La politique du Byongjin (en anglais byungjin, en français double-poussée, ou plus rarement progrès en tandem ou codéveloppement) est une politique engagée depuis 2013 pour le développement économique en même temps que le développement de l'arme nucléaire (de la défense) en Corée du Nord par le dirigeant et chef suprême Kim Jong-un. Cette politique succède à celle du Songun (« l'armée d'abord ») engagée par son père Kim Jong-il. Cette politique s'inscrit dans l'idéologie de l’État nord-coréen du Juche, basée sur l'indépendance avec l'autonomie militaire, l'autosuffisance économique et l'indépendance politique. Cette politique prône un développement théoriquement aussi important pour les deux domaines.
vignette|Lors du défilé du Jour de la Victoire en 2013, l'étalage des missiles balistiques témoigne de la volonté de l'État de Corée du Nord, de se doter d'un arsenal militaire (nucléaire et balistique), et de le montrer au monde (influence vers l’extérieur), et à sa population (influence vers l'intérieur).
La politique du Byongjin est définie par un livre publié en Corée du Nord (le Looking at Today’s Choson from 100 Questions 100 Answers), comme suit : .
La politique du Byongjin a été adoptée le par le Comité central du Parti du travail de Corée et a été réaffirmée par Kim Jung-un lors du du Parti du travail en 2016. Le volet a été annoncé comme étant accompli – le pendant une réunion du Comité central du Parti du Travail – par Kim Jong-un justifiant sa à l'approche du Sommet inter-coréen de 2018 et du sommet avec le président des États-Unis, Donald Trumphttps://www.38north.org/2018/04/rcarlin042318/.. Dans le même temps, en , Kim Jong-un a annoncé que le second objectif, , demande maintenant à être . Partant de cette volonté, Kim Jong-un a annoncé – le pendant une réunion du Comité central du Parti du Travail – une Nouvelle ligne stratégique (New Strategic Line) pour concentrer tous les efforts sur la construction économique socialistehttps://www.38north.org/2018/08/rfrank080818/, justifiant l'ouverture du dialogue avec la Corée du Sud de Moon Jae-in.
Contexte Le , la Corée du Nord se retire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Entre 2006 et 2017, la Corée du Nord a procédé à 6 essais nucléaireshttps://soundcloud.com/binge-actu/vous-avez-5mn-a-quoi-ressemble-vraiment-la-coree-du-nord? 8 min 8 s. Dans ce même laps de temps, il y a eu 8 huit sanctions onusiennes contre la Corée du Nord, les 4 premières concernant les secteurs militaires et scientifiques, les 4 suivantes les domaines économiques et commerciaux, notamment avec la limitation d'exportation en Chine de charbon (et d'exportation à l’étranger d'autres produits comme les produits textiles, le charbon, l’acier, le plomb ou les fruits de mer), et la limitation d'importation de pétrole. En 2012, la Corée du Nord s'est définie, dans une nouvelle constitution, comme « un État doté de l’arme nucléaire ». En 2017, les États-Unis voulaient un embargo total sur la Corée du Nord mais la Chine s’y est opposée.
Précédent historique Kim Jong-un reprend à son compte la doctrine initiée par son grand-père, Kim Il-sung, qui la présenta la première fois en public lors d'un grand discours en lors d'une réunion du Comité central du Parti du Travail. Cette politique du byongjin, à l'époque de Kim Il-sung, était davantage axée sur la défense militaire du pays que sur le développement économique, en raison du conflit sino-soviétique ainsi que de la crise des missiles cubains, donnant ainsi la priorité à l'allocation de ressources limitées au secteur de la défense au détriment du développement économique.
En conséquence, la Corée du Nord a tardé à déclarer l'achèvement du qu'elle avait lancé en 1961 jusqu'en 1970, soit donc 9 ans plus tard. Ses objectifs n'ont pas été atteints.
L'État de Corée du Nord a lancé une multitude de plans de développement dans son histoire, deux plans annuels de développement (en 1947 et 1948), et un plan biennal (entre 1949 et 1950) avant la guerre et, un plan triennal après la guerre (entre 1954 et 1956), un plan quinquennal (entre 1957 et 1961), un plan septennal (entre 1961 et 1967) qui a été prolongé jusqu'en 1970, suivi de trois autres plans septennaux (entre 1971 et 1976 avec une année de réajustement, puis de 1978 à 1984 ; puis le dernier entre 1985 et 1991). Depuis l'année 1991, la Corée du Nord ne pratique plus de plan de développement.
