Tacon Forum est un concept de création artistique ouvert à la communauté, il est un des quatre événements évolutifs créés par le duo d’artistes Interaction Qui dans le cadre du projet Événement Ouananiche. Ce projet est conceptualisé en 1990 pour donner suite à une demande du comité pour l'adoption et la promotion de la ouananiche comme emblème animalier du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Tacon Forum permet aux artistes et aux communautés participantes un dialogue créatif par la mise en commun d'idées et de projets artistiques. Entre 1992 et 2015 l'organisme Interaction Qui Ltée met en place 17 Tacons Forums, la plupart ayant lieu sur le territoire du Saguenay—Lac-Saint-Jean.

Tacon Forum: des événements artistiques Le concept Tacon Forum rassemble tous les projets événementiels réalisés par les artistes et les communautés qui participent au projet Événement Ouananiche. Cette pratique d’art social consiste à intervenir dans l’espace public en créant des situations, appelées par Interaction Qui Actions performatives, sensibilisant et transformant le territoire culturel de façon significative.

Aonanch

Aonanch (celui qui est partout, qui va partout) est un terme Innu (Montagnais du Lac-Saint-Jean) désignant un poisson du nom de Ouananiche. Aonanch, c’est l’emblème animalier du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Aonanch, c'est aussi le titre de l'exposition présentée par Interaction Qui en 1992 au Centre d’artiste Espace Virtuel de Chicoutimi. Il s'agit d’une installation interactive de 60 clochers portant chacun une cloche relatant de façon allégorique une anecdote des soixante villes et villages du territoire saguenéen et jeannois en 1988. Une borne interactive est placée dans la salle d’exposition. Elle a comme fonction d'interroger les visiteurs sur les caractéristiques propres aux municipalités et de faciliter la compréhension de cette installation. L’esprit de clocher est un trait de caractère culturel de cette région, pour certains il est le moteur du développement économique local, pour d’autres un frein pour le développement économique de ce vaste territoire.

Au nom de la terre Au nom de la terre est un événement artistique créé lors du congrès Nikan en 1997. Sous la thématique du développement durable et de l’écologie, le centre d’artistes Langage Plus d'Alma invite des artistes à présenter leurs visions environnementales de la société. C’est dans ce contexte que le duo d’artistes Interaction Qui réalise une installation interactive interrogeant notre rapport aux technologies numériques, ces impacts sur nos relations interpersonnelles et l’ouverture démocratique des communications par les réseaux télématiques. Dans un bâtiment désaffecté au centre-ville d’Alma est installé un dispositif médiatique. Les cartes à puces et composants électroniques que l'on trouve à l'intérieur des ordinateurs, flottent en suspension au-dessus d'un bassin d'eau noire bordé par les enveloppes des moniteurs remplies de pierres. L'ensemble esquisse la forme d'une ouananiche, l’emblème animalier du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Un système sonore est placé à l'intérieur du bassin d'eau afin de produire une onde de choc dont le rayonnement est proportionnel à l'intensité de la vibration. Près de cette pièce, se trouve une salle où l'on a placé un ordinateur relié à un réseau télématique. Les visiteurs ont accès à un babillard électronique permettant de discuter avec d'autres participants. Un site web présente une conférence ouverte en permanence sur les problématiques régionales touchant l’exode des jeunes et le développement économique.

L'art, c'est toi itou L’Art, c’est toi itou présenté en 2001 et 2002 est une exposition rétrospective du duo d’artistes Interaction Qui mettant en relief 20 ans de pratique en art social. Leur démarche artistique concerne l’appropriation par l’art de l’espace social et environnemental du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Les œuvres présentées ont marqué la vie quotidienne de la communauté par leur insertion dans des lieux publics. Les thèmes abordés appartiennent aux croyances, aux valeurs et à la mythologie du territoire saguenéen et jeannois. Selon le sociologue de l’art Guy Sioui Durand .

