Lourgou est un village situé dans le département de Kongoussi de la province du Bam dans la région du Centre-Nord au Burkina Faso.
Géographie
Localisation Lourgou fait partie des 57 villages administratifs de la commune de Kongoussi. Le village est situé dans la partie nord-ouest à une trentaine de kilomètres de ladite ville.
Géologie et relief
Relief Le village fait partie de la pénéplaine centrale dont les altitudes les plus élevées se situent autour de d’altitude dans les parties sud-ouest (proche de Loaga-Foulbé, Sakou et Sakou-Foulbé) et ouest (à côté de Yougounini). Les moyennes se situent autour de . Le terroir a une inclinaison générale Sud-Nord. Le relief soumis à l’érosion a été aplani au cours du tempsÉtude monographique des villages de Sam - Bogonam - Lourgou et Rambo de la Commune de Kongoussi, Province du Bam, Burkina Faso, édition 2013, document disponible auprès du siège de l'ONG Le Soleil dans la Main (http://soleil.lu).
Lourgou présente un relief relativement accidenté, vestige de mouvements tectoniques et qui a enregistré de nombreuses collines dont l’altitude moyenne se situe entre 200 et , des ravins et de quelques bas-fonds.
Sols On observe des plateaux latéritiques qui se caractérisent par des escarpements et des dépressions périphériques formant des pédiments vallonnés gravillonnaires et des plaines sédimentaires traversées par des bas-fonds assez érodés.
On distingue trois types de sols : Les lithosols des plateaux cuirassés sont des sols qui connaissent le phénomène très accentué du cuirassement où l’on note la quasi-absence d’une couche de terre et de végétation ; ils constituent des zones d’accumulation des colluvions provenant de l’érosion des collines. Ces sols sont utilisés à des fins sylvo-pastoraux. Les sols ferrugineux tropicaux se rencontrent sur les pentes des plateaux ; ils sont de couleur variable rougeâtre, brunâtre ou grisâtre et sont peu profonds (inférieur à ). Ils proviennent de l’altération des cuirasses, leur vocation est essentiellement agro-sylvo-pastorale. Les sols sablo-limoneux se rencontrent dans les vallées ou fonds des vallées. Ils sont plus ou moins imperméables, de couleur variable, sombre ou noirâtre et sont profonds (supérieur à : leur aptitude agro-sylvo-pastorale trouve l’assentiment du monde paysan. Somme toute, ces différents sols sont soumis aux facteurs naturels et anthropologiques qui accélèrent leur dégradation et leur appauvrissement. Les éléments géo-morpho-pédologiques supportent une végétation et une hydrographie.
Climat Le village appartient au climatique soudano-sahélienne caractérisé par une pluviométrie variant entre 500 et d’eau de pluie par an et deux saisons marquées alternativement par des vents d’harmattan et de mousson.
La saison sèche comporte deux périodes : Une période sèche et froide qui débute à partir de mi-novembre avec les vents d’harmattan soufflant du nord-est vers le sud-ouest. Le mois le plus froid est celui de décembre ; Une période sèche et chaude qui s’installe à partir de mars et qui se renforce en avril. La pluviométrie est irrégulière dans le temps et dans l’espace avec une tendance à la baisse. Ce caprice pluviométrique est préjudiciable aux récoltes, au couvert végétal et à la disponibilité des eaux. +Relevés pluviométriques des années 2010-2012 de la commune de Sabsé Année StationAvrilMaiJuinJuilletAoûtSeptembreOctobreCumul saisonHJHJHJHJHJHJHJHJ2010 Kongoussi - -19,8357,86181,31220111138,56102,74701.1422011424260.6520416285.21267500624.846201230.62101170,59140.412229,91584,1626.23706,249 Le tableau permet de constater que la pluviométrie au niveau de la province du Bam se caractérise par sa faiblesse et son irrégularité, bien que la moyenne pluviométrique soit de dans cette zone au cours de ces 3 dernières années.
