vignette|Esclaves en Éthiopie, . L'esclavage dans la Corne de l'Afrique était pratiqué de manière importante par les populations chamito-sémitiques (ou afro-asiatiques) de la région (somalis, afars, abyssins) qui, par leurs traits physiques caucasiens et leurs structures traditionnelles similaires à celles des peuples du Sahara, du Nil et du Maghreb, se distinguent des autres Africains.

De fait, leur peau est plus claire, et les traits du visage plus « moyen-orientaux » que ceux des populations de l’intérieur du continentLes populations autochtones de la Corne de l'Afrique (de Djibouti, de Éthiopie, de l’Érythrée ou de la Somalie) sont issues de migrations très anciennes de populations issues du Levant et se distinguent génétiquement des autres Africains subsahariens. Voir à ce sujet l'étude de 2014 : « Early Back-to-Africa Migration into the Horn of Africa » Jason A. Hodgson, Connie J. Mulligan, Ali Al-Meeri et Ryan L. Raaum, PLoS Genetics, 2014 (, lire en ligne) ainsi que « Genetics affinities of Ethiopian Jews », Israel Journal of medical sciences, Volume 27, PP. 246-250, ou l'étude de Ornella Semino, Chiara Magri, Giorgia Benuzzi, Alice A. Lin, Nadia Al-Zahery, Vincenza Battaglia, Liliana Maccioni, Costas Triantaphyllidis, Peidong Shen, Peter J. Oefner, Lev A. Zhivotovsky, Roy King, Antonio Torroni, L. Luca Cavalli-Sforza, Peter A. Underhill, and A. Silvana Santachiara-Benerecetti publiée le 6 avril 2004 dans The american journal of human genetics .. Ainsi, les classes d'esclaves étaient principalement composées d'individus d'origine nilotique et bantoue qui étaient collectivement regroupés sous le nom de Shanqella et Adoon (tous deux signifiant « Nègre »). Ces populations de rang social inférieur étaient désignées comme tsalim barya en contraste avec les saba qayh (hommes rouges), castes nobles parlant des langues afro-asiatiques (hamites et sémites). La première représentation de cette tradition date d'une inscription du av. J.-C. appartenant au Royaume de D'mt...

Parmi les esclaves du Royaume d'Aksoum on comptait également des moyen-orientaux. En 324, le roi Ezana est converti par Frumentius esclave chrétien d’origine syrienne qui, dans une certaine mesure, participa à la conversion de l'empire éthiopien. Il est appelé Abba Salama (le « Père de la paix ») dans la tradition éthiopienne.

En raison du fait que les côtes de la mer Rouge et du golfe d’Aden, en particulier les ports de Zeilah et Tadjourah, étaient sous l’autorité de sultans musulmans Somalis et Afars, ce sont ces ethnies musulmanes qui dominaient la traite des esclaves dans la Corne Africaine.. Pour répondre à la demande de main-d'œuvre croissante de cette région au fil des siècles, des Bantous d'Afrique du Sud sont capturés et exportés en Corne de l'Afrique par des marchands arabes omanais qui les vendaient en grand nombre à des clients principalement somalisGwyn Campbell, The Structure of Slavery in Indian Ocean Africa and Asia, 1 edition, (Routledge: 2003), p.ix. Les esclaves capturés étaient aussi parfois asservis par les Somalis eux-mêmes, lors de raids dans l'arrière-pays.

Les sultanats musulmans locaux, tels que le Sultanat d'Adal, à travers leurs ports, exportaient également des esclaves Zanj (Bantous) capturés dans des régions au sud de la Corne de l'Afrique.. Les Portugais voulant contrôler la route des Indes orientales attaquent les ports somaliens au , en 1517 ils incendient le comptoir de Zeilah. Vers 1542-1543 Christophe de Gama mène une expédition en Abyssinie pour repousser les musulmans du Sultanat d'Adal, mais il sera capturé après la bataille de Wofla et décapité.

