George Radu MelidonIl s'agit de son nom actuellement le plus connu, cependant celui de son acte de décès est Gheorghe Radu Melidon. Dans le cadre de sa carrière d'écrivain, il fut identifié par d'autres variantes de ce nom. Ainsi son prénom fut orthographié Giorgiu, Ghiorghiu ou Giorgie, et son nom Melidonu, Meledonu, Meledon ou Milidon. (né le à Roman et décédé le à Roman) était un didacticien, poète, écrivain, journaliste et traducteur roumain de la génération de 1859. Pédagogue par vocation, il militait pour l'idée nationale et a occupé des fonctions importantes au sein du système éducatif des Principautés unies de Moldavie et de valachie et du Vieux Royaume pendant la seconde moitié du dix-neuvième siècle. Il a contribué à sa réorganisation et à son renouveau.

Vie et carrière George Radu Melidon est né le , ou selon d'autres sources le Epure, 1942, Enciclopedia română. Volumul 3 : Kemet-Zymotic (C. Diaconovich), Sibiu, 1904, (s.v. Melidon, George)., de Gheorghe et EcaterinaCertificat de décès de Gheorghe Radu Melidon No 164, registre d'état civil des morts de la ville de Roman, du 11 mai 1897 Melidon. Son père était professeurEpure, 1942, , sa mère venait d'une famille de prélatsEpure, 1942, . Son grand frère, Grigore, a étudié à l'Academia Mihăileană de Iași et est devenu professeur au sein de cette institutionCristina Panaite, Gheorghe Radu Melidon, întemeietorul primei biblioteci publice din Roman, dans la revue Antiteze, 3(25)2010, .. Après avoir quitté l'école primaire, George Radu l'a également intégréeDicționarul Literaturii Române, de la origini pînă la 1900, Bucarest, Editura Academiei Republicii Socialiste România, 1979Dicționarul contimporanilor de Dim. R. Rosetti, Bucarest, 1897, (Melidon, Gheorghe), 15 novembrie 2014 afin d'étudier l'histoire et la littérature, avant d'être envoyé à Paris en 1855 pour étudier les mathématiquesVega, Vartolaș, 2005, Istoria literaturii române. Vol. 2, .

Sa carrière a débuté en 1856 en tant que bibliothécaire à l'Academia MihăileanăEpure, 1942, . Son ascension fut rapide : professeur de mythologie, rhétorique et poésie au lycée central de JassyTomșa, 2014, Istoria literaturii române. Vol. 2, en 1856, chef de section au ministère des Cultes et de l'instruction publique de Moldavie en 1857, puis directeur en 1860, directeur général de l'enseignement primaire des Principautés unies de Moldavie et de Valachie en 1862. En 1866, il devint inspecteur scolaire d'une large zone géographique et résident de la ville de RomanEpure, 1942, . En 1868, il devint le premier directeur du Collège national de Pédagogie Carol I de Câmpulung Muscel. Des problèmes de santé l'obligent, à compter des années 1880, à prendre sa retraite et à se retirer à Roman, où il resta cependant actif en tant que professeur d'histoire remplaçant au Collège national Roman VodăEpure, 1942, . Le , il consent une donation à la mairie de Roman, qui jettera les bases de la première bibliothèque publique de sa ville natale, dont il fut également le premier bibliothécaireVega, Vartolaș, 2005, Vega, Vartolaș, 2005, . L'année suivante, il cesse toute activité didactique.

Il était polyglotte, maîtrisait l'allemand, le français, le latin, le grec et s'était familiarisé avec cette littérature populaire „dans le but qu'ensuite elle produise également ces résultats dans la littérature nationale roumaine”.Aron Pumnul, Lepturariu românesc, vol. IV, deuxième partie, Vienne, 1864, .

