vignette|upright|Antoine Bourdelle, Héraclès archer (1908-1909). Le département des sculptures du musée des Beaux-Arts de Lyon conserve réalisées selon différentes techniques (pierre, marbre, bronze, plâtre, bois…) et couvrant une période chronologique allant du Moyen Âge au . On y note deux points forts : le Moyen Âge et la Renaissance d'une part et le de l'autre.

Les salles du département sont séparées dans le musée : au premier étage, se trouvent les sculptures anciennes tandis que les œuvres plus récentes sont exposées dans la chapelle. Enfin, des bronzes et quelques marbres du sont également visibles dans le jardin.

Historique des collections vignette|upright|Joseph Carlier, Gilliatt et la pieuvre (entre 1880 et 1890). De 1820 jusqu'au Second Empire, la collection s'est principalement étoffée par les envois de l'État ainsi que par l'achat d'œuvres de sculpteurs lyonnais tels que Joseph Chinard ou Jean-Joseph Carriès. Un legs de François Grognard effectué en 1818 à la ville de Lyon permet d'ouvrir en 1827 la galerie des « Lyonnais dignes de mémoire », déplacée en 1877 dans le Réfectoire. Une salle des marbres modernes est ouverte en 1839 et présente notamment les portraits de Lyonnais célèbres, à l'emplacement de l'actuel médaillier. C'est à partir des années 1880 que, grâce à l'action d'Édouard Aynard, président du conseil d’administration du musée à la fin du , et de Jean-Baptiste Giraud, le musée s'enrichit de sculptures anciennes du Moyen Âge et de la Renaissance. C'est, par exemple, à cette époque que sont acquis le Jongleur roman du Berry et le groupe siennois de l'Annonciation, deux pièces phares de la collection. Cette politique d'achat ambitieuse se poursuit jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Les achats effectués au en matière de sculpture moderne sont, quant à eux, caractérisés par un certain éclectisme, sans qu'il y ait de préférence marquée pour un courant particulier ou certains artistes. Cette orientation a été renforcée à partir des années 1980, avec la reprise d'une politique d'acquisitions plus volontaire, les collections s'enrichissant également des œuvres entrées au musée grâce au legs Jacqueline Delubac.

Collections Les collections sont présentées ci-dessous chronologiquement au nom de leur auteur quand il est connu. Les séparations par siècles étant arbitraires, les auteurs qui ont produit des œuvres sur deux d'entre eux sont placés dans celui où ils ont majoritairement produit.

Présentation générale

Le musée possède un ensemble de sculptures médiévales important, comprenant toutes les écoles régionales, et quelques étrangères. Le parcours de sculpture ancienne débute avec des œuvres romanes dont le Jongleur réalisé dans le Berry à la fin du . L'Ange et la Vierge de l'Annonciation, œuvres toscanes grandeur nature et polychromes datant du milieu du , sont un autre chef-d'œuvre de la section de sculpture médiévale, qui renferme également de belles œuvres flamandes. L'art de la Renaissance est représenté par des œuvres de qualité comme le Saint Jean-Baptiste (vers 1475-1478) de Mino da Fiesole et l'étonnant Buste de femme en médaillon (1532) d'un anonyme sculpteur français. On compte également de nombreuses sculptures d'école italienne des s (école de Verrocchio, de Della Robbia, de Donatello, de Michel-Ange...). Les s sont moins riches que la période précédente, mais l'on note tout de même des œuvres de sculpteurs français célèbres tels qu'Antoine Coysevox, Guillaume Coustou ou Augustin Pajou (Neptune, marbre de 1767).

Pour le , on retrouve Antonio Canova, plusieurs œuvres du Lyonnais Joseph Chinard, dont son Persée et Andromède (terre cuite, 1791), David d'Angers, Antoine Étex (Caïn et sa race maudits de Dieu, marbre, 1832-1839), James Pradier, Jean-Baptiste Carpeaux, Auguste Bartholdi, Jean Carriès, Medardo Rosso, François Pompon ou encore Pierre Auguste Renoir. Une place particulière doit être faite à Auguste Rodin, dont le musée possède le plus grand ensemble d'œuvres en province. Ce fonds, comportant marbres, bronzes et plâtres, a été constitué directement auprès du sculpteur, qui entretenait des relations amicales avec plusieurs amateurs lyonnais. Parmi les marbres, on remarque notamment La Tentation de saint Antoine.

