Blanche Adeline Pierson est une actrice française née le à Saint-Paul, sur l'île de La Réunion et morte le à Paris 16Acte de décès n° 814 (vue 14/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 16ème arrondissement, registre des décès de 1919..

Biographie Elle vint au monde dans une famille de comédiens. Elle était en effet la nièce de l'acteur Numa, qui joua au théâtre du Gymnase avec beaucoup de succès pendant une trentaine d'années, et son propre père, Hyppolite Pierson, était également un acteur, qui, doté d'un fort strabisme, s'était spécialisé dans les rôles comiques. Il fut le régisseur du théâtre de Saint-Paul, animé par la petite troupe locale de M. Petit Welter, mais qui, périclitant, finit par se disperser. Aussi, en 1847, toute la famille Pierson se retrouva en France, le père ayant trouvé, avec l'aide de Victorien Sardou, un ami, un emploi dans une troupe de province. En le suivant dans ses tournées provinciales, Blanche fut destinée de bonne heure, au théâtre.

Débuts Dès l'âge de 11 ans, elle monta sur les planches. Encore toute jeune fille, elle joua les ingénues dans les théâtres de province et au théâtre de Bruxelles. Lorsqu'elle elle vint à Paris, à 14 ans, on l'engagea au théâtre de l'Ambigu, puis elle passa peu après au théâtre du Vaudeville, où elle se fit surtout remarquer par le charme de sa beauté blonde et son don inné de la séduction. Elle y interpréta par exemple le rôle d'Anna dans Les Petites Mains, comédie en trois actes de Labiche et Martin, créée le .

Assez rapidement, elle quitta ce théâtre pour entrer dans la troupe du théâtre du Gymnase (qu'elle ne quittera qu'en 1884). Elle se borna tout d'abord à n'être qu'une jolie comédienne sachant mettre en valeur de délicieuses toilettes. Ainsi, elle tint pendant longtemps les rôles d'ingénue et de coquette. De cette période, on peut retenir les interprétations suivantes : Bébé Patapouf dans Les Curieuses de Meilhac ; Thérèse dans Un mari qui lance sa femme de Labiche et Raimond Deslandes, en 1864 ; Berthe dans Le Point de mire de Labiche et Delacour, également en 1864 ; Mariette dans Nos bons villageois de Victorien Sardou en 1866 ; Agathe dans La Cravate blanche de Gondinet en 1867.

Hors de scène, Blanche Pierson poursuivait inlassablement son apprentissage de comédienne, répétant tous les jours, et le public ne tarda pas à être frappé de ses progrès. Elle se montra bonne comédienne dans ses interprétations de : Claire dans Les Grandes Demoiselles de Gondinet en 1868 ; Marie de Frondeville dans Fanny Lear de Meilhac et Halévy, en 1868 ; la baronne Brunner (premier rôle féminin) dans Le Monde où l'on s'amuse d'Édouard Pailleron, également en 1868 ; la comtesse de Cambry dans Frou-Frou de Meilhac et Halévy en 1869. Pour ce rôle, Barbey d’Aurevilly écrivit : « Pierson s'est tenue sans trembler dans son rôle de comtesse de Cambry, et elle y a été de cette finesse qu'on n'attendait pas, il y a quelques années, de cette beauté voluptueuse d'oreilles, qui donne plus grande que l'autre, l'immatérielle volupté de voir bien jouer ».

Ses progrès furent encore plus nets lorsqu'elle interpréta de Termonde dans La Princesse Georges d'Alexandre Dumas fils en 1871, puis Alice dans La Comtesse de Sommerive en 1872.

Plusieurs articles élogieux parurent dans la presse à son sujet, et Alexandre Dumas fils ne fut pas le dernier à user de louanges : « Une conscience absolue, une probité au-dessus de toute éloge, l'amour de son art, le respect du public, telles sont les qualités de la véritable grande comédienne, et je n'en connais pas une seule qui les possède aussi complètement que Blanche Pierson », écrivit-il à son sujet.

Consécration Mais ce fut surtout en 1872, lors de la reprise de La Dame aux camélias, que Blanche Pierson montra son véritable talent d'actrice dans le rôle-titre. Francisque Sarcey, célèbre critique de l'époque, dit alors d'elle : « Elle a joué le rôle de Marguerite Gautier avec une merveilleuse ardeur de tempérament. Tout son être respire la passion, une passion vigoureuse qui va bien à ce charmant sourire de ses yeux et de sa bouche. Elle a trouvé des accents d'une tendresse et d'une douleur incomparables ; des mouvements et des gestes, dont le naturel et le pathétique ont emporté la salle ».

À partir de ce moment, elle remporta régulièrement de très vifs succès, notamment dans les rôles d'Andréa, dans la comédie homonyme de Victorien Sardou en 1873 et de Montaiglin, dans Monsieur Alphonse d'Alexandre Dumas fils, la même année.

220px|right|thumb|Le chalet de Blanche Pierson à Pourville, par Auguste Renoir (1882) En 1884, elle entra à la Comédie-Française. Le de cette même année, elle joua son premier rôle, de Thauzette dans Denise d'Alexandre Dumas fils. Elle devint, en 1886, la sociétaire de la Comédie-Française en jouant le rôle d'Elmire dans Tartuffe de Molière.

