Le Rallye de l'Acropole 1978 ( Rallye Acropolis), disputé du au , est la cinquante-septième manche du championnat du monde des rallyes (WRC) courue depuis 1973, et la cinquième manche du championnat du monde des rallyes 1978. C'est également la sixième des dix-neuf épreuves de la Coupe FIA 1978 des pilotes de rallye, créée l'année précédente.

Contexte avant la course Le championnat du monde

Créé en 1973 en remplacement du championnat international des marques, le championnat du monde des rallyes a pour cadre les plus célèbres épreuves routières internationales, telles le Rallye Monte-Carlo ou le Safari. Onze manches sont inscrites au calendrier 1978, réservées aux voitures des catégories suivantes : Groupe 1 : voitures de tourisme de série Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales

Cette saison encore, Fiat et Ford sont les principaux protagonistes du championnat du monde. Ford a cependant réduit son implication par rapport à l'année précédente et décidé de faire l’impasse sur certaines épreuves, dont la manche grecque qu'il a remportée en 1977. Championnes en titre, les Fiat 131 Abarth ont donc toutes les chances d'être de nouveau sacrées en 1978.

Coupe FIA des pilotes La Coupe des pilotes de rallye a été créée l'année précédente et s'appuie sur un système de points identique à celui du championnat du monde de Formule 1. Le décompte est toutefois assez complexe, car prenant en compte, en plus des onze manches mondiales, cinq épreuves du championnat d'Europe et trois autres rallyes internationaux, et pénalisant d'un résultat les pilotes n'ayant pas participé au moins une fois au championnat européen. Ce système a permis a Sandro Munari de remporter la coupe 1977, alors que son principal rival, Björn Waldegård, avait inscrit plus de points que luiRevue Sport Auto n°194 - mars 1978.

L'épreuve thumb|upright=0.7|left|alt=Ford Escort RS1800|Les Ford Escort RS1800 ont obtenu un doublé en 1977.

Créé en 1953, le Rallye de l'Acropole est le plus redouté des rallyes européens. Son parcours mixte (asphalte et terre) emprunte par endroits des pistes très rocailleuses, très poussiéreuses par temps sec ou véritables bourbiers en cas de forte pluie, qui a valu à l'épreuve le surnom de 'Safari européen'. Depuis 1973, c'est l'une des épreuves phares du championnat du monde. L'édition 1977 avait été dominée par Ford, qui avait réalisé un doublé grâce aux Escort RS de Björn Waldegård et de Roger Clark.

Le parcours thumb|upright=0.9|right|alt=Acropole|Le départ est donné au pied de l'Acropole. départ : d'Athènes arrivée : à Athènes distance : 2763 km, dont 734,1 km sur 52 épreuves spéciales. (54 épreuves initialement prévues, pour un total de 772,1 km chronométrés) surface : asphalte (1710 km) et terre (1053 km) Parcours divisé en cinq étapesRevue L'Automobile n°385 - juillet 1978

Première étape Athènes - Kalambaka, le 12 épreuves spéciales, 150,7 km (13 épreuves initialement prévues, pour un total de 173 km) Deuxième étape Kalambaka - Kalambaka, du 29 au 7 épreuves spéciales, 159,8 km (8 épreuves initialement prévues, pour un total de 175,5km)

Troisième étape Kalambaka - Glyfáda, le 11 épreuves spéciales, 157,7 km Quatrième étape Glyfáda - Olympie, le 7 épreuves spéciales, 89,5 km

Cinquième étape Olympie - Athènes, le 15 épreuves spéciales, 176,4 km

Les forces en présence Fiat thumb|upright=0.9|left|alt=Fiat 131 Abarth|Une Fiat 131 Abarth groupe 4 lors d'un rallye historique. Le grand constructeur turinois a engagé la même équipe qu'au Portugal, à savoir trois 131 Abarth groupe 4 pour Markku Alén, Sandro Munari et Walter Röhrl. Ces voitures pèsent un peu plus d'une tonne et sont animées par un moteur quatre cylindres, seize soupapes, de deux litres de cylindrée et alimenté par un système d'injection Kugelfischer. Elles disposent toutes les trois des nouvelles suspensions à débattement long. Munari a choisi de ne pas faire monter de filtre à air et dispose de 235 chevaux, ce qui lui procure un gain d'une dizaine de chevaux par rapport à ses coéquipiers. En l'absence des Ford Escort officielles, les Fiat sont largement favorites.

