vignette|upright=1.7|Photographie des principaux meneurs de la révolution philippine. Le pacte de Biak-na-Bato est signé le et entre le royaume d’Espagne et les insurgés philippins du Katipunan lors de la révolution philippine. Il instaure un cessez-le-feu entre les deux parties.
Contexte
La révolution philippine débute en , opposant les colons Espagnols, qui administrent les Philippines depuis quelque trois siècles, et le Katipunan, une organisation clandestine qui prône l’insurrection et l’indépendance.. La révolte s’étend autour de Manille à Luzon, le centre économique et politique de la colonie, notamment la province de Cavite qui est totalement sous contrôle du Katipunan en ..
En 1897, le conflit tourne globalement à l’avantage des Espagnols, qui profitent de l’arrivée de renforts (environ trente mille hommes), ainsi que des divisions profondes au sein du Katipunan (leur meneur, Andrés Bonifacio, est supplanté par Emilio Aguinaldo puis exécuté en ). Les colons reprennent la totalité de la province de Cavite, remportant de nombreuses victoires, si bien que les révolutionnaires sont obligés de se replier à Biak-na-Bato (San Miguel, province de Bulacan) et d’adopter des pratiques de guérillas......
Élaboration du pacte Raisons des pourparlers
vignette|Quartier-général des révolutionnaire à Biak-na-Bato.
À l’été 1897, la nécessité de pourparlers devient évidentes pour les deux parties. Pour les insurgés, qui manquent de moyens et d’armes, les défaites de 1897 leur font perdre espoir de défaire l’armée espagnole à court terme. Aguinaldo et ses proches souhaitent donc gagner du temps afin de mieux préparer une éventuelle future révolte. De plus, l’affrontement entre Bonifacio et Aguinaldo a divisé le Katiputan..
Du côté espagnol, la supériorité militaire ne suffit pas pour anéantir la guérilla philippine contre laquelle l’armée est peu formée à combattre. ; de plus, le contingent espagnol reste trop peu nombreux pour véritablement contrôler la totalité de l’archipel. Enfin, la révolution fait aussi rage dans leur colonie de Cuba, si bien que Madrid souhaite pouvoir se concentrer sur un seul conflit..
Déroulement des pourparlers
vignette|gauche|Les principaux négociateurs du pacte, dont au premier plan de gauche à droite, Pedro Paterno et Emilio Aguinaldo. vignette|upright|Fernando Primo de Rivera, gouverneur général des Philippines, qui signe le pacte au nom du roi d'Espagne.
Pedro Paterno, un membre de l’élite philippine et proche de plusieurs officiels espagnols, est choisi par les colons pour mener les négociations avec les insurgés, qui durent d’août à ... Les colons sont prêts à offrir l’amnistie pour les combattants et des dédommagements financiers pour obtenir la fin de la révolte, mais veulent l’exil des principaux meneurs et la saisie de toutes les armes. De leur côté, les insurgés réclament en plus une réforme du système colonial afin d’associer étroitement les Philippins à la gouvernance de l’archipel, ainsi que l’égalité avec les Espagnols et la fin des pouvoirs exorbitants des ordres religieux et des colons. L’attitude des Espagnols en rapport à ces demandes reste ambiguë, car d’après Aguinaldo les colons les avaient tacitement acceptées, tandis que les Espagnols allègent qu’aucun accord formel n’a été conclu sur ce point.
Contenu du pacte
Le pacte se compose de trois documents signés les 14 et , et contient les termes suivant.. : les insurgés acceptent un cessez-le-feu et la remise de leurs armes au gouvernement colonial en échange d’une amnistie ; Aguinaldo et les meneurs de la révolution doivent partir en exil hors du pays ; deux généraux espagnolsCelestino Tejeiro et Ricardo Monet . doivent être tenu en otage le temps pour Aguinaldo de quitter l’archipel ; le paiement par les Espagnols de dollars mexicainsLe dollar mexicain et le peso philippin avaient alors la même valeur. aux insurgés, en trois temps : dollars versés immédiatement après la reddition, puis dollars versés après la remise de 800 armes par les insurgés, et de plus lorsque le nombre total d’armes remises atteint 1000 ; le paiement de pesos d’indemnités pour les civils ayant souffert de la guerre.
Conséquences
vignette|Les meneurs du Katipunan alors en exil à Hong Kong.
En conséquence du pacte, Aguinaldo et les principaux meneurs de la révolutionDont : Mariano Llanera, Tomas Aguinaldo, Vito Belarmino, Antonio Montenegro, Escolastico Viola, Lino Viola, Valentin Diaz, Anastacio Francisco, Benito Natividad, Gregorio del Pilar, Manuel Tinio, Salvador Estrella, Maximo Kabigting, Wenceslao Viniegra, Doroteo Lopez, Vicente Lukban, Primitivo Artacho, Tomas Mascardo, Joaquin Alejandrino, Pedro Aguinaldo, Agapito Bonson, Carlos Ronquillo, Teodoro Legazpi, Agustin de la Rosa, Miguel Valenzuela, Antonio Carlos, Celestino Aragon, Jose Aragon, Pedro Francisco, Lazaro Makapagal y Lakang-dula, Silvestre Legazpi, Vitaliano Famular, Vicenter Kagton, Francisco Frani et Eugenio de la Cruz. partent en exil à Hong Kong. D’après Aguinaldo, les dollars promis par les Espagnols devaient lui être versé en personne.. En réalité, Aguinaldo reçu le premier versement de dollars seulement, la seconde part ( dollars) étant distribués entre les insurgés. Quant à la troisième part (les derniers dollars), ainsi que les pesos d’indemnités promis aux civils, ils ne furent jamais payés.
La république de Biak-na-Bato, proclamée le durant les négociations ., est dissoute avec la signature du pacte.
La révolte est largement endiguée, mais toutefois pas stoppée car des insurgés continuent la guérilla dans les campagnes, et les Espagnols n’opèrent pas une réelle amnistie en arrêtant des rebelles qui se sont rendus. Le pacte est avant tout un jeu de dupe où les Espagnols n’ont probablement jamais prévu d’instaurer les réformes politiques promises, tandis que les insurgés prévoient d’utiliser l’argent remis par les colons pour préparer une nouvelle révolte, notamment via l’achat d’armesAguinaldo utilise une partie de cette somme pour s’établir à Hong Kong et place le reste en banque .. Les Espagnols s’en sortent tout de même à bon compte, car même si des affrontements persistent en province, ils se retrouvent maîtres des grands villes ainsi que des infrastructures économiques.
In fine, la révolution reprendra dès 1898 avec l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Espagne et leur intervention militaire aux Philippines, qui entrainera le retour d’Aguinaldo et de l’insurrection en .
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . . . . . . (mémoire, Master of Arts). . . .
Article connexe Révolution philippine
Liens externes
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