Le Cercle Paul Bert (CPB) est une association loi de 1901 qui propose des nombreuses activités sportives, culturelles et de loisir sur 11 sites à Rennes. Elle regroupe plus de 12 000 adhérents à travers 110 activités. L'association se revendique comme étant la plus grande association associée à la Ligue de l'enseignement.
Le CPB a une longue tradition laïque. Malgré de nombreux sportifs et sportives évoluant à haut niveau, l'association a toujours refusé le professionnalisme, ses adhérents devant être amateurs..
Histoire et fonctionnement Histoire Naissance et développement du Cercle Paul Bert (1888-1914) thumb|upright|Paul Bert, physiologiste, homme politique radical et racialiste, est choisi comme figure tutélaire par l'association. Le Cercle Paul-Bert de Rennes vient de la Société des anciens élèves de l'école de la Halle aux Toiles, devenu ensuite la Société des anciens élèves de l'école publique de Rennes.. Elle prend en charge la Caisse des écoles rennaises en 1890, qui distribue des secours en nature aux élèves pauvres. La Société se diversifie à partir de 1905 sous l'impulsion de Louis Postel, élu président l'année précédente, en proposant des soirées théâtrales, des projections cinématographiques ou encore des bals.
Elle devient un véritable patronage laïc en 1909 grâce au soutien du maire Jean Janvier qui met à disposition des locaux. Elle adopte le nom de Cercle Paul Bert en référence au républicain Paul Bert, éducateur attaché à l'enseignement primaire et farouche opposant à l'église catholique..
vignette|alt=Entrée des locaux laïcisés rue de Paris, anciennement une chapelle|left|Entrée des locaux laïcisés rue de Paris La période avant la guerre de 1914-1918 voit le CPB s'installer dans des locaux laïcisés rue de Paris, toujours occupés actuellement, et proposer de la gymnastique, du tir ainsi que du football. Les deux premières activités sont conçus comme des préparations militaires comme souhaité par le pouvoir républicain de l'époque. Le football permet d'attirer des jeunes qui seraient allés dans les patronages catholiques rivaux. Un orchestre symphonique est aussi mis en place, ainsi qu'une harmonie.
La Première Guerre mondiale ralentit fortement les activités du Cercle à cause de la réquisition des locaux à des fins militaires et du départ de nombreux cadres au front.
La période de l'entre-deux guerres (1918-1939) Après la Première Guerre mondiale, le Cercle Paul Bert se développe sous la présidence de François Bizette passant d'un millier d'adhérents à près de trois mille en 1936 grâce à la création de nouveaux groupes sportifs, artistiques et techniques (natation, théâtre, musique, radio, photographie), d'organisation de balades, bals et séances de cinéma ainsi que d'un prosélytisme important.
La concurrence est rude avec quatre patronage catholiques en face. Le budget croit en conséquence (multiplié par 11 sur cette période), nourri par les cotisations des membres, le produit des bals et de la fête de la Jeunesse ainsi que des subventions publiques provenant essentiellement de la municipalité rennaise. Plusieurs sections du CPB seront créées dans les différents quartiers de la ville, alors en rapide expansion. L'administration de l'association est composé pour un tiers de petits employés (chemins de fer, imprimerie, mairie de Rennes), un tiers d'enseignants, 20 % de professions libérales et fonctionnaires supérieurs et quelques personnalités. La plupart des membres sont dans une « logique pluri-militante » en faveur de l'instruction, multipliant les engagements dans des sociétés sportives, de bienfaisance ou encore artistiques. Le CPB est finalement reconnu association d'utilité publique en 1932..
