vignette|Les « Bronzés » sur le podium des Jeux olympiques de 1992. vignette|Les « Barjots » fiers de leur médaille de bronze. Cet article relate le parcours de l'Équipe de France masculine de handball lors des Jeux olympiques de 1992 organisés à Barcelone en Espagne. Il s'agit de la de la France aux Jeux olympiques.

Après une nouvelle fois une préparation longue et difficile, la France arrive à Barcelone comme une nation en devenir mais encore en manque de résultat. Lors du premier match du tournoi olympique, la France affronte le pays hôte, l'Espagne, un des favoris de l'épreuve. Mais les Espagnols trop sûrs d'eux se font surprendre par des Français intraitables et sûrs de leurs forces. Les futurs Barjots remportent leur premier match olympique face à une nation majeure et démontrent enfin que le handball français s'installe parmi les meilleures nations de ces Jeux. Si les Bleus s’inclinent logiquement face à l'Équipe unifiée, la défaite d’un seul but reste encourageante. Ils confirment par la suite en gagnant face à l'Allemagne, l'Égypte et la Roumanie et se qualifient ainsi pour les demi-finales de la compétition. Les joueurs se distinguent alors en se teignant tous en blond pour permettre de détendre l'atmosphère avant le match face à la grande Suède. Cela n'empêchera pas la défaite face à la meilleure équipe mondiale du moment. Cependant, ils parviennent à se remobiliser très vite pour la médaille de bronze glanée face à l'Islande, donnant à la France sa première médaille dans une compétition internationale de handball.

Les joueurs sont alors surnommés les « Bronzés », par analogie au film homonyme de Patrice Leconte figurant un groupe de vacanciers dilettantes persuadés de leurs capacités respectives.

Présentation Qualification et contexte

En 1985, l'équipe de France est reléguée en division C après un mondial B raté terminé au dix-neuvième rang. Daniel Costantini prend en main cette équipe, qui a besoin de transformer complètement les méthodes de travail jusque-là utilisées. Il déclare disposer de joueurs pouvant potentiellement intégrer le haut niveau mondial et qu'il faut simplement le temps et les moyens (très réduits jusqu'alors dans ce sport) adéquats au développement d'un collectif solide. Avec l'aval de la Fédération qui a vu ses espoirs de qualification automatique aux Jeux olympiques s'envoler à la suite de leur attribution à Barcelone, il entreprend d'importantes modifications de la préparation avec notamment des séances physiques très exigeantes.

Lors du Championnat du monde B 1989 organisé en France, les Bleus terminent à la et réintègrent ainsi le groupe A mondial. Au Championnat du monde 1990, la France est emmenée par un jeune joueur d'avenir, Jackson Richardson, et une génération promise à enfin briller dans ce sport. Elle remporte son premier match en Championnat du monde face à l'Algérie et accroche des nations plus réputées comme la Hongrie ou la Roumanie. Grâce à un parcours honorable, la France se donne le droit de disputer un match historique pour la neuvième place et une qualification aux Jeux olympiques de Barcelone face à l'Islande. Les Français vont se donner corps et âme pour remporter ce match (29-23) et se qualifier pour le tournoi olympique. Daniel Costantini a réussi une partie de son pari d'emmener l'équipe de France aux Jeux.

Matchs de préparation Fidèle à son habitude depuis qu'il a pris la tête de l'équipe de France, Daniel Costantini a prévu de nombreux matchs de préparation.

Le 16 mai, l'équipe de France a réussi l'exploit de s'imposer face à la Suède, à Marseille, 22-21 (14-9) : : Gardent (4), Lathoud (4), Quintin (3), Richardson (2), Volle (2, dont 1 pen.), Portes (2), Perreux (1), Monthurel (1), Julia (1), Mahé (1 pen.), Schaaf (1). : M. Andersson (6, dont 5 pen.), Cato (4), Lindgren (3), Wislander (3), Thorsson (2), R. Andersson (2 pen.), S. Andersson (1). Il s'agit seulement de la troisième victoire en 14 matchs, la seconde depuis 1964...

Puis la France termine sixième du Challenge Georges-Marrane : Mardi 19 mai, b. 33-29 (18-14). Buts pour la France : Derot, Mahé (3 pen.), Volle (1 pen.), Lathoud (8, dont 1 pen.), Schaaf, Tristant (2), Monthurel (1 ), Portes (5), Quintin (2), Gardent (6), Perreux (2), Richardson (3). Mercredi 20 mai, b. : 23-18 (12-7). Buts pour la France : Derot (3), Mahé (4, dont 1 pen.), Debureau, Volle (2, dont 1 pen.), Lathoud (2), Schaaf (1), Tristant, Monthurel (2), Portes (2), Gardent, Perreux (1), Richardson (1). Jeudi 21 mai, et 22-22 (9-13). Buts pour la France : Derot, Mahé (5 pen.), Debureau (2), Volle, Lathoud (5), Schaaf (2), Portes (1), Quintin (1), Gardent (2), Perreux (4). Vendredi 22 mai, demi-finales de classement, b. US Ivry 30-25 (17-13). Buts pour la France : Derot (2), Mahé (3, dont 2 pen.), Debureau (2), Volle (7), Lathoud, Schaaf (5), Tristant (5), Monthurel (2), Portes (3), Quintin, Gardent (1). Dimanche 24 mai, match pour la , b. : 4 penalties à 2 (10-10, 21-21, 22-22). Buts pour la France : Derot (1), Mahé (3 pen.), Debureau (3), Volle (5), Lathoud (2), Schaaf, Tristant, Monthurel (2), Quintin (4), Gardent, Perreux (1), Richardson (1). Classement final : 1. CEI ; 2. ; 3. ; 4. ; 5. ; 6. ; 7. US Ivry ; 8. .

