Gala Galaction (nom de plume de Grigorie Pișculescu), né le à Didești et mort le , prélat, théologien, écrivain, journaliste, et figure politique de Roumanie. Contrairement à trop d'autres à son époque, il prôna la tolérance envers la minorité juive.
Biographie Enfance et jeunesse Il est né au village de Didești, fils d'un paysan aisé et d'une fille de pope. Son père avait voyagé à travers les Balkans pour affaires, et s'était établi en tant que bailleur à renteVianu, .
Après ses études primaires et secondaires dans son village natal et à Roșiorii de Vede (1888–1890), il étudia au collège national Saint-Sava à Bucarest (1890–1898), et, après un début en philosophie à l'université de Bucarest, il fut diplômé en théologie à l'université nationale de Tchernivtsi. C'est à cette période que Galaction commença à s'intéresser à la littérature et fut brièvement influencé par les idées de Joséphin Péladan, un poète et occultiste françaisVianu, Il fit ses débuts en 1900 avec la nouvelle Moara lui Călifar [Le Moulin de Călifar], histoire sinistre sur la tentation du démon ; cependant son intérêt croissant pour la religion orthodoxe le conduisit à abandonner la littérature pendant une dizaine d'années ; son volume de nouvelles de 1914, qui contenait La Vulturi! [Aux vautours !] (un de ses titres les plus connus), obtint le prix de l'Académie roumaineVianu, .
Activisme au début du vingtième siècle Après avoir été pendant sa jeunesse disciple du critique et philosophe marxiste Constantin Dobrogeanu-GhereaVianu, , il devint un partisan du poporanisme et, comme son ami proche N. D. Cocea, du socialismeFrunză, ; Vianu, , tendances qui l'établirent en tant que figure de l'aile gauche du spectre politique roumain. Selon Vianu:
Remarqué pour sa critique de la répression violente de l'insurrection des paysans roumains de 1907Vianu, , il devit bientôt un journaliste prolifique. Avec l'aide de Tudor Arghezi, il publia Cronica [La chronique] et Spicul [L'épi], qui parurent durant la Première Guerre mondiale. Comme son ami Tudor Arghezi et d'autres, il fit preuve de sympathie pour les puissances centrales, et resta à Bucarest sous l'occupation allemande et collabora avec les nouvelles autoritésBoia, . Finalement, Galaction accueillit favorablement la nouvelle atmosphère politique introduite par la Révolution russe, puis les activités du Parti socialiste roumain et les grèves de 1918–1919 :
À peu près à la même époque, il devint un défenseur acharné du mouvement des travailleurs. Une réunion publique d'ouvriers d'usine lui fit forte impression :
Peu après la guerre, Galaction se lia d'amitié avec Nicolae Tonitza, un peintre et illustrateur de journaux socialistes qui dessina la couverture du recueil d'essais de Galaction (O lume nouă) et fit son portrait sous le titre "L'Homme du nouveau monde"Zambaccian. Dans ses mémoires, en parlant de cette période, le collectionneur Krikor Zambaccian décrivit ce portrait de la sorte :
L'Entre-deux-guerres En 1922, il fut ordonné prêtre, et en 1926 il devient professeur de théologie et d'exégèse du Nouveau Testament à la faculté de théologie de Tchernivtsi. Il fut doyen de la faculté entre 1928 et 1930.
Avec le prêtre Vasile Radu, il se mit au travail pour une nouvelle traduction de la Bible en roumain moderne, publiée en 1938, conçue pour être plus précise et remplacer la traditionnelle Bible de Cantacuzino. Le critique littéraire Tudor Vianu écrivit:
Pendant l'Entre-deux-guerres, Galaction écrivit également plusieurs études, articles et commentaires sur le Nouveau Testament, ainsi qu'une traduction remarquée du Marchand de Venise de William ShakespeareMatei-Chesnoiu, Il contribuait régulièrement aux revues Viața Românească, Adevărul, et Sămănătorul, mais était en très mauvais termes avec son fondateur, Nicolae IorgaTănase.