Datsun Harry Källström et Shekhar Mehta disposent des deux berlines 160J PA10 groupe 2 officiellement engagées par la marque. Pesant moins d'une tonne, elles sont nettement plus légères que les versions engagées au dernier Safari. Leur moteur quatre cylindres développe 190 chevaux. Réputées pour leur robustesse, les Datsun concourent pour la victoire en groupe 2 et peuvent éventuellement menacer les Fiat si les conditions de course s'avèrent difficiles. Le constructeur japonais est également représenté par quelques pilotes privés, donc le Grec Iórgos Moschous sur un coupé Violet 160J SSS groupe 2, l'Autrichien Georg Fischer sur une Sunny groupe 2 et le Français Alain Coppier sur une modeste Violet 710 groupe 1 (1020 kg, 87 chevauxRevue Auto hebdo - 8 juin 1978).

Opel L'Euro Händler Team a préparé trois Kadett GT/E groupe 2 pour ses pilotes habituels Anders Kulläng, Achim Warmbold, épaulés par le vétéran grec Johnny Pesmazóglou, vainqueur de l'épreuve à deux reprises dans les années 1950. Ces voitures de 185 chevaux comptent parmi les favorites de leur catégorie.

Toyota Le 'Toyota Team Europe' a préparé deux coupés Celica 2000 GT groupe 2 (moteur mis au point par Schnitzer, deux litres, 190 chevaux). Ces voitures sont aux mains d'Ove Andersson et Jean-Luc Thérier et offrent un niveau de performance comparable à celui des Opel.

Citroën thumb|upright=0.9|right|alt=CX 2400|Quatre Citroën CX officielles sont au départ. Trois CX 2400 groupe 2 (1430 kg, 2400 cm3, deux carburateurs, 200 chevaux) ont été engagées par le constructeur français pour Henri Toivonen et Jean-Paul Luc, épaulés pour la circonstance par Jean-Pierre Nicolas. Une version groupe 1 (injection, 128 chevaux, 1450 kg) a été confiée au fils de René Trautmann, Henri.

Ford Pas de participation officielle pour Ford, mais l'importateur grec du constructeur a engagé deux Escort RS1800 groupe 4 (240 chevaux), préparées par David Sutton. Elles sont aux mains de l'Irlandais Billy Coleman et du Grec 'Iaveris'

Lancia Le champion de Grèce 'Siroco', régulièrement aux avant-postes dans son épreuve nationale, a loué une Stratos HF groupe 4 (moteur V6 en position centrale arrière, 2400 cm3, 270 chevaux) à la Scuderia Lancia. C'est sa propre épouse, fille de Johnny Pesmazóglou, qui dirige l'équipe d'assistanceRevue Auto hebdo - 15 juin 1978.

Škoda Deux coupés 130 RS groupe 2 (800 kg, moteur arrière, 1300 cm3, 120 chevaux à 7800 tr/min) ont été mis à disposition du pilote norvégien John Haugland et du Tchèque Miloslav Zapadlo.

Déroulement de la course Première étape Les cent soixante équipages prennent le départ d'Athènes le lundi , faisant route vers le nordRevue Sport Auto n°198 - juillet 1978. D'emblée les Fiat se montrent à leur avantage, Walter Röhrl devançant Markku Alén de quelques secondes. À partir du second secteur chronométré, Sandro Munari passe à l'attaque et déborde ses coéquipiers. Dès lors la lutte avec Alén va être très serrée, Munari ne parvenant pas à distancer le pilote finlandais, l'écart entre les deux hommes restant toujours inférieur à dix secondes. Röhrl, troisième, précède de peu la Lancia Stratos du pilote local 'Siroco', mais ce dernier va être bientôt retardé par une série de crevaisons et relégué au-delà de la dixième place. Après neuf spéciales, les deux premiers sont toujours au coude à coude, avec une quarantaine de secondes d'avance sur Röhrl et près de cinquante sur la Toyota de Jean-Luc Thérier (qui domine le groupe 2), mais Munari va devoir faire remplacer un demi-arbre de transmission, perdant un temps précieux. Il chute à la cinquième place, ayant écopé de trois minutes et demie de pénalisation routière. Alén prend la première place, suivi de Röhrl à une quarantaine de secondes. Thérier occupe une brillante troisième place, alors que son coéquipier Ove Andersson, retardé par des problèmes d'injection, a perdu une demi-heure et plongé dans les profondeurs du classement. À Kalambaka, terme de la première étape, Alén a encore creusé l'écart, ayant porté son avance à quarante-neuf secondes sur Röhrl et plus d'une minute sur Thérier. Malgré un tonneau dans le secteur d'Aliki et une Opel sérieusement cabossée, Anders Kulläng occupe la quatrième place, devant Munari. Quarante-six concurrents ont déjà renoncé, dont Jean-Pierre Nicolas, victime d'une fuite hydraulique sur sa Citroën CX.

