L’École supérieure de journalisme de Paris (ESJ Paris) est un établissement d'enseignement supérieur privé spécialisé dans l'enseignement du journalisme, situé dans le 15e arrondissement de Paris, fondé en 1899. Il s'agit de la plus ancienne école de journalisme au monde.

Elle délivre le titre RNCP39871 de « Journaliste », diplôme de niveau 6 (bac+3) reconnu par l’État depuis le pour une durée de 3 ans.

Elle ne fait pas partie des quinze écoles reconnues par la Commission paritaire nationale de l'emploi des journalistes (CPNEJ) et elle n'est pas membre de la Conférence des écoles de journalisme (CEJ)..

Le , l’école annonce son rachat pour 2,6 millions d’euros par un consortium d’entrepreneurs et de propriétaires de grands médias français dont Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Rodolphe Saadé, et d’autres acteurs majeurs du secteur.

Histoire

L'École de journalisme de l'École des hautes études sociales

En 1899, la romancière Jeanne Weill, dite Dick May, sœur de l'historien Georges Weill, fonde l'École des hautes études sociales (EHES), situé au 16, rue de la Sorbonne et trouvant son origine dans le Collège libre des sciences sociales fondé quatre ans plus tôt avec Théophile Funck-Brentano face à l'École libre des sciences politiques (aujourd'hui Sciences Po)"Dick May et la création de la première école de journalisme en France : le désir de régénérer la société par la science sociale et la presse" . Dès sa création, l'École des hautes études sociales compte en son sein trois sections : une École de morale et de pédagogie, une École sociale, ainsi qu'une École de journalisme, fondée en et dont hérite l'École supérieure de journalisme.

Dick May souhaite alors créer une . L'école compte à ses débuts un groupe d'universitaires parisiens libéraux et laïcs mobilisés à l'occasion de l'affaire Dreyfus, alors conduit par la romancière et journaliste Jeanne Weill, alias Dick May, petite cousine du philosophe Karl MarxSite journals.openedition.org Teste intégral Dick May, une femme à l’avant-garde d’un nouveau siècle (1859-1925) de Mélanie Fabre aux Presses universitaires de Rennes, 2019 et bénéficiait du soutien du sociologue Émile DurkheimSite journals.openedition.org, dossier "Dick May et la première école de journalisme en France. Entre réforme sociale et professionnalisation".. L'école bénéficie de ce que l'École libre des sciences politiques (Sciences Po) d'Émile Boutmy se désintéresse alors du journalisme et se spécialise dans les affaires publiques. L'EHES et son École de journalisme rencontrent un succès immédiat, et une section École d'art est créée en 1903.gauche|vignette|198x198px|La façade du 4, place Saint-Germain-des-Prés à Paris.La section École de journalisme de l'École des hautes études sociales est ainsi la doyenne mondiale des écoles de journalisme. Parmi les fondateurs, se trouvent des journalistes comme Henry Fouquier, Jules Cornély, membre fondateur du Syndicat des journalistes français., Adolphe Brisson et Jules Claretie"Marinoni: le fondateur de la presse moderne, 1823-1904", par Éric Le Ray, page 407 . Elle est dirigée par l'écrivain Eugène Fournière. L'école n'aurait cependant pu ne pas être la doyenne des écoles de journalisme. En 1895, l'université du Missouri à Columbia souhaite créer une école de journalisme, mais le Sénat des États-Unis s'y oppose. Ce refus sera renouvelé jusqu'en 1908, lorsque l'École de journalisme du Missouri est créée. En 1910, accueillant près de 220 étudiants, la section École de journalisme s'éloigne du but initial de sa fondatrice, peu de futurs journalistes sont formés, davantage tournés vers des carrières publiques ou administratives, si bien qu'elle fut renommée École de journalisme et de préparation à la vie publique. Tandis que son établissement de tutelle, l'École des hautes études sociales (EHES) devient une institution respectée du .gauche|vignette|Diplôme de l'École supérieure de journalisme de l'École des hautes études sociales, alors située rue de Rennes, et datant de 1957.|212x212px