En 1936, il fit l'objet d'une dénonciation pour "communisme et liens avec le Comintern, qu'il qualifia de diffamation En 1938–1940, cependant, Galaction, comme d'autres figures poporanistes ou de la gauche socialiste (parmi lesquelles Petre Andrei, Mihai Ralea, Ioan Flueraș, and Mihail Ghelmegeanu), collabora avec le régime fascisant, dirigé par le roi et le Front de Renaissance nationale, afin de combattre l'influence de la Garde de fer favorable aux NazisVeiga, . Lors de l'invasion de la Pologne en 1939 et du début de la Deuxième Guerre mondiale, il écrivit:
Les années 1940 La chute de et l'instauration de l'État national-légionnaire sous la Garde de fer entraîna le retrait de Galaction de la vie publique, prolongé après le pogrom de Bucarest et la dictature de Ion Antonescu. En 1944, lorsque le coup du renversa Antonescu, sortant la Roumanie du camp de l'Axe et l'ouvrant à l'influence soviétique, Galaction fit part de son enthousiasme:
Peu après, Galaction collabora avec le Parti communiste roumain et ses nombreuses organisations. En 1947, il remplaça Nichifor Crainic, victime de la purge, en tant que membre de l'Académie roumaineMihăilescu; Popescu Gogan, et fut élu vice-président de l'Union des écrivains roumains la même année; Galaction fut lui-même victime d'une purge à l'Académie la même année puis réadmis à titre honoraire en 1948Popescu Gogan. Décoré plusieurs fois, il fut aussi élu au Parlement roumain (1946–1948), et à la Grande assemblée nationale (1948–1952).
Décès Une des dernières causes dans laquelle il fut impliqué fut le mouvement pour la paix (dans le contexte de la Guerre froide), afin de créer un "aréopage suprême de paix"Galaction, dans Vianu, Il fut alité à la fin de sa vie, affecté par une crise cardiaque, ce qui explique probablement qu'il fut peu critiqué pendant la doctrine JdanovFrunză, .
Son agenda ne fut publié, de manière sélective, que deux décennies après sa mort, sous le régime de Nicolae Ceaușescu. La nouvelle édition contient le discours censuré d'un Galaction amer, devenu très critique à l'égard du stalinisme, et qui révisait ses propres opinions pour un socialisme "évangélique et nuageux"Galaction, dans Mihăilescu.
Galaction fut également remarqué pour le soutien qu'il donna à Constantin Galeriu, qui devint plus tard un prêtre et théologien respecté. Galeriu, qui fut un des étudiants favoris de Galaction, fut secouru par ce dernier en 1952, après avoir été arrêté et emprisonné au canal Danube-mer Noire (Galaction fit appel au Premier ministre Petru Groza pour intervenir en sa faveur)"Făcătorul de pace".
Vie privée Galaction eut quatre filles, dont une, Maria (Mărioara), se maria à Șerban Țuculescu, frère du peintre Ion Țuculescu en 1936Ivaniuc & Velescu; Tănase ; une fut l'actrice Elena Galaction Stănciulescu et les deux autres, Magdalena et Lucreția, se marièrent à des citoyens italiens. Le mari de Luki Galaction (Galaction Passarelli ou Galaction Sciarra), qui fut peintre et écrivaine, fut Domenico Sciarra, une figure de proue du fascisme italien (à qui Gala Galaction rendit visite à Rome au moment de sa dénonciation).
Ami du politicien communiste Lucrețiu Pătrășcanu, Galaction aida son épouse juive Herta Schwamen à éviter des mesures antisémites prises en 1938 par le gouvernement issu du Parti national-chrétien, en la baptisant en tant qu'orthodoxe roumaine (elle prit par conséquent le nom chrétien d'Elena)Antoniu & Târziu.
Galaction fut toute sa vie ami avec le journaliste Vasile Demetrius, avec lequel il commença à collaborer dans les années 1910Zalis, p. -. Il était également proche de la fille de Vasile, la romancière et actrice Lucia Demetrius, qui lui fit connaître sa gratitude pour son soutien à sa famille après la mort de Vasile DemetriusZalis, p. .
Relation avec la communauté juive Galaction publia des articles dans plusieurs journaux juifs de Roumanie, tels que Mântuirea (1919–1922), Lumea Evree (1919–1920), Știri din Lumea Evreiască (1924–1925) et Adam (1929–1939)Cernătescu.
Ses contributions furent rassemblées plus tard dans le volume Sionismul la Prieteni (Le sionisme entre amis), publié in 1919. Outre son éloge de Theodor Herzl, qu'il considérait comme le plus grand israélite du monde moderneGalaction, in Cernătescu, il écrivait :
En 1930, il fit un pèlerinage à Jérusalem, et visita la Palestine avec le peintre Ion ŢuculescuIvaniuc & Velescu, et leurs familles. Dans sa critique de son récit de voyage În pământul făgăduinței [En Terre Promise], Alexandru A. Philippide, un autre écrivain à Viața Românească, nota que l'attitude de Galaction était liée à la fois à sa vision théologique de la tolérance et à la branche de la chrétienté qu'il représentait:
En 1947, Galaction salua les étapes les plus décisives vers la création d'IsraëlMihăilescu. Aujourd'hui, en mémoire de son rôle, un jardin de Jérusalem porte son nom.
