Alexander Keiller FSA EPG, né le et mort le , est un archéologue écossais, homme d'affaires, skieur et philanthrope qui a travaillé sur un vaste site préhistorique à Avebury, dans le Wiltshire en Angleterre.
Il est l'héritier de l'entreprise de marmelade de sa famille, James Keiller & Son, qui a été fondée en 1797 à Dundee et exportait de la confiture et de la confiserie à travers l'Empire britannique. Il a fondé et financé la Sizaire-Berwick Motor Company puis revendu ses parts dans l'entreprise familiale.
Il utilise la majorité de sa fortune pour acquérir des terrains à Avebury. Il mène notamment des fouilles à puis à Kennet Avenue. Notamment accompagné de Stuart Piggott, il découvre de nombreuses pierres qu'ils redressent dans ce site méconnu mais plus ancien et plus grand que Stonehedge. En 1937, il fonde un institut de recherche le puis il ouvre l'année suivante un musée qui porte son nom. L'institut est fermé pendant la Seconde Guerre mondiale et, en 1943, il vend les terrains d'Avebury au National Trust pour sa seule valeur agricole.
Également skieur, il est engagé mais non partant aux Jeux olympiques d'hiver de 1924 en combiné nordique, saut à ski et ski de fond.
Il meurt d'un cancer en 1955. Qualifié de , il se marie à quatre reprises et sa veuve fait don à la nation du musée d'Avebury et de son contenu en 1966. Biographie Jeunesse et éducation vignette|droite|Un pot de marmelade Keiller.|alt=Un pot en céramique de 17 cm de hauteur. Alexander Keiller naît à Binrock House à Dundee, le . Il est le seul enfant de l'homme d'affaires John Mitchell Keiller (1851-1899) et de Marie Sime Greig (1862-1907). Il porte le prénom de son grand père Alexander Riddoch Keiller (1821 - 1877). La famille de son père est présente depuis plusieurs siècles en Écosse et ses ancêtres (James et Janet Keiller) ont créé la et la société James Keiller & Son. La famille de sa mère est quant à elle issue du milieu médical avec notamment plusieurs chirurgiens. Il est le neveu de Keiller Greig.
En 1893, John Keiller décide de se retirer du monde des affaires en raison de problèmes de santé. La famille vend Binrock House et déménage au 13 à Londres. Cependant, afin de soulager ses problèmes de santé, John Keiller est souvent en voyage sur son bateau et Alexander Keiller ne voit certainement son père qu’occasionnellement. Pendant ce temps, il étudie à à Limpsfield.
En , son père part pour un ultime voyage sur son bateau le . Dans un premier temps, le bateau prend la direction de Madère puis des Caraïbes. Le , John Keiller meurt en mer et il laisse un patrimoine estimé à un demi-million de livres (équivalent à plusieurs millions actuels) à sa femme et à son fils.
Il reste à l'école Hazelwood jusqu'en 1903 et il étudie ensuite au Eton College. Il y reste jusqu'en 1907 dans la résidence dirigée par . Il est un élève moyen et ne remporte aucun prix ou aucune récompense pendant son séjour à l'école. Cependant, il est membre des , un corps de jeunes militaires, et il fait ses classes dans l'infanterie légère de l'Oxfordshire et du Buckinghamshire. Alors qu'il a dix-sept ans, sa mère meurt à Nice en . L'été suivant, Alexander Keiller quitte Eton et il est placé sous la tutelle de son oncle jusqu'à sa majorité. C'est lors des vacances estivales dans la résidence secondaire familiale Craigendarroch. (Ballater) à qu'Alexander Keiller se découvre une passion pour l'archéologie.
Carrière professionnelle
Travail dans le monde des affaires À partir de 1910, Alexander Keiller travaille dans l'entreprise familiale. Il refuse un poste de directeur afin de faire ses preuves et laisse son oncle, John Keiller Greig, siéger au conseil d'administration. Ensuite, il achète des parts dans la société ainsi que dans la filiale de Tangermünde qui est en difficulté financière.
