vignette|Église Sainte-Foy vignette|GargouilleLes vitraux de l'église Sainte-Foy de Conches-en-Ouche, dans le département de l'Eure, constituent un ensemble important d'œuvres datant pour la plupart du milieu de . La nef de l'église comporte huit travées ; les fenêtres des sept premières sont, de part et d'autre, décorés de riches verrières. Le chœur est à sept pans, et chacune de ses ouvertures porte un vitrail.

Certains ont été reconstruits d'après des relevés existants après l'effondrement de la tour du clocher en 1846. Deux verrières réalisées vers 1500-1510 (vitraux N7 et S7) proviennent de l’édifice précédent. Elles ont été remontées vers 1550 dans la nef reconstruite, et adaptées aux dimensions et formes différences des baies. La baie N7 et le tympan de la baie S7 sont attribués à Arnoult de Nimègue, les lancettes de la baie S7 au Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste. De nombreuses dates et inscriptions figurent dans les vitraux, et permettent de suivre la mise en place des verrières des cinq dernières travées des bas-côtés (baies N1-N6, S1-S6), posées entre 1540 (baie S2) et 1552 ou 1553 (baies N4, S4, N5). Les verrières du chœur sont vraisemblablement contemporaines de celles de la nef. Elles sont en tout cas postérieures à 1535, date de la gravure d'Aldegrever utilisée comme modèle pour le putti de la baie C.

De nombreuses campagnes de restauration ont été entreprises, dès le début de l'installation. La chute de la flèche, le , endommage sérieusement plusieurs panneaux du chœur et surtout les baies du bas-côté sud de la nef, pulvérisant le vitrail de la baie S6 (18) Abraham et Melchisédech. Des relevés à grandeur de toutes les verrières sont commandés par l’État à Jean-Edmond et François-Michel Laumônier, sculpteurs sur bois à Conches, entre 1850 et 1855. Le verrier François Décorchemont, petit-fils de François-Michel Laumônier, remet les calques à diverses institutions.

Une première campagne de restauration est menée à bien de 1857 à 1869-1870 par Charles-Laurent Maréchal, troublée cependant par la destruction de la baie N4 (13) « Annonciation » dans l’incendie de l’atelier le . Les verrières sont déposées à Conches, expédiées par chemin de fer, puis reposées après restauration.

La seconde campagne, plus substantielle, concerne les baies de l’abside. La plupart des panneaux inférieurs des baies A, B, F, G (5,3,4 et 6) ont été restaurés entre 1875 et 1880. Ils avaient été détruits lors de la construction de la sacristie. La restauration est menée par le peintre vitrier Leprévost entre 1875 et 1880. De nombreuses photos ont été prises à l'époque, montrant l'état des verrières avant et après restauration.

Des accidents de toute sorte continuent à se produire ; ainsi, en , des jets de canettes de bière ont endommagé des vitrauxVandalisme dans l'église Sainte-Foy à Conches en Ouche : deux vitraux détériorés..

Vitraux du chœur Les sept verrières du chœur comportent une partie supérieure décrivant la Passion du Christ et une partie inférieure sur la vie de sainte Foy. Chacune est à deux lancettes trilobées, sur deux niveaux superposés (chacun à trois registres) ; le tympan est soit à deux ajours et soufflet, soit à mouchettes..

Cinq vitraux de la partie inférieure comportent en plus des panneaux dédiés aux donateurs et aux patrons. Chacune des parties supérieure et inférieure de ces sept verrières est constituée elle-même de trois scènes superposées. On retrouve dans la partie inférieure de la plupart des panneaux, séparés du reste de la scène, des figures de saints et des principaux donateurs, souvent richement vêtus et dans la pose du priant.

Les baies sont numérotées A, B, C, D, E, F, G de la gauche vers la droiteC'est aussi la numérotation des photos prises par le photographe Leprévost avant 1910 dans la base d'Image de Base Mémoire. ce qui correspond, dans la numérotation « officielle » du Corpus vitrearum, à 5, 3, 1, 0, 2, 4, 6. La verrière centrale est donc D (0).