Liste des œuvres Minunea din drumul Damascului [Merveille du chemin de Damas], Bucarest, 1903 Apologia unei legi şi mai presus de ea a unui principiu [Apologie d'une loi et surtout d'un principe], Bucarest, 1909 Lângă apa Vodislavei [Sur les bords de la Vodislava], Bucarest, 1911 Bisericuţa din Răzoare [La petite église de Răzoare], Jassy, 1914 M. Eminescu [ Mihai Eminescu ], Bucarest, 1914 Clopotele din Mănăstirea Neamţu [Les cloches du monastère de Neamţ], Bucarest, 1916 La ţărmul mării [Au bord de la mer], Bucarest, 1916 O lume nouă [Un monde nouveau], Bucarest, 1919 Sionismul la prieteni [Le sionisme chez les amis], préface d'A.L. Zissu, Bucarest, 1919 Răboji pe bradul verde [Entailles sur le sapin vert], Jassy, 1920 Neamţu Neamţ, Jassy, 1920 Mustafa Efendi ajunge Macarie Monahul [Mustafa Efendi devient le moine Macarie], Jassy, 1920 Toamne de odinioară [Automnes du passé], Bucarest, 1924 De la noi, la Cladova [De nous, à Cladova], Bucarest, 1924 Două întâmplări minunate [Deux aventures merveilleuses], Bucarest, 1924 Piatra din capul unghiului. Scrisori teologice [La pierre du coin. Écrits théologiques], Bucarest, 1926 Cartea creştinului ortodox [Le livre du chrétien orthodoxe], Bucarest, 1926 Meditare la Rugăciunea Domnească [Méditation sur la prière à Dieu], Arad, 1927 Răbdare şi nădejde [Patience et espoir], Chişinău, 1928 Caligraful Terţiu [Le calligraphe Terţiu], Bucarest, 1929 Roxana [Roxana], Bucarest, 1930 Scrisori către Simforoza. În Pământul Făgăduinţei [Lettres à Simforoza. En Terre Promise], Bucarest, 1930 Papucii lui Mahmud [Les pantoufles de Mahmud], Bucarest, 1932 Doctorul Taifun [Le docteur Typhon], Bucarest, 1933 Nuvele şi schiţe [Nouvelles et esquisses], Bucarest, 1934 La răspântie de veacuri [Depuis des siècles], -, Bucureşti, 1935 Elemente [Éléments], en collaboration avec Vasile Radu, Bucarest, 1935 În grădinile Sf. Antonie [Dans le jardin de Saint-Antoine], Bucarest, 1942 Riţa Crăiţa [Riţa Crăiţa], Bucarest, 1942 Vlahuţă [ Alexandru Vlahuţă ], Bucarest, 1944 Din legăturile bisericeşti româno-ruse altădată şi azi [Des liens entre les églises roumaines et russes autrefois et aujourd'hui], Bucarest, 1946 Mangalia [ Mangalia ], Bucarest, 1947 Oameni şi gânduri din veacul meu [Hommes et pensées de mon siècle], préface de Teodor Vârgolici, Bucarest, 1955 Ziua Domnului [Le jour du Seigneur], Bucarest, 1958
Traductions vers le roumain Anatole France, Paiaţa Maicii Domnului, Jassy, 1920 Noul Testament, Bucarest, 1927 Biblia adecă Dumnezeiasca Scriptură a Vechiului şi a Noului Testament, Bucarest, 1938 (en collaboration avec Vasile Radu) William Shakespeare, Neguţătorul din Veneţia (Le marchand de Venise), Bucarest, 1955
Traductions de ses œuvres en français Le Trou du carrosse, traduction par . J Kessel, (Sandi Kessel, l'épouse de Joseph Kessel), in La Revue de France, du , Nouvelles et récits, traduction par Ileana Cantuniari et Teodor Vârgolici, éditions Minerva, Bucarest, 1982
Prix et distinctions littéraires Prix de l'Académie roumaine, 1915 Prix de la Société des écrivains roumains, 1933 Prix littéraire national, 1935 Prix national de la prose, 1942
Décorations Médaille du Mérite culturel, , 1934 Médaille du Mérite culturel, commandeur, 1947 Ordre du travail, , 1954
Références
Annexes