Marie Romain Thomas, dit Lhéritier, né le à Neuilly et mort le aux Batignolles, est un acteur et dessinateur français.

Biographie Jeunesse et débuts Après avoir fait toutes ses études à Paris au collège Bourbon., Thomas savait sa littérature contemporaine et tout Molière sur le bout des ongles., mais échoua au baccalauréat. Entré, selon le vœu de ses parents, dans une maison de banque, à dix-huit ans, l’apprenti banquier ne mordait guère à la finance, négligeant les bordereaux de comptes courants pour copier et recopier des rôles. Après y avoir vu jouer quelque temps les financiers d’après nature, il en a eu grandement assez et s’est rendu directement de chez son banquier demander ses débuts à la salle Chantereine, sans perdre un instant. Il est passé de ce théâtre de société à celui de Doyen, situé alors rue Transnonain, et y côtoya Ligier, Bocage, Beauvallet, Bouffé, Arnal, Brohan et Paradol.

Son père, peu désireux de voir son nom figurer sur des affiches de spectacle, lui aurait dit un jour : Le nom de théâtre était trouvé ! Et Romain Thomas disparut pour toujours derrière Lhéritier. Le soir, il jouait chez Carlotti, Ducroq ou Doyen, mais malgré les succès énormes qu’il obtenait dans ces troupes, il refusait constamment les propositions d’engagement qui lui étaient faites pour la province et l’étranger. Après la révolution de 1830, les théâtres sur lesquels on s’était, jusque là, contenté de mimer ou de danser, ayant mis les pièces de Molière à leur répertoire, deux nouvelles salles ont ouvert : l’une au théâtre du Palais-Royal même, à la salle Montansier ; l’autre, qui a repris le nom de théâtre Molière que lui avait donné Boursault, lors de son établissement en 1792, rue Saint-Martin.

Comme il fallait de nouveaux acteurs et surtout des acteurs à bon marché pour occuper les rôles ouverts par ces nouveaux théâtres, il a reçu deux propositions d’engagement : l’une du théâtre Molière, l’autre du théâtre du Palais-Royal, qui venait d’ouvrir sous la direction de Dormeuil. Timide de nature, il a préféré accepter la première proposition, celle du théâtre Molière, la troupe du Palais-Royal, comprenant Regnier, Sainville, Virginie Déjazet, Samson, Lepeintre aîné, Paul Mime, Baroyer, Falcoz, etc, lui paraissant trop professionnelle et prestigieuse pour ses talents d’amateur. Malheureusement pour lui, le théâtre Molière ayant fermé ses portes au bout de six semaines, il a été engagé dans la troupe de Dormeuil, qui avait maintenu sa proposition. Il y restera , fait unique dans les annales dramatiques.

Un pilier du Palais-Royal Pendant plus d’un demi-siècle, il va être de presque toutes les pièces du Palais-Royal, où il aurait créé , sans parler des reprises. Le public l’ayant rapidement adopté, il a eu des rôles à succès, mais on lui a longtemps reproché une certaine timidité qui paralysait ses moyens. Pendant dix ans, il est resté stationnaire, tâtonnant, cherchant sa place. Pendant cette période, il a participé, parmi de nombreuses autres, aux pièces suivantes :

1831 : Les Amours du port au blé, comédie-vaudeville en un acte de Dumersan et Sewrin 1833 : Sophie Arnoult, comédie-vaudeville en trois actes de Leuven, Desforges et Dumanoir 1834 : La Salamandre, comédie-vaudeville en quatre actes de Livry, Desforges et Leuven 1839 : Les Avoués en vacances, comédie-vaudeville en deux actes de Bayard : Sir Spencer, l’Anglais : Rothomago, revue en un acte d'Hippolyte et Théodore Cogniard, représentée la première fois à Paris le au théâtre du Palais-Royal : Parchemin. 1840 : Les Dîners à 32 sous, comédie-vaudeville en un acte des frères Cogniard et Rimbaut 1841 : Le Vicomte de Létorières, comédie-vaudeville en trois actes de Bayard et Dumanoir : le maréchal-prince de Soubise 1843 (mai) : L'Homme de paille, comédie-vaudeville en un acte de Labiche et Lefranc : Billaudin 1843 () : Brelan de troupiers, comédie-vaudeville en un acte de Dumanoir et Arago : Gate-cuir, employé aux abattoirs 1845 : Les Pommes de terre malades, revue de Clairville et Dumanoir, Palais-Royal : Patate, deuxième médecin.