Les bronzes et les marbres exposés dans le jardin complètent la section consacrée au : ce sont deux sculptures d'Auguste Rodin, L'Âge d'airain (1876) et L'Ombre (1902), bronze fondu en un unique exemplaire dans cet état, une sculpture de Francisque Duret, Chactas en méditation sur la tombe d'Atala (1836), Giotto enfant dessinant une tête de bélier (1842) de Jean-François Legendre-Héral, Le Joueur de flûte (1861) de Jean-André Delorme, Faune ivre (1863) de Léon Cugnot, Démocrite méditant sur le siège de l'âme (1868) de Léon-Alexandre Delhomme, Carpeaux au travail (1909) d'Antoine Bourdelle et Jeune athlète (1909) de Jean-Baptiste Larrivé. Trois groupes en marbre s'adjoignent à cet ensemble : Castalie (1883) d'Eugène Guillaume, Gilliatt et la pieuvre (1890) d'Émile Carlier et Agar (1897) de François-Léon Sicard.

Enfin, la sculpture du est illustrée par des œuvres de Jeanne Bardey (Torse de femme), Antoine Bourdelle (Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale, bronze, 1909), Aristide Maillol, Ossip Zadkine, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Henri Laurens, Arman… La sculpture Terra de Claudio Parmiggiani a été enterrée dans le jardin du palais des Beaux-Arts en 1989, à l'époque où le musée d'art contemporain de Lyon (Saint Pierre art contemporain) est temporairement accueilli par le musée des Beaux-Arts).

Moyen Âge upright|vignette|Jongleur, anonyme, Berry, troisième quart du . Jongleur, anonyme, Berry, troisième quart du . calcaire, , acquis en 1881, Inv. D140. Cette pièce est une des œuvres les plus marquantes du musée, de style roman berrichon. Cette sculpture a été retrouvée dans un pignon de maison à Bourges, et provient probablement de l'archivolte du tympan d'une église voisine démolie, peut-être celle de Saint-Pierre-le-PuellierJean Toubeau de Maisonneuve, « L'église Saint-Pierre-le-Puellier à Bourges », Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, XLVIe vol., 1934-1935., dont il reste un tympan au musée du Berry. On y voit un jongleur en pleine action, venant de lancer de la main gauche une balle qu'il s'apprête à rattraper de la main droite ; il est vêtu d'une tunique courte et d'un manteau. Des inscriptions sur la bordure ont quelquefois été reconnue comme des caractères arméniens ; mais même sans certitude sur ce point, elles témoignent d'une influence orientale sur le sculpteur. La figure s'inscrit à l'intérieur d'une épaisse bordure, exemple typique de la soumission de la sculpture à l'architecture dans la sculpture romane. Par son caractère typique de ce mouvement, cette figure tout en mouvement est la sculpture emblématique de la loi du cadrevoir sur Parole et patrimoine.org d'Henri Focillon. Proche du style bourguignon, . Vierge de Saint-Flour, Anonyme, Auvergne, seconde moitié du . Bois polychrome et appliques de métal, , acquis en 1934, Inv. B 1751. Tête de prophète, anonyme, centre de la France, début du XIVe siècle. Calcaire, 44 × 29 × . (Acquis en 1934, Inv. B 1753) L'origine de cette tête est certainement l'église de Saint-Martin de Cogny située autrefois sur la commune de Thaumiers démolie en partie durant la Révolution. Le bonnet massif désigne un prophète. Les dimensions permettent de penser qu'elle faisait partie d'une statue placée peut-être sur le portail. L'artiste qui réalisa cette statue a peut-être été en relation avec le chantier de la cathédrale de Bourges. . vignette|upright|Vierge à l'enfant, milieu du . Vierge à l'enfant, anonyme, Île-de-France, milieu du . Albâtre partiellement doré, 91 × 35 × . (Legs Jean Pollet, 1839, Inv. H 6) Cette statue représente la Vierge tenant l'enfant Jésus d'un bras. Le sculpteur a réalisé Marie avec un élégant déhanché, des drapés délicats et l'enfant jouant avec le fermoir de sa mère d'une main et tenant un oiseau de l'autre. La pièce d'albâtre a été peinte d'or sur les vêtements et les cheveux et une couronne d'orfèvrerie, qui a disparu, la rehaussait. La sculpture est posée sur un socle du XVIe siècle qui portait originellement une statue de saint Roch, ainsi que l'indique une dédicace. Cette sculpture est proche d'une conservée au Metropolitan Museum de New York provenant le l'abbaye de Pont-aux-Dames. Elle est typique d'une production fréquente autour des années 1340 en Île-de-France dans le mouvement de l'amour courtois. Cette œuvre est marquante par . Autres œuvres.