En 1913, il finance la création de Sizaire-Berwick, un constructeur anglo-français de voitures de luxe.... En effet, quelques mois plus tôt, les frères Sizaire et Louis Naudin sont renvoyés par les actionnaires de Sizaire-Naudin.. Ces derniers décident de s'installer à Londres et il s'associe avec la pour la construction de voitures financée en grande partie par Alexander Keiller. Le siège de la société est situé au 18 Berkeley Street à Londres et l'usine est située à Courbevoie. sont fabriqués entre la création de l'entreprise et . L'usine ne parvient pas à répondre à la demande notamment en raison des bonnes performances des voitures et des critiques positives de la presse. La production est interrompue pendant la Première Guerre mondiale. Après la guerre, la production reprend mais de mauvais choix esthétiques et stratégiques font que la société ne produit que supplémentaires avant d'être mise en liquidation judiciaire.
Carrière militaire
Le , il est nommé sous-lieutenant dans les Gordon Highlanders.. Le , il est promu lieutenant et il démissionne en . Rien n'indique un service actif durant cette période.
Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il rejoint le la Royal Naval Volunteer Reserve avec le titre de lieutenant temporaire. En , il est promu lieutenant et il est affecté à la Royal Naval Air Service où il s'occupe du développement des véhicules blindés. En 1915, il est envoyé en France, en Italie, à Riga et à la bataille d'Ypres. Ensuite, il devient Flight lieutenant temporaire à la base militaire de Chingford.. Cet aérodrome sert de base d'entraînement aux pilotes de Royal Naval Air Service et en , il abîme un Bristol Boxkite. Quelques mois plus tard, il obtient son brevet de pilote décerné par le Royal Aero Club. Cependant, en , il est déclaré au service. En , Alexander Keiller rejoint le Ministère de l'Air en tant que lieutenant temporaire. Il devient ensuite membre des jusqu'en . Il termine sa carrière militaire avec le grade de capitaine.
Découvertes archéologiques En , Alexander Keiller décide de vendre toutes ses parts dans l'entreprise familiale et il se retrouve à la tête d'une fortune considérable. Ainsi, il consacre le reste de sa vie à d'autres intérêts. L'une de ses passions est la sorcellerie et notamment les sorcières écossaises du . En 1922, il publie plusieurs articles notamment dans la revue Folklore qui contredisent les théories — dominantes à l'époque — de Margaret Murray..
Prémices de Windmill Hill
En 1923, O. G. S. Crawford publie un article dans sur l'archéologie aérienne qui attire l'attention d'Alexander Keiller qui propose de financer un relevé aérien notamment dans le Wessex. À l'été 1923, la compagnie Marconi souhaite bâtir une antenne radio sur le site préhistorique de Windmill Hill. O. G. S. Crawford et Alexander Keiller s'y opposent pensant que l'implantation de l'antenne causeraient des dégâts importants à ce site non fouillé. Après une campagne de communication et le soutien d'autres archéologues et du grand public, le projet est finalement abandonné. A l'automne, Alexander Keiller retourne à sa résidence de et il participe à des fouilles dans le .
Quelques mois plus tard, Alexander Keiller se marie avec Veronica Mildred Liddell. A l'été 1924, O. G. S. Crawford apprend que des terres comprenant Windmill Hill sont à vendre à Avebury et il réussit à convaincre le couple Keiller de les acheter notamment en vue de les fouiller. L'achat est conclu pour en . Au cours de l'été 1924, O. G. S. Crawford et Alexander Keiller survole le sud de l'Angleterre avec un avion de Havilland Aircraft Company piloté par le capitaine Gaskell. Ils identifient et photographient une cinquantaine de sites intéressants dans le Wessex. Les photographies seront en partie utilisé dans le livre qui sera publié en 1928. Il s'agit du premier livre d'archéologie aérienne à être publié au Royaume-Uni et il rencontre un certain succès malgré un prix de vente élevé.
