L'Ordre du jour est un récit d'Éric Vuillard paru le chez Actes Sud dans la collection « Un endroit où aller ». Le livre reçoit le prix Goncourt en 2017..
Résumé L'Ordre du jour est un récit relativement court, qui relate plusieurs épisodes des prémices et du début du Troisième Reich dans les années 1930 et montre comment .. Le récit .
Le récit commence par une réunion tenue le où Hermann Göring demande à vingt-quatre patrons allemands (dont ceux d'Agfa, Allianz, BASF, Bayer, IG Farben, Krupp, Opel, Siemens, Telefunken…) de le soutenir financièrement pour les élections. Les 24 entrepreneurs sont : Wilhelm von Opel, Gustav Krupp, Albert Vögler, Günter Quandt, Friedrich Flick, , , , , , , , Eduard Schulte, , , , , , , , Kurt Schmitt, et le docteur Stein. Plus tard, plusieurs d'entre eux bénéficient du travail forcé des déportés, internés et prisonniers, une main d'œuvre à bon marché.
Il revient ensuite sur l'Anschluss à travers différents moments souvent méconnus de l'histoire dont, entre autres : la rencontre entre Hitler et le chancelier autrichien Schuschnigg, le à Berchtesgaden ; la panne des panzers allemands, une fois la frontière autrichienne franchie ; le dîner londonien au cours duquel Ribbentrop abuse de la politesse du premier ministre britannique Neville Chamberlain pour retarder la réponse britannique à l'Anschluss. Le récit explore aussi le destin parfois funeste des grands entrepreneurs allemands après la Seconde Guerre mondiale, durant les procès de Nuremberg. Certains passèrent entre les mailles du filet, mais d’autres, tels que Seyss-Inquart furent condamnés à mort.
Titre et couverture vignette|redresse|Gustav Krupp von Bohlen und Halbach. Le titre renvoie à plusieurs événements du récit : la réunion entre les grands chefs d'entreprise allemands et Hermann Göring dans le but d'obtenir leur soutien financier pour les élections à venir, l'annexion très rapide (en une seule journée) de l'Autriche par l'Allemagne et enfin tous les événements froidement préparés et décidés à l'avance dans des salles de réunions.
La couverture du livre montre une photo de l’industriel allemand Gustav Krupp von Bohlen und Halbach prise en . L’homme est alors à la tête de la multinationale allemande Krupp spécialisée dans le domaine de l’acier depuis 1811. Il sera plus tard jugé au procès de Nuremberg pour avoir mis sa puissance industrielle au service de l'Allemagne nazie. Il est l’un des premiers protagonistes rencontrés dès le début du récit.
Anschluss L'annexion de l’Autriche à l’Allemagne (Anschluss) du est ici traitée sous une approche mal connue en France, comme une succession de déconvenues et de malentendus. Ainsi est évoquée la panne de 70% des Panzers, chars de combats blindés, à la frontière autrichienne, ce qui a retardé l'avancée de l'armée allemande et d'Hitler sur Vienne, laissant les Autrichiens dans l'attente et le désarroi et Hitler dans une colère noire. Le livre insiste sur la passivité totale, voire le consentement, des Autrichiens face au coup d’État organisé par le parti nazi autrichien le précédent, renversant ainsi le chancelier Kurt Schuschnigg qui avait fait une proposition de plébiscite sur la question de l'indépendance du pays. L'annexion est cependant rapide et totale : dès son arrivée dans la ville de Linz, Hitler est acclamé par plus de venues assister à sa prise de parole au balcon de l'hôtel de ville, tandis qu'à Salzbourg, les soldats allemands découvrent à leur arrivée une ville déjà entièrement décorée de drapeaux nazis. Enfin, le , à Vienne, se massent sur la Heldenplatz afin d'apercevoir Hitler.
Réception critique et ventes L’Ordre du jour d’Éric Vuillard est un récit qui s’arrête avant la Seconde Guerre mondiale, insistant sur le nazisme, en . L'action débute le , date qui suit l’incendie du Reichstag et la venue au pouvoir d’Hitler le de la même année. Une réunion entre est organisée, presque dans l'urgence, pour les convaincre de financer la campagne des élections du . Quelques retours en arrière sont nécessaires pour expliquer le processus, dont par exemple l’entretien entre Schuschnigg et Hitler à Berchtesgaden qui a lieu en 1938, même année que l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne, plus connue sous le nom de l'Anschluss. Ce récit documentaire critique traite surtout de la venue des Allemands en Autriche, dans une vision rétrospective, celle du tribunal de Nuremberg.
Traduction Ce livre est traduit en espéranto chez Z4 Éditions sous le titre TagordoPrésentation du livre sur le site de Z4 Éditions., premier prix Goncourt à disposer d’une version dans cette langue.
Critiques positives Le livre est salué par une partie importante de la critique littéraire en France. Mêmes critiques élogieuses à l'étranger, ainsi dans le Wall Street Journal (« un tour de force ») et le New Yorker (« remarquable »).
Critiques négatives Cependant le livre a fait, lors de sa sortie aux États-Unis, l'objet d'un article sévère de l'historien américain Robert Paxton dans The New York Review of Books. Paxton est devenu célèbre en France depuis la traduction en 1973 de La France de Vichy marquant une rupture décisive dans l'historiographie de la France sous l'Occupation. Dans sa critique, il souligne, empruntant lui aussi les registres de l'ironie et du sarcasme, un certain nombre d'erreurs, de platitudes voire de contre-vérités. Lui qui n'est pas un critique littéraire se moque par ailleurs de la brièveté du roman, « le plus mince » de l'histoire des ouvrages vainqueurs du Goncourt.
Éric Vuillard lui répondit : ...
Le site herodote.net, revue d'histoire grand public, titrait quant à lui: « Prix Goncourt 2017 : esbroufe ou canular ? » et critiquait une vision plate et conspirationniste de l'histoireAndré Larané, « L'Ordre du jour ; Prix Goncourt 2017 : esbroufe ou canular ? », herodote.net, 21 mars 2019..
Le récit s'est vendu à environ exemplaires à la fin 2017Mélisande Queïnnec, « Prix Goncourt : les livres primés font-ils toujours recette ? », France Info, 4 novembre 2019..
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Essai français paru en 2017 Catégorie:Prix Goncourt