Auguste Jean-Baptiste Chevalier, né le à Domfront et mort dans la nuit du 3 au à Paris, est un biologiste et botaniste français.
Biographie Sa famille possède une modeste ferme en Normandie. Il fait ses études à Saint-Front, Domfront puis Caen. Il est chargé en 1893 par Élie Antoine Octave Lignier de réaliser le catalogue des herbiers du laboratoire de la faculté de Caen.
Après son service militaire , il obtient sa licence de biologie . Pendant cette période il fait - déjà - cinq communications sur la flore à la Société Linéenne de Normandie.
Il part à Lille en 1896 pour préparer son doctorat, et devient alors préparateur en botanique auprès du botaniste Charles Eugène Bertrand. En 1897, il bénéficie d'une bourse qui lui permet d'entrer au laboratoire de botanique de Philippe Van Tieghem (1839-1914) au Muséum national d'histoire naturelle.
Voyages en Afrique Premier voyage en Afrique, deux missions Première mission, 1898-1899
Puis en 1898 il est désigné d'office - et en urgence, il a 10 jours pour se préparer - pour participer comme botaniste à une mission - mission à l'initiative du général De Trentinian, commandant des troupes de l'Afrique Occidentale et lieutenant gouverneur du Soudan français depuis 1898. La décision s'avère difficile : quand cette proposition lui arrive, il en est encore à se concentrer sur l'obtention de sa thèse puis d'un professorat, le plus rapidement possible pour subvenir aux besoins de ses parents. Mais De Trentinian est convaincant, soulignant l'importance d'être le premier à étudier une flore inconnue ; et il aura un grade assimilé à celui de capitaine. Chevalier, qui manque d'enthousiasme pour cette interruption dans son programme visé jusque-là, obtient de De Trentinian la promesse formelle qu'il ne restera pas plus de 3 ou 4 mois au Soudan. Mais à peine arrivé, il se passionne et demande à rester jusqu'à la fin de la mission. Parmi ses compagnons se trouvent X. Coppolani, Henri Hamet (ingénieur des Arts et Manufactures), Émile Baillaud. ; et les artistes Édouard Mérite et Joseph de La Nézière.
C'est une mission militaire — il porte uniforme blanc et casque de rigueur — et pas toujours paisible : le géologue du groupe est tué par des Touaregs, les soldats de Samory Touré rôdent en débandade… Ce qui n'empêche pas Chevalier de s'écarter des sentiers battus, par exemple aux sources du Comoé. Parmi les très nombreuses découvertes de cette expédition, il révèle l'importance du Landolphia heudelotii, une liane à caoutchouc de la brousse du Soudan pour laquelle il précise la méthode scientifique de coagulation du latex. Il étudie les cotonniers, notamment le très vigoureux Gossypium punctatum Perr., dérivé de l'espèce américaine Gossypium hirsutum introduite en Afrique plusieurs siècles auparavant, et qui ne demande que de résoudre la question de l'irrigation pour fournir une production d'intérêt national.
Deuxième mission, 1899-1900
Là-dessus, vers la fin de l'année 1899 J.-B. Chaudié, premier gouverneur général de l'A.O.F. (1895-1900), souhaite organiser une mission chargée étudier sur place les richesses naturelles encore méconnues du Sénégal et d'en rapporter des spécimens pour les présenter à l'exposition universelle de 1900. Cette mission inclut Alexandre Lasnet, médecin des colonies, qui dirige la mission et est chargé de l'aspect ethnographique ; Adolphe Cligny, zoologiste ; Pierre Rambaud, géologue ; et Maurice Tranchant, peintre chargé de la partie artistique. La mission arrive de Saint-Louis en et doit rentrer en . Chevalier n'a même pas le temps de rentrer en France : sur le chemin de son retour il passe à Saint-Louis et c'est là que Chaudié l'engage à se joindre à la nouvelle mission. Il repart donc derechef pour la brousse. Cette mission se termine en .
Peut-être avec un certain biais dû à sa propre spécialité, le botaniste É. Heckel affirme que Chevalier a fourni la principale contribution de cette deuxième mission ; ses collections à l'exposition de 1900 occupent la plus grande partie des vitrines réservées à la mission, bien qu'elles ne présentent qu'une toute petite partie des échantillons recueillis lors de cette double mission..
De 1898 à 1900, Chevalier a parcouru (à pied) environ , réunissant à peu près échantillons botaniques ; soit les éléments d'une flore à peu près complète du Sénégal et une flore bien avancée du Soudan.
Chevalier obtient son titre de docteur en 1901.
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Deuxième voyage en Afrique 1902-1904
Il organise et dirige lui-même son second voyage en Afrique, allant du Chari au lac Tchad en 1902-1904. Il choisit pour l'accompagner Henri Courtet (officier d'administration de classe d'artillerie coloniale, près de quinze ans dans de nombreuses colonies françaises), Gaston Jules Decorse (aide-major de classe de l'armée coloniale, correspondant du Muséum, revient tout juste de près de trois années consécutives à Madagascar - décédé 1907.) et Vincent Martret (spécialiste des cultures tropicales notamment au Soudan, décède au retour de cette mission). Mission purement scientifique et civile, elle n'est cependant pas de tout repos non plus. Il est quelque peu retenu à Ndéllé, négociant avec Senoussi, sultan et grand marchand d'esclaves, la protection d'une escorte. Bien lui en prend, car l'expédition trouve sur son chemin dans le Dar-Khouti les restes de la mission Crampel entièrement tuée en 1891 par le même Senoussi. À l'époque, le lac Tchad n'a été visité (par des Européens) qu'une dizaine de fois. à son retour il est très officiellement reçu au grand amphithéâtre de la Sorbonne, décoré de la Légion d'honneur, et deux ans plus tard a droit à son article dans le supplément du Grand Larousse. Lors de cette expédition il fait ce qui est peut-être sa plus grande découverte — économique, s'entend — : le Coffea excelsa, espèce géante qu'il trouve dans le Haut-Chari et qui va lentement mais sûrement supplanter les espèces locales utilisés jusqu'alors dans les cultures tropicales du monde.