Dans l'entre-deux-guerres, l'activité de l'EHES est rationalisée : seules sont maintenues l' École supérieure de journalisme et l'École sociale qui devient l'École des hautes études politiques (HEP) et l'École de géopolitique, future École des hautes études internationales (HEI). En 1937, l'immeuble du 16, rue de la Sorbonne, dont l'école n'est que locataire, est racheté à son propriétaire par l'université de Paris qui envisage de l'annexer à la Sorbonne (elle constitue aujourd'hui l'îlot Champollion de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université).

En 1947, l'école déménage dans un étage de l'Hôtel de l'Industrie, au 4, place Saint-Germain des Prés, alors sous la direction d'André Le Jules jusqu'en 1986.

1986 : l'École supérieure de journalisme de Paris En 1986, l'École supérieure de journalisme de l'École des hautes études sociales (composée des écoles HEP-HEI, puis HEIP) prend son autonomie et devient l'École supérieure de journalisme de Paris ou ESJ de Paris, à ne pas confondre avec l'ESJ de Lille. En 1988, le groupe HEP-HEI-ESJ quitte le 54, avenue Marceau pour emménager au 107, rue de Tolbiac, dans un nouveau bâtiment dont il devient propriétaire, nommé « Centre Tolbiac » et à proximité du centre Pierre-Mendès-France de l'université Paris-I.

En 2006, l'École supérieure de journalisme de Paris connaît des difficultés financières. L'année suivante, le groupe HEI-HEP (qui deviendra HEIP en 2015), héritier de l'École des hautes études sociales, se sépare de l'ESJ de Paris, la cédant au directeur général du groupe LMD (aujourd'hui Mediaschool), Cyrille Benoist.

Ère Guillaume Jobin : développement dans le monde arabophone vignette|gauche|Siège au 107, rue de Tolbiac ( arrondissement de Paris).En 2009, l'ESJ de Paris est une nouvelle fois cédée, cette fois-ci à Guillaume Jobin, un journaliste spécialisé dans la presse médicale et médecin neurobiologiste de formation. Le suivant, le conseil d'administration le nomme au poste de président de l'établissement. Sous la présidence de Guillaume Jobin, l'ESJ Paris ouvre en 2011 une filière de formation à distance « tous médias ».

En 2012, l'ESJ Paris et d'autres écoles de journalisme privées non reconnues par la profession telles que l'Institut européen de journalisme (IEJ) ou encore l'Institut supérieur de formation au journalisme (ISFJ) s'unissent et créent l’Association française des écoles de journalisme dans le but de défendre leurs intérêts et de porter la création d'un label professionnel.

L'ESJ Paris a depuis 2012 ouvert une filiale d'édition de livres, « Casa Express éditions », spécialisée dans les livres de journalistes diffusés en Europe et au Maghreb. Elle a par ailleurs lancé un prix littéraire en 2015..vignette|174x174px|Blason de l'École supérieure de journalisme de Paris utilisé jusqu'en 2024.En 2018, l'ESJ Paris ouvre une filière de formation au métier de journaliste reporter d’images (JRI), en partenariat avec l'École internationale de création audiovisuelle et de réalisation (EICAR) et délivrant un titre certifié de niveau II (6). Puis en 2020, l'école crée une formation similaire à sa filière de formation à distance « tous médias », cette fois-ci en langue arabe (SSJC) et tant en formation classique qu'en formation continue avec le CPD de Jérusalem.