Hydrographie gauche|vignette|Bouli de Lourgou. Le réseau hydrographique est constitué de bas-fonds, marigots et de boulis. Ces points d’eau saisonniers ont plusieurs affluents et servent d’abreuvement pour les animaux et de simples activités de contre-saison pendant une période très courte de l’année. L’ensemble de ces petits cours d’eau donnent naissance à de bas-fonds aménageables à des fins agricoles et maraîchères. Toutefois, les études hydrogéologiques actuelles ne permettent pas d’évaluer avec exactitude les eaux souterraines à ce niveau.
Végétation et faune
Végétation Lourgou appartient au domaine nord-soudanien avec une végétation à prédominance savane parc espèces rencontrées dans les champs et de savane arbustive. La végétation originelle est de type savane arborée qui s’est fortement dégradée ces dernières années du fait de la sécheresse et de la forte pression anthropique. Les formations végétales naturelles encore présentes sont les reliques de fortes galeries le long des cours d’eau, les savanes et les steppes.
La composition floristique varie et l’on peut retenir des îlots de végétation constitués de grands arbres et d’arbustes denses le long des bas-fonds, clairsemée dans les champs et jachères. À ce niveau, on y rencontre essentiellement les espèces suivantes : +Répertoire des espèces d’arbresNom scientifiqueNom françaisNom en moréMitragyna inermisHiligaAnogeissus leiocarpusBouleau d'AfriqueSiigaKhaya senegalensisCaïlcédratKoukaVitellaria paradoxaKaritéTaâgaAdansonia digitataBaobab africainToeegaAzadirachta indicaMargousierNeemLannea microcarpaRaisinierSabgaTamarindus indicaTamarinierPusgaSclerocarya birreaMarulaNoabgaBalanites aegyptiacaDattier du désertKieglga La végétation est constituée principalement d’arbustes dans les savanes et est composée majoritairement par les espèces suivantes : +Espèces d’arbustesNom scientifiqueNom françaisNom en mooréCombretum micranthumKinkelibaKoglmugaPiliostigma reticulatumBagandéGuiera senegalensisWilenwiiga
Faune Elle est peu riche dans ce milieu à cause de la dégradation du couvert végétal. Elle se résume de nos jours aux espèces consignées dans le tableau ci-contre. +Espèces animales rencontréesEspècesNom scientifiqueNom en mooréLièvreLepus capensisSoambaFrancolinFrancolinus bicalcalcaratusKoadingaTourterelle -WaléEcureuilXerus erytropusKiigaVipèreEchis carinatusRourougaRat sauvage -RayougaVaranVaranus exathematicusWiougouCaïman -GnebgaTortue -KuriSardine -TantaréSilure -SaalaCarpeTilapia niloticusPianGrenouille -Loanga
Histoire
Politique et administration Lourgou en langue moré veut dire : « lougli », ce qui veut dire « je m’installe ici ». Après une bataille en passant par Rissiam, le jeune prince décide d’y rester. Le chef fut naba Tassenka. Plusieurs familles vivent en bons termes. Les familles les plus nombreuses sont les qui viennent du Yatenga et les Zoungrana de Sabcé, un des grands cantons du département de Kongoussi. Les religions par ordre d’importance sont : l’islam, le catholicisme, le protestantisme et l’animisme.
Le chef de terre, un vieux sage est chargé de la gestion de l’espace territorial du village. Il est également responsable des lieux de cultes et officie les sacrifices et les rites.
Population et société
Données démographiques Selon les données du recensement général de la population de 2006, la population du village se décompose comme suit : EnsembleGroupe d'âges (ans)Totalhommesfemmes01 - 23456 - 1112 - 14151617 - 1920 - 2425 - 6465
et +532239293123121142011947412203816226 Le tableau permet de constater que la tranche d’âge comprise entre 6 et 14 ans c’est-à-dire scolarisable est la plus importante et croît d’année en année. On remarque également que les femmes sont toujours plus nombreuses.
