Wigan est une ville anglaise chef lieu du district métropolitain du même nom faisant partie du Grand Manchester (Greater Manchester). Elle se trouve près de la rivière Douglas, à () au sud de Preston, à () au nord-ouest de Manchester et à () au nord-est de Liverpool. Wigan est la plus grande ville du Metropolitan Borough of Wigan. C’est aussi son centre administratif. La ville de Wigan compte une population de en 2001. La totalité du borough en compte .
Historiquement, Wigan fait partie du Lancashire. Durant, l’Antiquité, la ville se trouvait sur le territoire des Brigantes, une ancienne tribu celtique qui contrôlait le Nord de l’Angleterre. Les Brigantes furent envahis durant les conquêtes romaines au Il est aujourd’hui affirmé que l’emplacement du camp romain de Coccium se trouve sur la ville actuelle de Wigan. La ville s’intègre dans un borough en 1246 en vertu d'une charte du roi Henri III d'Angleterre. À la fin du Moyen Âge, c’était l’un des quatre boroughs dans le Lancastre à posséder les chartes royales ; les autres étant Lancaster, Liverpool et Preston.
Durant la révolution industrielle, Wigan fait face à une expansion économique importante et à une rapide augmentation de la population. Quoique la porcelaine et l’horlogerie aient été les principales industries en ville, Wigan est surtout connue pour ses industries et ses mines de charbon. La première mine de charbon est ouverte à Wigan en 1450. Au plus fort de l'exploitation, on compte puits à huit kilomètres du centre-ville (). L’extraction était si intensive que l’un des conseillers municipaux fit cette remarque : . Le charbonnage s’arrêta dans la dernière partie du . En 1974, Wigan devient une partie du Grand Manchester.
, un quai sur le canal entre Leeds et Liverpool, est devenu célèbre grâce à l’écrivain George Orwell. Dans son livre, Le Quai de Wigan (The Road to Wigan Pier), Orwell met en lumière les conditions difficiles de vie et de travail de la population locale dans les années 1930. Avec le déclin de l’activité industrielle dans la région, Wigan Pier avec sa collection d’entrepôts et de quais devient un patrimoine local et un quartier culturel.
Le DW Stadium accueille deux clubs, le Wigan Warriors Rugby League Football Club et le Wigan Athletic Football Club. Ces deux équipes évoluent en première ligue nationale (the top-flight national league). Ces en font l’un des meilleurs stades de la ligue de rugby à XIII dans le pays.
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Wigan en 1199A. D. Mills, A Dictionary of British Place Names, Oxford University Press, Print Publication 2011, Print , p. 708 (lire en anglais) ; Wygayn en 1240 et Wygan dans de nombreux documents historiques.
Il peut s'agir d'un toponyme celtique fondé sur le brittonique *wīg « établissement, propriété, exploitation agricole » (gallois tardif gwig) ou encore du nom de personne celtique Wigan employé absolument, un anthroponyme qui correspond au gaulois Vicanus, au vieux gallois Uuicantet au vieux breton UuiconEilert Ekwall, The Place Names Of Lancashire, Manchester University Press, 1922 103.
