Pierre Sidos né le à Saint-Pierre-d'Oléron et mort le à Bayeux, est un homme politique français.
Suivant les traces de son père François Sidos, Pierre Sidos commence son engagement à l'extrême droite durant la Seconde Guerre mondiale au sein de la Milice française, des faits pour lesquels il est condamné aux travaux forcés en 1946. Il anime dans les années qui suivent le mouvement Jeune Nation, fondé et dissous dans les années 1950, puis s'engage avec l'OAS dans l'opposition à l'indépendance de l'Algérie.
Il participe en 1964 à la création d'Occident, avant de devenir président à vie de L'Œuvre française, un mouvement qu'il a fondé mêlant néofascisme, pétainisme, antisémitisme et une forme de catholicisme social. Il en tient les rênes jusqu'en 2012, année où Yvan Benedetti lui succède.
Biographie Famille Pierre Sidos est le fils de François Sidos, ancien combattant et lieutenant de réserve, cadre des Jeunesses patriotes à La Rochelle (secrétaire général départemental puis délégué à la propagande) et de son avatar le Parti républicain national et social, dont il a été l'un des dirigeants en Charente-Maritime, devenu sous l’Occupation un haut responsable de la Milice, jugé puis fusillé en 1946. Il a quatre frères (Jean, François, Jacques et Henri) et une sœur, Marie-Thérèse . Son frère ainé Jean, caporal-chef, meurt pour la France le , . Henri Sidos, alors sous-officier parachutiste, meurt au combat en Algérie le .Alain Ruscio, Nostalgérie: L'interminable histoire de l'OAS, La Découverte, 2015 (présenté comme officier parachutiste).
Il est le père du généralhttps://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037427266. et historien Philippe SidosEntretien avec David Doucet pour Charles, loc. cit., connu aussi comme étant l'ancien chef du Bureau de la FINUL.
Premières années avec Jeune Nation Cadet du francisme de Marcel Bucard en 1943., il est jugé en 1946 pour ce fait à La Rochelle par la Cour de justice de Charente-Maritime, alors qu'il est encore mineur, aux côtés de son père, de sa mère Louise et d'un de ses frères, Jacques. Il est condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir été membre du Francisme... Il est emprisonné au centre pénitentiaire de Natzweiler-Struthof. Il est libéré en , bénéficiant d'une grâce amnistiante. Selon le témoignage de Sidos en 2013, il est libéré en 1949. Mais il cite la date du 4 août 1948 dans son témoignage du 28 février 2014 ().
Après avoir fréquenté le Mouvement socialiste d'unité française de René Binet, il fonde en 1949-1950 le groupuscule Jeune Nation.
Il se présente avec son frère Jacques aux élections législatives de 1951 sur une liste de l'Union des nationaux indépendants et républicains (UNIR)Les élections législatives du 17 juin 1951, Documentation française, 1953, James Shields, The Extreme Right in France: From Pétain to Le Pen, Routledge, 2007.
Sous le symbole de la croix celtique, Jeune Nation regroupe des anciens d'Indochine ou collaborationnistes, qui ont pour but de lutter contre la décolonisation, le communisme et la Quatrième République. Le mouvement organise des caches d'armes, avant d'être dissous le , comme d'autres groupuscules d'extrême droite.
Pierre Sidos lance en et dirige le périodique Jeune Nation. et son mouvement dissous est reformé à l'automne 1958 sous le nom de Parti nationaliste.., avec l'aide de Dominique Venner. Ce dernier écrit alors: . Ce parti tient son congrès constitutif le , le jour anniversaire des émeutes du . Pierre Sidos y appelle à « séparer la synagogue de l’État ». Le mouvement est une nouvelle fois dissous quelques jours plus tard, le 12. C'est une sanction de la part prise aux manifestations algéroises hostiles au Président Charles de Gaulle et au Premier ministre Michel Debré.. Le journal Jeune Nation disparaît en .
Passage à l'OAS Au sein du Mouvement populaire du 13 mai, Pierre Sidos s'engage alors dans l'action clandestine pour l'Algérie française. En , un mandat d'arrêt est lancé contre lui pour atteinte à la sûreté de l'État, au lendemain de la semaine des barricades à Alger. Le de la même année, il est condamné par défaut à une amende et quinze jours de prison pour offense au chef de l'État et reconstitution de ligue dissoute. Il est alors entré dans la clandestinitéParis-presse, L'Intransigeant, 10 février 1960...
Caché à partir de 1960, il participe à la préparation de l'attentat du Petit-Clamart, visant à tuer le général de Gaulle, ce qu'il reconnaît dans son témoignage de 2013. Il est arrêté en . et emprisonné jusqu'en . pour soutien à l'OAS. Il comparait en devant la Cour de sûreté de l'État avec neuf autres dirigeants ou membres du mouvement Jeune Nation et du Parti nationaliste, dont Dominique Venner, poursuivis pour et pour avoir ... Il est condamné à trois puis cinq ans de prison avec sursis et d'amende. . Son frère Jacques, arrêté également en 1962, est condamné en 1964 à dix ans de prison et libéré en 1966....