Organisation coutumière et sociale Il existe deux types d’organisations sociales (traditionnelles et modernes).
Organisation sociale traditionnelle et moderne
Organisation sociale traditionnelle Les entités territoriales que sont les villages sont soumises à un ensemble de règles dont l’objectif visé est de contribuer à une gestion sociale sécurisante. Aussi dans la société traditionnelle mossi, le pouvoir est-il détenu par un chef de village et l’on peut distinguer deux niveaux de gestion de la vie socio-politique : Le Naba ou chef du village : La hiérarchisation du pouvoir reconnaît le niveau supérieur au Naba, garant de l’unité et de cohésion sociale de tous les groupes sociaux relevant de son entité territoriale. Il veille au respect des valeurs des pratiques et de l’ordre établi par l’idéologie moaga appelé Rog-mik. Notons que dans ce village comme dans les autres milieux moaga, cette conception est de plus en plus concurrencée par les religions introduites (islam, catholicisme et protestantisme). À côté de ce niveau qui coiffe la société, il y a le chef de terre. Le chef de terre ou Tengsoaba : Il est responsable des problèmes immatériels et mystiques liés à la terre. Il organise les cultes et les cérémonies sacrificielles dans le but de la paix et du développement de la société dont il a la charge. Le chef de village est aidé dans ses tâches/fonctions par le chef de terre et un conseil de sages choisis dans la famille royale ou alors parmi des personnes non membres de la famille royale mais bénéficiant de la confiance du chef et de la population. La structure ainsi formée est chargée de gérer la vie sociopolitique traditionnelle du village à travers les actions suivantes : Organisation des cérémonies, rites coutumiers traditionnels, et les sacrifices impliquant tout le village ; Gestion des conflits quand cela est possible. Dans les cas échéants les conflits sont transmis à des instances supérieures c'est-à-dire l’administration ; Gestion du foncier et des conflits. Rôle et place de la femme dans la société traditionnelle
La femme n’a pas un rôle spécifiquement déterminé. Elle est considérée comme une ménagère devant s’occuper du foyer, des travaux ménagers, des travaux champêtre, etc. Elle joue le rôle de procréatrice pour la perpétuation de la famille et est considérée comme étrangère. Elle est souvent consultée, mais ne peut influencer valablement les prises de décision. Par conséquent, elle ne détient pas de responsabilité spécifique dans la société. L’homme apparaît dans le foyer comme chef et seul décideur. Toutefois, la femme reste une actrice principale dans la vie socio-économique du village. Elle est partout sollicitée pour sa contribution physique et financière aux activités de développement du village.
Contribution de la femme dans cette société dite moderne : Avec la modernisation, la femme commence à s’épanouir et participe activement aux actions de développement. De nos jours, dans les villages, la femme joue un rôle de premier plan. Elle est très active dans le domaine des activités génératrices de revenus et n’hésite pas à donner son point de vue lors des échanges par des contributions pertinentes. Les femmes de nos jours sont très battantes et entreprenantes. De plus en plus, on rencontre des femmes dans la sphère politique. Elles sont élues conseillères municipales dans certains villages.
Organisation sociale moderne Le Président du conseil villageois de développement (CVD) représente le pouvoir moderne et est considéré comme une autorité politique. Il est le représentant de l’administration publique dans chaque village. Aussi cette structure est-elle mise en place par le pouvoir public et est chargée d’impliquer et de responsabiliser les populations dans la réalisation des actions de développement.
Constitué de l’ensemble des représentants des Organisations Paysannes (OP) et des associations de développement du village, le CVD veille à l’exécution, au suivi des activités de développement initiées et est chargé également de la recherche de financement. De ce fait, la population lui fait confiance pour son rôle d’interlocuteur auprès des autorités modernes. Dans ces villages, le CVD et le chef traditionnel travaillent en collaboration pour la résolution de certains conflits et l’établissement de la cohésion sociale entre les habitants et les villages limitrophes.