thumb|alt=Kalambaka|Kalambaka, terme de la première étape. + classement à l'issue de la première étape Pilote Copilote Voiture Groupe Temps Écart 1 Markku Alén Ilkka Kivimäki Fiat 131 Abarth 4 1 h 56 min 13 s 2 Walter Röhrl Christian Geistdörfer Fiat 131 Abarth 4 1 h 56 min 55 s + 42 s 3 Jean-Luc Thérier Michel Vial Toyota Celica 2000 GT 2 1 h 57 min 09 s + 56 s 4 Anders Kulläng Bruno Berglund Opel Kadett GT/E 2 1 h 59 min 02 s + 2 min 49 s 5 Sandro Munari Mario Mannucci Fiat 131 Abarth 4 2 h 00 min 07 s + 3 min 54 s 6 Harry Källström Claes Billstam Datsun 160J PA10 2 2 h 01 min 45 s + 5 min 32 s 7 'Siroco' Manólis Makrinos Lancia Stratos HF 4 2 h 01 min 53 s + 5 min 40 s 8 Achim Warmbold Hans Sylvan Opel Kadett GT/E 2 2 h 02 min 26 s + 6 min 13 s 9 Shekhar Mehta Yvonne Mehta Datsun 160J PA10 2 2 h 02 min 49 s + 6 min 36 s 10 Iórgos Moschous 'Konstantinos' Datsun 160J SSS coupé 2 2 h 02 min 56 s + 6 min 43 s

Deuxième étape Les 114 équipages rescapés repartent de Kalambaka le lundi soir. Les pluies abondantes ont rendu les pistes très boueuses. Thérier s'y montre très à l'aise et prend bientôt la seconde place à Röhrl. Les Opel sont en difficulté' : Achim Warmbold est sorti de la route dans le secteur d'Asproklissia et a perdu plus de vingt minutes, et Kulläng a crevé, perdant de nombreuses places au classement. Il n'ira guère plus loin, une direction cassée dans le secteur de Paliourga provoquant une sortie de route définitive. Peu après, Munari, qui occupait la quatrième place, abandonne à son tour, suspension arrière arrachée après rupture des attaches du différentiel. Très performant, Thérier est alors en passe de prendre la tête de la course, mais le pilote normand va perdre douze minutes à cause d'une crevaison. Alén a perdu une roue à la fin de la spéciale de Kato Vermio, permettant à Röhrl de s'installer à la première place. Une position qu'il va conserver jusqu'à la fin de l'étape, regagnant Kalambaka avec une avance de près de quatre minutes et demie sur Alén, tandis que Thérier, troisième, compte désormais plus de dix minutes de retard sur la Fiat de tête. Derrière, on trouve les deux Datsun de Shekhar Mehta, auteur d’une belle remontée, et d'Harry Källström.

+ classement à l'issue de la deuxième étape Pilote Copilote Voiture Groupe Temps Écart 1 Walter Röhrl Christian Geistdörfer Fiat 131 Abarth 4 4 h 11 min 48 s 2 Markku Alén Ilkka Kivimäki Fiat 131 Abarth 4 4 h 16 min 17 s + 4 min 29 s 3 Jean-Luc Thérier Michel Vial Toyota Celica 2000 GT 2 4 h 22 min 30 s + 10 min 42 s 4 Shekhar Mehta Yvonne Mehta Datsun 160J PA10 2 4 h 27 min 32 s + 15 min 44 s 5 Harry Källström Claes Billstam Datsun 160J PA10 2 4 h 28 min 00 s + 16 min 12 s 6 Ove Andersson Henry Liddon Toyota Celica 2000 GT 2 4 h 38 min 15 s + 26 min 27 s 7 Achim Warmbold Hans Sylvan Opel Kadett GT/E 2 4 h 47 min 39 s + 35 min 51 s 8 Billy Coleman Jim Porter Ford Escort RS1800 4 4 h 47 min 51 s + 36 min 03 s 9 Georg Fischer Harald Gottlieb Datsun Sunny 1600 2 4 h 48 min 23 s + 36 min 35 s 10 Henri Toivonen Juha Paajanen Citroën CX 2400 GTI 2 4 h 48 min 43 s + 36 min 55 s

Troisième étape thumb|alt=Desfina|Le secteur de Desfina, sur le parcours de la troisième étape.