Après être sorti de prison, Pierre Sidos se sépare de Venner, en partie pour des raisons idéologiques : il reste fidèle à un nationalisme centré sur la France, fidèle aux penseurs et aux activistes nationalistes du passé alors que Venner préconise désormais un nationalisme européenTémoignage de Pierre Sidos, op. cit.. Pierre Sidos et de jeunes militants fondent en 1964 le mouvement Occident, qu'il quitte en 1966 ; il en est finalement évincé..
L'Œuvre française Pierre Sidos lance en 1966 un périodique, Le SoleilNotice de la BNF, et fonde en le mouvement L'Œuvre française, qu'il dirige en tant que président à vie. L'année suivante, sa candidature à l'élection présidentielle. est rejetée par le Conseil constitutionnel aux motifs que « le nombre des présentations valablement émises en faveur de ce dernier est inférieur au minimum exigé par les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance du 6 novembre 1962Décision du 17 mai 1969 Le texte de la décision du Conseil est le suivant : « Considérant toutefois que des vérifications effectuées par le Conseil constitutionnel il résulte que quatre de ces présentations ne peuvent être regardées comme ayant un caractère authentique, qu'une autre avait été faite par une personne n'ayant pas qualité pour présenter valablement un candidat et qu'enfin dix autres émanaient, contrairement aux dispositions de l'article 4, premier alinéa, du décret du 14 mars 1964 susvisé, de personnalités qui avaient également fait acte de présentation en faveur d'autres candidatures au moyen de lettres parvenues au Conseil constitutionnel antérieurement aux présentations concernant M. Sidos ; qu'ainsi le nombre des présentations valablement émises en faveur de ce dernier est inférieur au minimum exigé par les dispositions de l'article 3-1 de l'ordonnance du 6 novembre 1962 susvisée ; que, dès lors, sa candidature ne pouvait être retenue. » ». Ce refus fut pourtant considéré par Le Soleil, organe de L'Œuvre française, comme dû à la présence au Conseil constitutionnel de Gaston Palewski et de René Cassin, Le Soleil, , 2-., considérations partagées par Roger Peyrefitte« C'était trop demander à un aréopage où siégeaient Palewski et Cassin, que de procurer le bénéfice de la propagande officielle au dénonciateur de l'empire du judaïsme en France » (Ibid.). Sidos cite Peyrefitte dans sa profession de foi de 1973 évoquant la décision du Conseil constitutionnel : . Toutefois, accepter la candidature de Pierre Sidos aurait pu, dans une certaine mesure, être interprété comme un acte de réhabilitation du passé collaborationniste des Sidos durant l'Occupation, .
À partir du début des années 1970, Pierre Sidos tient une place assez marginale dans l'extrême droite française. Il se présente sans succès aux élections législatives de 1973 à Paris (13e circonscription) en tant que président de l'Œuvre française. Il est le seul candidat de son mouvement., afin d'.
Il soutient la candidature de Jean Royer, député-maire de Tours, à élection présidentielle de 1974.
Dans l'espoir d'un coup d'État, il organise avec son groupuscule des entraînements armés dans la forêt de Fontainebleau, en région parisienne. Il participe à l’émission Ciel, mon mardi ! de Christophe Dechavanne le Aux côtés de Malek Boutih, Nicolas Bonnal, Olivier Mathieu, Stéphane Meyer, Jean-Pierre Pierre-Bloch et Patrick Quentin ; Christophe Bourseiller et Régis Martin jouant quant à eux le rôle d'., où il se déclare ..
En 1996, il se rapproche du Front national de Jean-Marie Le Pen.. Il y fait rentrer plusieurs de ses militants à partir de 2007, dont notamment Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac. Ils militent tous deux pour que Bruno Gollnisch succède à Le Pen, avant de se faire exclure en 2011 par sa fille, Marine Le Pen, nouvelle dirigeante.
Durant l'été 2010, Pierre Sidos fait part dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Rivarol de ses critiques à l'égard de cette dernière, et appelle à proscrire le au profit d'un . La même année, il explique dans la revue Charles avoir . Dans un témoignage de 2013 paru dans cette revue, il revendique et assume son antisémitisme négationniste.
Retraite et mort Pierre Sidos quitte la présidence de L'Œuvre française en ; Yvan Benedetti lui succède. Après la mort de l'antifasciste Clément Méric en 2013, le mouvement est dissous.
Hospitalisé à Bayeux, Pierre Sidos y meurt le , à l'âge de . Il reçoit les hommages d'Yvan Benedetti, qui écrit que , faisant ainsi référence à la devise SS.., et de Jean-Marie Le Pen, pour qui Sidos est de la .. Il est inhumé au cimetière parisien de Thiais (Val-de-Marne).
Notes et références Notes
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