Françoise Malaprade, née le à Nancy et morte le à Saint-Nicolas-de-Port, est une artiste peintre française. Spécialisée en art mural, elle participe entre 1959 et 1989 à l’ornementation de bâtiments, dont certains sont toujours visibles dans les rues de Nancy et en Lorraine ; puis elle se consacre à une recherche picturale personnelle.

Biographie Enfance et formation Françoise Malaprade naît à Nancy, en Lorraine. Elle grandit près du quartier de la Place Stanislas, non loin de l’école de chimie où se trouve le laboratoire de son père, Léon Malaprade, auteur de la réaction qui porte son nom.

Très tôt, elle prend goût aux livres et aux images. Un ouvrage sur Chardin et son œuvre attise sa sensibilité artistique. Elle admire également les œuvres de Vélasquez, Botticelli, Giotto, et plus généralement les œuvres de la renaissance. Ses premiers « chocs » artistiques sont « Le chant du coq » de Brancusi ; puis le travail de Chagall, qu’elle voit chez Aimé Maeght à Paris.

En 1952, elle intègre l’école des Beaux-Arts de Nancy et suit la formation de base jusqu’en 1955. À partir de cette date et jusqu’en 1959, elle se spécialise dans l’art monumental et en apprend les diverses techniques : fresque, vitrail, mosaïque, tapisserie, peinture, papiers collés. Elle étudie d’abord avec Robert Wogensky, élève de jean Lurçat, puis – demeurée seule de sa promotion – avec Albert Lenormand, qui a notamment participé à la décoration de l’église Saint-Rémy de Baccarat. Elle côtoie alors des artistes qui marquent la création en Lorraine, comme Camille Hilaire, André Wahl, Daniel Meyer, Jacquorlande Sinapi et, en dehors de l’école, Nicole Gauthier, Denise Romanini-Aragon et Marguerite Jacquot, élèves de Victor Prouvé.

vignette|1963 - La fresque du CREPS en cours de réalisation. Très rapidement, en 1963, elle reçoit une commande au titre du 1% culturel des constructions publiques. L’architecte Jacques Haenel est chargé du projet d’aménagement du Centre Régional d'Éducation Populaire et de Sport (CREPS) de Lorraine sur le site de l’ancienne chocolaterie d’Essey-lès-Nancy. Il fait appel à Françoise Malaprade pour intervenir sur le grand mur du Foyer, lieu de détente et de loisir des sportifs en formation.https://www.esseylesnancy.fr/sites/all/files/documents/fichiers/essey-bm-112-ld.pdf page 9..

Dans l’esprit de l’artiste, cette première œuvre sera une sorte de sortie de thèse, l’aboutissement de sa formation : elle choisit de peindre ce mur de de hauteur par de longueur « à fresque », selon la technique traditionnelle fresque lissée sur mortier frais, dans un style contemporain. Le thème retenu, « la FÊTE » tente de faire lien entre l’activité de l’établissement qui consiste à former des sportifs, l’espace de détente choisi pour accueillir l’œuvre – où se tiennent parfois des spectacles – et les influences de l’époque : Léger, Picasso, Braque pour la peinture, le jazz band pour la musique.

Cette réalisation implique pour Françoise Malaprade de retrouver la technique ancienne appliquée par les Maîtres de la Renaissance ; elle est assistée dans cette tâche par Henri Schrepfer, entrepreneur, qui choisit M. Montagne, maçon expérimenté. Ce dernier prépare le mortier et l’applique sur la portion de mur à peindre ; l’artiste décalque les motifs et peint. Claude Schrepfer - son mari - incorpore la couleur par lissage.

