Françoise Marzellier, née le à Séméac (Hautes-Pyrénées) et morte le à , est une Française, agent de réseau, combattante de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, pilote, avec le grade de sous-lieutenantSuzy Mathis, « Aviatrices d'hier et d'aujourd'hui : Jaffeux », dans Aviation française, No 67, 15 mai 1946, 16 p. : , dans le corps de pilotes militaires féminins créé par le ministre de l'Air Charles Tillon en 1944Chantal Alexis et Daniel Dubois, La féminisation des armées, Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD), pôle des Archives, mars 2010, : , puis journaliste après la guerre Lisa Greenwald, Daughters of 1968: Redefining French Feminism and the Women's Liberation Movement, University of Nebraska Press, 2018, 420 pages, p. 89 : .

Biographie L'agent de réseau et la résistante Elle est enregistrée comme agent au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) à Londres sous le nom d'emprunt de « AULARD, Pierette »Écrit avec un seul « r » avec le grade « régulier mais non clandestin » (P1)« [Cote] GR 28P 11 / 05 - DOSSIER 7093 MARZELLIER, Françoise. AULARD, Pierette. 21/05/1921 Tarbes », GR 28 P 11 1 -126 BCRA Dossiers individuels des agents des réseaux, Service historique de la Défense, ., et en tant que combattante dans la résistance, homologuée FFC (Forces françaises combattantes)Dossiers administratifs de résistantes et résistants, Sous-série GR 16 P, lettre M (page 402 sur 1184), Service historique de la Défense..

Le pilote militaire féminin Françoise Marzellier obtient son brevet de pilote en 1939. En , elle participe au stage de réentraînement organisé à l’école de pilotage militaire de début de Châteauroux (Indre) pour les femmes pilotes civiles, brevetées au plus tard en 1939, en vue de leur intégration dans le corps des pilotes militaires féminins créé par Charles Tillon, ministre de l'Air du gouvernement provisoire de la République françaiseChantal Alexis et Daniel Dubois, La féminisation des armées, Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD), pôle des Archives, mars 2010, : ..Janine Ellissetche, Comment je suis devenue lieutenant-colonel « Le », sl, Les éditions La Bruyère, 1991, .. Elle fait partie, avec Maryse Hilsz, Maryse Bastié, Élisabeth Lion, Andrée Dupeyron, Yvonne Jourjon, Suzanne Melk, Yvette Grollet, Élisabeth Boselli, Gisèle Gunepin, Geneviève Lefebvre, Paulette Bray-Bouquet et Anne-Marie Imbrecq, des et deviendront : .

Cinq femmes pilotes sont envoyées sur la base de Kasba Tadla au Maroc pour une formation aérienne après leur stage de réentraînement. Le Service historique de la Défense (SHD) donne les noms suivants : Paulette Bray-Bouquet, Andrée Dupeyron, Yvonne Jourjon, Élisabeth Lion, et Gisèle Gunepin, dans Revue historique des armées, ouvrage cité.. L'historien Didier Dubant, sur le site de l'association Anciens aérodromes, omet Gunepin et mentionne Françoise « Marzelier » (avec un seul « l »)Didier Dubant, Inauguration de la route du Régiment Normandie-Niémen à Déols (Département de l'Indre / Région Centre – Val-de-Loire / France), sur le site Anciens Aérodromes, 16 octobre 2018 : ..

Le baptême de leur promotionDite du « Commandant Tulasne », premier commandant de l'escadrille Normandie-Niémen, mort au combat le 17 juillet 1943., issue de la première école de pilotage créée dans la France libérée, a lieu le à la base aérienne de La Martinerie, dans l'Indre.

La journaliste

Après la guerre, Françoise Marzellier devient journaliste.

En ou en 1947, le nom apparaît sur un article « La philosophie : autour du marxisme », dans un numéro spécial de la revue littéraire L'Âge Nouveau, soit comme auteurL’Âge Nouveau (1947-1960) (2e série)., soit comme co-signataireL'Âge Nouveau n°33, janvier 1946, l'autre journaliste étant J. Duvaldizier, nom de plume de l'épouse de Marcello Fabri..

Elle publie, en , une enquête sur « le travail féminin » dans la revue Les Temps modernes..

L'année suivante, dans le premier Libération Ce journal n'a rien à voir avec le quotidien créé en 1973 sous l’égide de Jean-Paul Sartre. Il s’agit ici du Libération créé clandestinement dans la résistance en 1941 et ayant cessé publication en 1964. du , elle publie une enquête sur « l'Affaire A » au lycée de Lannion dans les Côtes-du-Nord, où elle s'est rendue pour son reportage .

Le , elle publie, dans le magazine Afrique-Action (qui deviendra par la suite Jeune Afrique), un entretien avec l'écrivain Mohammed Dib à propos de son recueil Ombre gardienneCité dans .Elena Telegina, Mythological Rewriting: New Perspectives on Algeria's Postcolonial History / La Réécriture du Mythe: Nouvelles Perspectives de l'Histoire Algérienne Après l'Indépendance, Doctor of Philosophy Dissertation, University of Connecticut, 2014, p. 96 : .

La militante féministe

Forte de son expérience, mais prenant ses distances vis-à-vis de ce qu'elle appelle « le féminisme agressif », Françoise Marzellier estimait que si les hommes de droite étaient susceptibles d'être attachés à un âge d'or révolu de servitude des femmes, les hommes de gauche, tout aussi bien, manifestaient sans vergogne leur adhésion au même conservatisme social. Selon elle, les organisations politiques féministes traditionnelles ne faisaient pas grand chose pour promouvoir les intérêts des femmes. Quant à l'Union des femmes françaises, créée après la Libération pour familiariser les femmes à leur nouveau statut, elle faisait du bon travail mais ne tenait pas compte des femmes en tant qu'individusLisa Greenwald, Daughters of 1968: Redefining French Feminism and the Women's Liberation Movement, , p. 295 (note 86) : .

Reconnaissances Médaillée d'argent de la Société nationale de protection de la nature en sa séance solennelle du Claude Hettier de Boislambert (prés.), La Terre et la Vie - Revue d'écologie, 1965, vol. 112 à 113, (lire en ligne) :

Publications « La philosophie : autour du marxisme », L'âge nouveau, revue mensuelle d'expression et d'étude des arts, des lettres et des idées, 1947, , . « Les 5 enfants du sultan du Maroc », Le Parisien libéré, , . . . . . . Article sur la grève minière de 1961-1962 à Decazeville (titre non connu), Libération, . . « Il faut protéger nos enfants contre les dangers de la rue », Libération, « La résidence secondaire : un besoin, non plus un luxe », Options, .

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Raymond Caire, La femme militaire, Lavauzelle, 1981, pp. 137 & 144. Johanna Hurni, Femmes dans les forces armées, Effingerhof, 1992, 350 pages, p. 141. Françoise d'Eaubonne, Mémoires irréductibles. De l'entre-deux-guerres à l'an 2000, éditions Dagarno, 2001. Première édition sous le titre Mémoires précoces 2, Fayard, 1966. Didier Dubant, 50 ans d’aviation dans le ciel de l’Indre 1909-1959. Témoignages et récits, éditions Alan Sutton 2006 (pages 140 et 141). Didier Dubant, Châteauroux – La Martinerie. Histoire d’une base militaire dans l’Indre'', Provinces Mosaïques, éditions Sutton, 2013 (pages 84 et 86).

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