L'économie de Montréal est caractérisée par sa grande diversité. Elle repose principalement sur le secteur tertiaire, qui est responsable d'environ de tous les emplois de la métropole. Depuis quelques années, le principal moteur économique de Montréal est son secteur des hautes technologies qui comprend les activités des entreprises de pharmacologie, de biochimie, d'aérospatiale, de raffinage de pétrole et de télécommunications.

Métropole du Québec, deuxième ville en importance au Canada, Montréal est un centre industriel, commercial, financier et culturel, qui fut autrefois la métropole du Canada, à une époque où le pays se développa en centre portuaire et ferroviaire. Au moment de la colonisation française, la ville était un important centre de traite de la fourrure et de troc avec les autochtones.

Toujours une importante ville portuaire, au débouché de la voie maritime du Saint-Laurent qui la relie aux centres industriels des Grands Lacs. En tant que deuxième port le plus important du Canada, c'est un point de transbordement pour les céréales, les produits pétroliers, la machinerie et les produits manufacturés. Pour cette raison, il fait partie de l'axe principal des chemins de fer canadiens et demeure une ville ferroviaire importante.

De plus, plusieurs organisations travaillent au rayonnement économique de Montréal⁣ : la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain au niveau de la concertation des gens d'affaires, Montréal International pour attirer organismes internationaux et investisseurs étrangers ainsi que Tourisme Montréal pour faire la promotion du tourisme vers Montréal.

Histoire

Les premiers habitants permanents de Montréal sont les Iroquoiens du Saint-Laurent, une nation autochtone sédentaire qui vit principalement de la culture du maïs, des haricots, des courges et du tabac. Les Iroquoiens complètent leur alimentation par la chasse et la pêche ainsi que par le commerce avec les chasseurs-cueilleurs algonquiens. La présence d'un établissement permanent est relatée par Jacques Cartier, qui, en 1535 et en 1541, visitera brièvement un village qu'il nomme Hochelaga. Lors du premier passage de Champlain dans la région, en 1603, on ne trouve plus l'établissement autochtone pour des raisons qui n'ont pas été éclaircies. En revanche, il obtient des informations sur la géographie du territoire en amont ce qui lui permet de mieux apprécier la position stratégique du lieu dans les domaines militaire, économique et des transports. À compter de 1611, Montréal devient un lieu de rencontre entre Amérindiens et commerçants français, qui s'échangent fourrures et produits européens.

Carrefour de la traite

Fondée en 1642 afin de faire rayonner la foi catholique au cœur du continent, Ville-Marie s'organise lentement sur le plan économique. Le premier moulin seigneurial est construit en 1648 et Maisonneuve met plusieurs années à accorder des terres en concession à des engagés au terme de leur contrat afin de les inciter à rester à Montréal.

La traite des fourrures débute lentement en raison de l'insécurité provoquée par le conflit plus ou moins intense entre la colonie et les Cinq-Nations iroquoises, dont les Agniers. Dans les premières années, les Amérindiens des nations amies préfèrent souvent faire un détour par l'intérieur des terres pour commercer avec Québec ou Tadoussac, plutôt que de se frotter aux Iroquois.

L'industrie montréalaise de la fourrure prend réellement son envol dans les années 1650, sous l'impulsion de marchands tels Charles Le Moyne et Jacques Le Ber, qui prospèrent rapidement. Face à la menace, les Français organisent une série d'expéditions dans les Pays d'en Haut pour recueillir les fourrures. Radisson et des Groseilliers font figure de précurseurs en ramenant une importante cargaison à Montréal en 1660.

La transition vers le statut de colonie royale en 1663 et l'expédition militaire menée contre les Iroquois en 1665-1666 ramène une paix relative et permet de relancer le commerce par le biais d'une foire des fourrures, organisée annuellement. Montréal solidifie sa vocation de carrefour des transports et de la traite des fourrures entre la Nouvelle-France et l'arrière-pays. Sa localisation, à la confluence de plusieurs voies navigables, permet aux voyageurs de sillonner l'Empire français d'Amérique jusqu'au Mississippi. Montréal est «un pivot essentiel» du vaste territoire qui encercle les colonies anglaises.

Montréal a été le point de départ de l’exploration française de l’intérieur par des explorateurs tels Louis Jolliet, René Robert Cavelier de La Salle, Pierre de La Vérendrye et Daniel Duluth. À son apogée, le commerce des fourrures «fait vivre directement ou indirectement le tiers de la population active» de Montréal selon l'historienne Louise Dechêne. Une modeste économie agricole permet à Montréal d'approvisionner en blé certains territoires français comme Louisbourg.

Carrefour des transports

En 1759, Montréal compte environ . La Conquête britannique de 1760 provoque d'importants bouleversements dans la société montréalaise. Désavantagés sur le plan de l'approvisionnement et coupés de leurs sources traditionnelles de capitaux, les marchands français et canadiens ne peuvent concurrencer leurs nouveaux concurrents d'origine britannique ou américaine qui profitent de l'annulation du régime des permis de traite en vigueur sous l'administration française. Les Frobisher, Henry, McGill, McTavish, parmi d'autres, s'élèvent pour former la nouvelle bourgeoisie montréalaise du castor. À compter de 1785, cette grande bourgeoisie se réunit au .