Retour
Dès 1904 il est chargé d'une mission scientifique permanente pour l'étude des ressources agricoles et forestières de l'Ouest africain. Il choisit de créer un jardin botanique à Dalaba, sur les hauts plateaux du Fouta-Djalon. Jusqu'au début de la guerre de 1914-1918 il y introduit quantité d'espèces susceptibles d'acclimatation, parmi lesquelles les plus notées sont des arbres fruitiers, des caféiers, quinquinas et eucalyptus. Il devient spécialiste des bois coloniaux. En 1928 il écrit qu'avant son travail, l'Okoumé et le Khaya sont les deux seules espèces d'arbres exploitées en Côte-d'Ivoire et au Gabon ; ses études ont porté à 20 le nombre d'espèces exploitées.
Il travaille au laboratoire d'agronomie coloniale de l'École pratique des hautes études (laboratoire interministériel, de l'Instruction publique et des Colonies) avant d'en devenir puis le directeur (1911)..
Il est un des principaux collaborateurs du Journal d'agriculture tropicale (agricole, scientifique et commercial) (1901-1919). Son créateur Jean Vilbouchevitch étant décédé en 1907, il en devient le rédacteur en 1912.
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1908-1910 : Guinée, Côte-d'Ivoire, Dahomey, Haut-Sénégal, Niger et Sénégal
Commandité par le ministère de l'instruction publique et des beaux-arts et financé également par la Société de Géographie et l'Académie des sciences, il organise une mission qui quitte Bordeaux en pour rejoindre la Guinée française. Il l'a déjà visitée en 1905 et 1907 et Merleau-Ponty, gouverneur général de l'A.O.F. (1808-1815), a sollicité le Muséum pour la création d'un établissement scientifique destiné à l'étude des végétaux d'intérêt économique. La mission commence donc par choisir un emplacement pour ce jardin botanique : près de Dalaba sur le plateau de Diaguissa dans le massif montagneux du Fouta-Djalon. Cette mission passe ensuite en Côte-d'Ivoire, au Dahomey, au Haut-Sénégal, au Niger et au Sénégal. Elle s'embarque pour la France à Dakar le .
1927, 1931-1932 : le Sahara
Lors de son premier voyage en Afrique (1898-1900), il passe aussi trois mois au bord du Sahara méridional, vers Tombouctou occupée depuis peu. Coppolani projette alors de relier l'Algérie à l'Afrique occidentale et lui propose une expédition dans ce sens. Chevalier a pris goût au Sahara autant qu'à l'Afrique occidentale, mais il est déjà en train de préparer son deuxième voyage en Afrique et lui propose de remettre la mission au Sahara à plus tard. Puis Coppolani est assassiné à Tijikta en 1905 et Chevalier consacre les quelque quatorze années suivantes au Soudan central, à la zone guinéenne et surtout à la forêt vierge de l'Ouest africain. Pendant cette période il s'approche du Sahara seulement à deux reprises : en septembre- à l'est et au sud-est du lac Tchad, et en alors qu'il se rend de Kayes (Mali) au Sénégal par le Ferlo — qui n'appartient pas au Sahara mais a déjà le faciès d'un désert. Toutefois il amasse aussi une large collection de plantes de Mauritanie et du Sahara méridional grâce aux envois de nombreux officiers et sous-officiers méharistes, notamment les colonels Charles Mouret et Gaston Schmitt, le lieutenant-colonel Charles-Lagostes, etc.
Il voit le Sahara du Nord pour la première fois en 1927, lors d'un rapide voyage pour une mission pour Viollette (Gouverneur général de l'Algérie) et Saint (résident général en Tunisie -).
Du au il fait sa mission en Afrique, cette fois dans le Sahara et en Afrique Occidentale où il parcourt . Il visite entre autres la station expérimentale d'Aïn-ben-Noui récemment créée par les Territoires du Sud pour l'étude du dattier : et celle créée par Louis Trabut à El Arfiane (entre Biskra et Touggourt, qu'il a déjà visitée en 1927), toutes deux étudiant principalement les dattiers. Il passe par l'oued Rhir et les principales oasis du Sud algérien (Touggourt, Témacine, Ouargla, El Goléa, Fort Mac-Mahon, Adrar, Reggane, Taourirt). Cette mission reçoit l'aval de J. Brévié (gouverneur général de l'A.O.F. 1930-1936), qui souhaite que Chevalier étudie aussi la végétation du Niger français, et de J. Carde (gouverneur général de l'Algérie 1930-1935). Elle est financée par le ministère de l'Instruction publique, le Muséum national d'Histoire naturelle, l'Institut de France, l'Académie des sciences coloniales, le Comité de l'Afrique française, la Direction des Territoires du Sud de l'Algérie, la Colonie du Niger et le Soudan français. Chevalier s'adjoint les services de A. Leclercq, récemment sorti de l'école d'horticulture de Versailles, qui est chargé de créer un jardin d'acclimatation à Reggane et de former ensuite des collections dans les parties du Soudan français bordant le Sahara. L'accompagne aussi Jean-François Rogeon, attaché au Service agronomique du Soudan et chargé de l'exploration botanique des régions peu étudiées de la colonie du Niger, notamment les montagnes de l'Aïr et la contrée comprise entre ce massif et le Tchad ; Rogeon décède d'une septicémie à 26 ans en 1932..
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Voyages en Orient 1913-1920