La mise en espace de cette exposition dans la grande salle de l'ancien hôtel de ville de l'Isle-Maligne rend visible l'engagement social et artistique d'Interaction Qui. Centré autour des phases du projet évolutif Événement Ouananiche (Tacon Site, Tacon Cailloux, Tacon Commémoratif, Tacon Forum), la déambulation dans les salles d'exposition fait voir les événements depuis la publication du Manifeste Action 80 que l’on trouve à l’entrée, jusqu'aux événements d'art social (Intervention 58, Une rue Artfaire, La terre nourricière : on ne souille pas, La noyade de Maria Chapdelaine, Peaux d’ouananiche et Aonanch : l’esprit de clocher ) et des rituels communautaires (Pointe d'appel et Mémoire de la famille Côté/Maltais).

Toits Itou Les Toits itou, volet d'art social de l’exposition rétrospective d’Interaction Qui, invite la communauté à participer à la création d’actions performatives. Pour réaliser les divers événements, les artistes et enseignants Alain Laroche et Jocelyn Maltais sont accompagnés par leurs étudiants en Art et technologies informatisées du Collège d’Alma. Ceux-ci reproduisent 6 chefs-d’œuvre de grands maîtres de l’histoire de la peinture. Les œuvres sont réalisées de telle sorte qu’elles permettent au spectateur de devenir l’instant d’une photographie, acteur ou modèle des tableaux en s’y insérant ou en y pénétrant. Changement de point de vue, le public contemplateur devient public contemplé. Ces reproductions présentées dans des kiosques évoquant l’entrée d’une institution muséale et installées sur la Véloroute des Bleuets sont animées par de jeunes artistes en formation. Comme le souligne Guy Sioui Durand . En trois occasions, la communauté est convoquée à créer des performances sonores et visuelles autour des Toits itou. Ces actions performatives sont chaque fois inspirées des reproductions : Le déjeuner sur l'herbe de Manet, Les saltimbanques de Picasso et La rencontre de Courbet. À la fin des activités, un encan collectif ajoute la dimension festive typique des actions performatives d'Interaction Qui.

Jardin secret de BPDL

alt=|thumb|upright|Matrice et fleurs de béton. alt=|thumb|upright|gauche|Boîte contenant les pensées des employés.

Le Jardin secret de BPDL est la première action performative réalisée par Interaction Qui dans un milieu de travail. Dans le cadre de la FLASHE Fête 2004 à Alma, le comité organisateur invite le duo d’artistes Interaction Qui à réaliser un projet d’art social. Le président d’honneur de cette édition étant Monsieur André Bouchard président de Béton Préfabriqué du Lac (BPDL), les artistes lui propose une activité artistique impliquant 125 de ses employés. Le Jardin secret de BPDL est né de l’idée que tous peuvent s’accorder un moment de poésie durant leur journée de travail. Une pensée, c’est une fleur et c’est aussi une phrase significative laissée par chacun des employés. L’installation de ces fleurs dans un local commercial désaffecté du centre-ville d’Alma a permis aux employés et aux passants de prendre connaissance des pensées de chacun. Mais pour découvrir ces pensées, il faut arroser chacune des fleurs.

Le frai Ce Tacon Forum réalisé en 2002 s’inspire du modèle de reproduction de la ouananiche qui se divise en 4 phases soit l’œuf qui devient tacon puis saumoneau et à la fin ouananiche. De plus, les artistes utilisent l'ensemencement comme stratégie d'intervention comme les biologistes qui ont ensemencé le lac Saint-Jean à l'aide de tacons pour sauver la ressource ouananiche entre 1990 et 2007. Devant la diminution drastique de la population au Saguenay—Lac-Saint-Jean et plus particulièrement l’exode des jeunes vers les grands centres urbains, Interaction Qui imagine une série d’actions performatives pour sensibiliser et motiver les jeunes à revenir dans leur région natale. 4 ensemencements sont réalisés et mobilisent 5 jeunes artistes jeannois et saguenéens ainsi que les étudiants au programme Arts et technologies informatisées du Collège d’Alma. Ces ensemencements sont des actions performatives de survie tentant de provoquer dans l’utopie l’accomplissement entier du cycle migratoire : l’aller et le retour des jeunes saguenéens et jeannois. Quitter la frayère pour retourner chez soi et ainsi boucler le cycle générateur. Durant ses dernières semaines de vie en rivière, le saumoneau acquiert l’empreinte des caractéristiques du cours d’eau qui l’a vue naître et c’est cette empreinte qui fera revenir la ouananiche à maturité dans cette même rivière pour s’y reproduire.