Ayant fini par trouver son emploi dans les rôles de « ganaches prématurées » ou de « grimes » (vieillards comiques ou ridicules), les pièces suivantes ont été de véritables succès pour lui : 1845La pièce fut reprise à Londres en 1848. : L'Almanach des , vaudeville en trois actes de Villeneuve et Lafargue : Pinchenet 1845 : Le Roi des Frontins, comédie-vaudeville en deux actes de Labiche et Lefranc : Frontin 1846 : Le Lait d'ânesse 1847 : À qui le moutard ? 1847 (avril) : L'Avocat pédicure, comédie-vaudeville en un acte de Labiche et Lefranc : Chaffaroux 1850 () : Un monsieur qui suit les femmes, comédie-vaudeville en deux actes de Théodore Barrière et Adrien Decourcelle 1851 (août) : Un chapeau de paille d'Italie, comédie en 5 actes de Labiche et Marc-Michel : Beauperthuis 1852 (août) : Le Misanthrope et l'Auvergnat, comédie en un acte de Labiche, Lubize et Siraudin : Coquenard : Le Bourreau des crânes de Siraudin et Lafargue, théâtre du Palais-Royal 1854 : La Pile de Volta de Montjoye, Siraudin et Rouvenat de Larounat 1854 (novembre) : Ôtez votre fille, s'il vous plaît, comédie en deux actes de Labiche et Marc-Michel : Montdoublard 1856 : Les Suites d'un premier lit, comédie de Labiche et Marc-Michel, créée en 1852 Le Célèbre Vergeot de Varin La Préparation au baccalauréat 1862 (mars) : La Station Champbaudet, comédie-vaudeville en trois actes de Labiche et Marc-Michel : Letrinquier.

Après la mort de Sainville, en 1854, et de Paul Grassot, en 1860, il est devenu un des premiers acteurs du Palais-Royal.. L’arrivée de Geoffroy en était bien faite pour effrayer quelque peu le modeste Lhéritier, compte tenu que le nouveau venu était réputé pour son côté « ours » et son mauvais caractère. Mais l’association du débutant triomphant, Geoffroy, et du talentueux ancien, Lhéritier, a au contraire fait merveille. Loin de se nuire, les qualités de ces deux merveilleux artistes se complétaient : à Geoffroy, la rondeur, le naturel, et à Lhéritier, la finesse, la malice et aussi l’impayable gaucherie ! Leur importance s’est encore accrue après le départ de Ravel en 1868 pour le théâtre du Gymnase.

Quelques-unes des pièces de cette époque qui, pour la plupart, ont employé ce duo : 1863 (février) : Célimare le bien-aimé, comédie-vaudeville en trois actes de Labiche et Delacour : Vernouillet 1863 : Les Diables roses de Eugène Grangé et Lambert-Thiboust : Belzingue 1864 (février) : La Cagnotte, comédie-vaudeville en 5 actes de Labiche et Delacour : Cordenbois 1865 (décembre) : La Bergère de la rue Monthabor, comédie-vaudeville en quatre actes de Labiche et Delacour : Goderleau 1866 (août) : Un pied dans le crime, comédie-vaudeville en trois actes de Labiche et Choler : Gaudiband 1867 (juillet) : La Grammaire, comédie-vaudeville en un acte de Labiche et Jolly : Poitrinas 1868 : Le Papa du Prix d'Honneur, comédie-vaudeville en quatre actes de Labiche et Barrière (rôle de Dubichet) en 1868 : Le Carnaval d’un merle blanc, « folie parée et masquée » de Henri Chivot et Alfred Duru 1869 (avril) : Gavaud, Minard et Cie, comédie en trois actes de Gondinet : Minard 1870 (janvier) : Le Plus Heureux des trois, comédie en trois actes de Labiche et Gondinet : Jobelin 1872 : Le Réveillon? comédie en trois actes de Meilhac et Halévy : Tourillon 1873 (novembre) : Le Chef de division, comédie en trois actes de Gondinet : de Pontorson 1879 (février) : Le Mari de la débutante, comédie en quatre actes de Meilhac et Halévy : Biscara 1881 : Le Mari de Babette.

Il avait de l’érudition, mais n’en tirait aucune vanité ; rien ne l’agaçait plus, cependant, que les fautes de français commises par certains comédiens qui ne pouvaient s’empêcher d’ajouter à leurs rôles. À 73 ans, en 1882, il a pris sa retraite, fêté par ses camarades en hommage à sa constante bonté et bienveillance. Il s’est retiré dans sa maison des Batignolles, où grimpait la vigne, entouré de livres, de souvenirs et de ses dessins car, doué d’un réel talent de dessinateur, il avait croqué nombre de ses collègues, sans profiter longtemps de ce repos. À peine trois ans plus tard, il était emporté par une attaque de paralysie.

Il est inhumé au cimetière ancien de Clichy, dans le caveau familial.

Jugements

Notes et références

Liens externes

Dessins originaux de Lhéritier sur Gallica

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