Marcelle Henry est une résistante française, née le à Angers, et morte le à Paris. Elle est Compagnon de la Libération.

Fonctionnaire au ministère du Travail, elle gravit les échelons de la hiérarchie, et devient sous-directrice. Elle participe notamment à la prévention des accidents du travail et à l'instauration des comités d'hygiène et de sécurité.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout en poursuivant son action ministérielle, elle entre dans la Résistance, stocke et distribue des tracts, encourage et couvre ses subordonnés résistants. Membre des services secrets, elle prend part à un circuit d'évasion, devient officier dans la Résistance.

Arrêtée par la Gestapo, condamnée à mort, elle n'est pas exécutée mais déportée à Ravensbrück puis Buchenwald. Elle meurt d'épuisement peu après la Libération.

Biographie Marie-Louise Marcelle Henry est née le à Angers, où son père est inspecteur départemental du Travail..

Études, responsabilités professionnelles Marcelle Henry effectue sa scolarité à Limoges, puis dans le de Paris ; deux ans après la mort de son père, elle entre au lycée Victor-Duruy dans le 7.. Après son baccalauréat, elle réussit une licence en histoire en 1915. Son niveau d'anglais lui permet d'enseigner en collège pendant la Première Guerre mondiale, d'abord à Châtillon-sur-Seine en Côte-d'Or, puis à Langres en Haute-Marne.

Sur les traces de son père, mort en 1917, Marcelle Henry entre en au ministère du Travail. Elle y est successivement auxiliaire temporaire puis secrétaire auxiliaire, et réussit brillamment en 1920 le concours de rédacteur, poste dont elle devient titulaire en 1922. Elle est une des premières femmes à atteindre ce poste. Sa mère étant morte en 1925, elle est chargée de famille et s'occupe de son frère aîné, Victor, malade incurable, inapte au travail. Elle est promue sous-chef de bureau en 1931, et dirige à partir de 1937 le bureau ministériel de l'hygiène et de la sécurité des travailleurs de la Direction du Travail. Elle consacre une grande partie de son temps à la prévention des accidents du travail et participe activement à l'élaboration de la loi sur les comités d'hygiène et de sécuritéCe rôle lui est reconnu en 1948 ; ..

Résistance thumb|Le ministère du Travail, où elle est haut fonctionnaire tout en œuvrant pour la Résistance. Au début de la Seconde Guerre mondiale, après l'armistice, catholique fervente, elle s'élève aussitôt contre la collaboration et développe dans le ministère un climat de résistance. Entrée en liaison avec la Résistance, elle emmagasine dans sa maison d'Athis-Mons des piles de tracts qu'elle distribue ensuite dans les usines.

Elle encourage ses collègues à passer à la lutte active, et utilise ses fonctions pour couvrir ses subordonnés dans leurs actes de résistance. Elle accueille aussi des réfugiés poursuivis. En plus de ses autres responsabilités professionnelles, elle dirige à partir de 1942 le service central et le secrétariat de la Direction du Travail. Administrativement très bien notée, elle reçoit des appréciations élogieuses de sa hiérarchie qui la considère comme un excellent élément, pour sa vaste culture, ses qualités d'organisatrice et son sens de l'initiative. Elle est proposée en 1943 au tableau d'avancement pour devenir sous-directeur ou directeur adjoint.

En pleine guerre, en , elle publie un petit ouvrage sur le chômage, où elle évoque le travail des femmes..

Entrée dans les Forces françaises combattantes en , elle œuvre dans les services secrets et appartient au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), qui coordonne les services secrets de la France combattante. Comme agent de liaison, elle participe au circuit d'évasion « VIC » dirigé par Henri Levin, et qui prend en charge les officiers français et alliés. Ce réseau est organisé en liaison avec lBoris Dänzer-Kantof et al., Un siècle de réformes sociales: Une histoire du ministère du Travail 1906-2006, La Documentation française, 2006, .. En qualité d'agent à partir de , elle organise la cache et l'hébergement des évadés passant à Paris.

Arrestation et déportation thumb|Arrêtée, torturée, elle est ensuite déportée à Ravensbrück en août 1944Cette photo de propagande montre des femmes apparemment en bonne santé, chaudement habillées avec des uniformes en bon état, ce qui ne correspond en rien à la réalité quotidienne du camp.. Le , elle est arrêtée à son domicile parisien par la Gestapo, qui recherchait son chef le commandant Jacques Mitterrand, alias « Julien ». Résistant aux interrogatoires cruels, elle parvient à garder le silence, sauf pour décharger ses collaboratrices, arrêtées elles aussi.

Pendant son emprisonnement à Fresnes, Marcelle Henry est promue au grade de sous-lieutenant des Forces françaises combattantes, et atteint le niveau d'agent . Elle est condamnée à mort à la même époque, mais dans le désordre d' sa condamnation n'est pas exécutée. Devant l'approche des alliés, elle est déportée parmi et aviateurs alliés par le dernier convoi quittant Paris le par la gare de Pantin (convoi I.264, dit « convoi des 57000 »)..

Parvenue à Ravensbrück le , elle est ensuite envoyée à Torgau, kommando de Buchenwald, où elle subit des privations supplémentaires dues à son apparent refus de travailler pour l'industrie allemande. Elle parvient cependant à survivre, en dépit des sévices infligés dans les camps aux femmes de son âgeGuylaine Guidez, Femmes dans la guerre: 1939-1945, Lavauzelle-Graphic Editions, 2006, .. Son kommando est évacué sur Ravensbrück en .

Elle est libérée le suivant par la Croix-Rouge, qui organise son rapatriement le à Paris. Elle y meurt à l'hôpital dix jours après, le , du fait de son état de complète déficience physique. Elle est enterrée au cimetière parisien de Bagneux.

Distinctions et honneurs

Décorations nationales

à titre posthume (décret du 27 avril 1945)vignette|237x237px|Liste des Compagnons de la Libération

50px Ordre du Mérite social à titre posthume

Hommages et postérité À titre posthume, Marcelle Henry est Compagnon de la Libération par décret du , et sous-directeur honoraire au ministère du Travail et de la Sécurité sociale, par arrêté du .

La passerelle Marcelle-Henry commémore son nom à Paris, dans le arrondissement, depuis .. Elle est contiguë d'une place Marcelle-Henry, elle aussi nommée en hommage à la résistante.

La voie de la commune d'Athis-Mons, dans l'actuel département de l'Essonne, où elle avait son domicile, au numéro 29, et qui s'appelait à son époque rue du Parc, a plus tard été renommée rue Marcelle-Henry en son honneur. Depuis 2025, une plaque commémorative y est installée..

Le conseil municipal de Lucé (Eure-et-Loir) a adopté le 5 juillet 2022 une délibération pour nommer une nouvelle voie de la commune en l'honneur de Marcelle Henry.

Le , une plaque commémorative est inaugurée à la cité scolaire Léonard-Limosin à Limoges, où elle avait été élève..

Œuvres Les Problèmes du chômage, Presses universitaires de France, 1942. Elle a écrit aussi un journal intime.

Notes et références

Bibliographie . . . . « Documentation sur Marcelle Henry », Recueil. Dossiers biographiques Boutillier du Retail, Paris, 1945.

Voir aussi Articles connexes Bureau central de renseignements et d'action Compagnon de la Libération Convoi des 57000 Liens externes

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