Ensuite, la France a organisé un tournoi préolympique au palais des sports de Castelnau-le-Lez, du mardi 16 juin au dimanche 21 juin. Dans ce tournoi de haut-niveau, la France s'incline notamment de peu face aux deux grandes nations et futurs finalistes, la CEI et la Suède : Mardi 16 juin, France b. Tchécoslovaquie 24-18 (15-7). : Derot, Mahé (4, dont 2 pen.), Debureau (2), Volle (4), Lathoud (2), Schaaf (1), Tristant (4), Portes (3), Gardent (4). : Bergendi (4), Sedlacek (1 pen.), (3), Folta, Hazl (1), Hudak (1), (2), , (6, dont 1 pen.). Mercredi 17 juin, Hongrie b. France 27-24 (13-11). : Csicsai (7), Horvath (7), Sotonyi (4), Kertesz (4), Bartok (3), Mezei (2). : Mahé (3), Debureau (7), Volle (5), Lathoud (4), E. Quintin (4), Perreux (1). Vendredi 19 juin, France b. Italie : 19-15 (5-9). : Volle (2), Lathoud (5), Schaaf (1), Tristant (2), Portes (1), E. Quintin (2), Gardent (2), Perreux (1), Richardson (3). : Boschi (2), Nossig (2), Massotti (3), Fusina (6), Bronzo (1), Saulle Samedi 20 juin, C.E.I. b. France : 23-22 (13-6). CEI : Barbachinski (6), Kisselev (1), Gavrilov (5), Gopine (3), Douïchebaïev (4), Grebnev (1), Bebechko (2), Filippov (1). : Derot, Mahé (3, dont 2 pen.), Debureau (4), Volle (3), Lathoud (5), Tristant, Monthurel, Gardent (4), Quintin (1), Richardson, Stoecklin (2). Dimanche 21 juin, Suède b. France 26-23 (11-12). : Wislander (4), Bäckegren (1), Hajas (5), Sjöblad (1), Thorsson (1), S. Olsson (4), M. Andersson (9), Venalainen (1). : Debureau (1), Volle (4), Lathoud (6), Portes (2), Gardent (7), Perreux (1), Richardson (2). Classement final : 1. CEI, 9 pts ; 2. , 7 pts ; 3. , 6 pts ; 4. et , 4 pts ; 6. , 0 pt.

La suite du programme de préparation est : du 25 au 28 juin : stage à l'INSEP avec deux matchs de travail contre la Yougoslavie ; 30 juin et juillet deux matchs contre la Hongrie en Hongrie : Mardi 30 juin, Veszprém, b. 24-21 (11-9). Buts pour la France : Volle (4), Lathoud (5), Monthurel (5), Portes (3), Quintin (1), Munier (5), Stoecklin (1). Mercredi juillet, Dunaújváros, b. 20-19 (8-10). Buts pour la France : Mahé (1 pen.), Debureau (6), Volle (4, dont 2 pen.), Lathoud (1), Quintin (2), Perreux (3), Munier (1), Richardson (1). 10 et 11 juillet : deux matchs contre la Tchécoslovaquie à Prague : Vendredi 10 juillet, b. : 22-19 (8-11). Buts pour la France : Mahé (2), Debureau (2), Volle (4), Lathoud (3), Monthurel (1), Portes (2), Gardent (2), Perreux (3), Munier (3). Samedi 11 juillet, b. : 25-22 (11-14). Buts pour la France : Mahé (2), Volle (8), Lathoud (2), Tristant (2), Quintin (4), Munier (2), Richardson (3), Stoecklin (2). du 18 au 23 juillet : stage à Banyuls-sur-Mer ; 24 juillet : match contre la Yougoslavie à Granollers.

Effectif

Remarques Entre parenthèses est indiqué le nombre de buts marqués sur jets de 7 m. Bien que droitier, Munier a principalement été utilisé au poste d'arrière droit. Stoecklin jouait quant à lui essentiellement à l'aile droite. Parmi les absents, Daniel Costantini décide finalement de ne pas sélectionner Gilles Derot (USAM Nîmes 30) pour qu'il puisse rester auprès de sa femme et de son fils, Théo, qui naitra le , soit quinze jours seulement avant les JO.. De plus, l'arrière droit Philippe Schaaf (US Créteil) est considéré par le staff « trop juste pour rencontrer le must du hand international » tandis que Denis Tristant et Thierry Perreux ont été préférés à Philippe Julia (HB Vénissieux 85) au poste d'ailier gauche.