De ses anciens enseignants à l'Académie, ceux qui ont gardé des liens avec lui furent son professeur de rhétorique Dimitrie Gusti et son professeur d'histoire Theodor Codrescu. C'est dans la maison d'édition de ce dernier à Jassy ("Buciumul român") que le jeune étudiant a publié son premier volume, une traduction de la langue allemande d'un "livre de lectures" (1856)Melidon, 1856 (Prietenul tinerimei. Carte de cetire pentru skoalele populare de G.P.Bilmsen) À Dimitrie Gusti Melidon a dédié sa première œuvre originale en 1858Melidon, 1858 (Regule scurte de versificație română), mais il fit ses débuts dans la presse au journal Zimbrul dirigé par Theodor CodrescuMelidon, 1874 (Manualul invățietorului sau Elemente de pedagogie practica în usul școalelor populare), .

Dix ans plus tard, en 1868, en sa qualité de ministre des Cultes et de l'instruction publique de Roumanie et en tant que président de la commission chargée par le roi Carol I de la création de l'école normale de BucarestMelidon, 1869 (Anuariul Institutului Pedagogic: Scoala Normala Primaria. Primul annu scolariu: 1867-68) Dimitrie Gusti a nommé Melidon en tant que premier directeur de cette institution. La proposition à l'origine de cette nomination émanait de V.A. Urechia, son ancien condisciple de Jassy, qui était directeur au ministère et fin connaisseur de l'activité de Melidon, qu'il considérait comme un célébrateur zélé de la culture roumaine, chef de gare de l'écoleIstoria scólelor de la 1800-1864, V. A. Urechia, Tomul 3, Imprimeria Statului, Bucuresci, 1894.

C'était un vif polémiste, doué de verve, d'humour et de spontanéitéEpure, 1942, mais aussi un homme sincère qui avait le courage de ses opinions, qu'il exprimait sans hésitationEpure, 1942, .

Les 15 et au monastère de PutnaEpure, 1942, , il participa à une rencontre avec des représentants des jeunes étudiants à l'étranger, parmi lesquels Mihai Eminescu, Ioan Slavici et Ciprian Porumbescu.

Il avait une épouse du nom d'Elena domiciliée à Bucarest et un fils, Dimitrie [Demetriu]-Radu Melidon, né à Bucarest le Un nedreptățit al vremurilor: George Radu Melidon, Doru Mihăiescu, 17 octombrie 2012, Revista Melidonium. Malade et en butte à des difficultés financières après sa retraite, il dut solliciter l'octroi d'une bourse d'études pour son fils.

Il est décédé en 1897 à Roman des suites d'une maladie incurable et fut enterré au cimetière de sa ville nataleVega, Vartolaș, 2005, .

Œuvre Développement de l'éducation nationale Le professeur Melidon, homme d'une vaste culture et d'un puissant sentiment patriotiqueEpure, 1942, , fut un militant de l'élévation culturelle et de l'instruction du peuple roumain : dans son Lepturariu Românesc, Aron Pumnul le présente comme un lutteur pour le développement de l'enseignement. Ses mérites ont été incontestables dans la direction des écoles.

En 1862 il fut chargé par le ministre de l'Instruction publique en qualité de directeur général de l'enseignement primaire de la rédaction d'un mémoire statistique sur la situation dans laquelle se trouvait l'enseignement public et son administration, mémoire qu'apprécia le prince Alexandru Ioan CuzaEpure 1942, . Un nouveau rapport en 1868, celui-ci en qualité d'inspecteur des écoles, dans lequel il dépeint les difficultés de l'enseignement rural, le conduit à être nommé à la tête de l'école normale Carol IEpure, 1942, Intelligent, cultivé, d'esprit vif et d'une pédagogie pleine de tact, Melidon a su se faire aimer de ses élèves. Sous sa conduite, l'école normale a progressé rapidement et les résultats se sont vus dans le territoire dès que les étudiants de 1871 ont commencé à pratiquerEpure, 1942, .

Il s'est engagé pour l'amélioration du niveau scolaire et a combattu l'idée répandue à l'époque selon laquelle il suffisait de savoir lire et écrire.

Pour ses services, il fut décoré de l'ordre "Bene Merenti" et de l'ordre de l'Étoile de Roumanie au grade de cavalierLista de lucrări, Bibliografia românească modernă (1831-1918). Volumul 3: (L-Q), Editura Științifică și Enciclopedică, București, 1989], , accesat la 17 noiembrie 2014.