Histoire
On trouve de fines traces d’activités préhistoriques dans la région. Ces dernières datent principalement du pré-âge du fer. Cependant des noms celtiques dans la région de Wigan comme Bryn, Makerfield ou Ince, indiquent que la population celtique de Grande-Bretagne était active dans cette région durant l’âge du fer. Les premières personnes ayant établi leur camp dans la région de Wigan sont les Brigantes, une tribu celtique qui contrôlaient une grande partie du nord britannique. Au , la région est conquise par les Romains. À la fin du , l’Itinéraire d’Antonin mentionne un camp romain appelé Coccium à () du fort romain de Manchester et à () du fort de Ribchester (Bremetennacum). Bien que les distances soient légèrement excessives, il est très probable que Coccium soit le Wigan romain. Coccium venant du latin peut dériver des mots « coccum » qui signifie « écarlate en couleurs, vêtements écarlates » et « cocus » signifiant « cuisinier ». Les restes d’édifices et d’objets romains retrouvés à Wigan et autour de la ville sont nombreux. De nombreuses pièces de monnaie ont été retrouvées. De même, un temple dédié à Mithra fut découvert sous l’église paroissiale ainsi que les restes d’un probable fort romain à Ship Yard. Le plus impressionnant reste la découverte d’un mansio, un hôtel romain, avec ses propres hypocaustes et une salle de bains. Malgré la présence évidente d’activités romaines dans la région, il n’y a pas de conclusion évidente que Wigan soit le même site que Coccium. Il a été suggéré que celui-ci se trouvait à Standish, au nord de Wigan.
Durant la période anglo-saxonne, la région était probablement sous le contrôle des Northumbriens puis des Merciens. Au début du , des Scandinaves venant d’Irlande ont envahi la région. C’est peut-être pour cela que certains habitants de Wigan portent aujourd’hui des noms comme «Scholes». Ce dernier dérive du mot scandinave « skali » signifiant « cabane ». Plusieurs rues de Wigan portent des noms d’origine scandinave.
thumb|left|upright|Clocher de l'église paroissiale de Wigan. Bien que l’église paroissiale de Wigan figure dans Le Livre du Jugement Dernier ou Domesday Book en anglais, l’actuel bâtiment date du . De plus, Wigan n’est pas mentionné dans le Domesday Book, probablement car la ville était incluse dans le baronnie de Neweton (maintenant Newton-le-Willows). Il est cependant sûr que l’église mentionnée dans le manoir de Neweton est l’église paroissiale de Wigan. Les recteurs de l’église paroissiale étaient les châtelains de Wigan et les sous-châtelains de Neweton jusqu’au . L’enregistrement de Wigan comme un « borough » arrive en 1246. Elle fait suite à une charte du roi Henri III à John Maunsell, le recteur local de l’église et châtelain. Le « borough » est complété par une autre charte en 1257-1258, autorisant les châtelains à tenir un marché tous les lundis et deux foires annuelles.
Édouard II visite Wigan en 1323 dans un effort de stabiliser la région qui fut à l’origine de la rébellion de Banastre en 1315. Édouard resta au prieuré voisin de Upholland et tint sa cour en ville plusieurs jours. Durant la période médiévale, Wigan s’agrandit et s’enrichit. En 1536, l’antiquaire John Leland décrit la ville en disant : « Wigan pavée est grande comme Warrington et mieux construite. Il y a une église paroissiale en ville. Quelques marchands, quelques artisans et quelques fermiers. »
Durant la guerre civile anglaise, la population était royaliste. James Stanley, de Derby qui était un important et influent royaliste, fait de Wigan son quartier général. Malgré les fortifications construites autour de la ville, Wigan est capturée par les forces parlementaires le . La reprise en main de la ville se fit en à peine deux heures. La ville fut pillée avant que les défenses soient détruites et les parlementaires retirés. Le comte de Derby était absent lorsque la ville tomba. En 1648, les forces royalistes sous James Hamilton, premier duc de Hamilton, occupèrent Wigan après avoir été battues par Oliver Cromwell à la bataille de Preston. Les soldats pillèrent la ville en se retirant vers Warrington puis firent face à la peste. Cromwell décrira lui-même Wigan comme « une grande et faible ville, et très malveillante ».
La bataille de Wigan Lane se déroula le durant la troisième guerre civile anglaise, entre les Royalistes sous le commandement de James Standley, comte de Derby et une partie de la New Model Army sous le commandement du colonel Robert Lilburne. Les Royalistes furent perdants et bien que Stanley soit blessé, il réussit à s’enfuir. Comme Lord of Mann, il avait enrôlé dix hommes de chaque paroisse dans l’île de Man, 170 au total. David Craine expose : « ceux qui ne sont pas tombés ont été chassés jusqu’à leur mort à travers toute la campagne ». Un monument sur Wigan Lane fut dressé en mémoire de Sir Thomas Tydesley, un royaliste qui fut tué durant la bataille de Wigan Lane.