On peut citer encore : Odette de Victorien Sardou, théâtre du Vaudeville, en 1881 ; L'Amour brodé de François de Curel, Comédie-Française, en 1893 ; La Conscience de l'enfant de Gaston Devore, Comédie-Française, 1899 ; Lechat dans Les affaires sont les affaires d'Octave Mirbeau en ; Vilard-Duval dans Le Dédale de Paul Hervieu en ; la comtesse de Mégée dans Le Réveil de Paul Hervieu en ; Paraître de Maurice Donnay en 1906 ; L'amour veille de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet en 1907 ; Les Deux Hommes d'Alfred Capus en 1908 ; Rambert, dans Le Foyer d'Octave Mirbeau en ; Sire de Henri Lavedan, en 1909.

En 1910, elle fut admise à siéger au comité de lecture de ce théâtre.

Elle mourut d'une pneumonie en à l'âge de 77 ans sans avoir revu son île natale. Leconte de Lisle, Léon Dierx et Ambroise Vollard, originaires comme elle de La Réunion, étaient ses amis pendant ses années parisiennes. Elle est inhumée au cimetière de Passy ( division) Blanche Pierson, 15e division.

Théâtre Hors Comédie-Française 1859 : Les Petites Mains d'Eugène Labiche et Édouard Martin, théâtre du Vaudeville 1864 : Un mari qui lance sa femme d'Eugène Labiche et Raimond Deslandes, théâtre du Gymnase 1864 : Don Quichotte de Victorien Sardou d'après Miguel de Cervantès, théâtre du Gymnase 1864 : Les Curieuses de Henri Meilhac et Arthur Delavigne, théâtre du Gymnase 1864 : Le Point de mire d'Eugène Labiche et Alfred Delacour, théâtre de la Cour (Compiègne) puis théâtre du Gymnase 1868 : Comme elles sont toutes de Charles Narrey, théâtre du Gymnase 1868 : Le Chemin retrouvé de Louis Leroy, théâtre du Gymnase 1868 : Le Monde où l'on s'amuse d'Édouard Pailleron, théâtre du Gymnase 1873 : Andréa de Victorien Sardou, théâtre du Gymnase 1873 : Monsieur Alphonse d'Alexandre Dumas fils, théâtre du Gymnase 1874 : La Veuve de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, théâtre du Gymnase 1875 : Les Scandales d'hier de Théodore Barrière, théâtre du Vaudeville 1880 : Le Nabab d'Alphonse Daudet et Pierre Elzéar, théâtre du Vaudeville 1881 : Une visite de noces d'Alexandre Dumas fils, théâtre du Vaudeville 1881 : La Princesse Georges d'Alexandre Dumas fils, théâtre du Vaudeville 1881 : Odette de Victorien Sardou, théâtre du Vaudeville 1883 : Les Rois en exil d'Alphonse Daudet et Paul Delair, théâtre du Vaudeville thumb|Blanche Pierson en 1917

Carrière à la Comédie-Française Entrée en 1884 Nommée sociétaire en 1886 1884 : Denise d'Alexandre Dumas fils : de Thauzette 1884 : Les Pattes de mouche de Victorien Sardou : Suzanne 1890 : Le Misanthrope de Molière : Arsinoé 1892 : Henri III et sa cour d'Alexandre Dumas : Catherine de Médicis 1893 : L'Amour brodé de François de Curel : Emma 1895 : Les Tenailles de Paul Hervieu : Pauline Valenton 1898 : Catherine de Henri Lavedan : Duchesse de Coutras 1899 : Histoire du vieux temps de Guy de Maupassant 1899 : La Conscience de l'enfant de Gaston Devore : Cauvelin 1901 : Notre jeunesse d'Alfred Capus : Laure de Roine 1903 : Les affaires sont les affaires d'Octave Mirbeau : Lechat 1903 : Le Dédale de Paul Hervieu : Vilard-Duval 1905 : Le Réveil de Paul Hervieu : la comtesse de Mégée 1906 : Paraître de Maurice Donnay : Deguingois 1907 : L'Amour veille de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet : Marquise de Juvigny 1908 : Les Deux Hommes d'Alfred Capus : Savier 1908 : Le Foyer d'Octave Mirbeau et Thadée Natanson : Rambert 1909 : Sire de Henri Lavedan : de Saint-Salbi 1910 : La Comtesse d'Escarbagnas de Molière : la comtesse d'Escarbagnas 1911 : Le Goût du vice de Henri Lavedan, théâtre de l'Odéon : Lortay 1911 : Primerose de Gaston Arman de Caillavet et Robert de Flers : de Sermaize 1912 : Bagatelle de Paul Hervieu : Orlonia 1914 : Georgette Lemeunier de Maurice Donnay : Angevin 1917 : L'Élévation de Henri Bernstein : Cordelier

Hommages La ville de Saint-Paul de La Réunion lui rend hommage : La salle de danse Blanche Pierson à Léspas culturel Leconte de Lisle L'école primaire publique Blanche Pierson L'avenue Blanche Pierson A Saint-Joseph, une salle de spectacle porte également son nom, elle est investie par l'association Komidi.

Notes et références

Liens externes

Portrait photographique de Blanche Pierson au musée Carnavalet

Catégorie:Actrice française de théâtre Catégorie:Actrice française du XIXe siècle Catégorie:Actrice française du XXe siècle Catégorie:Sociétaire de la Comédie-Française Catégorie:Acteur réunionnais Catégorie:Personnalité réunionnaise du XIXe siècle Catégorie:Personnalité réunionnaise du XXe siècle Catégorie:Naissance en mai 1842 Catégorie:Naissance à Saint-Paul (La Réunion) Catégorie:Décès en mars 1919 Catégorie:Décès dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 76 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière de Passy