La période Béton De 1960 à 1980"Art Mural 1930-1985", Exposition du 10 au 30 mai 1985 au Centre Culturel André Malraux, Vandoeuvre-Lès-Nancy : ses relations avec le milieu de l’architecture lui permettent de réaliser de nombreuses animations de murs grâce au béton armé. Ces années béton l’autorisent à développer de nouvelles mises en œuvre pour valoriser ce matériau et ce grâce à l’instigation d’un collaborateur de l’architecte Henri Prouvé, Claude Schrepfer, élève architecte dont la démarche est concrétisée par Bernard Guyot, élève ingénieur. 1966 : Centre paroissial Notre Dame des Pauvres - Nancy. : la première réalisation se situe au Haut du Lièvre, l’un des nouveaux quartiers de Nancy. Le projet est confié à Dominique Louis, architecte dont la production garde une place majeure dans l’architecture d’après-guerre à Nancy. L’église est composée d’une nef circulaire, un baptistère et une chambre des morts.. Ces espaces distincts sont reliés par des couloirs que Françoise Malaprade est chargée d’animer sur les thèmes respectifs de « l’histoire de l’Église » et « Requiem ». Il s’agit de bas-reliefs obtenus au moyen de mortier, appliqué dans les vides laissés par des panneaux de polystyrène expansé découpés puis cloués sur les murs et les plafonds, sur une surface de carrés environ.« Ces architectes qui construisent la ville : Dominique-Alexandre Louis - Église Notre-Dame-des-Pauvres », CAUE de Meurthe-et-Moselle...

vignette|Période béton - 1970 - Le canapé-jeux du groupe scolaire Pierre-Brossolette. 1969 : Centre Paroissial Saint-François d’Assisehttps://www.docomomo.fr/sites/default/files/fiches-batiments/fiche-docomomo-Eglise-St-Franc%CC%A7ois-Vandoeuvre.pdf. – Vandœuvre-lès-Nancy : Dans le cadre du projet confié à l’architecte Henri Prouvé, elle reçoit commande pour animer les façades de la chapelle annexe de l’église, sur le thème de la vie de Saint-François. La décoration de ces surfaces est obtenue par des panneaux préfabriqués en béton armé coulés à plat sur un fond de moule. Les motifs sont obtenus par des réservations en polystyrène expansé découpé. L’ensemble est constitué de 29 panneaux de de hauteur et de de largeur. Ce centre paroissial est inscrit depuis le à l’inventaire des monuments historiques.. Groupe scolaire Jeanne d’Arc, Vandœuvre-lès-Nancyhttps://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/pdfIR.action?irId=FRAN_IR_015069 : Architectes : Baudoin et Lejzerzon. Utilisant la même technique, animation de l’ensemble des façades au moyen de 62 éléments en béton moulé de par , intégrant une macro mosaïque en grès émaillé à dominante rouge et blanc. Groupe scolaire Bichat-Niederbronn, Lunéville: Architecte : Fernand Costes. Deux faces du mur écran décoratif à l’entrée des garçons. Thème : « Ulysse , odyssée chant XXI vers 404 à 423 » ; dimensions de hauteur, de longueur, d’épaisseur multiplié par 2. Béton armé coulé sur place par l’entreprise Ramelli. 1972 : direction des PTT, 3 boulevard Joffre – Nancy : Architecte : Henri Prouvé. Ensemble comportant des allèges de fenêtres et un mur de soutènement. Bas-reliefs coulés sur place dans des coffrages en polystyrène expansé sculpté à l’aide d’une panne chauffée avec un courant électrique, représentant carrés de surface. Illustration du thème du message. Rappel du rôle qu’ont joué les pigeons voyageurs. 1974 : Musée Pierre-Noël de Saint-Dié-des-Vosges : Architecte : Aldo Travaglini. Reprise du procédé de moulage du béton en béton blanc pour animer 3 façades. Le lieu est proche de la cathédrale, non loin de l’usine Claude-et-Duval créée par Le Corbusier. Thème : « la promenade », « le banquet » et « garder, préserver ». Dimensions : 78 éléments de de hauteur par de largeur. 1979-1980 : Cité Judiciaire de Nancy : Architectes : Biro et Fernier. Traitement de la passerelle, accès principal de la cité. 164 éléments préfabriqués dont la couleur rappelle l’aspect de la lave ; moules en polystyrène expansé très élaborés, sur le thème : « TOUT HOMME EST L’HOMME ». Assistant : Paul Schrepfer, alors étudiant à l'École d'architecture de Nancy. 1982 : direction de la SNCF, viaduc Kennedy – Nancy : Architecte : Jean-Luc André. Dans la même ligne d’intervention plastique dans l’espace public, Françoise Malaprade conçoit un motif « domino » béton gris et brique qui s’intègre dans le projet architectural. Moules par Cini. Thème : « jeux »Françoise Malaprade, murs et peintures - Conférence de M. Denis Grandjean, Vandœuvre-Lès-Nancy, le 21 avril 2016.. Assistant : Paul Schrepfer, alors étudiant à l'École d'architecture de Nancy.