Wigan était décrit par Celia Fiennes, une voyageuse, en 1698 comme « une jolie ville de marché construite de pierre et de brique ». En 1720, le moot hall est reconstruit, financé par les membres du « borough ». Il a été utilisé comme mairie. Les toutes premières sources datent du . Préalablement à sa destruction définitive en 1869, le moot hall est reconstruit en 1829.
Le statut de Wigan comme centre de production de charbon, d’ingénierie et de textile durant le .
Menée par la Douglas Navigation dans les années 1740, la canalisation d’une partie de la rivière Douglas et plus tard la déviation du canal Leeds-Liverpool dans les années 1790 à la demande des usines pour transporter le charbon des mines du Lancashire aux usines de Wigan, étaient aussi utilisées pour le transport local de nourriture. Comme ville d'usines, Wigan était un important centre de manufacture de textiles durant la Révolution industrielle. Mais en raison d’un manque de cours d’eau dans la région, ce n’est qu’à partir des années 1800 que les usines de coton commencèrent à se répandre dans la ville. En 1818, il y avait huit filatures de coton dans le Wallgate, une partie de Wigan. En 1818, William Woods introduit le premier métier à tisser dans les usines de coton de Wigan. Ces usines sont vite devenues tristement célèbres pour les conditions de travail difficiles et le travail des enfants. En même temps que Wigan devenait une ville industrielle, la ville devenait un centre de production pour le charbon. Il est enregistré qu’en 1854, il y avait 54 houillères autour de la ville, environ un sixième de toutes les houillères du Lancashire.
Dans les années 1830, Wigan devient une des premières villes en Grande-Bretagne desservie par une voie de chemin de fer ; la ligne avait des connexions avec les gares de Preston, Manchester et Liverpool. Wigan devient une ville de coton à la fin du et cela jusqu’au milieu du . En 1911, la ville est décrite comme une « ville industrielle… occupée pour la grande partie de la ville, par ses houillères, ses usines…[qui] remplissent l’atmosphère de fumée ». Après la Seconde Guerre mondiale, il y a un boom puis une chute brutale dont l’industrie du textile wiganaise ne se remettra pas. Pendant que l’industrie du coton et l’extraction minière déclinent au , l’ingénierie ne subit aucune récession. La dernière fabrique de coton, May Mill, ferma en 1980.
En 1937, Wigan est mis en évidence par George Orwell avec son livre, Le Quai de Wigan (The Road to Wigan Pier). Avec détails, il décrit les conditions de vie en Angleterre des travailleurs pauvres. Certaines personnes ont constaté que, grâce à la mention de Wigan par Orwell, se serait créé un petit flux touristique avec les années. D’autres n’apprécient pas, considérant que cela laisserait entendre que Wigan ne vaut pas mieux aujourd’hui qu’au temps d’Orwell.
Politique
L’expression « Wigan Council » réfère à la fois au Conseil municipal du Wigan Borough et à l’administration municipale dans son ensemble. L’administration communale de Wigan est responsable d’un territoire de et d’une population de plus de . Issu du regroupement de nombreuses communes, le Wigan borough est un territoire mi-urbain, mi-rural, dépourvu de véritable unité géographique. Les deux villes principales sont Wigan, qui donne son nom au “borough”, () et Leigh (). Les autres villes importantes sont Tyldesley ( hab.), Ashton-in-Makerfield ( hab.), Golborne ( hab.), Hindley ( hab.), Atherton ( hab.)… Ces villes ont une vie propre et sont séparées les unes des autres par de larges zones rurales. Il ne s’agit donc pas à proprement parler d’une agglomération.