Le corner sur le café de 1880 est une vaste spéculation sur la hausse des cours de l'arabica au cours des années 1870, menée aux États-Unis sous forme de corner par la "Trinité" américaine de gros négociants : le jeune O.G. Kimball, de Boston, associé à deux négociants new-yorkais, Benjamin Green Arnold, le premier "roi du café", et Bowie Dash, issu de la firme Scott & Meiser. En contrôlant les stocks.

Histoire Les ferments de la spéculation Pour étrangler leurs concurrents dans un « corner », les trois grands négociants maintiennent artificiellement élevé le prix du café de Java. Mais celui-ci est finalement emporté au cours de l'année 1880 par le déferlement du café brésilien sur le marché mondial, qui prend la place de celui de Java. Sur la fin, les trois négociants ont voulu maladroitement contrôler aussi l'offre latino-américaine mais elle les surprend par son ampleur. Dans un premier temps, ils ont bénéficié de la forte hausse des cours du café entre 1870 et 1876.

Leurs opérations avaient commencé dès 1869, quand Benjamin Green Arnold s'est enrichi de 1,25 million de dollars grâce à ses achats de café javanais. Il conserve ensuite ses stocks de café, malgré de doublement des cours du café, car il spécule sur la diminution des récoltes causée par la rouille du caféier, un parasite aux effets dévastateurs sur les plantations, qui est également détectée en 1876 à Java, deuxième producteur mondial de café arabica. Les plantations sont rendues fragiles par la faible diversité génétique du café arabica et un mode de culture en rangs serrés, où le parasite se propage plus vite. Le parasite étend son aire à la plupart des sites de caféiculture en Asie et Océanie, mais la production baisse moins que prévu, les planteurs peinant à identifier les causes à la maladie, qu'ils croient pouvoir combattre avec des pesticides.

Le corner se déroule dans un contexte très spéculatif où des cartels dominent aussi le marché du sucre à New York mais le marché du café n'a pas les mêmes ressources en termes de prévisions de l'offre et de la demande que celles offertes par les nouveaux « statisticiens du sucre ».

Le percement de la bulle Le krach de 1880 sur les cours du café a été assez progressif. Sur les onze premiers mois de 1880, les cours du café ne cessent de baisser, refusant de rebondir, passant à New York de 24 à 16 cents la livre. Le , Risley, maison de négoce active depuis 30 ans, est en faillite avec un « trou » de 0,4 million de dollars. Et le , O.G. Kimball, 42 ans et bonne santé, meurt après une partie de cartes, ce qui désintègre sa société et met en difficulté ses créanciers et associés, constate The New York Times le . Les faillites se multiplient, refroidissant les créanciers pour longtemps. On découvre que « le roi du café » Benjamin Green Arnold a 2,1 millions de dollars de dettes pour moitié moins d'actifs.

Les conséquences, la création d'un marché à terme du café Plusieurs des négociants en faillite à la suite du corner sur le café créent le premier marché à terme du café, afin d'empêcher les spéculateurs d'étrangler le marché à nouveau. C'est la naissance quatre ans après le krach du futur New York Coffee Sugar and Cocoa Exchange. Benjamin Green Arnold héberge les réunions dans ses locaux du 166 Pearl Street à New York et devient le premier président. Ce nouveau marché se crée dans un contexte où les marchés à terme se multiplient dans le monde des matières premières, en particulier pour le café.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

. . . . . .

Article connexe Histoire de la caféiculture

Lien externe .

* Catégorie:Caféiculture Catégorie:Spéculation Catégorie:1880 aux États-Unis