Le , l'École supérieure de journalisme de Paris annonce la signature d'une double diplomation permettant aux étudiants en quatrième année de son cursus (Mastère 2) de suivre les deux ans du master 2 « Management et administration des entreprises » de l'Institut d'administration des entreprises (IAE) de l'université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Changement d'actionnariat et de direction en 2024 Le , l'École supérieure de journalisme de Paris annonce son rachat par un consortium d'entrepreneurs et de propriétaires de médias français, dans une levée de fonds à 2,6 millions d’euros. Elle inclut Vianney d’Alançon à travers la Financière de La Lance, Bernard Arnault à travers la Financière Agache (propriétaire du Parisien et des Échos), Vincent Bolloré à travers la Compagnie de l'Odet (actionnaire du groupe Canal+, de Lagardère News et de Prisma Media), Rodolphe Saadé à travers CMA Média (propriétaire du groupe RMC BFM, du quotidien La Provence, Corse-Matin et La Tribune), le groupe Bayard (propriétaire du quotidien La Croix), le fonds d'investissement Koodenvoi de la famille Habert-Dassault (propriétaire du Figaro), les entrepreneurs Stanislas et Godefroy de Bentzmann (Devoteam) ou encore l'ancien président du Medef Pierre Gattaz..

Le même jour, Vianney d'Alançon est nommé président de l'établissement et serait l'instigateur du projet de reprise... Il est à la tête de l'entité « FDBJ SAS », créée pour l'occasion le . Les nouveaux actionnaires souhaitent obtenir un titre reconnu par l'État et inscrit au RNCP, qu'elle a perdu en 2015 et accroître leur influence sur les médias à la source.

Le journaliste Emmanuel Ostian est nommé directeur général de l'établissement le suivant, aux côtés du journaliste Bernard de La Villardière, nommé directeur général adjoint. Le , l'ESJ Paris annonce également que le groupe audiovisuel Banijay ainsi qu'Alexandre Pesey, directeur de l'Institut de formation politique, sont entrés au capital de l'école. Le groupe Bayard a retiré sa participation après une mobilisation de salariés.

L'inauguration des nouveaux locaux a eu lieu le en présence de nombreuses personnalités du monde des médias et de la sphère publique.

Inquiétudes et difficultés à la suite du rachat Le Monde pointe une emprise accrue sur le monde médiatique de la part de grandes fortunes conservatrices françaises, par le biais de groupes aux mains de conservateurs, comme Dassault ou Bolloré. L'historien Alexis Lévrier indique qu'il s'agit pour Vincent Bolloré de .

Le , 668 étudiants anonymes de 26 autres écoles et formations de journalisme signent une tribune dans Le Nouvel Obs : ce « raid sur la plus vieille école de journalisme au monde » est une « nouvelle expression de la subordination de l’indépendance journalistique à des intérêts économiques, politiques et idéologiques », écrivent-ils, avant d'appeler à un « un sursaut pour protéger l’indépendance des médias ».

Le , Le Monde révèle les difficultés de l'ESJ Paris à changer sereinement de propriétaires. Plusieurs professeurs témoignent ne pas avoir été rémunérés par l’ancien dirigeant et propriétaire de au date du rachat.

Le , l'École supérieure de journalisme de Paris signe un partenariat avec l'Institut catholique d’études supérieures (ICES) de Vendée, membre de la Conférence des grandes écoles (CGE). Le , l'École supérieure de journalisme de Paris annonce son déménagement au 129, rue de l'Abbé-Groult, dans le arrondissement de Paris, au sein d'anciens locaux de Paris Habitat, après 47 ans sur le site de la rue de Tolbiac.

Activités pédagogiques et rayonnement sous la nouvelle direction Dès la rentrée de septembre 2025, l'école lance les « Mardis de l'ESJ Paris », un cycle de conférences hebdomadaires réunissant chaque semaine des personnalités du journalisme, de l'économie et de la culture devant les étudiants. Pour l'année 2025-2026, quarante intervenants sont programmés, parmi lesquels Anne-Claire Coudray, présentatrice du journal télévisé de TF1 le week-end, Patrick de Carolis, ancien président-directeur général de France Télévisions, David Pujadas, journaliste et présentateur sur LCI, Ophélie Meunier, journaliste, présentatrice M6 et ancienne étudiante de l’ESJ ou encore Anne Rigail, Directrice générale d’Air France.