The Cure (Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API.) est un groupe rock britannique, originaire de Crawley, dans le Sussex de l'Ouest, en Angleterre. Formé en 1978, le groupe comprend actuellement Robert Smith au chant et à la guitare, Roger O'Donnell aux claviers, Reeves Gabrels à la guitare, Simon Gallup à la basse, et Jason Cooper à la batterie. Robert Smith est la figure emblématique du groupe. Seul membre présent depuis son origine, il en est le parolier et le principal compositeur. En plus d'en être le chanteur et guitariste, il tient parfois les claviers et la basse.
Associé au mouvement new wave, The Cure a développé un son qui lui est propre, aux ambiances tour à tour mélancoliques, rock, pop, gothiques et psychédéliques, créant de forts contrastes, où la basse est mise en avant et n’est pas seulement un instrument d’accompagnement. Elle est, notamment en raison du jeu particulier du bassiste Simon Gallup, une composante essentielle de la musique de The Cure. L'utilisation conjointe d'une basse six cordes (souvent une Fender VI), au son caractéristique, très souvent utilisée dans les motifs mélodiques, contribue pour beaucoup à la signature sonore si singulière du groupe.
Cette identité musicale ainsi que visuelle, véhiculée par des vidéo clips, contribuent à la popularité du groupe qui atteint son sommet dans les années 1980. De nombreux fans copient alors les tenues vestimentaires amples et sombres des musiciens et la coiffure arachnéenne de Robert Smith. The Cure, avec ses disques et ses nombreux concerts à travers le monde, a su rassembler un public varié autour de sa musique, aussi bien des amateurs d’ambiance sombre et dépressive que des amoureux de mélodies pop, et conserve toujours un auditoire fidèle.
Le groupe s'est rapidement fait connaître dans son pays d'origine ainsi qu'un peu partout en Europe. Mais c'est d'abord en Océanie, et surtout en Nouvelle-Zélande (sans qu'il n'y ait d'explication particulière à cela) qu'il a remporté un grand succès dès 1980/81. Ce phénomène devança de plusieurs années la Curemania qui touchera le continent européen, et notamment la France, au milieu des années 1980. La période où le groupe a connu le plus de succès s'étend sur une dizaine d'années, jusqu'en 1993. Et si après cette date la formation anglaise vend moins de disques, elle garde un grand nombre de fans et remplit les salles de concert.
Biographie Prémices (1973-1978)
En 1973, dans la ville de Crawley dans le Sussex, Robert Smith, âgé de quatorze ans, joue de la guitare avec son frère Richard, sa sœur Janet et quelques amis dans un groupe appelé le Crawley Goat Band dont la notoriété ne dépassera pas le cercle familial et amical.. Dans la foulée, le jeune musicien monte un autre groupe avec des camarades de son collège simplement appelé The Group puisqu’il est le seul de l’école. À la fin de l’année scolaire, la formation qui s’est finalement choisi le nom de The Obelisks donnera son unique concert au sein même du collège, avec Robert Smith au piano, Lol Tolhurst à la batterie, Alan Hill à la basse, Michael Dempsey et Marc Ceccagno aux guitares.
En , Robert Smith et Marc Ceccagno aux guitares et Michael Dempsey désormais bassiste forment un nouveau projet, Malice, qui l’année suivante deviendra Easy Cure. Après plusieurs changements, la formation se stabilise en un trio composé de Robert Smith au chant et à la guitare, parolier et principal compositeur, Michael Dempsey à la basse, Lol Tolhurst à la batterie, et adopte définitivement le nom de The Cure.
Débuts (1978-1980)
vignette|gauche|upright=1.3|Steven Severin, Siouxsie Sioux et Budgie avec qui Robert Smith joua au sein de Siouxsie and the Banshees en tant que guitariste, en 1979, puis de 1982 à 1984.