Ensemencement 1 Cette action performative comprend 2 volets. Le premier, il s’agit d’une exposition des œuvres de 5 artistes de la relève soit Geneviève Boucher, Pascal Bouchard, Daniel Fortin, Jean-Denis Simard et Bianka Robitaille à la galerie Le Lieu de Québec. Le second, est une installation environnementale au parc de la Jeunesse de Québec. Lorsque 5 jeunes artistes du Saguenay—Lac-Saint-Jean se déplacent vers Québec pour présenter leurs œuvres, ils accomplissent un acte de migration. Interaction Qui interprète cette action performative ainsi: .

alt=|thumb|upright|Participants préparant les Tacons Bleus. alt=|thumb|upright|gauche|Installation des Tacons Bleus

Le , une vingtaine de jeunes du Saguenay—Lac-Saint-Jean et de Québec installent sur la neige des Tacons Bleus peints sur des plaquettes de bois d’environ 30 cm par 10 cm et tracent une immense flèche pointant la région Saguenay—Lac-Saint-Jean situé au nord-ouest de Ville de Québec.  Pour les participants, ensemencer Tacons Bleus dans le parc de la Jeunesse de Québec, c’est signaler une perte de vitalité, conséquence de la migration des jeunes du Saguenay—Lac-Saint-Jean vers les centres urbains. La vision de cette frayère symbolique est soulignée comme suit par le sociologue de l’art Guy Sioui Durand .

Ensemencement 2 alt=|thumb|upright|Participants écrivant un mot sur les Tacons Bleus. alt=|thumb|upright|gauche|Les Tacons Bleus forment de longs corridors poétiques. Les Tacons Bleus sont de retour à Alma pour célébrer la vie et la jeunesse. Cette fois, les tacons emblématiques envahissent le terrain de football du Collège d’Alma pour prendre la forme d’une immense ouananiche. Cette œuvre exige pour sa réalisation une participation publique importante. Sous la thématique d’Empreinte-Poème, cette action performative consiste à écrire un poème collectif porteur d’avenir et de joie de vivre. Les jeunes des écoles environnantes collaborent à cette action artistique et ainsi contribuent à l’épanouissement culturel de leur région. Chaque tacon est porteur d’un mot. Ces mots forment des phrases. Ces phrases forment de longs corridors permettant aux passants de déambuler et de prendre connaissance des messages d’espoir.

alt=|thumb|upright|Œuvre de Pascal Bouchard alt=|thumb|upright|gauche|Œuvre de Geneviève Boucher

L’exposition Migration présentée à la galerie Le Lieu de Québec se transporte à Alma à la galerie RoZe, une galerie temporaire pour artistes sans-abris sous le thème de MAIgration. Pour ces jeunes artistes, cette exposition est l’occasion de porter un regard personnel sur le phénomène de migration des jeunes vers les grands centres urbains. L’ouverture de la galerie RoZe dans un espace fortement achalandé au cœur du milieu des affaires de Ville d’Alma est intentionnel. Interaction Qui espère ainsi créer une synergie entre les artistes et la population en rendant accessibles des œuvres originales et actuelles. La précarité étant le lot de bien des jeunes, la galerie RoZe ferme ses portes à la fin de l’exposition soulignant ainsi les difficultés que rencontrent nos jeunes régionaux à s’établir de façon permanente dans leur région.

Ensemencement 3 alt=|thumb|upright|Le collectif d'artistesLa Corvée