Développement de l'économie
L'axe économique est présenté par Kim Jong-un lors de son discours de par cet objectif : ., en référence à la période de famine des années 1990.
L’État de Corée du Nord ne publiant pas de statistiques officielles, les estimations concernant son économie ne sont donc pas fiables. Les indicateurs traditionnels d'évaluation de la croissance économique (PIB) sont réalisés par une organisation de Corée du SudLe PIB en 2016 de la Corée du Nord, estimé par la Corée du Sud : PIB 2016 Corée du Nord, la Banque de Corée (de Corée du Sud), rendant les chiffres dépendants de l'état des relations internationales entre les deux États de Corée. Ceci rendant le PIB, tantôt surestimé ou tantôt sous-estimé, en fonction des moments d'amélioration ou de dégradation des relations diplomatiques inter-coréennesJuliette Morillot dans Arrêt sur images .
Le principe de ce volet est de tendre vers le renforcement de la croissance économique..
Cette phase de développement économique souhaité a été annoncée lors du premier discours de politique générale de Kim Jong-un, mettant au premier plan .
Les réformes économiques engagées depuis les années 2000 sont comparables aux réformes chinoises de 1978 mais ces réformes s’effectuent avec les , à un rythme adapté avec prudence pour ne pas déstabiliser le pouvoir de la dynastie Kim.
Kim Jong-un a lancé un plan économique quinquennal 2016-2020 centré sur l’exploitation des ressources naturelles, du développement des infrastructures et de l'industrie.. En parallèle ce plan préconise la création de coentreprises internationales, Kim Jong-un a lancé 14 Zones économiques spéciales (ZES ou SEZ en anglais) en 2013, 6 en 2014 et 2 en 2015. Parmi elles, 4 principales considérées comme des priorités nationales : Rason, Wonsan et la zone touristique des monts Kumgang, Sinuiju, Unjong (près de Pyongyang)p 286.
Selon Dorian Malovic .
Selon Dorian Malovic .
Développement des armes nucléaires
Le principe de ce volet est de développer l'arme atomique de dissuasion et des missiles intercontinentaux. L'agence de presse nord-coréenne KCNA cite plusieurs tests liés aux armes : une bombe à hydrogène (test nucléaire), le missile balistique lancé par sous-marin, le nouveau type fusée de lancement de gros calibre, la simulation de la ré-entrée dans l'atmosphère d'un missile de type balistique à moteur à combustible solide, qui renforce la puissance des missiles balistiques - disant que le pays a .
Réception en Corée du Nord L'armée se méfie de cette politique qui est perçu comme pouvant amputer son pouvoir et les donju en sont mécontent.
Nouvelle Ligne Stratégique
Le volet a été annoncé comme étant accompli – le pendant une réunion du Comité central du Parti du Travail – par Kim Jong-un justifiant sa à l'approche du Sommet inter-coréen de 2018 et du sommet avec le président des États-Unis, Donald Trump. Dans le même temps, en , Kim Jong-un a annoncé que le second objectif, , demande maintenant à être . Partant de cette volonté, Kim Jong-un a annoncé une Nouvelle ligne stratégique (New Strategic Line) pour concentrer tous les efforts sur la construction économique socialiste. Cette nouvelle ligne consiste à passer d'une approche où l'armée prime , à une approche où l'économie prime .
Cette redirection de sa politique du Byongjin vers la Nouvelle Ligne Stratégique s'effectue après une série de 6 sommets internationaux dans la première moitié de l'année 2018 avec la Chine (Rencontre Kim-Xi), la Corée du Sud (Sommet inter-coréen de 2018) et les États-Unis (sommet de juin 2018). Cette volonté de Kim Jong-un de développer l'économie nord-coréenne est donc incarné par ses critiques ouvertes de négligence et de mauvaises performances économiques des fonctionnaires impliqués. ainsi que par ses tentatives d'adoucir les sanctions internationales et bilatérales présentes sur la Corée du Nord et d'acquérir l'accès aux marchés extérieurs ainsi qu'un financement du développement économique et de la croissance.
Critique de cette politique
Selon la Corée du Sud et les États-Unis, cette politique du byongjin est une impasse..
Notes et références
Annexes
Articles connexes Économie de la Corée du Nord Économie socialiste Juche Songun
Liens externes
Bank Of Korea - PIB 2016 Corée du Nord
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