Renaissance vignette|upright|Mino da Fiesole, Buste de Saint-Jean Baptiste jeune. Buste de Saint-Jean-Baptiste jeune, Mino da Fiesole, vers 1475-1478. Marbre, Avec le socle.. (Acquis en 1888, Inv. D 382) Ce buste a été réalisé en imitant fortement les sculptures romaines, les influences étant flagrantes que ce soit pour le costume, le modelé ou la découpe. Mino de Fiesole est également parvenu à restituer une grande concentration et une grande force de caractère à son personnage. Le sculpteur est parvenu à individualiser son modèle et à le rendre particulièrement vivant par des détails réalistes, menton, nez busqué ou rides frontales. Les qualités techniques de Mino se lisent également dans la finesse de la peau de bête retenue par deux cabochons et la chevelure. Ce buste est un des plus beaux représentant de la sculpture italienne du musée des Beaux-Arts de Lyon. Avec ce Buste de Saint-Jean-Baptiste jeune, il possède un exemplaire des réalisations de Mino de Fiesole alors qu'il est au sommet de son art, et qu'il est en train de rénover largement l'art du buste en Italie, ce depuis le milieu du XVe siècle. Cette œuvre peut être rapprochée de deux autres portraits de saint Jean Baptiste sculptés par Mino et conservés au musée Jacquemart-André et au Metropolitan museumVoir une illustration. vignette|upright|Maître de la Sainte Parenté de Biberach, Le Jugement Dernier, (1510-1520). Le Jugement Dernier, Maître de la Sainte Parenté de Biberach (ou son atelier), vers 1510-1520. Bois de tilleul polychrome, . (Échangé avec la chambre de commerce de Lyon, 1896, Inv. D 678) Ce relief propose une iconographie peu banale associant une scène de Jugement dernier à une représentation votive de la peste. La partie centrale montre sous Dieu un ensemble de personnages de toutes conditions, dont certains déjà touchés par la peste. De part et d'autre, Jésus et Marie intercèdent en faveur des implorants. Les parties les plus latérales montrent le jugement dernier avec à gauche saint Pierre accueillant les âmes sauvées et à gauche les damnés en enfer. Cette composition est riche en éléments pittoresques. Cette œuvre est attribuée au Maître de la Sainte Parenté de Biberach, un sculpteur actif en Souabe au début du XVIe siècle. Il a fidèlement restitué les habits à la mode dans les années 1510-1520, dans un travail du bois aux détails très soignés. Ce relief est très probablement à l'origine la prédelle d'un retable. vignette|upright|École de la Renaissance française, Buste de femme en médaillon (1532). Buste de femme en médaillon, anonyme, France, 1535. Calcaire, . (Acquis par échange avec le musée de Vienne en 1907, Inv. D 792) Cette sculpture représente une femme en buste en forte saillie, présentant une pose alanguie, la chevelure tenue par un filet élaboré, coiffée d'un chapeau à plume et la poitrine dénudée ornée d'un collier décrivant une courbe parfaite. Le buste est représenté sortant d'une draperie. Taillé dans un calcaire blond, il était placé dans une maison de Vienne probablement en partie haute ainsi que le suggère l'effet de perspective appliqué au buste. La forte saillie est typique de la Renaissance française, son visage fin et ses lèvres et yeux entrouverts créent une beauté délicate, raffinée, ronsardienne. Ange et Vierge de l'Annonciation, Anonyme siennois, Milieu du XIVe siècle. Bois de noyer polychrome, et . (Acquis en 1884, Inv. D 234 et D 235)

Œuvres