La licence poétique, à l'intérieur d'un vers, est la permission que s'accorde le poète de changer la prononciation (rimes normandes), voire l'orthographe d'un mot (encor au lieu de encore), pour rester dans le cadre de la prosodie et de la versification. La licence poétique n’est cependant pas l’apanage des seuls poètes puisque quiconque peut justifier d’une licence poétique, tel que c’est le cas chez certains écrivains et paroliers, professionnels comme amateurs.
Histoire La licence poétique naît, par définition, lorsqu'un usage correct de la langue est fixé. La codification de la langue française a été entreprise à partir du . Dès lors, les poètes de la Renaissance, particulièrement la Pléiade, se donnent pour mission d'enrichir la langue française à l'aide de licences poétiques. Ils préconisent notamment le recours aux barbarismes. Ainsi, du Bellay, dans sa Défense et illustration de la langue française, écrit au Chapitre VI :
Des néologismes ou des provincialismes (comme provignement, utilisé au sens figuré pour la première fois par Pierre de Ronsard) sont alors permis par licence poétique. Les héritiers de la Pléiade, tels Mathurin Régnier, poursuivent dans cette voie et opposent l'invention poétique et la grammaire codée, dans un même esprit d'élitisme. Si la langue poétique se permet des licences, c'est qu'elle est supérieure à la langue commune et la dépasse par le génie du poète.
Le voit cependant une forte remise en question de la licence poétique avec l'œuvre de François de Malherbe : ce poète à la cour, par une série de remarques sur la versification, impose le classicisme à la poésie française. Dès lors, quelques licences subsistent : les plus habituelles comme encor au lieu de l'orthographe encore. Au , la licence redevient le signe de la grandeur et de la liberté du poète. Ainsi, dans son poème « Vésuves et », Tristan Corbière écrit ce vers :
Il met ainsi en tension la licence poétique (encor), qui se double d'une apostrophe, figure poétique traditionnelle, et l'apparition omniprésente de la modernité (la gare de train à Pompéi).
Licences poétiques de la versification classique Les principales licences poétiques concernent l'orthographe, la phonétique, la syntaxe et la rime.
Prononciation Certaines formes de rimes transforment la prononciation usuelle des mots : Ici, le « tous » devrait se prononcer /tus/ mais se prononce /tu/ pour rimer avec « genoux » :
Une liaison peut être faite à l'intérieur d'un vers alors que l'orthographe ne l'autorise pas :
Dans ce dernier cas, Serge Gainsbourg reprend une ancienne orthographe parfois encore utilisée (pas uniquement en poésie) et citée par le dictionnaire Le Robert (2026).
Orthographe ou grammaire
Certains mots peuvent être orthographiés de différentes manières en versification classique.
Exemple :
Liens externes
Catégorie:Versification