Au début de l'été 1978, le groupe envoie une maquette de quatre morceaux à une multitude de labels et ne tarde pas à attirer l’attention de Chris Parry, ex-manager des Jam, et directeur artistique chez Polydor. Il désire fonder son propre label indépendant, Fiction Records, et il voit en The Cure l’occasion de réaliser son projet.. Un contrat est signé ; le groupe restera fidèle au label jusqu'en 2001.
Le premier 45 tours Killing an Arab sort d’abord en sur le label Small Wonder. Cette chanson, inspirée du roman L'Étranger d'Albert Camus, assure un début de notoriété grâce notamment aux fanzines alternatifs. Avec l’argent récolté, le label de Chris Parry peut désormais fonctionner et le single ressort le chez Fiction Records. Un mini scandale éclate quand le parti politique d’extrême droite britannique tente de récupérer la chanson. Pour mettre fin à la polémique, Chris Parry multiplie les communiqués de presse expliquant la source d’inspiration de la chanson et fait même envoyer aux médias des exemplaires du livre de Camus. À cause de son titre, cette chanson sera de nouveau détournée de son sens (à l'époque de la guerre du Golfe en particulier), au grand dam de Robert Smith qui devra rappeler dans des conférences de presse le texte qui l'a inspiré.
The Cure enchaîne les concerts et enregistre son premier album au son post-punk très minimaliste, Three Imaginary Boys, produit par Chris Parry qui sort en . L’accueil de la presse spécialisée est positif dans l’ensemble, le Melody Maker titrera « The Eighties Start Here » (« Les années 80 commencent ici »). Robert Smith cependant ne sera jamais totalement satisfait de cet album, que ça soit de la pochette qui est une idée de Chris Parry ou de certaines chansons comme Object, It’s not You, So What ou la reprise de Foxy Lady de Jimi Hendrix, chantée par Dempsey, qu’il déclare détester.. Un second 45 tours sort en juin, Boys Don't Cry. S'il n’entre pas dans les classements britanniques, ce titre rencontre en revanche un vrai succès en Nouvelle-Zélande, atteignant la . Discographie, classement des singles et albums de The Cure en Nouvelle-Zélande.. Cette chanson est devenue par la suite l’une des plus connues du répertoire du groupe, grâce notamment à la nouvelle version qui sortira en 1986. Elle fera également l’objet de plusieurs reprises.
Les festivals d'été sont l'occasion pour The Cure de jouer pour la première fois hors des frontières britanniques. À Groningue aux Pays-Bas tout d'abord, puis en Belgique à Bilzen. Ensuite, The Cure assure la première partie de Siouxsie and the Banshees, d'août à octobre, et Robert Smith se lie d’amitié avec leur bassiste Steven Severin. Lorsque le guitariste des Banshees, John McKay, quitte soudainement le groupe, Smith se propose pour le remplacer jusqu’à la fin de la tournée. Il se retrouve ainsi à jouer deux fois chaque soir, d’abord avec The Cure puis aux côtés de Siouxsie Sioux. Un troisième single, Jumping Someone Else's Train, paraît en novembre alors qu’un changement dans le groupe se produit. Michael Dempsey, qui ne s’entend plus avec Robert Smith, rejoint une autre formation du label Fiction, Associates, cédant sa place à Simon Gallup avec qui Robert Smith vient d’enregistrer un single sous le nom de Cult Hero. Matthieu Hartley intègre également The Cure comme claviériste à ce moment-là.
Le quatuor fraîchement formé se lance dans une nouvelle série de concerts en Angleterre et au pays de Galles, baptisée Future Pastimes Tour, accompagné par les Associates justement et The Passions, avant de terminer l'année par des spectacles aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie et en France pour la première fois.. En , paraît l'album Boys Don't Cry, au départ seulement destiné au marché américain, qui reprend la plupart des morceaux de Three Imaginary Boys et des trois singles. Le , Robert Smith et Matthieu Hartley participent, avec d'autres artistes, au concert organisé à Londres par The Stranglers pour protester contre l'incarcération de leur chanteur Hugh Cornwell à la suite d'une affaire de possession de drogues. Page présentant le concert..
