura. La Via Francigena entre l'Italie et le nord de l'Europe la traverse.

Succession du duché de Bourgogne Le duc , meurt en 1002 sans postérité, laissant son fils adoptif Otte-Guillaume et son neveu, le roi comme héritiers possibles du duché de Bourgogne. Une guerre de succession de plus de trois ans s'ouvre. Otte-Guillaume obtient le soutien de son gendre., le comte Landry de Nevers et de son beau-frère, l'évêque de Langres, Brunon de Roucy.

Son seul adversaire d'envergure sur Auxerre est Hugues de Chalon, évêque d'Auxerre depuis 999, également comte de Chalon (987-1039) et un soutien du roi depuis le début.. Hugues de Chalon sera d'ailleurs à ses côtés au premier siège d'Auxerre en 1003. Ensuite, il est probable qu'Hugues de Chalon ait mis en défense son comté de Chalon face à Otte-Guillaume et ses partisans.. Le roi fait aussi appel au duc de Normandie qui aurait amener hommes.. Après deux sièges infructueuxUn fragment de la Chronique d'Auxerre en « langue vulgaire », recopié par Dom Viole avant d'être perdu, indique que le roi attaqua Auxerre de laquelle il est dit qu'elle n’a encore jamais été prise ; et que Landri le comte et les bourgeois se défendirent vaillamment. Après quoi le roi s'attaqua au château (formé par l'abbaye Saint-Germain) mais y fut vaincu par miracle et y perdit de nombreux soldats ; il passa ensuite l'Yonne et dévasta la Bourgogne puis se retira en France. Voir ., devant Auxerre le . puis devant l'abbaye Saint-Germain (toujours hors des murs de la ville à cette époque)., le roi se retire non sans avoir pillé et incendié l'arrière-pays..

En 1005, Robert et son ost et les Normands sont de retour. Ils prennent Avallon après plusieurs jours de siège, puis Auxerre. Un arrangement. avait déjà dû intervenir entre le roi et Otte-Guillaume qui se trouve auprès du roi lors du siège d’Avallon. Ce dernier renonce au gouvernement du duché mais peut conserver le comté de Beaune. et l'avouerie de Saint-Bénigne de Dijon à titre viager.. À l’issue des accords de 1005-1006, le titre ducal et l’ensemble des possessions du feu duc Henri reviennent aux Capétiens. Excepté la province épiscopale de Langres, avec sa cité de Dijon, toujours en possession de l'évêque de Langres Brunon de Roucy, et qui bénéficiera aussi d'un statut particulier jusqu'à la mort de l'évêque.

1005 voit le décès prématuré du fils aîné d'Otte-Guillaume , avant que celui-ci ait succédé à son père à la tête du comté de Bourgogne. , le fils de , hérite du comté de Mâcon.

Vers 1007, Otto-Guillaume épouse en secondes noces une Adélaïde dont les origines ne sont pas certaines.

Le roi (dernier roi de Bourgogne par manque d'héritier) reconnaît son neveu, de la maison des Ottoniens, l'empereur germanique , comme suzerain protecteur et héritier de son royaume, dont dépend le comté de Bourgogne. Otte-Guillaume et d'autre seigneurs bourguignons se révoltent alors contre l'autorité de suzeraineté sur le Royaume de Bourgogne et sur le comté de Bourgogne légitimement revendiqué par l'empereur germanique. Le comté de Bourgogne tombe néanmoins sous la suzeraineté de l'empereur germanique à la mort de en 1032.

Mort et succession Décédé le , son corps est inhumé au monastère de Saint-Bénigne de Dijon, aux côtés de son Gui/()...

Son fils cadet, , succède comme comte de Bourgogne. Son petit-fils, a hérité de Mâcon.

Mariages et enfants Avant 981/982, il épouse en premières noces Ermentrude de Roucy (947/952-† 1002/1004), fille de Renaud , comte de Roucy, et d'Albérade de Hainaut - cette dernière fille du duc Gislebert de Lotharingie et de Gerberge de Saxe. Ermentrude de Roucy, jeune veuve sans enfant de son premier mariage avec († 982), est l'héritière par mariage du comté de Mâcon.

Ils ont pour enfants :