Le texte intitulé L'Époque des conceptions du monde, de l'allemand , inséré dans le recueil (« Chemins de bois »), traduit en français par Chemins qui ne mènent nulle part, correspond à la retranscription d'une conférence prononcée par Martin Heidegger, à Fribourg le , qui avait pour sujet général indique le traducteur Wolfgang Brokmeier. Heidegger a à cœur de distinguer la philosophie de toute vision du monde ().

Objet Selon l'auteur, la métaphysique cherche à dégager le principe qui régit tous les phénomènes caractéristiques d'une ère historique, en ce sens souligne Guillaume Faniez métaphysique et coïncident largement. Ce principe directeur, de nature métaphysique Heidegger pose a priori qu’il en existe un pour chaque ère historique, rendant compte de la totalité des manifestations de la vie sociale-. Dans ce texte ci, la science constitue l'un des traits essentiels de l'époque, science accompagnée de quatre autres caractéristiques : la technique mécanisée, l'entrée de l'art dans l'horizon de l'esthétique, l'interprétation culturelle de tous les apports de l’histoire humaine, et ce qu’il nomme « le dépouillement des dieux. Alain Boutot rappelle que plus tard (voir Martin Heidegger et la question de la technique), . , écrit Alain Boutot. Heidegger s'interroge . La première clarification va consister à s'interroger sur l'essence de la Science.

Thèses

Entre la science moderne et la science grecque il existerait une différence ontologique : « la science grecque n’a jamais été une science exacte. Cette différence renvoie à une différence plus profonde de nature ontologique : les sciences, grecque et moderne, n’interprètent pas l’« étant » de la même façon. C'est pourquoi il faut cesser de -. Les Grecs ne visent pas l’étant comme être exact alors que les Modernes le visent comme exact. Il semble que par exactitude, du moins dans cette conférence, il faille entendre la précision du calculable.

Pour Heidegger l'essence de ce qu'on nomme aujourd'hui « Science », c'est la recherche, à la suite de quoi le philosophe s'interroge . Il faut que l'étant soit disponible et cette disponibilité de l'étant pour la recherche implique son objectivation qui s'accomplit dans la « représentation » .

Parallèlement, avec Descartes, l'homme devenu sujet, apparaît comme , ce qui implique, selon Heidegger que l'« acception » de l'étant , par rapport à la période précédente. Heidegger fait le constat que la « conception moderne » du monde diffère tant sur l'étant en général que par rapport à l'homme, à la fois, de la « conception médiévale » et de la « conception antique », ce qui l'autorise à avancer l'hypothèse que chaque époque de l'histoire possède sa propre « conception du monde », son « image » à quoi correspond l'expression Ce qui laisse en suspens la question de savoir : .

« Monde » est ici pris au sens de l'« étant en-totalité » et non pas seulement, la nature, ni même le Cosmos, il y a tout cela mais aussi les choses de l'esprit. En ce sens élargi, l'histoire appartient aussi au . Quant à l'image de l'expression , est-ce seulement un tableau ? La tournure allemande exprime mieux le sens qu'a voulu lui donner Heidegger, nous sommes quelque chose dans l'image, nous savons de quoi il retourne. L'attitude consiste à placer l'étant devant soi et à le maintenir dans un sens décisif en une « représentation ». La totalité de l'étant, ainsi fixée, l'homme peut s'orienter, le n'est plus une image mais le monde lui-même saisi comme ce dont on peut avoir-idée relève Guillaume Faniez. Heidegger écrit

À l'inverse pour les Grecs, affirme Heidegger, c'est à l'Être qu'appartient l'entente de l'étant en tant qu'il s'ouvre et se rassemble-.

Critiques D'un point de vue général, remarque Jean-Paul Leroux souscrire à la vision d'Heidegger qui consiste unifier l’ensemble des caractéristiques d’une époque comme réalisation d’une manifestation de l’Être aboutirait à aligner la science sur la poésie et par là à nier la notion de progrès.

Du point de vue de la science Les critiques adressées à ce texte, s'attachent (le plus souvent) à montrer qu'il n'y a pas de différence de nature entre la science moderne et les sciences médiévales ou antiques. Jean-Paul Leroux critique la position affirmant qu'il y aurait une différence d’essence entre la science des Temps Modernes et celles du Moyen Âge et de la Grèce. Il rejette l'opinion d'Heidegger comme quoi , et s'attache à démontrer que le science moderne réalise, en fait, l’idéal de la science grecque.

La nature de ces êtres a été l’objet de débats intenses en Grèce et ce débat est loin d’être clos, mais ce n’est pas là l’essentiel. L’essentiel serait que les Grecs ont créé le champ du démonstratif et que nous vivons désormais dans un monde qui est la conséquence de l’existence de ce champ.

Du point de vue de l'ontologie Les époques antérieures n’auraient aucune conception du monde parce qu’elles ne réduisent pas, contrairement aux Temps modernes, le monde à une image conçue. Selon Heidegger, dans l'esprit des Grecs c'est à l'Être qu'appartient l'entente de l'étant en tant qu'il s'ouvre et s'épanouit. L'homme est compris, contenu et ainsi porté par l'ouvert de l'étant. C'est lui qui rassemble ce qui s'ouvre, sauve et maintient, voilà pourquoi le monde ne saurait se présenter comme une « image conçue » mais comme une « image reçue ». Or il faut se souvenir . Heidegger passerait donc arbitrairement, pour en faire une coupure ontologique, de l'idée d'une simple image du monde présente dans l'antiquité à l'image conçue des temps Modernes.

écrit Jean-François Dion, dans son mémoire. S'agissant du Moyen Âge donc, . Pour cette période la question qui se pose est moins le degré de scientificité que de savoir .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie . . . . .

Articles connexes Chemins qui ne mènent nulle part Martin Heidegger et la question de la technique Weltanschauung L'Origine de l'œuvre d'art La Parole d'Anaximandre

Liens externes

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