Au début du , l'esclavage fut aboli par l'administration coloniale de la Somalie italienne ; et certains Bantous furent même soumis au travail forcé dans les plantations italiennes, car les Italiens (comme les Britanniques) considéraient les Somalis comme « racialement supérieurs » aux BantousCatherine Lowe Besteman, Unraveling Somalia: Race, Class, and the Legacy of Slavery, University of Pennsylvania Press, 1999, ..

Généralités vignette|292x292px|La Corne de l'Afrique est peuplé principalement d’ethnies de la famille Afro-Asiatiques. Les Bantous appartiennent à la famille Nigero-Congolaise et les nilotiques appartiennent à la famille Nilo-Sahariene. Dans la société somalienne traditionnelle, comme dans les autres groupes ethniques de la région de la Corne de l'Afrique, il y avait une stratification sociale rigide., Quote: The social organization of Somali society accommodated ideological conceptions of inferiority through investing clan membership with definitions of lineal purity. Somali clans, while fiercely egalitarian with regards to leadership and political control, contain divisions of unequal status.Beatrice Akua-Sakyiwah (2016), Education as Cultural Capital and its Effect on the Transitional Issues Faced by Migrant Women in the Diaspora, Journal of International Migration and Integration, Volume 17, , pages 1125-1142, Quote: This caste stratification is a daily reality in Somali society..

Selon l'historien Donald Levine, celle-ci comprenaient des clans de haut rang, des clans de bas rang et des esclaves.. Les nobles constituaient le niveau supérieur et étaient connus sous le nom de bilis. Ils sont constitués d'individus endogames d'origine somalienne ancestrale qui, bien que se considérant comme ethniquement somalis, retracent leurs lignée des Quraysh, de Muhammad et de ses compagnons. Les clans inférieurs, désigné sous le nom de Sab, se distinguaient des nobles par un mode de vie agropastoral ainsi que quelques différences linguistiques et culturelles. Selon l'anthropologue Virginia Luling, les groupes de castes artisanales ressemblaient beaucoup aux castes supérieures, et étaient généralement caucasoïdes comme les autres castes somaliennes.. Selon Mohamed Eno et Abdi Kusow, bien qu'individuellement indistinguables les unes des autres, les castes supérieures ont stigmatisé les plus bassesMohamed A. Eno and Abdi M. Kusow (2014), Racial and Caste Prejudice in Somalia, Journal of Somali Studies, Iowa State University Press, Volume 1, Issue 2, page 95, Quote: Unlike that of the Somali Jareer Bantu, the history, social, and ethnic formation of the Somali caste communities is hardly distinguishable from that of other Somalis. The difference is that these communities are stigmatized because mythical narratives claim that (a) they are of unholy origin, and (b) they engage in denigrated occupations..

Traditionnellement, le racisme sur le territoire visait principalement les minorités ethniques non-afro-asiatiques. Les classes d'esclaves étaient principalement composées de nilotiques (gumuz) qui étaient désignés sous le nom de barya ou shanqella (« nègres ») par les éthiopiens (en contraste avec les saba qayh (hommes rouges), castes nobles parlant des langues afro-asiatiques) ainsi que de bantous appelés jareer par leurs maîtres somalis.

L'esclavage était fondamental pour l'ordre social, politique et économique de l'Éthiopie médiévale.

Selon Henry Salt, les abyssiniens ont intensivement chassé les shanqella au cours du . À la suite de l'abolition de la traite des esclaves dans les années 1940, les shanqellas et les baryas libérés étaient généralement employés comme main-d'œuvre non qualifiée..