Phase de groupe

Date Équipe 1 Score Équipe 2 18 – 16 22 – 23 Équipe unifiée 23 – 20 26 – 20 22 – 19 Victoire face à l’Espagne

Gardiens : GB1 Jaume Fort GB12 Lorenzo Rico Joueurs de champ : ALD2 Javier Cabanas 0/2ARG3 Juan Francisco Muñoz 1/1 DC5 Ricardo Marín 0/1 ARD6 Mateo Garralda 2/4 ARD7 Iñaki Urdangarin 1/2 DC8 Enric Masip 6/7 (4 pen.) ARG9 2/7 P11 2/2 P13 Luis García López 0/0 ALG14 Aleix Franch 2/4 Entraîneur : Javier García Cuesta Feuille de match Statistiques 16/30 Buts marqués 18/40 53,3 % % réussite 45,0 % 4/4 Jets de 7m 2/2 3 Cartons jaunes 3 2 Suspensions 8 0 Cartons rouges 0 Gardiens : GB1 Philippe Médard GB16 Frédéric Perez Joueurs de champ : DEF3 Pascal Mahé 2/2 (2 pen.) ARD4 Philippe Debureau 2/5ARG5 Frédéric Volle 4/5 ARG6 Denis Lathoud 3/6 ALD11 Éric Quintin 2/5P13 Philippe Gardent 1/2ALG14 Thierry Perreux 1/4 ARD15 Laurent Munier 0/6DC17 Jackson Richardson 3/4 ALD18 Stéphane Stoecklin 0/1Entraîneur : Daniel Costantini

Défaite face à l’Equipe unifiée

France : Perez ( mi-temps), Thiébaut (2 mi-temps), Mahé (1 pen.), Debureau (3), Volle (2), Lathoud (3), Tristant (1), Monthurel (1), Portes (4), Perreux (1), Munier (4), Richardson (2). Équipe unifiée : Gavrilov (1), Barbachinski (1), Gopine (6), Douïchebaïev (9, dont 3 pen.), Iakimovitch (5), Kisselev (1).

Victoire face à l’Allemagne

France : Médard, Thiébaut, Lathoud (5), Munier (5), Richardson (3), Mahé (3 pen.), Volle (2), Gardent (2), Perreux (1), Portes (1), Stoecklin (1). Allemagne : Ratka (3), Klemm (1), Schneider (4), Winselmann (3), Zerbe (4), Fraatz (4), Hahn (1).

Victoire face à la Roumanie

France: Perez ( mi-temps), Thiébaut ( mi-temps), Lathoud (6), Gardent (5), Volle (4), Portes (3), Mahé (2 pen.), Debureau (1), Perreux (2), Munier (2), Richardson (1), Tristant. Roumanie : Zaharia (7, dont 4 pen.), Licu (6), Mocanu (3), Berbece (2), Dedu (1), Popovici (1).

Victoire face à l'Égypte

France : Perez, Médard ; Munier (8/10), Richardson (2/3), Quintin (3/4), Mahé (2/3), Volle (2/5), Lathoud (1/2), Gardent (1/2), Stoecklin (1/4), Monthurel (2/3), Tristant (0/0). Égypte : El-Awady, Abdel Hamid (GB) ; El-Attar (3/7), Serageldin (0/1), Abdallah (1/4), Mohamed (4/6), El-Kasaby (2/2), Mahmoud (3/5), Nabil (0/0), Debes (4/7), Mabrouk (1/4), Belal (1/4)

Phase finale

Demi-finale : défaite face à la Suède

Gardiens : GB1 Mats Olsson GB16 Tomas Svensson Joueurs de champ : DC3 Magnus Wislander 4/5 AR5 Ola Lindgren 2/7 P6 Per Carlén 5/5 AL7 Erik Hajas 5/7AL8 Magnus Cato 0/0 P9 Axel Sjöblad 0/0AR10 Robert Andersson 0/0AL11 Pierre Thorsson 6/7 ARD13 Staffan Olsson 2/6 DC14 Magnus Andersson 1/4 Entraîneur : Bengt Johansson Feuille de match.. Statistiques 25/41 Buts marqués 22/49 60,98 % % réussite 44,90 % 2/4 Jets de 7m 4/42 Cartons jaunes 312 min Suspensions 12 min 0 Cartons rouges 1 Gardiens : GB1 Philippe Médard GB12 Jean-Luc Thiébaut Joueurs de champ : DEF3 Pascal Mahé 2/2 (dont 2 pen.) ARD4 Philippe Debureau 1/5ARG5 Frédéric Volle 5/10 (dont 1 pen.) ARG6 Denis Lathoud 6/15 (dont 1 pen.)ALG10 Alain Portes 1/2ALD11 Éric Quintin 0/1P13 Philippe Gardent 4/6ALG14 Thierry Perreux 2/2ARD15 Laurent Munier 1/6 DC17 Jackson Richardson 0/0 Entraîneur : Daniel Costantini

Match pour la troisième place