L'idée nationale et l'œuvre didactique thumb|250px|left|Dedicace à son ouvrage de 1874 Les idées nationalistes à l'époque du royaume de Roumanie ont trouvé un terrain fertile dans le domaine de l'éducation nationale. Les livres majeurs de ce nouveau courant de pensée furent au nombre de deux : Pedagogia [La Pédagogie] de Simion Bărnuțiu (1870), qui délimita de manière scolastique le terrain pour une pédagogie nationaliste militante et le Manualul invĕțietorului sau Elemente de pedagogie practica în usul șcólelor populare [Manuel de l'élève ou éléments de pédagogie pratique à l'usage des écoles populaires] de George Radu Melidon (1874). Si le premier de ces deux travaux a énoncé l'essence des nouveaux paradigmes d'un nationalisme d'exclusion d'un point de vue ethnique, la manuel de Melidon l'a consacré comme un fondement de l'éducation roumaine. Ainsi de sa position de dirigeant d'une institution centrale de pointe en matière de méthodologie, son œuvre de pédagogie appliquée a joué un rôle de courroie de transmission entre les idées de Bărnuțiu et les pratiques éducatives à travers le territoireRusu, 2014, .

Une fois obtenu le poste de directeur des écoles, Melidon s'est préoccupé du développement de l'éducation dans les villages et de la formation des instituteurs qui ont commencé à mettre en pratique ces desseins, puis quand il est arrivé à la tête de l'école normale Carol I de Bucarest, il a élaboré un programme d'apprentissage et s'est efforcé de transformer son institution en centre modèle de guide méthodologique pour les autres écoles normales du pays.

Melidon considérait l'enseignement rural comme le véritable repère central du roumanisme, calibrait son discours en fonction de ses cibles et investissait le cadre didactique d'un rôle missionnaire. Conformément à ses concepts, cela l'a conduit à trouver une place pour les idées et l'éthique nationalistes et à les promouvoir dans le cadre socio-culturel du village imprégné d'ethos religieux et de morale orthodoxe. Comme incubateur du nationalisme l'école s'efforçait de devenir comme une deuxième église, l'éducation commençait à mentionner des bases de morale chrétienne bien qu'elle ne pût plus rester la prérogative de l'église ou du pope. Les professeurs étaient appelés à enseigner la nation. L'éducation morale des jeunes était dirigée sur deux voies, l'éducation religieuse, et l'histoire-géographie pour stabiliser les nécessaires repères chronologiques nationauxRusu, 2014, . Sans minimiser le rôle de l'éducation religieuse, le centre de gravité de l'enseignement était circonscris à cette éducation nationaliste, qui passait par l'étude de l'histoire.

Il faut cependant mentionner qu'au quart de siècle après l'Union des Principautés roumaines, le nationalisme promu par les idées de Bărnuțiu et les directives pédagogiques de Melidon mettait en avant y compris des accents xénophobes, matérialisés en particulier dans les livres de lecture et les manuels d'histoire écrits pour les écoles primaires et dans les messages disséminés dans les écoles élémentaires par les cadres didaciques convertis au rôle d'apôtres du roumanisme.

Idée nationale et histoire militante thumb|upright|Couverture de l'histoire nationale pour le peuple (București, 1876) Mettant en pratique ses idées de pédagogie nationale, Melidon a écrit Istoria naționala pentru poporu sau Némul, sapa, arma, casa și mintea Românilor prin tóte timpurile și locurile [Histoire nationale pour le peuple ou la nation, la pioche, l'arme, la maison et la sagesse des Roumains à travers le temps et l'espace], un manuel qui a symbolisé le type idéal de l'histoire militanteRusu, 2014, et dont le premier but fut d'éveiller la conscience nationale comme condition préalable à la protection et à l'extension de l'unité de l'état national roumainRusu, 2014, , en cherchant à rendre plus vivants et mémorables les faits historiques racontés en les illustrant par divers morceaux de lecture (chants populaires, contes, ballades, proverbes, fables, poésies).