Les activités sportives proposés par le Cercle Paul Bert entre les deux guerres mondiales sont la gymnastique, des sports collectifs tel que le football et le basketball, des sports d'eau (natation, water-polo) ou encore des boules et palets. La gymnastique, dominante à la sortie de la guerre, voit ses effectifs « grignotés » par les autres activités et perd peu à peu son aspect uniquement militaire au bénéfice d'une vision artistique et hygiéniste.
vignette|Les locaux historique du CPB, rue de Paris. Le football suscite un fort engouement, et cette période voit le CPB défendre une conception populaire et désintéressée du sport en refusant « l'amateurisme marron » alors que le football français met en place le professionnalisme. La natation connait aussi un fort engouement (effectif multiplié par 3 en une décennie), stimulé par les bons résultats de l'équipe première (demi-finale en 1934, titre de champion de France en division d'honneur en 1937). Le Cercle est aussi à l'avant-garde pour la pratique sportive féminine, se démarquant des patronages catholiques sur cet aspect. La première section féminine de gymnastique est créé en 1913, soit près de vingt ans avant celle du patronage catholique de la Tour d'Auvergne de Rennes.
Le groupe de théâtre du CPB prend le nom de Coccinelle en 1929, et propose de nombreuses pièces d'auteurs contemporains (Tristan Bernard, Sacha Guitry ou encore Jean Sarment). La troupe se classe première au concours international des sociétés « amateurs » de langue française en 1930 à Liège. L'activité musicale n'est pas en reste avec un orchestre, une harmonie et une batterie-fanfare. Le Cercle propose aussi des activités techniques avec un groupe de TSF (télégraphie sans fil) et un laboratoire de photographie. Bien que couteuses, ces activités sont justifiées par la volonté de proposer les activités les plus modernes aux couches populaires.
Le CPB propose aussi à cette période des promenades, des bals et des séances de cinéma. Les promenades avaient un programme chargé avec des concours de pêche, de tir, de palet, des représentations théâtrales et des bals ainsi que des activités pour les enfants et connurent un grand succès grâce à des prix modiques. Les bals, organisés tous les dimanches dans les années 1930, sont fréquentés assidument par la jeunesse qui y trouve un lieu de sociabilisation. Des séances de cinéma sont organisés dès 1921 afin d'attirer des enfants. Les responsables de la programmation essayent de proposer des films adaptés aux enfants, mais cela n'est pas facile à cette époque.
La Seconde Guerre mondiale et la Libération (1939-1955) La Seconde Guerre mondiale a fortement réduit les activités du Cercle Paul Bert, alors dirigé par Louis Volclair. Les locaux ont été réquisitionnées d'abord par l'inspection académique, puis par les forces de police. Les réunions se faisaient alors dans des salles de classe. Les idéaux laïques du CPB n'étaient pas très appréciés par l'occupant, un représentant du gouvernement de Vichy ayant même demandé la disparition de la devise de l'association. À cela s'ajoute le retrait de la gestion de la Caisse des écoles conformément à des circulaires ministérielles de 1937. Malgré tout, les groupes sportifs continuent de jouer et le CPB continue d'exister jusqu'à la Libération où l'association arrive à récupérer ses locaux.
À la Libération, les dirigeants s'affairent à réparer les locaux endommagés et à relancer les activités en lançant un appel aux jeunes. Ils en profitent pour monter des sections dans tous les cantons de Rennes (cinq à l'époque) et fin 1946, le Cercle Paul Bert est prêt à retrouver son niveau d'activité d'avant-guerre. Les années suivantes sont marqués par une forte rotation des présidents (René Poster (1948-1951), Émile Martin (1951-1952) et Maxime Portier (1952-1956)) et la consolidation de la présence du Cercle dans les cantons par la construction de nouveaux locaux.