La plupart des grands marchands montréalais se rendent compte au cours des années 1770 qu'ils diminueraient les coûts et augmenteraient les profits en s'associant au sein d'une entreprise commune. Ils forment la Compagnie du Nord-Ouest en 1779, qui met en place un réseau unifié de postes de traite dans l'Ouest tout en améliorant le transport. Pendant une quarantaine d'années, les marchands montréalais augmenteront leur puissance, mais se heurteront à la Compagnie de la Baie d'Hudson, dont les coûts de transport sont inférieurs, avec leurs postes dans la baie d'Hudson. Pour Montréal, la fusion des deux sociétés au profit de la Compagnie de la Baie d'Hudson en 1821 marquera la fin de 150 ans de son contrôle de l'industrie de la fourrure.

Le début du marque une importante transition dans l'activité commerciale de Montréal. Au moment où l'industrie de la traite des fourrures commence à perdre son importance relative, sa position géographique, jadis si utile pour transiger les peaux, lui permet d'effectuer rapidement une transition vers une nouvelle activité florissante, le négoce et les transports. L'arrivée des Loyalistes, défaits lors de la révolution américaine, et leur établissement dans le Haut-Canada, fait de Montréal la plaque tournante de l'approvisionnement et du peuplement de la région des Grands Lacs. Les marchands de Montréal fournissent le Haut-Canada de la quincaillerie, du café, du thé, du coton, de la soie, de la laine et du sucre, alors que le Bas-Canada reçoit du blé, de la farine, du beurre, du porc, du bois et de la potasse. En 1851, le Bas-Canada achète 4,3 millions de tonnes de blé et de farine des fermes du Haut-Canada.

La croissance rapide de la ville s'accélère avec la construction en 1824 du canal de Lachine. Le nouvel ouvrage permet aux navires de franchir les rapides de Lachine, facilitant les communications entre l'Atlantique et les Grands Lacs. La seconde moitié du amena le rapide développement du chemin de fer, la création d'une ligne ferroviaire de entre Laprairie et Saint-Jean-sur-Richelieu en 1836, et celle du canal de Chambly, inauguré en 1843. Les deux infrastructures améliorent les communications avec New York, via le lac Champlain et le fleuve Hudson.

Mais au-delà du système de canaux pour alimenter l'arrière-pays, Montréal développe son lien avec l'Europe. Les premiers membres de la Commission du Havre de Montréal sont nommés en 1830. Deux ans plus tard, de quais sont aménagés sur le bord du Saint-Laurent. À compter de 1850, John Young lance les travaux de dragage du fleuve permettant aux vaisseaux océaniques de remonter jusqu'à Montréal. Le chantier, — qui inclut l'agrandissement des infrastructures portuaires —, sera complété en 1888, mais dès 1856, une liaison régulière avec Liverpool est établie par la .

La construction des lignes du Grand Tronc vers Toronto et les Provinces maritimes dans les années 1850, et celle du pont Victoria, en 1860, ont consolidé la vocation de la ville. La compagnie ferroviaire du Canadien Pacifique y installa son siège social en 1880, faisant de Montréal le nœud ferroviaire du Canada.

Métropole industrielle et financière

thumb|La rue Sainte-Catherine Ouest en 1930. À cette époque, le commerce est dominé par les marchands anglophones. Le nouveau rôle de Montréal comme plaque tournante des transports au s'accompagne d'une diversification considérable du commerce. La ville exporte des denrées agricoles vers la Grande-Bretagne, principalement du blé, et importe tout un éventail de marchandises qui sont écoulées à travers les réseaux des marchands de la ville. Parmi les précurseurs de l'activité industrielle figure John Molson, qui installe sa brasserie au pied du courant en 1786, sur un site que l'entreprise occupe toujours 225 ans plus tard.

Le développement du commerce et du transport est suivi de celui d'une infrastructure financière. La Banque de Montréal est fondée en 1817; trois autres banques — la Bank of CanadaAucun lien avec la banque centrale canadienne, qui sera fondée au ., la City Bank et la Banque du Peuple — s'établissent en ville dans les 20 années suivantes. Montréal devient le centre financier de l'Amérique du Nord britannique, un rôle qu'il conservera pendant plus d'un siècle.

Les premières transactions sur actions à Montréal sont effectuées au Exchange Coffee House en 1832. Il faudra cependant attendre 40 ans avant que la ville organise formellement son marché boursier. La Bourse de Montréal se dote d'une existence légale en 1874.

L'industrie artisanale cède peu à peu la place à une industrialisation plus poussée et diversifiée qui se déploie en deux étapes. La première vague d'industrialisation coïncide avec l'union des Haut et Bas-Canada en 1840 à une époque où la Grande-Bretagne abandonne le mercantilisme.

La première vague est suivie d'une seconde à compter des années 1880. Dans la foulée de la crise économique de 1873, les gouvernements mettent en place des mesures protectionnistes. Au Canada, la mise en œuvre de la Politique nationale par John A. MacDonald, en 1879, provoque le déplacement des industries vers l'Ontario et la région de Montréal. Pour la métropole, cette période est marquée par la croissance rapide de la population et de l'activité industrielle.

Déclin relatif et relance Plusieurs facteurs contribuent toutefois à transformer durablement l'économie montréalaise au terme de la Deuxième Guerre mondiale. D'une part, on constate à cette époque un vaste déplacement des industries de fabrication de biens durables vers le Midwest et le sud de l'Ontario. Combinée à des changements technologiques, comme l'essor du camionnage et la mise en service de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1959, cette tendance réduit l'importance de Montréal comme centre de transbordement des marchandises.