Partie supérieure: la Passion du Christ

Les vitraux de la partie supérieure représentent des scènes de la Passion du Christ. Ils ont été réalisés principalement vers 1535, d'après des gravures d'Albrecht Dürer, à Gisors dans l'atelier de Romain Buron, un élève d'Engrand Leprince (la baie B porte une signature). Pendant longtemps, l'inscription , découverte en 1855 dans le galon du costume de saint Louis, a fait attribuer à tort les verrières au Heinrich Aldegrever, élève de Dürer.. La thèse actuelle est que Romain Buron a copié intégralement un carton d'Aldegrever, y compris la signature. Les vitraux ont été offerts par Jean Le Vavasseur, abbé de l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Conches de 1526 à 1556, et par une ou deux familles de donateurs dont les armoiries et figures des baies B, C, D et E ne sont pas identifiées.

Les épisodes de la Passion se lisent de la gauche vers la droite ; pour les deux premiers vitraux, la lecture se fait de haut en bas. Les étapes décrivent les évènements avant la mort. Les autres vitraux, C, D E, F, G se lisent de bas en haut. Les baies de gauche relatent les épisodes de la Passion qui précèdent la crucifixion ; celles de droite les évènements après la mort sur la croix. Vitrail A (5) : Entrée à Jérusalem vignette|Vitrail A : Début de la PassionDe haut en bas, les trois scènes décrivent le tout début de la Passion. Elles se lisent comme suit : Jésus, sur la lancette droite, quitte de sa mère, sur la lancette gauche, soutenue par une femme. Jésus, sur la lancette gauche entre dans Jérusalem, suivi d'une foule ; il est accueilli par les notables sur la lancette droite ; un habitant étend un manteau sous les pas de l'âne. La Cène ; Judas tourne le dos au public, on voit bien sa bourse dissimulée derrière son dos.

Vitrail B (3) : Au Jardin des Oliviers Jésus au Jardin des Oliviers (Photo avant restauration.). Jésus est en prière à droite, les apôtres au centre sont endormis. En haut à gauche, les soldats guidés par Judas entrent dans le Jardin À droite, Judas, la bourse à la main, donne le baiser de la trahison au Christ. Au premier plan, l'apôtre Pierre a tiré son sabre et coupé l'oreille du serviteur Malchus. Le monogramme de Romain Buron sur la lame du sabre de saint Pierre. Jésus est devant le grand prêtre Caïphe debout sur les marches de son palais Les verres de couleur du tympan sont modernes avec remploi d'éléments du .

Vitrail C (1) : Ecce homo La lecture se fait de bas en haut à partir de ce vitrail : Flagellation ; le Christ est attaché à un pilier, à droite Ponce Pilate et les soldats regardent la scène Couronnement d'épines ; deuxième panneau de la lancette droite restaurée Ecce homo ; le Christ est montré au peuple. La tête de lancette restaurée Le tympan est moderne avec remploi de deux écus armoriés non identifiés montés en chef-d'œuvre dont l'un était placé en bouche-trou de la baie B (3) avant la restauration de 1875-1880.

Vitrail D (0) : Crucifixion Comparution devant Pilate qui se lave les mains ; les soldats emmènent Jésus vers le calvaire Portement de croix : le Christ porte la croix, aidé par Simon de Cyrène ; panneau très restauré Crucifixion : Le Christ est sur la croix, un soldat lui perce le côté droit à l'aide d'une lance. Marie Madeleine étreint la base de la croix. Au tympan, dans le lobe de droite, représentation du pélican qui s'ouvre la poitrine pour nourrir ses petits. Dans le soufflet supérieur : le soleil et la lune ; verre de couleur moderne dans les autres ajours.

Vitrail E (2) : Résurrection Descente de croix : Joseph d'Arimathie détache le Christ de la croix. Marie effondrée à droite est soutenue. Le Christ aux limbes : Les limbes représentées par une prison aux fenêtres grillagées. Le Christ est dans la tenue de son martyre. Trois femmes s'élancent vers Jésus qui est suivi de Moïse puis Adam et Ève. Sur le sol sous le Christ, le démon est représenté en lézard. La résurrection : Le Christ sort du tombeau, en manteau rouge, un étendard triomphal à la main. Les gardes sont à terre.

