Fernand Grégoire, né le à La Flèche (Sarthe) et mort le à Alger, est un journaliste socialiste et antisémite français.
Biographie
Fils d'Adélaïde Pinot et de Théodore-Édouard Grégoire, marchand-revendeur, Fernand-Alphonse Grégoire naît à La Flèche, rue Basse, le Archives de la Sarthe, état civil de La Flèche, acte de naissance du 28 février 1862 (vue 200 sur 229).. Il est tout d'abord apprenti puis ouvrier typographeSupplément illustré de l'Antijuif, 25 septembre 1898, ..
Installé très jeune en Algérie, il y fonde en 1885 son propre journal, le Courrier de Blida, dans lequel il attaque vivement la politique du puissant sénateur-maire opportuniste de Blida, Alexandre MauguinErnest Mallebay, L'Écho d'Alger, 13 mai 1929, .. Il collabore également au Petit colon de Charles MarchalLe Cri social, 26 avril 1891, . et fonde Le Tocsin, journal socialiste révolutionnaireLe Turco, 17 mars 1895, ..
Recommandé par son ami Ernest Mallebay à Jules d'Armès, rédacteur en chef du Radical algérien, quotidien républicain intransigeant dirigé par Victor BassetÉmile Mermet, Annuaire de la presse française, 1886, ., il en devient bientôt le secrétaire de rédaction. Entre 1888 et 1889, il y travaille avec le guesdiste Duc-Quercy, qu'il suit à Paris. Il est alors l'auteur de La Juiverie algérienneLa Juiverie algérienne, Alger, Impr. de Torrent, 1888, 139 p..
En , Grégoire aide le couple Duc-Quercy à organiser la fuite du nihiliste Stanislas Padlewski, recherché pour l'assassinat du général Seliverstov. Grégoire est encore à Palerme, d'où le fugitif a embarqué pour Malte, quand s'ouvre le procès des complices de cette cavale. Il est par conséquent condamné par défaut à huit mois de prison.
De retour en Algérie, où il prononce des conférences en tant que délégué du parti guesdiste, Grégoire reprend sa collaboration au Radical algérien et devient le rédacteur en chef du Bônois et du Progrès d'Algérie.
vignette|upright|left|Caricature d'Assus à propos des élections cantonales de décembre 1893. À gauche ( circonscription), Grégoire a pour concurrent Serpaggi.
De sensibilité radicale-socialiste puis socialiste révolutionnaire, Fernand Grégoire est également un « antijuif » et milite pour le retrait du décret CrémieuxFernand Grégoire, La Juiverie algérienne, Alger, 1888, . ainsi que pour la suppression du code de l'indigénatLa Libre Parole, 21 août 1892, .. En , alors qu'il est déjà le vice-président d'une « Ligue socialiste des travailleurs » présidée par Émile MorinaudLe Progrès de l'Algérie, 23 avril 1892, ., il fonde en 1892 la « Ligue radicale socialiste antijuive », dont il prend la présidence. Cette fondation est saluée par André de Boisandré dans un article de La Libre Parole, journal dont le directeur, Édouard Drumont, est nommé président d'honneur de la ligue, de même que le marquis de MorèsLa Libre Parole, 13 août 1892, .. Le secrétaire de la ligue est (1867-1913), futur collaborateur de La Libre ParoleLe Combat socialiste antijuif, 29 mars 1895, . et du Petit Caporal (sous le pseudonyme de « Bois-Gauthier »). L'organisation comptera bientôt entre 50 et 300 adhérentsBertrand Joly, Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Paris, Honoré Champion, 2005, .. vignette|upright|left|Une du supplément illustré de L'Antijuif figurant l'hommage de Drumont et Régis à Grégoire (25 septembre 1898). Grégoire se présente sans succès à plusieurs élections. En , il brigue un siège de conseiller municipal d'Alger. Au second tour, le , il est battu par le restaurateur Marius Jaumon (18..-1922), candidat soutenu par le maire Auguste GuilleminLa Libre Parole, 19 octobre 1892, .. Le , Grégoire se présente à l'élection cantonale de la circonscription d'AlgerLa Libre Parole, 30 novembre 1893, . mais il est battu par le radical Le Constitutionnel, 20 décembre 1893, ., colistier de Guillemin soutenu par le journal AkhbarLe Tirailleur algérien, 9 décembre 1892, ..
En 1893, Grégoire dirige la rédaction du Combat (puis Combat socialiste antijuif), qu'il relance en 1895 après avoir définitivement quitté le Radical algérienLe Combat socialiste antijuif, 15 mars 1895, ..
Phtisique, Fernand Grégoire meurt à l'âge de 33 ans.
Sa tombe, au cimetière de Mustapha, devient quelques années plus tard un lieu de pèlerinage pour l'agitateur antisémite Max Régis - qui le dit « empoisonné par les Juifs » et « martyr de la cause antijuive »L'Aurore, 8 novembre 1897, .L'Intransigeant, 8 février 1899, .. Lui et ses partisans revendiquent l'héritage politique du journaliste.
Notes et références
Liens externes
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