La présidence « Bazin » et l'expansion du Cercle (1956-1965) Albert Bazin accède à la présidence du Cercle Paul Bert en 1956 pour une décennie. La structure centralisée du Cercle le handicape pour recruter des bons sportifs à cause des règlements des fédérations sportives qui n'autorisent pas plusieurs équipes premières dans un même club. Il est alors décidé la création de cercles sportifs cantonaux qui agissent comme des « filiales du Cercle Paul Bert », bien que déclarés en préfecture. Cela permet de recruter beaucoup de nouveaux membres, dont une grande part viennent de patronages catholiques de Rennes. Cette décennie est aussi marquée par de nouvelles relations avec la municipalité. Bien que toujours soutenu par la mairie, le CPB est contraint de partager ses locaux avec d'autres associations.
Les activités pratiqués au CPB évoluent aussi. La préparation militaire, très présente aux débuts, décline au cours des années 1950 et disparaît au milieu des années 1960. Les sports traditionnels (gymnastique, natation, football, athlétisme, basket) voient leurs effectifs augmenter. Deux nouveaux sports font leur apparition (handball et tennis de table) et suscitent un fort engouement. Le Cercle obtient le titre de champion de l'Ouest en 1957 en handball. Une section de tennis de table se met en place en 1946 et compte cinquante-deux membres en dix ans plus tard.
Le Cercle Paul Bert n'ayant plus la gestion de la Caisse des écoles, son action dans les écoles s'exerce dans le prolongement du temps scolaire, notamment avec les garderies, les fêtes scolaires et les manifestations sportives et culturelles. Les garderies, ancêtres des centres aérés actuels, sont stratégiques pour l'encadrement des jeunes enfants face à la concurrence des patronages catholiques. Elles permettent à la fois de libérer les parents pendant leurs horaires de travail et de soustraire des jeunes au désœuvrement et aux dangers de la rue. Les activités pratiquées sont des jeux, du sport, des promenades ou encore des chants. De nombreuses petites fêtes émaillent l'année mettant en scène les enfants ; elles permettent de valoriser aussi les activités artistiques du CPB.
La troupe de théâtre « La Coccinelle » se reconstitue à la fin de la guerre et réussit à jouer plusieurs pièces entre 1945 et 1947 malgré l'absence de metteur en scène. Les années suivantes voient la troupe avoir plus de succès, comme en 1955 où deux mille enfants peuvent assister à une séance du Malade Imaginaire de Molière, et obtenir plusieurs prix aux concours départementaux UFOLEA. La pratique musicale est aussi très présente avec au moins une batterie ou fanfare par section ainsi qu'à l'échelon global du Cercle. Au début des années 1950, l'association accueille un grand orchestre, un orchestre de jazz, un bagad et l'harmonie du Cercle fait son retour. Portés par Robert Langlais, les différents orchestres seront reconnus aux échelons régional et national, remportant plusieurs prix aux concours UFOLEA. Ils participent aussi à de nombreuses festivités sur Rennes, réalisant le souhait des dirigeants d'inscrire toutes les formes de musiques dans l’œuvre d'éducation populaire et de montrer que « l'art n'est pas réservé à une élite de privilégiés ».
La présidence « Rolland » et La restructuration du Cercle Paul Bert (1965-1995) Au début des années 1960, Rennes s'agrandit rapidement et la structure du CPB ne permet pas de répondre aux besoins de l'association. Les sections, créées sans statut juridique, progressent en ordre dispersé et les statuts datant de 1931 ne sont plus adaptés. Une commission est chargée de la réforme des statuts et de réfléchir à une réorganisation du Cercle Paul Bert après avoir analysé les évolutions géographiques, démographiques et sociales de la ville avec comme objectif de conserver l'unité du Cercle. Elle débouche en 1965 sur la création d'une section supplémentaire et sur l'établissement d'un règlement intérieur pour chaque section afin d'en uniformiser le fonctionnement.
Les sections sont sous le contrôle du conseil d'administration qui est renouvelé en entier cette année-là et sur l'élection de René Rolland à la présidence générale. Ce dernier, secrétaire général à la mairie de Rennes, restera trente ans à la tête de l'association et rompt avec « l'ère des enseignants », métier qu’exerçaient tous ses prédécesseurs.