Vitrail F (4) : Jésus et Marie Jésus rend visite à sa mère Jésus apparaît à Marie-Madeleine : Le Christ est représenté en jardinier, une bêche à la main. Saint Pierre et la pêche miraculeuse : sous l'ordre de Jésus, les disciples jettent leurs filets et font une pêche miraculeuse. D'après une gravure de Jean Swart. Un détail du vitrail est représenté sur un timbre en 1963 d'après le dessin de Décorchemont, dessiné et gravé par Jacques CombetTimbre de 1963 Église Sainte Foy de Conches..

Vitrail G (6) : Ascension Incrédulité de Thomas : le Christ invite Thomas à mettre son doigt dans la plaie sur son côté. Ascension : Devant les apôtres, le Christ s'élève au ciel sur un nuage bleu (on ne voit que ses pieds). Pentecôte : Les apôtres sont enfermés, le Saint-Esprit descend sous forme de boules de feu.

Partie inférieure : la Vie de sainte Foy vignette|Vitrail C : Scènes de la vie de sainte Foy Les parties inférieures décrivent des scènes de la vie de sainte Foy et de son martyre. Chaque scène est assortie d'une description en français sur deux lignes, en écriture gothique. La plupart des panneaux inférieurs des baies extrêmes (A, B, F et G) ont été détruits lors de la construction du toit de sacristie, et restaurés de 1875 à 1880 par les peintres-verriers Charles Leprévost (-1903)Notice sur Mistral et Adolphe Charles Edouard Steinheil (1850-1908)Notice de Steinheil sur Mistral..

Vitrail A : Enfance de saint Foy Naissance de sainte Foy Éducation de sainte Foy Prédication de sainte Foy

Vitrail B : Persécution vignette|Vitrail B. Détail Sa mère l'encourage dans sa foiPhotos des baies A et B sur ndoduc.free.. Sainte Foy devant Dacien Dans le registre inférieur, Nicolas Baudot et sa femme ; tous deux sont agenouillés, mains jointes. L'évêque Nicolas, à gauche, patronne Nicolas Baudot, saint Benoît et saint Roch patronnent sa femme, à droite.

Vitrail C : Supplices Ce vitrail est inspiré d'un carton d'Aldegrevers que Romain Buron a copié, y compris la signature. Supplice des tenailles des seins de sainte Foy ; le buste de la sainte et la partie gauche de l'inscription sous la scène sont restaurés. Effondrement du palais sur les soldats venus violer la sainte avant son supplice ; les panneaux supérieurs de la lancette droite recomposés par Leprévost. Benoît ou Nicolas et Louis IX ; l'abbé dans la lancette gauche est identifié, ainsi que les armoiries. Deux suggestions sont formulées : Saint Nicolas, évêque de Myrrhe avec sa crosse épiscopale et les Évangiles, ou saint Benoît et la règle bénédictine avec la crosse tournée vers lui. Dans la partie inférieure, les armoiries des donateurs portées par de putti aux armes de la famille Le Vavasseur (abbés de l'abbaye de Conches) et réalisés d'après la gravure d'Heinrich Aldegrevers, Quatorze enfants dansant en rond au son du violon et de la trompette. La tête originale du putto de droite est conservée dans une collection particulière. Les figures sont très restaurées, surtout celle de saint Louis, dont la partie inférieure a été brisée lors d'un cambriolage en 1865.

Vitrail D (0) : Martyre de sainte Foy vignette|Vitrail D. Martyre de sainte Foy. Sainte Foy est couchée sur un gril, entourée de flammes ; une colombe lui apporte la couronne du martyre. Sur la lancette droite, sainte Foy est plongée dans un chaudron ; un bourreau regarde un ange descendre du ciel pour éteindre le feu. À gauche, Dacien. D'après la gravure de Marcantoine Raimondi, Le martyre de sainte Cécile. Le buste de la sainte est remplacé par une copie lors de la restauration de 1875-1880, l'original est au Duke University Museum of Art (maintenant le Nasher Museum of Art).

Dans la partie des donateurs, à gauche saint Pierre avec la clé et saint Paul avec son épée ; tous deux sont les patrons de l'abbaye de Conches. À droite Jean Le Vavasseur, abbé de Conches de 1526 à 1556, sous la protection de Jean le Baptiste (panneau inférieur et tête du donateur restaurés).