Tapisseries À la suite de ces commandes qui décorent l’extérieur des bâtiments – et grâce à sa formation qui l’a conduite avec Albert Lenormand à fréquenter les Ateliers Pinton au moment d’aborder la technique de la tapisserie«Tapisseries dans l’architecture, le lieu et l’œuvre », Exposition du 2 au 12 mai 1988, Maison de l’Architecture 7 rue Chaillot, Paris.–, viennent les commandes pour orner certains murs à l’intérieur des édifices« L’une et l’autre, Tapisseries dans l’Architecture », Exposition du 12 juin au 21 septembre 1990, L.B. Systèmes, Cours Gambetta Montpellier.. Le choix de la technique traditionnelle de la tapisserie s’impose, ainsi que celui de la manufacture Pinton à Felletin dans la Creuse pour son savoir-faire sur métier basse-lisse. 1980 « La Fête Républicaine » : Dimensions : de hauteur, de longueur, salle du conseil Municipal de l’Hôtel de Ville de Vandœuvre-lès-Nancy. Cette tapisserie a été inscrite au titre des monuments historiques le . 1982-1983 « Disons l’homme immortel au foyer de l’instant »Saint-John Perse : Dimensions : de hauteur, de longueur. Bureau du préfet, préfecture de Meurthe-et-Moselle.. 1985-1987 « Lux Mea Lex » ou la toile d’Épinal« Parcours : Tapisseries, toile d’Épinal, peintures », Exposition les 27, 28 et 29 avril 1989, Forum International du Meuble de Nantes : Dimensions : de hauteur, de largeur. Hall d’honneur de la Chambre régionale des comptes de Lorraine, Épinal. Toile obtenue sur un métier Jacquard de l’ESITE d’Épinal. 1987-1988 « Histoire de la Lorraine tournée vers l’Europe » : Dimensions : de hauteur, de longueur. Salle du conseil de Nancy Métropole, actuellement. 1989 « Liber » : Dimensions de hauteur, 1,13 de largeur. Bureau du Président, Hôtel de Région des Pays de la Loire, à Nantes.

Peinture vignette|2018 malaprade ICI, MAI et sa palette Françoise Malaprade pratique à l’école des Beaux Arts les techniques de l’huile et de la gouache. En 1955, elle découvre son aptitude à traiter la couleur et en 1960, elle décide de poursuivre une recherche picturale utilisant la couleur comme moyen d’expression« Couleurs d’elles-mêmes, toiles 1955-1985 », Exposition du 5 juillet au 15 août 1985, Centre culturel André Malraux de Vandœuvre-lès-Nancy.. Ce projet est régulièrement suspendu par les commandes d’art mural. Au cours de l’été 1989, l’artiste décide de se consacrer à cette recherche sans plus l’interrompre. et de trouver une galerie qui l’accueille pour soutenir sa démarche. Elle fréquente régulièrement galeries et foires d’arts et se tient au courant de l’évolution de la peinture à l’étranger.

Dans son art, la couleur tient une grande place, tout comme le support dont elle se sert pour valoriser davantage le travail de la couleur. « à l’origine de la vie, il y a la couleur, à l’origine de ma vie, il y a la couleur. ». Elle remet alors en question le métier de peintre, le format, le support, la technique… et en , c’est le premier résultat : pour le support, elle utilisera le film polyester mat ou brillant ; pour le format, elle s’appuiera sur le Modulor de Le Corbusier, pour la couleur, le système acrylique. Tout est trouvé mais tout reste à prouver ; elle s’engage donc dans un intense travail de productionSalon des réalités nouvelles, du 6 novembre 1992 (46°) et du 22 mai au 6 juin 1993 (47°), Grand Palais, Paris.. Le polyester, choisi pour son caractère mince, léger, transparent et neutre, permet de peindre à la fois le recto et le verso. Les couleurs, appliquées par juxtaposition sur le support, se complètent ainsi tout en conservant leur nature et leur valeur propre. La technique crée un effet d’échange entre les couleurs, qui peuvent apparaître par reflet ou demeurer cachées, mais une fois connues elles restent inoubliables..