Traditionnellement, le racisme contre la barya transcendait les classes et restait en vigueur indépendamment de la position sociale ou de la filiation.. Bien que certaines populations chamito-sémitiques d'Éthiopie (Oromos, Sidamas) aient également été confrontées à des degrés divers de discrimination, elles contrastaient fortement avec celles qui existaient envers les shanqellas car les caractéristiques raciales des Oromos et Sidamas étaient similaires à celles des abyssins. Ces discriminations étaient donc plutôt plus typiquement liés à des économiques et politiques Ainsi les Oromos et les Gouragués (hamitiques-sémitiques) n'étaient jamais considérés comme étant des baryas.

En termes de perceptions traditionnelles, les minorités nilotiques se distinguent elles-mêmes racialement des populations chamito-sémitiques. Les Anuaks du sud de l'Éthiopie regroupent les Amhara, les Oromo, les tigrés et d'autres communautés éthiopiennes non-nilotiques sous le nom de gaala (« rouge ») en opposition à eux-mêmes..

Origines des esclaves

Esclaves non-afro-asiatiques Bantous

Il y a entre 2500 et 3000 ans, les locuteurs du groupe proto-bantou originel ont commencé une série de migrations depuis leur territoire originelle situé dans la région du Nigeria et du Cameroun en Afrique de l'Ouest. Cette expansion bantoue a d'abord introduit les peuples bantous en Afrique centrale, méridionale et sud-est, régions où ils étaient auparavant absents.Toyin Falola, Aribidesi Adisa Usman, Movements, borders, and identities in Africa, University Rochester Press, 2009, ..

Les Bantous qui vivent Somalie sont des descendants de groupes bantous qui se sont installés en Afrique du Sud-Est après l'expansion initiale du Nigeria / Cameroun, et dont les membres ont ensuite été capturés et vendus dans le cadre de la traite arabo-musulmane.

En dehors du système de clan somalien se trouvaient des esclaves principalement d'origine bantou (connus sous le nom de jareer ou adoon).. Leurs caractéristiques physiques négroïdes et leurs pratiques culturelles distinctes les différencient des Somalis et les positionnent comme inférieurs dans la hiérarchie sociale.Mohamed A. Eno and Abdi M. Kusow (2014), Racial and Caste Prejudice in Somalia, Journal of Somali Studies, Iowa State University Press, Volume 1, Issue 2, pages 91-92, 95-96, 108-112.

Au total, le nombre d'habitants bantous en Somalie avant la guerre civile aurait été d'environ 80 000 (estimation de 1970), la plupart étant concentrés entre les rivières Juba et Shabelle dans le sudEncyclopædia Britannica, Encyclopædia Britannica, v.20, Encyclopædia Britannica, inc., 1970, . Cependant, des estimations récentes relèvent le nombre à 900 000 personnes.. Les Bantous,ethniquement, physiquement et culturellement distincts des Somalis, sont restés marginalisés depuis leur arrivée en Somalie.L. Randol Barker , Principles of Ambulatory Medicine, 7 edition, Lippincott Williams & Wilkins, 2006, .

Traite des bantous La traite des esclaves dans l'océan Indien était multidirectionnelle et a évolué avec le temps. Les esclaves bantous achetés par les marchands d'esclaves arabes du sud-est de l'Afrique ont été vendus au fil des siècles à des clients en Égypte, en Arabie, en Inde, en Éthiopie et en SomalieRefugee Reports, novembre 2002, Volume 23, .

De à esclaves bantous ont été vendus sur le marché d'esclaves de Zanzibar à la destination de la Somalie dans les années 1800–1890. Ils étaient issus essentiellement des groupes ethniques Yao, Makua, Chewas (Nyanjas), Zigua, Ngidono et Zaramo. Dans les années 1840, des esclaves fugitifs de la vallée du Shebelle commencent à s'installer dans la vallée du Jubba, encore peu peupléeCassanelli (Lee V.) .. En 1891, un officier britannique estime leur nombre entre 30 et personnes, mais en 1932, un administrateur italien n'en compte que .

Esclavage des bantous en Somalie du vignette|277x277px|Esclave bantoue à Mogadiscio au