Période cold wave et premiers succès (1980-1982) The Cure enregistre en une semaine et mixe en six jours son deuxième album Seventeen Seconds qui paraît le . Produit par Robert Smith et Mike Hedges, il tranche nettement avec le premier album, beaucoup plus sombre et glacial. Bien que plus difficile d’accès a priori que son prédécesseur (dans sa chronique dans Rock & Folk, François Gorin souligne que l'écoute du disque demande des efforts.), l’album se comporte bien dans les charts britanniques et atteint la . Classement officiel des singles et albums de The Cure au Royaume-Uni., mais ce disque remporte surtout un énorme succès en Nouvelle-Zélande atteignant la , et restant classé durant plus d'un an. En Europe, Seventeen Seconds connaît également un bon succès aux Pays-Bas, se classant à la . Classement de Seventeen Seconds aux Pays-Bas.. Cela est sans doute dû au morceau A Forest, extrait en single, et qui devient le premier hit du groupe dans son pays d'origine où il atteint la , comme au niveau international . Classement de A Forest aux Pays-Bas..
Le quatuor entame une impressionnante série de concerts, parcourant tout d'abord l’Europe ainsi que les États-Unis (le Seventeen Seconds Tour d'avril à juin), puis la Nouvelle-Zélande et l’Australie, deux pays où Cure bénéficie déjà d'une grande notoriété (Get a Dose of The Cure Tour de fin juillet à fin août). Matthieu Hartley qui ne s’est jamais vraiment intégré a aussi du mal à s’adapter au rythme soutenu des tournées. Des tensions apparaissent avec les autres membres, il est finalement écarté du groupe fin août. Il déclare plus tard : « J’ai compris pendant la tournée que The Cure s’orientait vers une musique sombre et suicidaire, un style qui ne m’intéressait absolument pas. » En octobre, The Cure parcourt encore les scènes d'Europe avant une série de concerts exclusivement britannique le mois suivant nommée The Primary Tour. Au lieu de s’accorder du repos, Smith, Gallup et Tolhurst enchaînent avec l’enregistrement du nouvel album en compagnie du producteur Mike Hedges. Les sessions dureront plus longtemps que prévu : un mois au lieu de neuf jours. Faith sort le , juste après le single Primary. Plus gris et désespéré que Seventeen Seconds, fortement dominé par la basse de Simon Gallup, le disque rallie de nouveaux adeptes au groupe et connaît un certain succès international, se classant en Grande-Bretagne, en Suède. Classement de Faith en Suède., aux Pays-Bas . Classement de Faith aux Pays-Bas. et surtout en Nouvelle-Zélande dès sa sortie, ce durant trois semaines consécutives. Au sujet de ce succès, Robert Smith dira dans une interview accordée à un journaliste de Libération en octobre : « Les gens achètent nos disques, viennent nous voir parce qu’ils ont aimé les disques, mais ils ne nous suivront pas forcément là où nous voulons aller. Je ne pense pas qu’on ait de vrais fans. On attire des gens qui aiment un certain type de groupes : Public Image Limited, Siouxsie and The Banshees, Joy Division, etc. Et ces gens-là aiment équitablement tous leurs groupes.. »
Une nouvelle tournée–marathon de six mois commence dès avril, avec en première partie non pas un autre groupe, mais la projection d’un film d’animation de 27 minutes, Carnage Visors réalisé par Ric Gallup, le frère de Simon, et illustré par un instrumental composé par le groupe où dominent deux basses et une boîte à rythmes.. Le Picture Tour, après le Royaume-Uni, mène les musiciens à travers la Belgique, l'Allemagne, les Pays-Bas, les États-Unis, la Nouvelle-Zélande, l'Australie, le Canada et enfin la France. Le trio trouve le temps d’enregistrer un autre single, Charlotte Sometimes, qui sort en octobre. En novembre et décembre, une série de huit concerts en Angleterre et en Écosse (Eight Appearances Tour), avec en première partie And Also the Trees, clôture l'année scénique de The Cure.