Lancement des fouilles de Windmill Hill Au printemps 1925, O. G. S. Crawford et Alexander Keiller souhaitent lancés les premières fouilles de Windmill Hill. Cependant, ils rencontrent l'opposition de ainsi que des membres de la . Ces derniers qui connaissent bien Avebury ne souhaitent pas que des archéologues qu'ils ne connaissent pas conduisent des fouilles à Avebury alors que Maud Cunnington connaît bien les lieux. Elle a notamment érigé Adam, une des pierres de . Finalement, les parties conviennent de nommer Harold St George Gray en tant que directeur des fouilles et il est assisté par William Young. Les premières fouilles démarrent officiellement le avec une équipe d'environ douze archéologues dont Veronica Keiller et sa sœur Dorothy Liddell. Rapidement, les relations se dégradent entre Alexander Keiller et Harold St George Gray. Ce dernier considère que seuls les objets de valeurs doivent être sauvegardés alors qu'Alexander Keiller souhaite que tous les objets (y compris les os d'animaux) doivent être conservés et étiquetés. Les fouilles durent trois semaines et malgré les tensions Alexander Keiller accepte de ne pas fouiller seul Avebury et Harold St George Gray est plébiscité pour conduire les fouilles en 1926.
À l'été 1925, Alexander et Veronica Keiller partent à leur résidence secondaire de Morven et ils en profitent pour faire des recherches. Au cours des années 1920, le couple explore plus de deux cents sites dans toute l’Écosse. Ils explorent notamment le ainsi que le ou encore le . Alexander Keiller publiera plusieurs ouvrages sur les lieux mégalithiques en Écosse à la fin des années 20 et dans les années 30.
Les fouilles d'Avebury reprennent en et elles sont toujours menées par Harold St George Gray. L'année suivante, le , ce dernier quitte Avebury et les fouilles sont désormais menées par Alexander Keiller qui prend la décision de refouiller toutes les zones rebouchées par son prédécesseur. Il achète également une Citroën Kégresse pour arpenter le terrain. En 1927, Alexander Keiller prête de l'argent à O. G. S. Crawford pour fonder la revue Antiquity. Encore en 1927, il s'associe avec O. G. S. Crawford et pour fonder un comité de financement pour acheter les terrains à proximité immédiate de Stonehenge. Stonehenge est la propriété du National Trust for Places of Historic Interest or Natural Beauty (les terrains ont été données par Cecil Chubb à l'institution) mais les terrains à proximité immédiate sont utilisés par un aérodrome de l'armée anglaise.. Le comité parvient rapidement à lever les fonds, acheter le terrain et il le cède au National Trust for Places of Historic Interest or Natural . Finalement les hangars sont démolis et le site préservé. Alexander Keiller envisage un temps de construire un musée à Stonehenge mais son idée est plutôt mal accueilli notamment par les Cunnington et les plans envisagés n'obtiennent pas le soutien du bureau des Travaux.
Poursuite et fin des fouilles de Windmill Hill En 1928, Alexander Keiller mène les fouilles d'Avebury, avec sa femme, sa belle-sœur et une équipe de quelques autres archéologues . Ils découvrent notamment le squelette en parfait état d'un ancêtre du chien et dénommé ou Felstead. Après ses fouilles, Alexander Keiller, sa femme et son adjoint William Young, partent en Écosse où il découvre un à proximité de Morven Burn. Selon leur rapport de fouilles, le lieu aurait servi de sépulture. Entre la fin d'année 1928 et le début d'année 1929, Alexander Keiller est malade ce qui oblige à décaler la poursuite des fouilles d'Avebury de quelques semaines. Au printemps 1929, les fouilles reprennent et l'équipe habituelle est rejointe par Stuart Piggott qui vient se former afin de fouiller ensuite le .